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jeudi, août 26, 2010

Journal de festival (8) Charlotte Corday de Daniel Colas, mise en scène:Daniel Colas

Mardi 17 juillet, 11h à Plamon.
Jean-Paul Tribout anime la discussion à laquelle participent Coralie Audret (Charlotte Corday), Patrick Raynal (Roche) et Xavier Lafitte (Barbaroux)

De cet épisode historique, chacun retient l'image du célèbre tableau de David, Marat assassiné dans sa baignoire.

Le propos de Daniel Colas était de donner , à travers un destin particulier, une résonance actuelle sur les questions de la religion, du féminisme , sur le sens de l'engagement politique et de proposer une réflexion sur la peine de mort.

Pas de costumes style XVIIIème, même si les vêtements portés par Coralie Audret évoquent cette époque, une stylisation et une sobriété voulues pour les costumes masculins-de stricts costumes noirs, presque des smockings.

Présence d'un choeur, à la manière du choeur antique, qui exprime la "voix du peuple", pendant les trois jours de procès précédant la condamnation de Charlotte Corday, après l'assassinat de Marat.
Le rôle de Roche, l'avocat de la défense, qui progressivement voit ses certitudes vaciller et veut sauver la jeune fille a été tenu par quatre comédiens différents avant que Patrick Raynal ne prenne ce rôle, ce qui a amené Coralie Audret à adapter à chaque fois sa composition.

Il n'est pas nécessaire, affirme Patrick Raynal d'être historien pour jouer un personnage historique , cependant, Coralie Audret , férue d'histoire, a lu divers ouvrages sur le sujet, et cette rencontre clarifie, dans le contexte de la Terreur la position de Charlotte Corday, aristocrate ruinée, élevée au couvent, acquise aux idéaux de la révolution- de tendance girondine, c'est-à dire modérée - adepte des idées féministes d'Olympe de Gouges. Nous sommes loin de la vision caricaturale et déformée répandue après la panthéonisation de Marat.


Daniel Colas fait de Charlotte Corday, dans sa mise en scène , une nouvelle Antigone, face à la loi (Créon /Roche ) face à elle -même (Faut-il punir le tyran par le crime?), face à ce qu'aurait pu être son destin si elle avait choisi le bonheur (flash back rêvé:Barbaroux devenant un possible Hémon)
La sobriété en est le maître mot: déplacement rigoureux, mesurés, quasi géométriques, trois couleurs symboliques -le noir des juges, le blanc que porte la jeune fille, puis le rouge qu'elle doit revêtir au dénouement.

Les musiques sont des musiques de scène conçues pour d'autres spectacles (composées par Casadessus et Delarue) la dernière , à connotation religieuse précède le terrible son du couperet et semble donner la clef du personnage qui s'est voulu investi une mission christique.

Le décor religieux et majestueux des Enfeus convenait parfaitement à ce drame magnifiquement mis en scène et interprété.
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(Malheureusement, je n'ai pas pris de photos du décor et de la fin de la pièce aux Enfeus , voir la bande-annonce du spectacle au théâtre des Mathurins)

9 commentaires:

  1. Histoire d'un assassinat immortalisé au musée Grévin de Paris. merci pour la leçon d'histoire concernant cette Charlotte qui a donné son nom à la coiffe ( enfin, je pense).
    J'ai déjà vu Patrick Reynal dans un téléfilm avec Jean-Michel Dupuis dans le leuel il se dispute l'amour d'une belle.
    Voilà que je ne me rappelle plus le titre ni l'auteur.
    J'ai vu Daniel Colas, un jour, dans une pièce de boulevard, avec Sabine Azéma, comme quoi le boulevard mène à tout.
    Je vais faire mes recherches. Je suis à peu près sûre, d'ailleurs, que tu vois parfaitement à quoi je veux faire allusion.

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  2. Je n'ai rien trouvé dans la filmographie (trop ancien peut-être) de ces deux acteurs mais c'est en cherchant que le titre m'est revenu à l'esprit et je me doutais que cette histoire se passait dans le Berry de mon coeur, LA PETITE FADETTE de George Sand. Très jolie histoire. La télé devrait bien nous ressortir ce genre d'oeuvre au lieu des inepties qu'elle nous montrent tous les jours.

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  3. Oui, Claude, belle histoire de notre chère George Sand, excellent téléfilm, excellents comédiens.

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  4. Claude, comme cela ne me disait rien, j'ai fait une recherche,il s'agit de "Chacun pour moi "1984!

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  5. En fait je sais très peut de chose de Charlotte Corday, un souvenir du musé Grévin tout comme Claude.
    Ton récit donne envi de voir le spectacle...
    Bonne journée A +

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  6. Je crois que je vais arrêter de lire parce que je ne retiens rien, j'ai vu il me semble une analyse détaillée de cette oeuvre Marat au bain ou son assassinat dans "Ca m'intéresse" qui est une revue toujours attractive pour moi.
    A propos de George Sand toujours, incroyable que cette femme assez sulfureuse ait pu écrire des romans si bien pensants et moralistes. Quoique parfois surprenants de modernisme (François le Champi).

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  7. En ce qui concerne les décors et les atours, ils sont en général, et plus autrefois cependant que maintenant, connotés avec l'époque du tournage par exemple. Il n'est qu'à voir en général les costumes et les maquillages.
    J'ai vu à l'opéra Bastille "le barbier de Séville" de Rossini mis en scène par Coline Serreau avec Rosine en burqa (c'était au moment des débuts de la lutte contre les talibans) et à la télévision une toute autre mise en scène plus traditionnelle en Espagne.

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  8. Lucie, cette question des costumes, d'une éventuelle actualisation des classiques a été soulevée à Plamon à propos de Tartuffe

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  9. Merci de la précision !

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