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mercredi, décembre 31, 2014

"Au seuil de la nouvelle année"





Le gardien 


Et les traditions





A l'an prochain !

mardi, décembre 30, 2014

Oh!Happy teas!




Un salon de thé plein de charme.



Au menu :
 choix de thés
et cheese cake. 




Les tasses assorties aux parfums sont décrites dans la carte.



L'atmosphère feutrée et gourmande rappelle  un peu celle que décrit Agatha Christie par les yeux de Miss Marple
-mystère en moins
et clientèle plus jeune:

"Ah ! les muffins de l'hôtel Bertram... Ils n'ont pas leur pareil. Non plus que le thé, le personnel stylé et les clients, ladies respectables, ecclésiastiques et officiers en retraite qui viennent y retrouver l'atmosphère d'antan... Vraiment, l'hôtel Bertram est plus victorien que nature, et Miss Marple se réjouit d'y passer une semaine. Et pourtant, quelques détails la troublent : cette jeune fille, Elvira, qui s'est amourachée d'un pilote de course peu recommandable, sa mère, une aventurière décidée, et ce pauvre chanoine Pennyfather qui disparaît... Il est bien étourdi, mais tout de même...
Décidément, tout n'est peut-être pas aussi paisible et feutré qu'il y paraît... à l'hôtel Bertram."





Ou celle des  illustrations  si fraîches des contes de Beatrix Potter.



A moins que l'ombre d'Alice et du chapelier fou ne nous effleure...






dimanche, décembre 28, 2014

Avec un J comme " jeu"


Venu de latin jocus, où il avait surtout le sens de " plaisanterie (en paroles) ", le mot jeu a pris tous les emplois plus généraux du latin ludus (" amusement, divertissement ").
 C'est pourquoi l'adjectif correspondant à jeu est ludique, formé à partir de ludus
Le mot jeu a pris au cours du temps de très nombreux sens, depuis les activités soumises à des règles (jeu de cartes, jeu de boules), à celles du théâtre (jeu des acteurs, jeux de scène), à celle des jeux d'argent (jouer gros jeu) ainsi qu'aux jeux d'eaux.
 Au XIIIème siècle, jeu était même synonyme d'acte amoureux.

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Jeux divers en hiver



"Il faut jouer pour devenir sérieux"

(Aristote)


"L'homme est fait pour jouer, c'est le péché originel qui l'a condamné au travail."
Claude Aveline


"Le jeu n’a pas d’autre sens que lui même."
 Roger Caillois  , Les jeux et les hommes 
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vendredi, décembre 26, 2014

Une idée lumineuse!

Association d'idées



Sur la cinquième planète du Petit Prince....


