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jeudi, août 25, 2011

Journal de la 60ème du Festival des jeux du théâtre de Sarlat - Madame Raymonde +Shake



(Liens en gris)
Plamon
Beaucoup d'éloges sur le spectacle de Denis d'Arcangelo, Madame Raymonde exagère.(Extrait video ici)

Né d'une rencontre avec Arletty,(lien) le personnage de Madame Raymonde, un composé de  Betty Boop et de Pauline Carton (!) fait partie d'une série  - tout comme les aventures de Tintin- et permet à Denis d'Arcangelo , accompagné de son accordéoniste, le Zèbre, de" faire son tour de chant", ce qui serait inconcevable sans ce prétexte ! (dixit D.  D'A. )
Ce n'est pas un spectacle de travesti ("au demeurant respectable", précise Denis D'.), mais d'acteur, et" être déguisé en femme n'est pas plus étrange que porter une perruque Louis XIV ou se promener dans les rues de Sarlat en hallebardier" .
Aussi le chanteur -comédien n'a -t-il pas eu droit, à la fin du spectacle, au traditionnel bouquet de fleurs offert aux comédiennes !

Ici, un extrait du célébrissime Hôtel du Nord ou Arletty - dans le personnage de Raymonde prononce avec gouaille sa  non moins célèbre réplique ...................................................................................................
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Plamon
La comédie des erreurs , Shakespeare

"Pourquoi", demande un jeune  habitué des rencontres de Plamon," les mises en scène de Shakespeare  à Sarlat, sont-elles toujours déjantées" ? 
Serait-ce  parce que dans Shakespeare , il y a shake et que ça secoue ?

Cette oeuvre de jeunesse de William Shakespeare ,(1593-1594) inspirée des Ménechmes et de l'Amphitryon de Plaute ,est souvent étudiée et montées  dans les classes en Angleterre comme introduction à des oeuvres plus difficiles . C'est ainsi que Dan Jemmet l'a découverte , avec La Nuit des Rois  dans les années 85, sur fond de musiques de l'époque, que l'on retrouve en clin d'oeil dans sa mise en scène.

Les thèmes de la gémelléité , du double, du dédoublement  sont  soutenus par  5 acteurs pour jouer 12 personnages. Sachant que les deux  jumeaux-maîtres et les deux jumeaux -valets sont incarnés chacun par le même acteur (David Ayala pour le premier couple et Vincent Berger pour le second ) et que le rôle du vieux père est incarné par une jeune femme , les "petites cellules grises" du spectateurs sont constamment en éveil dans des mises en abyme complexes, oscillant entre tragédie et comédie burlesque . J'ai aimé ce mélange, l'excellence des comédiennes , l'abattage  des acteurs sosies , une scène délirante avec un   jeu effréné de part et d'autre de la porte et la révélation finale où les doubles, face au public se découvrent et se reconnaissent alternativement avec surprise et émerveillement  dans un mime lent, extraordinairement  poétique.

L'intérêt  de Dan Jemmet pour les petites cabanes l'a amené à utiliser pour son décor quatre  WC publics  (de marque allemande, le détail a son importance car au dernier acte un docteur-magicien équipé  d'une balayette surgira de l'une d'elle ,tel un deus ex machina en baragouinant de l'allemand)
-A lot of bathroom jokes ?
Quatre cabines, dont trois évoquent les 3 lieux de l'action et qui servent aux changements de costumes ,  de personnages propices aux multiples quiproquos, j'ai trouvé , finalement , ce  choix judicieux .


L'esthétique kitsch , l'humour de mauvais goût  sont  revendiqués par le metteur en scène qui a voulu situer  cette comédie à l'arrière d'une fête foraine minable, où l'on boit beaucoup de bière, ceci pour  valoriser le style comédie de "tréteaux"ou encore  le ton de la  de farce médiévale. Personnellement , je n'ai pas été convaincue par ces  intermèdes  ponctués de musique des années 85 où les personnages buvaient et jetaient leur canettes sur le gazon-bien que D .J considère  cela  comme son " fil directeur", j' 'ai trouvé que  cet effet  était  artificiel et que  le rythme en souffrait.

-Au fait , pourquoi du gazon ?
- "Je ne sais pas...peut-être parce que cela fait Anglais ".


 Conclusion: une bonne soirée, malgré ces réserves .Le thème du double est fort bien traité, avec une progression et des nuances tragi-comiques,  dans l'esprit du théâtre élisabéthain.

7 commentaires:

  1. J'admire la façon que tu as de décortiquer tout ce que tu vois. C'est un exercice que je ne sais pas faire.
    Pauline Carton, quel personnage !

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  2. Tu n'a pas eu le temps de trouver le temps long en vacances me semble t il !
    J'adore les dessins.
    Bon weekend A +

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  3. Claude, j'aime assez décortiquer,
    et gribouiller!
    Daniel, merci!En effet, je ne me suis pas ennuyée !

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  4. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  5. On pourrait y passer des heures de lien en lien...
    Superbe exposé Missive!
    Gribouiller, gribouiller, est-ce que tu as une tête à gribouiller?? :-)
    Vidéo de Madame Germaine excellente bien sur. Le lien a été envoyé à une de mes amies, professeur de français, le texte/chanson si riche serait à recopier par ses élèves les meilleurs et à étudier.

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  6. Il parait que la pièce "Hamlet" est très drôle
    "Journal de festival"... Kirnette tenait des cahiers lorsqu'elle allait à Avignon. Elle nous les a montrés. Son blog a été supprimé mais j'en ai encore la trace puisque j'en suis abonnée fidèle.

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  7. Cergie: Hamlet ?ou le "presque Hamlet de Dan Jemmet ?

    Je pense que chez Shakespeare Tragique et comique se mêlent , c'est pourquoi il a été redécouvert par les Romantique -Hamnlet Très drôle en soi ? Cela doit dépendre du regard du metteur en scène...

    Remarque, Beckett définissait son théâtre comme TRES comique...

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