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samedi, août 31, 2013

Belle ténébreuse (2/2)

Riom
L'hôtel de ville





Le marbre de Rivoire, intitulé "Le Baiser de la Gloire" est installé sous ses arcades et jouxte le monument aux Morts.
Ce baiser a quelque chose de vampirique, de mortifère.. .



De style languedocien, l'église Notre-Dame du -Mathuret date des  14 ème et 15  ème  siècles.
Une copie de la Vierge à l'oiseau est adossée au trumeau.

"Selon les récits de Thomas l'Israélite, l'enfant-Jésus modelait des oiseaux en terre  et leur donnait la vie en leur soufflant dessus

Un jour, réveillé trop vite, l'un d'eux lui pique le doigt.  Issu de cet évangile apocryphe, le thème de la Vierge à l'oiseau a inspiré  les artistes à la fin du Moyen-Age."


La  statue polychrome, installée , à l'intérieur de l'église dans la première chapelle à droite, fut sauvée, sous la Terreur, par la corporation des bouchers qui l'avaient cachée dans une cave.
Cette oeuvre , mal référencée ,  a sans doute été créée grâce au  mécénat de Jean , duc de Berry et d'Auvergne.
Elle n'était  probablement pas faite pour le trumeau de l'église,où , badigeonnée de gris, elle a été installée au XIX ème siècle, mais peut-être pour la Sainte -Chapelle bâtie par Jean de Berry dans son palais de Riom ou pour le château de Nonette (dans le sud du département), autre possession de  ce mécène.




C'est en 1932 qu'elle a pris place dans l'église et en 1991 que sa restauration a permis de redécouvrir sa polychromie .


Riom, belle  ténébreuse possède aussi , dans cette église, la statue d'une Vierge noire.

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(Sources :Guide Vert + panneaux explicatifs de l'église)

jeudi, août 29, 2013

Belle ténébreuse (1/2)

...ou "Belle endormie", selon certains, l'ancienne sénéchaussée d'Auvergne, Riom, (du celtique Ricomagum=le riche marché) conserve de beaux monuments , comme traces  de son rayonnement d'autrefois.

L'austérité de la lave  comme matériau de construction est tempérée par de larges avenues et par des échappées sur les monts alentour .


La basilique Saint-Amable est de style composite:

la nef et une partie du transept datent de l'église originelle, du XII ème siècle.
Le choeur, du début du XIII associe Roman et Gothique,
les chapelles latérales nord sont du XV ème, tandis que les chapelles latérales sud et la façade sont du XVIII ème .



De  belles maisons anciennes , de beaux édifices  civils ou religieux s'offrent aux regards:

-La tour de l'horloge (dôme du XVII surmontant une tour octogonale Renaissance, édifiée sur une base carrée d'origine médiévale) (2)

La Maison des Consuls (3) , hôtel du XVI ème Siècle comprenant cinq arcades au rez-de -chaussée, et , comme décoration au premier étage , une frise au-dessus de laquelle alternent deux bustes de femmes et deux bustes d'empereurs romains.




De nombreuses portes décorées et  plusieurs fontaines ajoutent à l'agrément de la promenade:
Voici la plus célèbre:
-La Fontaine d'Adam et Eve (17 ème S.)  encadrée de cariatides, créée par  le sculpteur  riomois Languille  (6)
....
Et ce n'est pas tout!
Citons La Sainte-Chapelle, l'Hôtel de ville, le musée régional d'Auvergne, le musée Mandet, l'église Notre-Dame -du -Marturet , abritant une oeuvre  magnifique du 14 ème siècle, La Vierge à l'oiseau..
Sous les arcades de l'hôtel de ville, des sculptures, dont deux de Rodin, et sous le porche, la reproduction, sur lave émaillée d'une requête de Jeanne d'Arc...

Pourtant, à la table d'un café, entourée de ses amis, une adolescente vitupérait bien fort, au passage des promeneurs:
"Mais qu'est ce qu'ils  m'énervent,  à photographier , tous ces touristes! Y a rien à voir, ici!"

.....
Cette détestation adolescente du lieu où l'on naît, où l'on est trouve son paroxysme dans le Journal de Katherine Mansfield, alors âgée de 18 ans en 1907

Wellington (Nouvelle-Zélande)

"Cette famille! Qu'ils sont tous assommants! Je les déteste cordialement!Une chose certaine, c'est que je ne vais  plus demeurer ici très longtemps , et il faut m'en féliciter. (...)
Ici, dans ma chambre, je pourrais me croire à Londres. Londres!En écrivant ce mot, je manque de fondre en larmes. avoir des sentiments si violents, n'est-ce pas terrible ?Les gens me sont absolument indifférents, mais Londres, Londres- c'est la vie même "

Or, en 1916, elle notera   ceci, à la villa Pauline , à Bandol:

A présent, -à présent, ce sont des réminiscences de mon pays à moi que je veux écrire. Oui, je veux parler de lui
, jusqu'à l'épuisement absolu de mes réserves. Non seulement parce que c'est une "dette sacrée"que je paierai à la patrie où nous sommes nés, mon frère et moi, mais aussi parce que j'erre avec lui en pensée dans tous les endroits remémorés. J'aspire à les faire renaître en écrivant"


Elle avait  alors 27 ans et devait mourir 7 ans plus tard., au Prieuré d'Avon, près de Fontainebleau
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(Visite de Riom à suivre, par sauts et gambades
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mardi, août 27, 2013

Tête en l'air, pieds au sec

A Briançon et dans  tout le Briançonais, l'eau a toujours été un enjeu majeur.