La cinquième planète était très curieuse. C'était la plus petite de toutes. Il y avait là juste assez de place pour loger un réverbère et un allumeur de réverbères. Le petit prince ne parvenait pas à s'expliquer à quoi pouvaient servir, quelque part dans le ciel, sur une planète sans maison, ni population, un réverbère et un allumeur de réverbères. Cependant il se dit en lui-même :
"Peut-être bien que cet homme est absurde. Cependant il est moins absurde que le roi, que le vaniteux, que le businessman et que le buveur. Au moins son travail a-t-il un sens. Quand il allume son réverbère, c'est comme s'il faisait naître une étoile de plus, ou une fleur. Quand il éteint son réverbère, ça endort la fleur ou l'étoile. C'est une occupation très jolie. C'est véritablement utile puisque c'est joli."
Lorsqu'il aborda la planète il salua respectueusement l'allumeur :
- Bonjour. Pourquoi viens-tu d'éteindre ton réverbère ?
- C'est la consigne, répondit l'allumeur. Bonjour.
- Qu'est-ce que la consigne ?
- C'est d'éteindre mon réverbère. Bonsoir. Et il le ralluma.
- Mais pourquoi viens-tu de le rallumer ?
- C'est la consigne, répondit l'allumeur.
- Je ne comprends pas, dit le petit prince.
- Il n'y a rien à comprendre, dit l'allumeur. La consigne c'est la consigne. Bonjour.
Et il éteignit son réverbère.
Puis il s'épongea le front avec un mouchoir à carreaux rouges.
- Je fais là un métier terrible. C'était raisonnable autrefois. J'éteignais le matin et j'allumais le soir. J'avais le reste du jour pour me reposer, et le reste de la nuit pour dormir...
- Et, depuis cette époque, la consigne a changé?
- La consigne n'a pas changé, dit l'allumeur. C'est bien là le drame ! La planète d'année en année a tourné de plus en plus vite, et la consigne n'a pas changé
- Alors ? dit le petit prince.
- Alors maintenant qu'elle fait un tour par minute, je n'ai plus une seconde de repos. J'allume et j'éteins une fois par minute !
- Ça c'est drôle ! Les jours chez toi durent une minute !
- Ce n'est pas drôle du tout, dit l'allumeur. Ça fait déjà un mois que nous parlons ensemble.
- Un mois ?
Oui. Trente minutes. Trente jours ! Bonsoir.
Et il ralluma son réverbère.
Le petit prince le regarda et aima cet allumeur qui était tellement fidèle à la consigne. Il se souvint des couchers de soleil que lui-même allait autrefois chercher, en tirant sa chaise. Il voulut aider son ami :
- Tu sais... je connais un moyen de te reposer quand tu voudras...
- Je veux toujours, dit l'allumeur.
Car on peut être, à la fois, fidèle et paresseux.
Le petit prince poursuivit :
- Ta planète est tellement petite que tu en fais le tour en trois enjambées. Tu n'as qu'à marcher assez lentement pour rester toujours au soleil. Quand tu voudras te reposer tu marcheras... et le jour durera aussi longtemps que tu voudras.
- ça ne m'avance pas à grand-chose, dit l'allumeur. Ce que j'aime dans la vie, c'est dormir.
- Ce n'est pas de chance, dit le petit prince.
- Ce n'est pas de chance, dit l'allumeur. Bonjour.
Et il éteignit son réverbère.
"Celui-là, se dit le petit prince, tandis qu'il poursuivait plus loin son voyage, celui-là serait méprisé par tous les autres, par le roi, par le vaniteux, par le buveur, par le businessman. Cependant, c'est le seul qui ne me paraisse pas ridicule. C'est, peut-être, parce qu'il s'occupe d'autre chose que de soi-même."
Il eut un soupir de regret et se dit encore
"Celui-là est le seul dont j'eusse pu faire mon ami.
Mais sa planète est vraiment trop petite. Il n'y a pas de place pour deux..."
Ce que le petit prince n'osait pas s'avouer, c'est qu'il regrettait cette planète bénie à cause, surtout, des mille quatre cent quarante couchers de soleil par vingt-quatre heures ! 

mercredi, décembre 24, 2014

Pour le réveillon

Les courses, au marché de Noël


L'élaboration du menu


Et le choix de   la table !


Joyeuses fêtes!

dimanche, décembre 21, 2014

Oh, qu'il est beau, le bruit de l'eau!

Pour  affronter l'hiver, 
petit souvenir estival, 
en écho aux photos de Marguerite-Marie
sur la rénovation des cascades du Tha bor




Les cascades inspirent les photographes Z' amateurs!



L'eau dans tous ses états:
photo-tableau de La Vilaine passée au bleu








Pont japonais style" Monet à Giverny",  tout bleu, lui aussi







vendredi, décembre 19, 2014

Au pays des Goubelins

Robert Lerouvillois ,  lauréat du 51 ème Prix littéraire du Cotentin, pour l'ensemble de son oeuvre a reçu sa récompense au château de Flamanville,sur la terre de ses ancêtres, dans un décor que le maire,Patrick Fauchon a présenté comme un patrimoine commun à tous, depuis  son achat par la commune en 1986.




