Propriété intelectuelle

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Creative Commons Licence 3.0 France - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.

dimanche, septembre 30, 2012

La rue des Libraires à Blainville / mer

Découverte de la “rue des libraires”à Blainville / mer,
le 18 août 2012 .
Visite guidée de M. François Noblet-Rousseau





Une rue des Libraires à Blainville- sur -mer ? Vous pensez sans doute à l' un de ces 
salons du livre qui fleurissent ici et là , en toute saison et tout spécialement l'été?
Que nenni!.
Le terme “libraire “ désigne ici une corporation d'imprimeurs, d'éditeurs , 
parfois d'écrivains ou de bouquinistes - autant de professions du livre - et cette rue 
renvoie à des faits socio -historiques très originaux du Coutançais, exposés par 
notre guide, Monsieur François Noblet-Rousseau.

Il faut remonter au XVIème siècle pour trouver déjà la trace d'une famille 
d'imprimeurs - ayant pour descendant Remy de Gourmont- active de 1502 à 1533. A 
partir de la Révolution, les colporteurs diffusent objets, quolifichets et gravures 
licencieuses, donnant à un habitant de Montsurvent l'idée de vendre du 
papier de maison en maison. Il deviendra le fournisseur attitré de Louis XVI et de 
Marie-Antoinette. Sa réussite inspirera environ 600 vocations de 1789 à 1900 : des 
Blainvillais (au nombre de 30) , Gouvillais , des habitants d'Agon -Coutainville, du 
canton de Coutances (289) ou de Saint-Malo de la Lande (9 ) quitteront leur région natale pour échapper à leur condition de futur pêcheur ou journalier et tenter leur chance à Paris comme libraires.
Sur le nombre, ceux qui ont réussi, à l'image de Pierre Blaizot, reviendront au pays et 
y feront construire des maisons ou rénover leur ferme d'origine , manière d' 
exposer aux yeux de tous leur ascension sociale . Le respect de l'architecture locale 
leur importe peu! En témoigne cette habitation aux allures de castel façon Viollet-
Leduc .



 Une autre , (Le clos des Pommiers) remarquable pour son style anglo-normand 
plus approprié sur la côte de nacre , possède un vaste parc qui contournait l'école 
des filles jusqu'à la gare. 




Au carrefour de la quarantaine, une des demeures les plus spectaculaires, le château des Ruettes, de style néo gothique ou Victorien, appartenait à M. Petitot . Il y avait fait édifier une terrasse ouvragée au-dessus d'une pièce abritant une magnifique bibliothèque en chêne aux livres innombrables.



Allaient de pair avec ces constructions de “nouveaux riches”(dixit notre guide) des 
actions de bienfaisance, des gestes que l'on qualifierait aujourd'hui de 
paternalistes, mais admis et appréciés à l'époque. Ainsi, Madame Blaizot avait-elle 
financé l'électrification des cloches de l'église, affecté au service de ses 
concitoyens trois religieuses-infrmières et veillé à l'approvisionnement régulier de 
la pharmacie en médicaments. De même, Georges Lemallier offrait aux enfants , à Noël une 
caisse de pommes d'oranges, se faisait remettre ,en juin , la liste des lauréats pour 
ajouter aux Prix des livrets de caisse d'épargne.



Si Monsieur François Noblet-Rousseau connaît parfaitement son sujet , c'est qu'il 
est lui-même le descendant d'une de ces familles de libraires . 
Georges Lemallier, fils de douanier , était employé chez l'éditeur scolaire Belin. Ayant 
réussi, il  avait  agrandi sa petite ferme en lui adjoignant une aile pour ses enfants. Or, sa fille, Georgette avait  épousé le fils Rousseau, qui habitait de l'autre côté de la rue de Bas! Devenue marchande d'estampes à Paris, Georgette profitait des vacances pour transformer la maison et , derrière la construction , s'est fait bâtir une grande tour. .. dans le goût de Viollet-Leduc .

   

C'est dans le parc de cette grande propriété , “les Glycines”, conservée pour sa 
famille, que monsieur François Noblet-Rousseau a poursuivi la visite en nous présentant, outils et documents à l'appui, les techniques de l'estampe dont son grand-père Maurice Rousseau était devenu spécialiste.


 Il a également évoqué le mode de vie de ces libraires , artisans et travailleurs acharnés plutôt qu'artistes ou intellectuels , mais ” se tenant bien à table”




Louis Beuve les décrit ainsi dans un texte de 1921: “Savants, ils ne l'étaient guère, du moins à l'origine, ces bouquinistes qui, chaque matin, rangeaient tout au long des quais de la Seine des boîtes de livres. Partis en sabots de leur petite commune, ils s'en étaient venus là parce que d'autres, disait-on dans le pays, gagnaient beaucoup d'argent en revendant des bouquins. » 



Après nous avoir invités à parcourir le parc de cette demeure conçue pour vivre en 
autarcie, des raffraîchissements nous ont été aimablement offerts , bienvenus par 
cette belle journée d 'août !

Cette initiative d'une balade estivale s'est avérée très positive . 
Notre région étant très riche sur le plan patrimonial, d'autres promenades culturelles pourraient être organisées l'an prochain sur d'autres thèmes, pour le plus grand plaisir des membres des amis des musées qui ne choisissent pas de destinations lointaines pour leurs vacances .

  M.S.




