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dimanche, août 29, 2010

Journal de festival- (11 ) le Tartuffe ou l'Imposteur de Molière, mise en scène Patrice Kerbrat

Vendredi 30 juillet (Plamon) samedi 31 juillet au jardin des Enfeus, Dimanche 1er août à Plamon


"Mise en scène esthétique
, quasi picturale, clarté de la diction dans le respect de l'alexandrin", ces éloges ont été adressés à Patrice Kerbrat  qui y a répondu en évoquant sa formation, l'exemple de son maître, Jean Vilar, habitué à travailler avec des peintres , et en citant Charles Dullin:"La diction de l'acteur est sa faculté d'âme"

Marine-Line Lefebvre a campé avec brio la servante au franc parler, Dorine .
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Le choix chromatique des costumes s'accorde au caractère des personnages: à l'austère Madame Pernelle le noir, au colérique Damis le rouge, du mauve pour la diplomate Elmire, rose pastel pour la douce Marianne.

Si le personnage de Tartuffe, brillamment interprété par Benoît Verhaert (Ci-dessus) est"vêtu de probité candide et de lin blanc", c'est bien sûr par ironie.
Son costume avec cape blanche et calotte noire a quelque chose d'un vêtement monacal mais rappelle aussi le Pierrot créé par le mime Debureau, manière de signifier que cet hypocrite joue un rôle, qu'il est le seul comédien (hypocritos) parmi des personnages sincères .

Le metteur en scène a exprimé son bonheur d'avoir joué cette pièce sur un problème religieux au pied d'une église, si bien que le décor habituel qui enserre la table, parfaitement inutile dans ce cadre de pierres , n 'a pas été monté.
On peut remarquer la beauté sobre du décor au sol , une sorte d'échiquier qui annonce quelle rude partie va se dérouler sous nos yeux.
Simplicité également avec ces coupes et ce pain, allusion aux religieux de l'intrigue.
Comme accompagnement musical, des ritournelles à l'accordéon diatonique, de la musique classique-du Haendel-réinventée.

Pourquoi jouer Tartuffe en costume(, même s'ils ne sont pas strictement de style XVIIème) alors que la tendance est à la modernisation?
Patrice Kerbrat a relaté une anecdote signifiant qu'à force d'actualiser-parfois à outrance- on perd de vue le texte et ses pluralités de sens.
Par cette représentation "classique", le dénouement , très artificiel , avec l'intervention du représentant du roi passe mieux, à mon avis , que dans une mise en scène actualisée.

J.P. Tribout a profité de la discussion pour annoncer un Marivaux, le Préjugé vaincu, transposé dans les années 50 et joué au rythme du mambo-"étonnant, mais grâce à la magie du théâtre, cela MARCHE!"Cette mise en scène, précise Patrice Kerbrat, a été vue par des milliers de lycéens:
sans aucun doute, elle leur aura permis d'apprécier la langue et la modernité de Molière.

8 commentaires:

  1. *** Passage chez toi en ce dimanche matin ! Je t'embrasse et je te souhaite une belle journée ! :o) BISOUS BISOUS BISOUS ! ***

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  2. Beautiful sets! I saw Tartuffe some years ago -- in English -- and really enjoyed it.

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  3. Cela fait plaisir de se retrouver sur un terrain connu et de reconnaître quelques marques.Dorine était mon personnage préféré à l'époque mais bien sur il me faudrait me rafraichir l'esprit...

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  4. Molière, Le Tartuffe, les années lycée à Marie Curie, pas de St lô mais de Sceaux!!! Et j'étais allée voir la pièce à La Comédie Française... Souvenirs !!!
    Garder les costumes d'époque en fin de compte me semble une bonne idée et que l'on joue en costumes contemporains des pièces "modernes" OK!
    Les sujets ont beau être intemporels et universels, chaque époque garde son originalité et sa spécificité...
    Peux-tu m'envoyer par mail ton adresse de messagerie?
    Bonne soirée!

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  5. "Habituel" signifie que l'échiquier n'a pas été créé pour l'occasion ? Magnifique, j'imagine que tu as trainé tes guêtres avant le début de la représentation.
    Décor de meubles unique ou bien a-t-il été changé en cours de représentation ? Unité de lieu ?
    La langue de Molière... Mon père utilisait celle de Maupassant (un "bock")

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  6. Cergie:habituellement, la pièce est jouée dans un théâtre, donc un mobilier en bois, si j'ai bien compris ferme l'espace de la table-très eucharistique, comme tu le constates-et au sol , habituellement, il y a cet échiquier qui a été installé aux Enfeus.
    Créer un décor pour une représentation unique serait inconcevable, financièrement et techniquement.
    A Sarlat une répétition se fait la veille, (parfois de nuit, c'était le cas pour le Feydeau) ou le jour même ,c'est pour cette raison qu'il y a trois lieux différents, qui permettent l'installation et la désinstallation des décors de la veille et du jour.
    C'est pour cela aussi que la pluie pose d'énormes pb par rapport au déplacement éventuel de décor.
    pour Tartuffe,unité de lieu: d'un acte à l'autre la table a été changée de sens ,ainsi que les fauteuils , on sait que ces meubles jouent un grand rôle à l'acte IV .(Scène de la séduction , scène de la révélation de la duplicité de Tartuffe)
    Impossible d'avoir accès aux Enfeus avant la représentation ou à l'abbaye Saint Claire, en revanche , sur la Place de la Liberté, on peut passer et voir les comédiens répéter,l'après-midi ou la nuit(nous avons assisté à un petit extrait de la répétition du Feydeau juste après avoir vu Les Travailleurs de la mer.

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  7. Lorsque je parlais de décor unique je pensais au mobilier, à cette table et ces chaises et non pas au sol = le plateau.
    A propos de meuble je pense tout d'un coup à l'importance des positions des uns par rapport aux autres et me souviens de la séquence hilarante dans "le dictateur" de Charlie Chaplin où chacun des deux tyrans essaie de dominer l'autre en étant plus hauts. C'est tout à fait d'actualité lors des entretiens d'embauche ou de licenciement ou dans les négociations... ou dans les salles de classe. La vie est une perpétuelle représentation. D'ailleurs je t'ai moi aussi répondu sur Cergipontin. Mon message n'a fait que reprendre ce qui était en réalité. Véro s'est plainte vraiment des joncs et lorsque j'ai fait la photo j'ai eu la chance d'avoir le bélier et non une des 41 brebis, le message n'aurait pas été le même, j'ai eu aussi la chance d'avoir les éléments de l'étendoir, je ne me souviens plus si leur présence était délibérée de ma part...
    La vie est un vrai théâtre de situation, ne crois tu pas ?
    Et puis j'ai eu un petit échange avec le "papa" des moutons...

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  8. Quand j'étais à l'école j'ai lu Tartuffe, mais j'ai oublié l'histoire. Je dois lire ce livre encore. Je sais que il était très joli.

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