jeudi, novembre 20, 2014

Sans modération

La collecte virtuelle des vieilles réclames peintes ou "images fantômes"continue!

Visite et dégustation ici 
ou 

lundi, novembre 17, 2014

Félin?

Tigre ou pas tigre ?

That is the question...
Fait divers en forme de poisson d'avril ?

" La préfecture, comme Bison futé, appellent les automobilistes à "la plus grande prudence" après le signalement d'un "animal errant" dans cette zone par un automobiliste vers 6h.45."

Admirons ce  flou artistique et les métamorphoses dudit "animal errant": 
Tigre , lynx, félin, gros chat...
Peluche ?
Trucage?
Hallucination ?


                                                               Mais pour ce félin-ci ,  aucun doute: 
                                                                                     il s'agit d'un tigre de Sumatra                                            ..............................................................................................................................................
                                                                                   
                                                      Un jour, filant vers  Montévrain
                                                Un quidam crut voir un félin
Tigre ou lynx, on fit l'amalgame
Et l'on dépêcha les gendarmes .
Ces argousins fouillent en vain .
.............................................................................................................................................(Variante)
....
Sur l'aire de Ferrières-en-Brie
​Un félin filou fut surpris,
Dérangé  dans sa zénitude.
​Qui doute de sa tigritude ?
En tout cas, pas l'infanterie!
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                                                                          Marguerite-marie
                                                                         a écrit: 
                                                                     "l'autre jour près d'un supermarché
                                                    
                                                        un tigre, une dame, a effrayé
     que croyez vous qu'il arriva?
        le tigre en gros chat se changea".
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Tigre ! fait l'un
Chat ! fait l'autre
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                          Vidéo de Dourga, née au zoo de Champrépus le 6 novembre 2011                                                         

vendredi, novembre 14, 2014

La plume et l'épée

On peut admirer, dans le musée  rénové de Saint-Lô  l'épée d'académicien 
d'Octave Feuillet ,romancier et dramaturge,  qui fut le premier écrivain élu à l'Académie Française (en 1862) au titre de romancier. 

Il succéda au fauteuil d'Eugène Scribe et eut comme successeur Pierre Loti qui introduisit son éloge en ces termes:
  « Sa vie, toute d’honneur pur, de délicatesse rare, elle a coulé comme une belle eau limpide, jamais troublée, jamais effleurée même d’une souillure de surface. Je ne crois pas, cependant, qu’elle ait été une vie heureuse : les gens heureux n’écrivent pas d’aussi beaux livres que lui. »



              Au musée des Beaux-Arts, l'ancien espace Feuillet  présentait l'inconvénient d'être exigu (lien ici ),
ce n'est pas le cas de la nouvelle disposition des objets,bibelots et meubles qui perpétuent le souvenir de cet écrivain.




Sur ce dessin d'éventail dédié à Madame Octave Feuillet  ,
fait pour être monté, sont notés les titres des romans de l'écrivain, parfois appelé ironiquement 
"le Musset des familles".
......
Valérie Feuillet, elle -même écrivain , a évoqué dans Quelques années de ma vie puis  dans 
Souvenirs et correspondances,ses souvenirs personnels et familiaux , mais aussi la vie politique, artistique et mondaine de son époque. 

Elle  fut pour son époux , comme nous le verrons plus loin, un soutien et une précieuse collaboratrice .
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Pierre Loti ,  dans son discours de réception à l'Académie Française, parle  de la vie familiale de son prédécesseur intimement liée à  son travail d'écrivain:



" Ce retour d’Octave Feuillet à Saint-Lô eut lieu en 1850 .Au printemps de l’année suivante, il épousa mademoiselle Valérie Feuillet, sa cousine, qui vint habiter avec lui dans le vieil hôtel familial.
Les salons ne se rouvrirent point pour elle ; aucun rayon de soleil ne pénétra, pour lui faire fête, dans les appartements humides et obscurs. Pour que rien ne fût dérangé, le triste vieillard pria même les jeunes mariés de se reléguer dans un petit appartement voisin du pavillon qu’il habitait lui-même. Et c’est là qu’ils vécurent près de huit années. Des treilles, qu’il ne fallait pas couper, de ces tristes vignes sans raisins des pays du Nord, masquaient presque entièrement leurs fenêtres. Entre les branches, ils apercevaient le jardin, aussi abandonné que la maison, avec ses statues couvertes de mousse qui verdissaient à l’ombre, et dont l’une — un petit Faune — riait gaîment en jouant de la flûte. — Plus d’une fois, pendant ces huit années de réclusion, les deux jeunes gens, attristés davantage par ce rire du petit Faune, se sont demandé comment il pouvait faire si joyeuse figure à si funèbre lieu.
Et c’est là qu’Octave Feuillet composa le premier de ses livres à grand succès : le Roman d’un jeune homme pauvre et ces autres, ensuite, que je trouve incomparablement plus beaux : Dalila, la Petite 
Comtesse et le Village.