Captée dans les fontaines de la cité de  Vauban
comme celle dite"Persens",


elle s'écoule dans 
la rue de la Grande Gargouille.






Les pieds bien au sec, le nez en l'air ,
nous pouvons 
 admirer les tours et les cadrans solaires de l'ancienne collégiale Notre-Dame, (XVIIIème siècle)




la "maison des têtes",


une enseigne pittoresque 
et des drapeaux  flottant au vent .




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dimanche, août 25, 2013

Levant les yeux au ciel...

... nous pouvons admirer un chapelet d'églises et de chapelles:

 -Clocher à bulbe, typique de la Haute-Savoie à Morzine



-à l'intérieur de cette église, des vitraux lumineux:





Dans les Alpes du sud, le style des clochers est bien différent, ici au Mônetier:



-des fresques étonnamment bien conservées décorent les murs :

   dans une simple chapelle, à Plampinet,


   
on assiste au combat des vices et des vertus"



      - dans l 'église rurale (Saint-Sébastien ) du  même village, la Passion se lit en plusieurs tableaux,


Saint Mamert est  martyrisé , embroché,   tandis que Sainte-Marguerite triomphe du Dragon.



- et ,
 à Vallouise, perchés sur leurs échafaudages, les restaurateurs de fresques  sont à pied d'oeuvre:






vendredi, août 23, 2013

Le Reposoir






Dans un cadre magnifique, qui rappelle les Alpes bavaroises, la chartreuse du Reposoir est un couvent fondé en 1151 et restauré au XVII ème S. 





Abandonné en 1901 par les moines de Saint-Bruno, il est devenu, depuis 1932 , un couvent de Carmélites., qui ne se visite pas .
Pourvu que le touriste soit "suffisamment vêtu", il peut s'avancer sur le seuil du cloître , photographier ou  acheter des cartes postales.

mercredi, août 21, 2013

L'arbre à palabres

granit et bronze (2004)


avec Godefroy J. Kouassi ,

L'Afrique se trouve en pleine haute-Savoie, dans le parc aux sculptures de la chartreuse de Mélan.



Les tabourets des cinq sages

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Palabre:

[palabr] nom. f. ou m. – 1601 espagnol palabra « parole »
_ 1 HIST Présent fait à un roi africain pour se concilier ses bonnes grâces.
_ 2 MOD. En Afrique, Échange de propos. Assemblée coutumière où se discutent des sujets concernant la communauté.
Fama « descendit les manches du boubou, se pavana de sorte que partout on le vit, et se lança dans le palabre » KOUROUMA. Arbre, fromager à palabres.
_ 3 n. f. pl. Discussion interminable et oiseuse. Obtenir un rabais après maintes palabres. > discours, parole. Perdre son temps en palabres.
« [...] nous, les petits, nous avions une palabre à tenir, une palabre comme les grands ; nous ne nous étions plus vus depuis des semaines, parfois depuis des mois, et nous avions tant de choses à nous conter, tant d’histoires nouvelles à raconter, et c’était l’heure ! »
CAMARA LAYE, l’Enfant noir, 1953 (Guinée),
extrait du Dictionnaire Culturel en langue française,
Éditions Le Robert.
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 Définitions empruntée au site / semaine de la langue française 2008,

  lien 2014  ici


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lundi, août 19, 2013

Nuages en vrac


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A Joux -Plane, 
plane un petit nuage joufflu.



et ses larmes, goutte à goutte 
aux eaux du lac  s'ajoutent
............................................................................................................................................................. Chartreuse de Mélan, Taninges

"Quand le ciel, bas et lourd , pèse comme un couvercle"

Baudelaire



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Avoriaz:



église "expressionniste"


architecture futuriste ,


Nuées fantastiques.



samedi, août 17, 2013

Sol lucet omnibus

"Le soleil brille pour tout le monde"





(Nevache,
ville basse)
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Dans les Alpes du Sud, plus de 400 cadrans solaires  -dont 150 anciens- retiennent l'attention et font l'objet de restaurations.
Certaines de ces belles fresques murales ont été créées autrefois par un  artiste itinérant, Jean-François Zarbula, autodidacte, formé à l'école italienne et  devenu maître en gnomonique.

