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mardi, janvier 27, 2015

"Nous ne sommes pas les derniers"





Musée des Beaux-Arts de Caen

MUSIC ZORAN(Gorizia, Italie-Slovénie, 1909 – Venise, 2005)
"Nous ne sommes pas les derniers ",1970 Fiche technique Huile sur toile H. 0,65 x L. 0,81 m Dépôt du Fonds national



Lien ici

Extrait du commentaire emprunté au site noté plus haut

"Les camps : Zoran Music à Dachau
Accusé d'appartenir à la Résistance, il est arrêté à Venise et déporté à Dachau de 1943 à 1945, où il réalise, au risque de sa vie, une centaine de dessins décrivant ce qu'il voit : les scènes de pendaison, les fours crématoires, les cadavres empilés par dizaines, c'est-à-dire l'indescriptible. Zoran Music est « saisi par une incroyable frénésie de dessiner » « peut-être une raison de s'en sortir », « peut-être une raison de résister ». Il dessine la vie au camp : « Une vie de tous les jours comme dans un brouillard, ombres et fantômes bougent. »
Entre 1970 et 1975, Zoran Music revient sur le camp où il a séjourné. Il grave et peint alors une série intitulée : "Nous ne sommes pas les derniers".
Ce fut seulement en 1970, à l'âge de soixante et un ans, que Music franchit un pas décisif. Intactes du fond lointain de sa mémoire, ces empilements de morts, ces monceaux de corps, ces morts et ces mourants étendus tantôt solitaires, tantôt par deux ou par trois, le crâne ras, les orbites creuses, le cartilage du nez étrangement saillant, les bouches noires, édentées, béantes vers le ciel, les bras recroquevillés, les doigts crispés ceux-là mêmes dont il avait voulu conserver le souvenir dans ses dessins, furtifs et terribles."



"Je prends un livre. Au hasard. Je l'ouvre, une page par le milieu. 
Vous revenez avec un plateau, deux tasses, des sucres dans une coupe. 
Vous versez le café dans les tasses. 
Du doigt, vous me montrer le livre que je tiens contre moi. 
- Zoran Music, vous connaissez ? 
Je fais non avec la tête. 
Vous vous asseyez sur un carton, moi sur la chaise en face. 
- C'est un peintre. Il habite ici, à Venise, dans le Dorsouro. 
Je regarde le livre. Le titre. La barbarie ordinaire, Music à Dachau, Jean Clair. 
Vous allumez une cigarette. 
- Cet homme est allé au plus loin dans la peinture. Il est allé dans ce qu'il était même impossible de peindre. 
Vous me parlez de lui. Longtemps. En ouvrant le livre et en le refermant. Quand vous vous arrêtez, je souris. Peut-être que vous attendez que je dise quelque chose. 
Je n'ai rien à dire. Je vous écoute."  

Claudie Gallay, Seule Venise, Actes Sud, Babel (Présentation  ici)
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Merci à Tilia pour ces compléments:
Emission /France Inter, le Camp du Struthof
Biographie de Zoran Music
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19 commentaires:

  1. ❀.•*´¨`*•.✿
    Bonjour chère Miss_Yves !

    Merci de nous emmener grâce à tes jolies photos et les infos intéressantes au Musée des Beaux-Arts de Caen ! J'aime beaucoup !

    GROS BISOUS D'ASIE
    Bon mardi !!! ✿

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  2. "On ne peut pas transmettre l'émotion d'une situation qu'on n'a pas vécue. Même les plus grands peintres ne sauraient le faire."
    j'ai eu en voyant ces tableaux un sentiment de grande tristesse, comme lorsqu'il y a longtemps déjà, j'ai visité Auschwitz en compagnie d'un homme qui y avait passé 3 années , arrêté alors qu'il avait fini ses études de philosophie et qu'il militait pour l'autonomie de la Silésie.
    nous étions 5 jeunes Françaises (professeurs) et avions pendant les vacances encadré un groupe de jeunes lycéennes de Varsovie , notre tâche était de parler le français, de leur parler de la France, nous avions l'habitude d'accompagner des groupes de jeunes à l'étranger avec un organisme dépendant de l'éducation nationale (le CCCS, créé au départ par un juif pour accueillir les jeunes ayant perdu leurs parents pendant la guerre). le directeur du camp était le proviseur du lycée de Katowice il nous avait accompagnés jusqu'à la porte "Arbeit macht frei" et avait disparu le reste du temps de la visite, il s'était isolé dans son ancienne cellule...

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  3. Terrible... le tableau représenté en premier me faisait penser à une Nativité alors que l'article ne parle que de mort...