  

Il avait pourtant, dans sa prison de province, des heures de découragement infini, où il lui semblait que son esprit s’enveloppait d’ombre grise, — et alors il pleurait, la tête dans ses mains, disant avec cette sincérité de désespoir que les vrais grands sont seuls à connaître : « C’est fini de mon talent, tout s’en va, je ne vois plus rien ; encore quelques mois d’une vie pareille, et tout sera éteint pour jamais. » Sa jeune femme et sa belle- mère, toutes deux exquises, le réconfortaient doucement ; leur affection
l’aidait à vivre. Il avait aussi en leur jugement une confiance extrême et les consultait toujours sur ses œuvres avant de les livrer au public. Les soirs où il leur lisait le nouveau roman terminé étaient des soirs de fête, dans le vieil hôtel sombre, — mais de fête mystérieuse, très drôlement clandestine. C’est qu’il lisait avec la fougue d’un acteur jouant sur la scène, et alors il fallait veiller à ce que les éclats de sa voix ne parvinssent pas jusqu’à son père qu’ils auraient troublé. Il allait donc, en compagnie des deux femmes intelligentes et charmantes, s’enfermer dans une vieille office, située très loin de l’appartement du malade et dont la porte avait été, par surcroît de précaution, masquée d’un paravent... On ne se représente pas bien ces beaux romans d’élégance, ces fins et fiers dialogues, entre marquises et duchesses, lus délicieusement par lui, derrière une cuisine, dans cette cachette comique.





Ensuite venait le jugement de son père, qu’il fallait affronter en dernier ressort. Le vieillard, ennemi du bruit, lisait lui-même, seul dans sa chambre. Et pendant que durait cette lecture, Octave Feuillet vivait dans les plus cruelles angoisses. Il marchait à travers la maison, attendant fiévreusement le coup de sonnette qui l’appellerait auprès du lit du malade, pour y écouter une appréciation toujours sévère et jamais discutable.
Il y eut, entre autres, un manuscrit duquel le vieillard se montra si mécontent, qu’Octave Feuillet faillit le déchirer ; les supplications des deux femmes clairvoyantes qui, la veille, avaient entendu lire cette œuvre,réussirent à grand’peine à la sauver... Et c’était le Villagele délicieux Villagepetit drame d’une soirée qui se joue entre trois vieillards et qu’on ne peut lire sans que des larmes viennent, une des choses de lui qui resteront éternellement fraîches et ravissantes... "




   Dans la suite de son discours, Pierre Loti fait un bref parallèle entre lui-même et Octave Feuillet   pour mieux insister sur sa sensibilité et valoriser  le rôle joué par son épouse:


"La phase la plus pénible de son travail était celle de la composition. C’est ici que celui qui parle devient plus incapable encore de bien comprendre et de bien juger. Et c’est ici surtout que nos différences s’accentuent— car, si nous avons plusieurs points communs dont je suis fier,
nous avons aussi d’extrêmes dissemblances. Je n’ai jamais composé un livre, moi ; je n’ai jamais écrit que quand j’avais l’esprit hanté d’une chose, le cœur serré d’une souffrance, — et il y a toujours beaucoup trop de moi- même dans mes livres...
Lui, au contraire, était personnellement absent de son œuvre, — ce qui fut le précepte d’art formulé dans la suite par Flaubert. Alors, il lui fallait trouver la donnée d’un livre, mettre sur pied les personnages ; placer, dans le vide originel, chacune des scènes avec ordre, depuis celle du début jusqu’à celle du dénouement. Et tout ce travail, dont l’idée seule m’épouvante, était pour lui un long supplice, redouté et adoré quand même. C’était seulement lorsque se dessinaient bien, à ses yeux, ces personnages, créés de toute pièce par lui et auxquels il avait le magique talent de donner une vie si intense, qu’il commençait à respirer un peu et à moins souffrir. Et bientôt, ces figures, nées de lui, lui semblaient existantes tout à fait. Avec madame Octave Feuillet, toujours intimement associée à ses travaux, il causait de ces charmants fantômes comme s’ils eussent été en chair et en os. Puis, quand le livre était achevé, quand il avait mis au bas le mot : « Fin », il éprouvait une impression d’abandon et de solitude ; — une impression de désespoir même si le dénouement avait été cruel, il versait de vraies larmes sur ces femmes de rêve qui depuis tant de mois faisaient partie de sa vie. Et alors, il lui arrivait de demander à madame Feuillet, très affectueusement, avec beaucoup de sérieux et avec tout juste l’imperceptible  et fin sourire qu’il fallait pour enlever à la question ce qu’elle aurait eu d’enfantin : « Tu n’en es pas jalouse au moins ? »

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(Voir articles personnes ici  sur Monsieur de Camors et Julia de Trécoeur
, sur Le Roman d'un jeune homme pauvre et sur Le Village 
et encore là sur la Clé d'or)

mardi, novembre 11, 2014

Toujours plus haut




   Avec une altitude minimale de 198m, maximale de 1268m, la commune de Peille 
-Alpes-Maritimes, 15km au nord de Monaco - 
justifie sa possible étymologie puisque le nom du village viendrait du latin Pel, variante du mot"bal"désignant des hauteurs ou un rocher.