17 commentaires:

  1. La barque est super belle et le paysage lui colle a la peau.
    Quant aux bouquinistes j'ai eu beaucoup de plaisir a lire tous ces details et a regarder leur habitations, rue des libraires.

    RépondreSupprimer
  2. Thérèse,tu as sans doute rematqué que l(arrière-plan marin est un trompe-l'oeil peint sur une palissade ?

    RépondreSupprimer
  3. J'ai reçu le programme des "amis du musée" et leurs promenades me tentent bien, celle-ci en particulier me parle bien car comme tu le sais mes parents habitant Agon, je connais Blainville et "sa rue des libraires" mais malgré j'aurais bien aimé participer à cette visite...
    Une autre fois!
    Prochainement j'ai vu que tu lirais quelques passages de textes concernant Louis Ferdinand, je ne sais pas encore si je serais rentrée. En tout cas je te souhaite un bon moment !

    RépondreSupprimer
  4. Enitram: erreur! La lecture / R-F est passée (de même que l'expo)et ce sont les Embruns qui l'ont faite.
    En revanche, je vais faire des lectures /un dimanche au musée
    A bientôt au cinéma ou au théâtre ?Nous y allons le 2

    RépondreSupprimer
  5. *** Hello Miss_Yves :o) !!!!
    Les lieux sont beaux !!! et ce devait être très intéressant !!!!

    Merci pour cette jolie publication
    GROS BISOUS DE THAÏLANDE ! :o) ***

    RépondreSupprimer
  6. La pleine lune m'a rendu la tête vide ce matin.
    Je vois de belles demeures et me rappelle bien des bouquinistes de bords de Seine.
    Thérèse a raison , la barque est très belle.

    RépondreSupprimer
  7. Quelle chouette journée, Missive... J'aime beaucoup les photos bien sûr ; elles racontent dans de détails que notre esprit a déjà oublié...

    Pour répondre à ta question sur mon blog, l'accès au Mont St Michel actuel est pour le moins étrange.

    Il faut poser sa voiture sur un parking sur le continent - 2,50 euros entre 19h00 et 7,50 euros (!!!!) entre 3h00 et 19h00 - Puis marcher pour aller prendre une navette.

    Faut aimer marcher, et le balisage n'est pas encore bien au point : j'ai attendu la navette gratuite à un endroit où seule la ligne de bus (payante) des riverains s'arrête... Truc de fou. Heureusement que le chauffeur de bus a fini par s'arrêter (après deux tours, où à chaque chaque fois il disait juste depuis son trône dans le mini-bus : "Non, ce n'est pas la navette pour le mont" sans rien préciser de plus, donc on restait pour l'attendre, la navette gratuite, alors qu'il fallait aller plus loin)pour nous dire qu'il fallait aller attendre 50 mètres plus loin.

    La navette te dépose loin avant le Mont sur la digue, et son arrêt n'est pas lumineux la nuit, ce qui fait qu'au retour, pour le trouver dans le noir complet, ben tu galères...

    Et les travaux pour péter la digue n'ont pas commencé donc tu comprends pas pourquoi tant de haine des touristes et pèlerins.

    Il faut avoir la foi pour aller au mont, en ce moment.

    RépondreSupprimer
  8. Tsuki: ce que tu dis confirme d'autres témoignages! (=arnaque)

    RépondreSupprimer
  9. La dame au chapeau, c'est toi ?
    Tu conte bien et tu compte bien aussi avec toutes les dates...
    Belles demeures en tout les cas.
    Bonne semaine A + :))

    RépondreSupprimer
  10. Je rajoute une couche de mécontentement pour le Mont St Michel.
    Les chiens ne sont pas admis (ce n'est pas là la plus grande critique)oui mais, il faut payer 7 € pour les mettre en prison !!!
    Nous avons donc passé notre route...

    RépondreSupprimer
  11. Non, Daniel, ce n'est pas moi

    RépondreSupprimer
  12. Coup de coeur pour la dernière image ! Joli parcours historique !!!

    RépondreSupprimer
  13. Merci pour la ballade... avec de bien jolies photos!!
    Bon début de semaine
    Bises, Laure
    http://ptitesphotosdelolo.blogspot.fr/

    RépondreSupprimer
  14. *** Un petit coucou chez toi Miss_Yves !!!!
    Ta nouvelle photo en entrée de ton blog est belle ! je t'envoie de GROS BISOUS d'Asie !!! :o) ***

    RépondreSupprimer
  15. Magnifiques les deux photos de chapeaux, et celle aussi de la coque colorée. Je ne sais si je retiendrai tout de cet article passionnant mais du moins en retiré-je la réflexion que les livres ne sont pas faits pour être conservés mais pour être lus et prêtés et empruntés, d'où les "libraries" en anglais qui sont les faux amis de "librairies" en français, puique ce sont des bibliothèques....

    RépondreSupprimer
  16. A la book shop de l'aéroport, j'ai acheté "l'Enfant grec" de Vassilis Alexakis dont j'avais beaucoup aimé "le premier mot" que je relirai volontiers lorsque ma belle-soeur me l'aura rendu...

    RépondreSupprimer
  17. Cergie, il y aurait beaucoup à dire sur les livres empruntés , non rendus, perdus, disparus...de qui écrire un inventaire à la Prévert ou un texte oulipien, à la manière de Perec

    RépondreSupprimer