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dimanche, août 12, 2007

Le dernier jour d'un condamné, Hugo,mise en scène :Joel Lagarde





Vendredi 27 juillet 07 , jardin des enfeus

Le dernier jour d'un condamné,
Hugo (1829)
Un texte fort, entre monologue intérieur et journal intime fictif, plaidoyer contre la peine de mort, hélas toujours actuel, d'où la présence, ce soir-là , dans l'allée des Enfeus, d'Amnesty international, appelant à signer la pétition contre l'exécution de Troy Davis (Géorgie, USA).
Sa force argumentative réside dans l'utilisation du "je", facteur d'identification, dans l'ignorance de l'identité du criminel et de son crime -on sait seulement qu'il a commis un crime de sang, de nature non politique , qu'il sait écrire puisqu'il utilise la plume et le papier qu'il a reçus -et dans les registres lyrique et pathétique, chers à Victor Hugo .

Dans la mise en scène de Joël lagarde, on peut noter un passage du "je" au "il", manière de marquer la distance entre le personnage, et l'auteur, le témoin .
Se traduit également une volonté de ne faire du condamné un personnage "sympathique", (éléments déjà perceptibles dans le texte de Hugo) ,de ne pas le placer dans le rôle de la victime innocente, ce qui affaiblirait l'argumentation de la thèse abolitioniste.
A partir de là, le pathétique laisse le plus souvent la place au ton de la colère, de la rage et de l'ironie , particulièrement dans le discours rapporté des différents personnages (le curé, le garde) et même, m'a-t-il semblé dans la visite de la petite Marie, la fille du condamné, où l'émotion aurait dû jouer plus pleinement. Comme l'a fait remarquer Jean-Paul Tribout à Plamon, dans la la composition des différents des différents personnages , on quitte l'angoisse existentielle au profit de la théâtralité .Du point de vue des spectateurs présents à la rencontre de Plamon , le moment le plus émouvant a été celui où le condamné, devenu témoin , assistait , horrifié, à la mise en fers des forçats pour Toulon -passage que l'on retrouve dans les Misérables


Le lieu finalement choisi, les Enfeus et non l'abbaye Sainte-Claire , m'a semblé servir remarquablement cette représentation (cf.chap XIII "fenêtres grillées","pierres d'un mur", "entrecroisements des barreaux de fer""soupiraux"), comme l'a déclaré le metteur en scène "plus le condamné a d'espace, plus il est enfermé".Très pertinent également le rôle dévolu aux spectateurs : Olivier Brun se trouve assis sur scène plongé dans ses pensées alors que nous entrons et nous installons , dans l'indifférence de son sort, et au dernier moment, se tourne vers nous , devenus les témoins, les complices de l'exécution publique , comme dans le texte:"Il y avait beaucoup de monde, et qui devait bien voir "
Jean-Paul Tribout , à Plamon, a parlé du costume , voulu sobre, non connoté par le metteur en scène , mais malgré tout évoquant le XIXème siècle par sa chemise aux ouvertures sous les bras . Il a également souligné dans le décor minimaliste, le choix de "la chaise citoyenne"chaise que l'on trouve dans les commissariats ou à l'école et sur laquelle chacun de nous a pu s'asseoir ...



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