Dans son discours, Patrice Pillet, conseiller général responsable de la culture a souligné ce qui relie Robert Lerouvillois, lauréat 2014 , Didier Decoin (Avec vue sur la mer, 2005), Eric Marie (2012, Dictionnaire normand-Français) et François David( 2014, Oeuvre poétique):
la capacité "à regarder et sentir la substance de notre terre d'Ichin".

Il  lui sait gré d'unir chroniques familiales, petite histoire et grande histoire ,  tout comme Gilles de Gouberville et d'allier sens  du détail et  sens du fantastique.

"Les images  étranges et saisissantes de l' oeuvre photographique, Immuables rochers de Flamanville, gardiens de mémoire
font penser  des goubelins sylvestres pétrifiés "rappellent la poésie de Côtis Capel. et illustrent cette pensée de Jean Rostand:

« En nous dévoilant ainsi une infranature insoupçonnée, on nous donne de nouveaux prétextes à regarder autour de nous, on augmente nos raisons d’estimer notre terre, on nous rattache à la planète par d’innombrables fils de beauté. Et aussi, quelle leçon de sagesse !
Il est toujours salutaire de rappeler à l’homme l’ubiquité de l’essentiel. »



Le président du Prix littéraire du Cotentin, Jean Levallois a , quant à lui , retracé le parcours familial, professionnel et politique du lauréat , sans escamoter la aléas de la maladie et de la souffrance.

Dans ses origines- père secrétaire de mairie militant , mère couturière avec des talents de peintre-il a lu la trame des deux derniers ouvrages qui ont compté pour l'attribution du prix,  Aux premières loges , un écolier du Cotentin dans la seconde guerre mondiale, et Immuables rochers de Flamanville.

Les titres savoureux de ses Chroniques de L'Astrolabe (Chante grenouille, Cherbourg n'est pas à conquerre, Jambe de bois) traduisent un bouillonnement de vie, la vie qu'un regard d'archéologue scrute et fait émerger de simples cailloux.
Il  était donc juste  que , pour l'anniversaire de la création du prix  littéraire du Cotentin par Pierre Godefroy
soit couronné un auteur attaché à ses racines , à  la mémoire  individuelle et collective.


Très ému, Robert Lerouvillois  a d'abord remercié les membres du jury , le Conseil général et le maire de Flamanville  pour avoir choisi, comme lieu de réception , la terre de ses ancêtres 
et cette demeure   qu'il sent peuplée  de" fantômes bienveillants ", depuis l'été 1959 où, étudiant en Lettres classiques,  il avait été autorisé par M. Rostand à consulter le Littré dans la bibliothèque du château. 

Même sentiment d'étrangeté en découvrant, dans l'ancienne mine de Diélette à  150 en -dessous du niveau de la mer, l'océan au-dessus des visiteurs, mais il est vrai qu'"à Flamanville , il ne faut s'étonner de rien" 
Est-ce un hasard si la remise de son prix , le 21 novembre 2014 coïncide avec la naissance de Jean-Marie Arouet, le 21 novembre 1694 alias Voltaire ?


Car notre auteur se réclame de Voltaire,pour  son horreur de l'injustice et pour son rationalisme.
Ainsi souligne -t-il avec malice les divergences entre le curé et l'instituteur à propos de la légende de saint-Germain tuant le dragon dans le trou  Baligan: fadaises pour l'un, fait véridique pour l'autre.

A propos du château lui-même, certaines "dieries" (comme l'écrivait Barbey d'Aurevilly) méritent d'être revues et rectifiées:
-Au XIXème siècle,  l'appellation fallacieuse  d"orangerie", alors qu'aucun oranger n'aurait pu supporter l'orientation au  nord de cette salle  où nous nous tenons,construite de 1730 à 1740  et dont le vrai nom était "la grande galerie pavée de marbre"



-Les deux tours crénelées , faisant de l'édifice "un vrai château du moyen-Age"alors qu'elles sont une création du XIX , à la manière de Viollet-Le-duc.
-Et cette  vieille tour  Jean-Jacques soi-disant  construite pour répondre au voeu du philosophe "de se retirer à Flamanville"...et qui date du XVIIème siècle!