 Tout en haut, de l'autre côté du rocher qui marque la limite du jardin public se trouve le monument aux morts, édifié grâce à Mary Garden.



Sur ses  trois faces sont gravés les noms des 51 enfants du pays tués au combat, tandis que la  sculpture de la quatrième face représente une femme en train de filer,  et à ses pieds un enfant qui la contemple.
Sous ce duo, image de la veuve et de l'orphelin, on peut lire : "tu ne tueras point".


Cette citation du sixième Commandement fait que ce monument est qualifié, à tort ou à raison,  de "pacifiste"
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Lire l'argumentation sur le monument aux morts de Peille



vendredi, novembre 07, 2014

Une épée entre au musée

    Il ne s'agit pas d'une épée martiale, mais d'une épée d'académicien, celle d'Octave Feuillet, récemment restaurée par monsieur Bruno Bell,  artisan d'art à Denneville, qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions à ce sujet.



Restaurateur d'objets d'art et d'archéologie en métal, Bruno Bell a suivi quatre années de formation couronnées par un Master de conservation-restauration, à l' Université de Paris I. Il est donc habilité à travailler pour les musées qui conservent des œuvres d'art.




    Quelles ont été les étapes de ce travail ? 
Après des contacts avec Amélie Lemarinel, assistante en conservation au musée des Beaux-Arts de Saint-Lô qui lui a envoyé une série de photos, Bruno Bell s'est rendu sur place, dans les réserves, pour photographier et étudier l'épée, puis, son devis ayant été accepté, il est passé à la restauration.



    Comment se présentait l'épée avant restauration?
 Distinguons tout d'abord la lame, en acier, décorée de gravures à l'acide, dorées, et dont une partie bleuie formait une patine, ce qui l'avait protégée de la corrosion. Sa décoration consiste en motifs floraux stylisés, comme ceux des lames d'épées que Bruno Bell a restaurées au Musée Historique de Strasbourg par exemple.



    Quels sont les autres éléments de l'épée? 
La poignée est réalisée en laiton doré et les plaquettes ( c'est-à -dire les deux éléments permettant la prise en main ) sont en nacre. Le fourreau est en cuir, non décoré. A ses extrémités, l'entrée et la bouterolle en laiton sont gravées de motifs végétaux et dorées.




    Plusieurs points ont dû être traités: 

- La lame étant coincée dans le fourreau par la corrosion, il a fallu la sortir à l'aide de longues tiges en inox souple qui ont permis de la séparer du cuir. 
- La corrosion de la lame a été traitée mécaniquement par des abrasifs divers, grâce à des outils de prothésiste dentaire. Il a aussi été nécessaire de revenir sur quelques points de rouille des parties bleuies. 
- Les plaquettes en nacre avaient subi une restauration antérieure hasardeuse. Que faire? La méthode a consisté à les décoller par vapeur de solvant, puis à nettoyer minutieusement leur revers, avant de pouvoir les remettre en place.

- Le fourreau, en cuir très sec, très altéré, tombait en poussière.
 Il a donc été nécessaire de consolider la surface et les déchirures à l'aide d'adhésif. Bruno Bell a aussi proposé au conservateur de créer une « fausse lame » : la lame en acier est copiée en plexiglas et cette copie est introduite dans le fourreau. Double avantage de cette solution: le maintien de la forme du fourreau et la présentation de la lame à la vue des visiteurs.






Bruno Bell, qui travaille pour de multiples musées et services archéologiques m'a aimablement proposé une visite de son  atelier.
Voilà une suggestion qui mérite d'être soumise aux amis des musées municipaux, amateurs de telles sorties .



M.S.

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(A suivre)
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A propos des épées d'académiciens:








lundi, novembre 03, 2014

De père en fils: chez Philippe Rebuffet


   Depuis quelques années, les visites d'ateliers d'artistes font partie des rendez-vous organisés par les Amis des musées municipaux . Après Gilbert Bazard, Akos Zsabo, Georges Deschamps, c'est Philippe Rebuffet qui a accueilli deux groupes samedi 18 et dimanche 19 octobre pour leur faire découvrir l'oeuvre de son père, le sculpteur Etienne Rebuffet (1922-1995), éminente personnalité de l'architecture de la Reconstruction..