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La majorité des devises rappelle à l'homme la petitesse de sa condition :
"Vulnerant omnes
Ultima necat: 
toutes (les heures) blessent, 
la dernière tue"




et l'invitent, soit à profiter de la vie (Carpe diem),




soit à veiller  à son salut, comme sur la façade de l'église de Plampinet:

 "Rappelez-vous votre dernière heure et vous ne pécherez jamais" (1823)



- Ils ornent des monuments historiques classés:

A Briançon:
   -Place d'Armes.

- Le cadran peint à droite (photo) , datant du XIX ème siècle , sur la façade du palais de
Justice porte cette inscription:
"Du lever du soleil jusqu'à son coucher , cette ombre qui fuit dirige en même temps les travaux de *Thémidis et de* Mars) (Dieux de la Justice et de la guerre)


Celui de gauche, peint au XVIII sur la façade de l'ancienne prison, nous fait  méditer:
"Vita fugit sicut umbra = La vie fuit comme l'ombre"
                                                                           .......
   - La collégiale Notre-Dame, (le cadran solaire de gauche a été réalisé en 1719 dans l'esprit du Baroque).



- Ils agrémentent aussi  de simples demeures, anciennes et  modernes (1) , se voulant parfois ludiques, comme celui -ci (puzzle, chiffres et lettres)


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http://titivillus.over-blog.com/article-devises-des-cadrans-solaires-115480392.html

jeudi, août 15, 2013

Parcours historique minuté- Moulins (2)

Le quartier de la cathédrale


La cathédrale Notre-Dame mérite un détour :

- pour ses vitraux  qui mettent en scène des personnalités de la cour des Bourbons
-pour son triptyque du "Maître de Moulins". Cette dénomination anonyme correspond à des difficultés d'attribution: Jean Bourdichon ? Jean Perréal ? Jean  Prévost ? Ou Jean Hey, selon les dernières hypothèses.

 Il s'agit d'une peinture sur bois achevée vers 1498, qui tient à la fois de l'école flamande, par ses attitudes et de l'école florentine, pour le dessin des visages et des fronts.
Elle manifeste le rayonnement de la cour brillante à Moulins, où les artistes furent sollicités par Charles 1er, Jean II, Pierre II et Anne de France.



Ce chef-d'oeuvre se visite , sous la conduite d'un guide , toutes les demi-heures...
Hélas, c'était trop tard pour la dernière visite !
Il faudra se contenter de l'admirer  et d'en savoir plus sur ce site :





Le Pavillon dit d'Anne de Beaujeu (1462-1522)  est l'unique vestige de l'agrandissement du palais ducal , commandé par cette princesse -fille de Louis XI-vers 1495.
Style italianisant pour ce bâtiment composé d'une tour-porche et d'une galerie  percée de six arcades. Comme décoration, les initiales de Pierre et d'Anne de Beaujeu, et les emblèmes des Bourbons (ceinture  d'espérance, chardon, cerfs-volants)


De Juin 2013 à Janvier 2014, le  Musée Anne de Beaujeu présente   une exposition intitulée
 "Georges-Antoine Rochebrune, les Fastes de la Décadence"

"Elle entend rendre justice à l’originalité de l’artiste à travers plus d’une centaine d’œuvres de collections publiques (Musée d’Orsay, Mobilier national, Musée Fabre à Montpellier...) et privées et se propose de réexaminer la place de Rochegrosse, trop longtemps qualifié de «pompier fin-de-siècle», dans l’histoire de l’art." (Cf lien ci-dessus)



Georges-Antoine Rochegrosse, (1859-1938) peintre, décorateur et illustrateur,  était le beau-fils  du poète parnassien Théodore de Banville, qui lui dédia cette ballade:

La sottise partout fait rage.
Bienheureux qui s’est abstenu
D’ouïr maint et maint personnage
Dont l’esprit a pour revenu
Le banal et le convenu:
Que le Diable serre leurs gorges!
Puisque te voilà prévenu,
Souviens-toi bien de cela, Georges.
Si tu veux vivre en homme sage,
Lorsque l’âge sera venu,
Fuis l’oisif et son bavardage,
Le rêveur au cerveau cornu
Et l’imbécile parvenu;
Car tous ces gens-là font leurs orges
En pillant l’artiste ingénu.
Souviens-toi bien de cela, Georges.
Pour les filles au coeur volage
Qui s’en vont, le sein demi-nu,
Avec une fleur au corsage,
Fuis cette gent trotte-menu,
Car Amour, forgeron connu,
Pour leurs yeux martèle en ses forges
Plus d’un trait subtil et ténu.
Souviens-toi bien de cela, Georges.
Envoi.
Il faut les fuir au bois chenu
Des merles et des rouges-gorges,
Ou dans le travail continu:
Souviens-toi bien de cela, Georges.
Juillet 1869.





Pour terminer cette visite-éclair de Moulins,
voici une jolie fontaine , où les eaux  de l'Allier semblent personnifiées.