S'il se réclame de l'esprit voltairien ,Robert Lerouvillois cultive aussi le goût du hasard objectif, cher aux surréalistes, comme l'ont révélé plusieurs anecdotes. Citons  cette rencontre récente, au salon du livre des Pieux, avec la fille d'un  professeur de Langues anciennes au lycée Condorcet , professeur qui l'avait incité à suivre cette voie.
Comme  ses livres, son discours marche  à sauts et à gambades, pour paraphraser Montaigne, promenant le public de l'univers des romans de Jules Verne découverts dans la bibliothèque scolaire, au  parc Emmanuel Liais -dont il a été conservateur- de l'Odyssée  (Chant VII) au musée Thomas Henri, devant un tableau de J.F.Millet; des paysages de Lucien Goubert , peintre ami de ses parents aux falaises de Flamanville et à ses rêveries devant les îles.


Ce très beau discours de remerciement a eu un écho très fort dans le public,  reconnaissant l'authenticité de   l'hommage rendu par " l'enfant du pays " à ses parents, ses maîtres et ses racines.


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"J'aime l'allure poétique, à sauts et à gambades ", écrit Montaigne

"Cette farcissure  est un peu hors de mon thème. Je m'égare, mais plutôt par licence que par mégarde . Mes fantaisies se suivent, mais parfois c'est de loin, et se regardent, mais d'une vue oblique. J'ai passé les yeux sur tel dialogue de Platon mi parti d'une fantastique bigarrure, le devant à l'amour, tout le bas à la rhétorique. Ils  ne craignent point ces muances, et ont une merveilleuse grâce à se laisser ainsi rouler au vent, ou à le sembler. Les noms de mes chapitres n'en embrassent pas toujours la matière ; souvent ils la dénotent seulement par quelque marque, comme ces autres titres : l'Andrie, l'Eunuque, ou ces autres noms : Scylla, Cicéron, Torquatus. J'aime l'allure poétique, à sauts et à gambades . C'est un art, comme dit Platon , léger, volage, démoniaque. Il est des ouvrages en Plutarque où il oublie son thème, où le propos de son argument ne se trouve que par incident, tout étouffé en matière étrangère : voyez ses allures au Démon de Socrate. Ô Dieu, que ces gaillardes escapades, que cette variation a de beauté, et plus lors que plus elle retire au nonchalant et fortuit. C'est l'indiligent lecteur qui perd mon sujet, non pas moi ; il s'en trouvera toujours en un coin quelque mot qui ne laisse pas d'être bastant, quoiqu'il soit serré. Je vais au change, indiscrètement et tumultueusement. Mon style et mon esprit vont vagabondant de même. Il faut avoir un peu de folie qui ne veut avoir plus de sottise, disent les préceptes de nos maîtres et encore plus leurs exemples.
Montaigne, Essais, (III, 9) « De la vanité », 1580.

mercredi, décembre 17, 2014

Récital pictural

de Jacques Lebouteiller, 
invité des Amis des Musées Municipaux de Saint-lô 
 pour leur  traditionnel concert de Noël.

                       Le chanteur-compositeur  est ici présenté par Jean Lascoux,  président  de l'association .




Accompagné par le guitariste Denis Bailhache, le poète  chante l'amour, l'amitié, les rencontres et les personnages pittoresques, comme Basile, ce  braconnier du massif de la Maurienne, la nature, les saisons , la Manche en Cotentin , le Havre de Regnéville...



dans la salle  des tapisseries...




Les mots qui célèbrent la mer ont trouvé un écho dans la salle des paysages.