Une œuvre qui ne se limite pas aux réalisations profanes et religieuses , mais qui englobe cette maison-atelier construite en 1962 à Agneaux . Dessinée par l'artiste, selon un type de plan approprié à des crédits H.L.M, elle avait reçu la caution de l'architecte Guy Cochepain.

   Un atelier de sculpteur est un endroit peu vivable en raison de la poussière, d'où l'idée d'un accès (bâché) avec quelques marches reliant lieu de vie et lieu de travail. Cet espace devint temporairement une salle d'exposition-vente ,mais surtout le rendez-vous convivial d' artistes-dont le peintre Michel Clos-tous réunis autour de la vaste cheminée décorée que nous pouvons admirer.


   A l'instar de Victor Hugo qui déploya dans ses maisons toute sa créativité, Etienne Rebuffet manifesta sa compétence des formes dans la conception de meubles de petites et de grandes dimensions:tabouret, table recouverte de carreaux de céramique et, à l'étage, un magnifique mobilier de salle à manger en chêne, au lignes sobres , réalisé par un ébéniste. Même la clé de la porte du buffet a été conçue par l'artiste, dans un souci du détail qui rappelle l'esprit « Art total » du mouvement Arts and Crafts ,tout comme la grande tapisserie née de ses cartons qui décore cette salle.









   Fidèle à la mémoire de son père, Philippe Rebuffet a mis en lumière sa parfaite maîtrise du dessin et nous a décrit de façon précise les œuvres rassemblées dans la grande pièce du niveau inférieur:



-une petite sculpture du célèbre cheval Idéal du Gazeau



-une tête de femme stylisée, faite comme une poterie 

- une fine  naïade en bronze



 ont été analysées techniquement , mais de façon parfaitement accessible.

   C'est à partir de photos ou d'extraits d'albums qu'il a présenté des réalisations religieuses en granit telles que le calvaire de l'église de Millières. 
A propos de la taille de la pierre, Philippe Rebuffet a des souvenirs marquants de son rôle d'assistant-apprenti âgé de douze ans , dans la carrière de Chausey , qui en des temps anciens avait servi à la construction du Mont Saint-Michel !
Le bois a été également un matériau prisé par Etienne Rebuffet, il l'a traité avec une conscience des masses, des volumes que l'on peut qualifier de « cubiste », sans exclure pour autant la sensualité , perceptible dans le duo en bois de sipo, formé par Saint Jean et la Vierge au pied de la Croix.




Bon nombre d'oeuvres d'Etienne Rebuffet se sont inscrites dans le « un pour cent  » de la loi Malraux qui entendait réserver ce pourcentage du budget de l'Etat à la création artistique en milieu scolaire: c'est le cas des deux figures en granit « Les Athlètes »qui encadrent depuis 1958 l'entrée du Lycée Le Verrier, côté Gymnase.
Né en 1922, élève des Beaux-Arts de Rennes en 1940, l'artiste a connu des moments difficiles : sollicité à Caen ,en pleine guerre pour réaliser , à Saint-Jean Eudes une fresque à l'oeuf , le jeune homme et un copain mangèrent ce qui restait !Sa dernière oeuvre ,une statue intitulée « Notre-Dame -de- la Paix »est visible à Donville-Les -Bains dans la chapelle de Notre-Dame de Lourdes .




  Au sein de notre groupe , plusieurs visiteurs ont cité des réalisations inconnues de Philippe Rebuffet, qui travaille à un inventaire de l'oeuvre de son père, en collaboration avec Elisabeth Marie, Commissaire scientifique des Objets d'art de la Manche : aussi invite-t-il à le contacter tout collectionneur, toute personne susceptible de le renseigner.


En digne héritier des dons et du métier de son père, Phiilippe Rebuffet a lui aussi étudié aux Beaux-Arts de Rennes , il est enseignant et artiste : tout saint-Lois connaît sa Licorne, hélas , plusieurs fois vandalisée.
Il a évoqué les aléas des peintures murales qui lui ont été commandées par la Ville de Paris (où il possède un atelier) et par de grandes entreprises d'Etat.
Il se consacre actuellement à une série de tableaux de 2,50 /2 m. sur le thème des « Héritages » .A travers le rêve d'un peintre,il s'agit d'un hommage aux maîtres de la peinture qu'il admire : Ucello, Poussin, Claude Gelée, dit Le Lorrain. ..
Cette passionnante, visite émaillée d'anecdotes mérite d'être complétée par la visite du blog de notre hôte  dont nous avons apprécié la disponibilité:
http://rebuffetphilippe.blogspot.fr/

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Liens : ici