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mercredi, avril 25, 2007

Sylvie Rouch rencontre littéraire 24 avril 2007





Sylvie Rouch est accueillie par Sylvie Vauttier, présidente de l'association "lire à Saint-Lô",par Pascale Navet, directrice de la médiathèque-et par moi-même_ dans un décor réalisé avec les tableaux du peintre Patrick Serc
(Photos:Bernard Roy)

Sylvie Rouch

J'ai eu le plaisir d'animer cette rencontre littéraire organisée par "Lire à saint-Lô et la médiathèque autour du dernier roman de Sylvie Rouch .
Syvie Rouch a été lauréate du prix Jean Follain de la ville de Saint-Lô en 1991,avec la nouvelle "le canard à trois pattes",publiée en 1993 chez La Bartavelle .

Elle a écrit
-des livres pour la jeunesse,
-"Chroniques à terre"dans Christophe Auguin ,105 jours en solitaire,DenoËl ,1997
-"Zoé s'en va-t-au ciel",
Editions Baleine,canaille/revolver 1997
-Meufs mimosas (Baleine)....une aventure du Poulpe
-L'homme du fleuve Niger,illustré par Kim Rouch, Ed.du Carabe, 2002
et
"Corps morts "(lunes blafardes Ed après la lune )2006

"Roman noir d'atmosphère entre Simenon et Daennicks, l' occasion pour Sylvie Rouch de dresser un portrait réaliste et attachant des gens de la mer, à travers le quotidien souvent rude des bulotiers de Granville,en Cotentin
" 
les Horsains consulteront en annexe l'article
sur le bucin ondé:"gros escargot de mer à coquille allongée..."et les gastronomes la recette culinaire des bulots à la vinaigrette .Sachant que le bulot tient dans ce roman une place de choix, assaisonnée d'humour -noir -
"Bon appétit, Messieurs !"
pour paraphraser Victor Hugo, omniprésent dans ce récit ,avec les Minquiers , l'archipel de la Manche, l'ombre de la pieuvre des Travailleurs de la Mer ou les citations tirées de La "Conscience ".
Et lorsque Victor Hugo croise Baudelaire ("Race de CaÏn dans la fange/Rampe et meurs misérablement ") qui peut encore prétendre que le polar n'est que "sous-littérature" ?

Corps -morts a reçu le prix "polar dans la ville"de Saint-Quentin en Yvelines

Sylvie Rouch et le public

De nombreuses questions ont été posées à Sylvie Rouch sur l'édition,la littérature de jeunesse, sa conception du polar et...ses projets

Sylvie Rouch - les Lecteurs de lire à Saint-Lô



Sylvie Vauttier et  Philippe Papin ont lu des extraits de "Corps-morts"( Ed.Lunes blafardes -Après la lune) devant l'un des tableaux maritimes de Patrick Serk.

(Merci à Bernard Roy pour les photos)

jeudi, avril 19, 2007

Baudelaire

Baudelaire
A la différence
d'Annie Ernaux, écrivant dans La vie extérieure:
"1998
16 août
-Impossible de trouver Maupassant et Baudelaire au milieu des tombes grises que le temps a rendues semblables",
j'ai trouvé celle de Baudelaire ,que j'avais cherchée obstinément .


"On ne sait pas ce que l'on vient chercher.On ne découvre que des noms sur des pierres ."
écrit Annie Ernaux.

Que suis-je venue chercher ,au cimetière Montparnasse, comme,il y a quelques années, au Père Lachaise ?
les écrivains,"tels qu'en eux-mêmes enfin l'éternité le(s ) change ?Peu probable...C'est leur oeuvre qui remplit cette fonction et non la tombe, dalle funéraire, choisie par leurs proches-cas le plus fréquent.
Une réflexion sur la mort? L'accord entre la mélancolie de cette journée de Toussaint et celle du lieu ?
Sans doute .
Peut-être font-ils aussi partie de ma famille,ces écrivains, ces poètes ,dont les textes hantent ma cervelle...alors un petit hommage,un jour de Toussaint, c'est la moindre des choses.