Tout comme une chanson d'hiver, "la Prière" , devant le grand tableau de Charles-Marie Bouton, Moine en prière dans une église en ruine (1824)






A propos de Charles-Marie Bouton,et des paysages au musée de Saint-Lô, lien ici 

                                                                                                             


"Sur la route de Canisy,"

 hommage  au poète Jean Follain, dans l'espace qui lui est réservé


face à l'espace historique  consacré au bombardement et à la Reconstruction de Saint-Lô.

Une chanson très personnelle , "les bonbons acidulés"  relate son plus  ancien souvenir d'enfance, lié à la Libération .



Les hangars de la plaine

Des corbeaux attendent pâture 
au-dessus de la plaine 
ombres et reflets 
sur les toits se défont. 
Ici même il y a des années 
avec circonspection 
deux mains prodiguaient l’amour 
à l’homme noueux dont la vie a passé. 
Les grands hangars 
ne recueillent plus rien 
que bois mort, poussière, 
parfois un oiseau sanglant 
à plumage bleu. 


Jean Follain, in André Dhôtel, Jean Follain coll .Poètes d’aujourd’hui,Seghers,1956, 1972, p. 169.


Un beau dimanche au musée, en compagnie de ce chantre normand  qu'environ 200 personnes étaient venues écouter et applaudir-tout en fredonnant ses  mélodies  et ses paroles pleines de charme.


dimanche, décembre 14, 2014

Un expert au musée



Conférence de M. Claude Vilars au  MBA de Sant-Lô sur le thème de
l'élégance sous le second Empire.

Quelques lectures extraites des souvenirs de Valérie Feuillet ont structuré la causerie de M. Vilars ,  la reliant aux objets sous vitrine de la donation Feuillet , tout en élargissant parfois le sujet.





- Quels critères pour évaluer  miniatures  et bijoux en cheveux   ?
               
Intéressons- nous au médaillon (à droite , dans la vitrine et en gros plan ) qui contient des cheveux.
Ceux d'une amante? D'un enfant disparu, comme le petit André Feuillet ? Mystère.

Il faut savoir qu'au XIXème siècle  existait un commerce de cheveux transformés en bijoux: colliers, bracelets, bagues, boucles d'oreilles.
Les cheveux blonds étaient les plus recherchés, parfois  finement tressés avec des cheveux bruns et noirs, de façon à dessiner des initiales . Les femmes de condition modeste pouvaient être amenées à  couper et vendre leur chevelure, à l'exception de la frange,  qu'un un  bonnet  cache-misère faisait ressortir.



En entendant ces détails, je n' ai pu m'empêcher de penser au chapitre des Misérables où Fantine, pour couvrir, croit-elle, les frais  que  Cosette  occasionne aux Thénardier, vend ses cheveux, puis ses dents, puis "le reste"

- A propos des miniatures,  une attention  particulière a été  bien sûr accordée à la pièce exceptionnelle de  cette collection:
la célèbre  bonbonnière  réalisée par Mellério offerte par l'Impératrice Eugénie, admirable pour son entourage en or, son encadrement de diamants , et sa magnifique miniature .
Malgré le lapsus de Valérie Feuillet dans Souvenirs et Correspondances, il s'agit bien d'une bonbonnière et non d'une tabatière -celles-ci étant beaucoup plus petites et possèdent deux ouvertures pour que le tabac ne sèche pas .



- Les   commentaires de M. Vilars  sur les accessoires du chic :
montres , carnet de bal, boîte à vinaigrette, et projet d 'éventail ont été très appréciés.

« Ma lettre est interrompue : premier essai de ma robe. Si tu savais comme elle est jolie, cette robe ! c’est un bouquet ! Et puis elle a une traîne que je vois fuir derrière moi et qui fait un délicieux froufrou. Dieu veuille que je ne marche pas dans cette traîne en saluant l’Empereur. Voilà qui serait affreux ! Juge donc ! si j’allais t’écrire : j’ai manqué ma révérence !

Justement, pour éviter une telle catastrophe , un petit accessoire  en forme d'anneau avec pince  existait,pour retenir la traîne: le saute-ruisseau , parfois nommé  "suivez-moi jeune homme" , terme désignant plutôt  les rubans flottants d'un chapeau.