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  4. Coucou Miss Yves.
    Au risque de me répéter, toujours du nouveau à découvrir chez toi...
    Belle hommage en tout les cas.
    Très bonne semaine. A + :o)

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  5. Après avoir écouté sur les ondes de France-inter l'émission "La marche de l'Histoire", consacrée aujourd'hui au camp de Natzweiler-Struthof en Alsace, je découvre ici Zoran Mušič, ce peintre qui a sublimé (au sens transcendant du terme) l'épouvantable tragédie des camps, afin qu'elle s'imprime visuellement dans nos mémoires.
    Merci MissYves, pour ce billet poignant qui illustre parfaitement ce que je viens d'entendre

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    1. Merci à toi pour tes liens.
      La marche de l'histoire est une émission que j'écoute souvent (surtout en voyage)

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  6. J'allais écrire "une belle page" pour illustrer ce 70 ième anniversaire de la libération des camps...
    Jai beaucoup aimé le livre de Claudie Gallay que j'avais lu d'ailleurs à Venise... J"avais oublié cet extrait, merci de me le remettre en mémoire !
    Je revois notre visite dans le ghetto, une grande émotion...

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  7. Des photos de tes chorales qui ont préparé des chants pour cette commémoration?

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    1. Au mois d'avril ! A la cathédrale de Bayeux !

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  8. Je ne connaissais pas cet artiste. Je viens de lire sa bio – quelle vie il a eu ! Merci de nous montrer ce tableau et cet extrait poignant de Claudie Gallay.

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    1. Merci à vous
      J'ai voulu laisser un message sur le dernier billet de votre blog , mais le texte que j'ai rédigé n'apparaissait pas ...(je ne parle pas de sa publication, mais de sa rédaction)

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  9. Heureusement, si je puis dire, qu'il y a eu de terribles témoignages, tant par des dessins que par des écrits pour que l'on croit à l'incroyable. Il faut se reporter aussi aux photos NB ou couleur ainsi qu'aux films faits par les Russes et les les Américains au moment des libérations des camps.
    Nous avons pu voir qu'en Allemagne ils parlent de la commémoration des 70 ans de la libération par les Russes du camp d'Auchwitz. Nos amis Dieter et Ronald ne semblaient pas très à l'aise. Ils n'ont d'ailleurs jamais voulu nous faire visiter un ancien camp.
    J'irai sur les liens ce tantôt.
    J'ai beaucoup lu sur la déportation. Je me suis toujours demandé comment des hommes avaient pu en arriver là. Mais étaient-ce vraiment des hommes ou des moutons enragés entraînés par la folie et la rage d'un loup, d'un chien berger qui n'était même pas un berger allemand.

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  10. Je ne connaissais pas ce peintre. Les tableaux que tu montres me font penser au "Cri" d'Evard Munch, que l'on pourrait qualifier de prémonitoire pour Auschwitz et face à toutes les horreurs dont l'homme est capable, a toujours été capable. Les animaux tuent par nécessité eux et ils sont capables d'empathie, sauf si le maître est "enragé"
    J'ai visité le camp de Struthof avec mes parents quand j'étais gamine mais plus envie d'y retourner c'est trop difficile.

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    1. Les jeunes du lycée d'Enseignement général vont régulièrement à Auschwitz , sous la conduite de leurs professeur et en reviennent évidemment très marqués.

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  11. Votre 4 messages sont sur mon blog maintenant. Je dois regarder tous les commentaires car je reçois en général entre 20 et 30 commentaires de spam par jour.

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  12. Je t'ai répondu sur mes écrits.
    Sujet intéressant que celui du livre Seule Venise. Je suis un peu passée par là. J'avais d'ailleurs écrit un texte
    Elle
    J'ai lu un livre de Christian Bernadac que je n'ai pas retrouvé chez ma Maman : Kommandos de femmes, les femmes au camp de Ravensbrück.

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  13. Surtout terrible ce temoignage "Nous ne sommes pas les derniers."
    L'extrait que tu as choisi devrait etre un des textes a etudier dans les classes. Difficile pour nous qui n'avons jamais rien vecu d'approchant de s'imaginer un tant soit peu l'inimaginable. Et voici que le recit fait place a la peinture! Oui je connaissais.

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  14. (^‿^)✿

    Un bonjour chez toi ce jeudi chère Miss_Yves ❤

    Je te souhaite une agréable journée !

    Bonne continuation ! GROS BISOUS ✿⊱。。

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  15. "Nous ne sommes pas les derniers" en effet, car de nos jours tant de personnes souffrent encore dans des camps ou sous l'occupation, pour ce qu'ils sont simplement.
    Je suis très proche d'une famille dont ne restent plus beaucoup de représentants au niveau de nos parents. Et même ceux qui n'ont pas été internés ont souffert, souffrent encore de nos jours dans les conjoints, enfants, les petits enfants qui portent le poids de ce passé là....

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