Sur la tombe de Baudelaire se trouvait ,un poème d'une visiteuse italienne,écrit en italien , évoquant l'Invitation au Voyage .Depuis combien de temps était-il là ?Un plastique transparent le protégeait, ainsi que la photo du poète ,et me sont revenus en mémoire les vers célèbres:

"La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs .
Les morts, les pauvres morts ont de grandes douleurs
Et quand Octobre souffle...."

Aupick-cimetière Montparnasse

La pleurante des rues de Prague,S ylvie Germain ,l'un et l'autre, Gallimard

"les pieds des morts,que l'on voudrait pourtant réchauffer dans nos mains,sur lesquels nous laissons couler nos larmes,nous repoussent en silence.Irrémédiable et implacable nudité .
les pieds des morts,à l'horizontale des mains croisées sur la poitrine muette ,du visage minéral.
la plante de leurs pieds ,creusée de lignes ,de sillons durcis. Déserts à l'infini .
les pieds des morts ,qui marchent dans nos nuits ,qui arpentent nos rêves et froissent nos paupières .
les pieds des morts posés, nus et glacés,contre nos coeurs .Et ils impriment sur nos coeurs les lignes et sillons du désert qui s'étend à leurs plantes .
les pieds des morts,-dont la plante est devenue visage "


Sartre et Simone de Beauvoir

lu dans
la vie extérieure d'Annie Ernaux
"A droite de l'entrée,Sartre et Beauvoir, ensemble.Elle a gagné pour l'éternité.De petits papiers dans toutes les langues ,sur leur tombe ,un monument jaunâtre, trop clair "

En novembre 2005, à la Toussaint lorsque j'ai visité le cimetière Montparnasse, La tombe de Jean -Paul Sartre et de Simone de Beauvoir était vierge de tout petit papier.

Blanche et modeste,simplement fleurie d'une bruyère et de quelques pensées, elle m'a fait penser aux tombes d'enfants et ce couple libre et révolutionnaire m'a paru reposer comme dans des lits jumeaux.

"La mort de Jean -Baptiste fut la grande affaire de ma vie:elle rendit ma mère à ses chaînes et me donna la liberté".
Jean-Paul Sartre, Les Mots, Ed Gallimard ,1964

Tristan Tzara

Emouvante et poétique,
la dalle de la tombe de Tristan Tzara,se détache,comme une page blanche, sur un pourtour rectangulaire,en creux, envahi par quelques herbes folles et par du lierre.
- le lierre, symbole de fidélité...J'ai pensé à cette formule dont ma mère avait fait sa devise"je meurs ou je m'attache ", dont je ne savais pas, enfant ,comment interpréter le "ou", et que j'entendais plutôt comme "je meurs où je m'attache",ce qui donnait une dimension tragique à ses paroles -
Balayées par le vent automnal, des feuilles mortes s'y étaient accrochées ,et ajoutaient une note encore plus mélancolique .

"Oh! Je ne veux pas que tu sortes
L'automne est plein de mains coupées
Non non ce sont les feuilles mortes
Ce sont les mains des chères mortes
Ce sont tes mains coupées "

Apollinaire "Rhénane d'Automne"(Alcools)

Serge Gainsbourg


Lu dans la vie extérieure d'Annie Ernaux
1998
16 août
"Voici donc Serge Gainsbourg, enterré sagement avec ses parents"

Lors de ma visite au cimetière Montparnasse, en novembre 2005,ce n'est pas la "sagesse "de Serge Gainsbourg, venu dormir son sommeil "près de ses parents",qui m'a frappée ,mais, parmi les fleurs fraîches ,quelques cigarettes et... beaucoup de tickets de métro .
Il m'a semblé que cet hommage teinté d'humour noir était bien fait pour plaire "au poinçonneur des lilas "et j'ai pensé aux rites funéraires égyptiens, aux objets familiers qui accompagnaient les défunts dans ce que l'on nomme leur dernier voyage .

"Cette chanson des feuilles mortes
Te rappelle à mon souvenir
Jour après jour, mes amours mortes
N'en finissent pas de mourir "

"Chanson de Prévert et Kosma,...je crois"