Parmi les autres appellations de cet objet ,"pince à jupe, trousse-jupon, accroche-jupe, page, châtelaine…",   réservons  le terme "Châtelaine " aux chaînes de montres , dont nous voyons un spécimen dans la vitrine, sous  les deux tubes cylindriques qui sont des sceaux à cacheter.



Le carnet de bal exposé ci-dessous  est en ivoire, il se dépliait en éventail pour lire  la liste des danseurs . Un  petit porte-mine  contenant une mine de plomb permettait à la belle de noter ses cavaliers dont elle effaçait les noms au fur et à mesure des danses , à l'aide d'une mie de pain .
     

« Voilà qu’on me réclame pour le second essayage ; décidément c’est une tyrannie que le monde." poursuit Valérie, dont la mauvaise foi n'a d'égal que le plaisir

Tyrannie du monde, tyrannie de la mode...Tyrannie  et supplice des corsets qui pouvaient provoquer l'évanouissement des élégantes!
L'objet ci-dessous, curieusement appelé "boîte à vinaigrette" , contenant un tissu imbibé d'alcali servait à ranimer les malheureuses victimes  de la mode.
En somme, c'est ce que nous connaissons plutôt sous le terme  pittoresque de "sels", destinés aux dames qui "avaient leurs vapeurs" , les vapeurs étant précisément celles qui se dégageaient de l'alcali!



Intéressons -nous au mobiler: - Le coffre  (Chêne, sapindevenu bureau dans l'appartement parisien d'Octave Feuillet a été l'occasion d'un exposé historique , puis d'une  démonstration d'expertise.

Les coffres du XVIIème siècle ont connu un véritable engouement au XIX ème siècle et ont été restaurés, avec plus ou moins de bonheur sous l'impulsion de Viollet-Le -duc (1814-1879)
C'est l'impact des outils sur les serrures en fer forgé- particulièrement le serrage des clous et des vis-qui permet de distinguer  et d'authentifier le travail d'ébénisterie de ces deux époques .



Amélie Lemarinel, l'assistante de Conservation  qui avait travaillé à la rénovation du musée,décrit ainsi ce meuble:

"Coffre aménagé en bureau d’Octave Feuillet d'où la suppression du panneau arrière. Faces latérales : décor sculpté de pilastres cannelés, de mascarons et de volutes.Face avant : 3 panneaux sculptés séparés par des caryatides ; de gauche à droite : apparition d'un ange à Abraham, sacrifice d'Isaac, Abraham conduisant Isaac au lieu du sacrifice ? ou sacrifice d'Actions de Grâce ?, Section III "

Pour la  plus grande  joie  de l'auditoire, M. Vilars s'est amusé à expertiser ce meuble, en présentant ses défauts:
-Absence de fond arrière, plateau mal restauré du fait de son utilisation comme bureau

et ses atouts:
-Soubassement intact , façade et retours sculptés.





-Même démarche pour la console en bois doré  , qui a fait l'objet d'une "expertise".



Ce petit meuble  (Longueur : 92.5 cm Hauteur : 80.5 cm Profondeur : 61 cm) a été débité manuellement puisqu'on sent les coups de ciseaux.
Quelques éléments se contredisent:les croisillons sont caractéristiques du style Régence, tandis que les courbes et contre-courbes sont apparues sous Louis XV.
Hypothèse: travail réalisé en 1730 .
L'intégrité de cette console est un fait peu courant et l'on peut admirer , le long du mur, le piètement vertical qui tombe jusqu'en bas .



Le public, composé d'une trentaine de personnes, est souvent intervenu pour poser  des questions ou faire des remarques au cours de cette  conférence , qui mérite plutôt l'appellation de "causerie", car l'érudition de M. Vilars adopte toujours une tournure vivante et familière, propice au dialogue.

Les amis des musées le remercient d'avoir ainsi animé ce bel espace Feuillet rénové.