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samedi, décembre 31, 2016

L'art de la table

au musée de Vire, établi dans l'hôtel-Dieu du XVIII ème siècle.

Exposition "A table!", la Normandie des gastronomes, du XVII ème au début du XX ème siècle.

En cette période de fêtes, admirons cette table joliment dressée, dans son décor raffiné, sortie d'un livre ancien!



La ville de Vire est connue pour sa spécialité, qui donne lieu à des bien des plaisanteries:
 l' andouille.
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Mais c'est aussi la ville natale d'un industriel, maître dans l'art des couverts:
Guy Degrenne, dont la réussite avait inspiré, en 1980,  une publicité  paradoxale et pleine d'humour.
Lien ici 
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L'exposition,  concoctée conjointement entre le musée de Vire et le musée de Normandie à Caen, présente ainsi son programme, ou plutôt son menu :

"Terre agricole et maritime par excellence, la région normande, située à proximité de la capitale, a pleinement contribué à l’épanouissement de la gastronomie française. Cuisiniers et gastronomes y ont puisé des produits très tôt réputés pour leur saveur et leur fraîcheur.

À Paris comme en région, les productions normandes sont présentes sur la table du gourmet où des recettes éprouvées, un couvert raffiné et un service soigné contribuent activement à la réussite d’un bon repas.
Au XXe siècle, à mesure que l’art du gourmet se précise et que le tourisme se développe, la diversité des provinces est soulignée. Chaque région participe ainsi à cet élément majeur de la culture nationale. 

Le « repas gastronomique des Français » est inscrit au patrimoine culturel immatériel en 2010 par l’Unesco."








Imaginons alors, en parcourant l'expo  notre repas de réveillon:

- Grâce au peintre  cotentinais Guillaume Fouace, réputé pour ses natures mortes

- homard



Dans la cuisine, 

- poularde
- turbot, saumon mitonnés  dans les poissonnières en cuivre étamé, de Villedieu les Poêles, bien sûr 



Evidemment, un petit verre de calvados au milieu du repas- autrement dit le "trou normand"- permettra de redonner de l'appétit aux convives.



-  cidre pur jus de Cérences pour arroser le repas.


- Et en dessert, des biscuits Mollier.

L'entreprise artisanale de biscuiterie Mollier, fondée en 1850,  est devenue, en 1905,  la biscuiterie  Jeannette à la suite d'une association avec Lucien Jeannette. 

L'histoire et les combats actuels de cette marque dont les employés se désignent comme
 "les jeanettes" sont exposés plus haut sur le site .


En documentation , 
livres et objets exposés .



Après l'expo: animations gastronomiques,  lien ici 

Autre lien ici  vers l ' exposition estivale à Vire, en 2016,"Vive les mariés!": 
menus et table de fête à l'honneur.



Joyeuses fêtes et meilleurs voeux pour 2017!

mardi, décembre 27, 2016

Métamorphose: du sombre à la couleur






« Groupe aux papillons jaunes est de 1960. 
C’est le plus ancien des tableaux de l’exposition.

 A cette époque, Jacques Pasquier peint depuis quelques années. L’essentiel de son travail représente une humanité assujettie, qui a besoin de se libérer à la fois des pesanteurs sociales, politiques et morales. Pour l’artiste, la société emprisonne les individus comme la créativité. 
Il explique qu’il n’y a pas de narration dans ses tableaux, simplement une image de la tragédie humaine. »

Caroline Joubert 

http://artshebdomedias.com/article/231213-jacques-pasquier-caen-une-peinture-en-liberte/







dimanche, décembre 25, 2016

Lux









Joyeux Noël à tous.

Puisse la lumière  et la paix rayonner sur le monde.

jeudi, décembre 22, 2016

Alchimie de la lumière

Peintes 
par

ses natures  mortes aux gâteaux malaxent la pâte de la matière,
 triturent la lumière.








Quintessence du mauve, 
à la manière du tableau de Manet,
Le bouquet de violettes, lien ici



Biographie ici 






Photos prises dans la galerie du lycée Le Verrier, en février 2016.





Dans l'atelier de l'artiste, vidéo ici 

Commentaires     




lundi, décembre 19, 2016

A livre ouvert , Fougères (2/2)

Sur les pas de Chateaubriand à Fougères.

Lien ici


L’hôtel Danjou de la Garenne occupe depuis le XIXe siècle l’emplacement de l’hôtel de Julie de Châteaubriand, soeur de François-René et comtesse de Farcy, 32 rue Nationale.


A propos des soeurs de Chateaubriand à Fougères, lien ici  et














Dans une vitrine, Bertrand Meslet livre aux regards du passant le poète Yvon Le Men 


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Extrait :Besoin de poème d’Yvon Le Men. Éditions Seuil 2006.

Pourquoi n’ai-je pas pris une autre route, pourquoi n’ai-je pas cherché un travail normal, comme on disait, comme si écrire et dire des poèmes n’était pas un travail. J’aurais pu être…
Mais je ne voulais, pour rien au monde, changer de cap.
Peut-être parce que depuis ma sortie, mon évasion de la pension où je m’étais senti très malheureux, je ne voulais plus recevoir d’ordre de quiconque, sauf ceux que je me donnerais à moi- même. Sûrement parce que j’avais trouvé dans la poésie, la mienne et surtout celle des autres, une consolation, une énergie et une mise en forme de la vie, de ma vie. En ce temps, je naviguais entre deux titres : Le pays derrière le chagrin et A l’entrée du jour, le premier précédant heureusement le second. Personne n’aurait pu deviner dans les poèmes de A l’entrée du jour, sinon un vers par ci, un autre par là, le contexte de leur écriture : l’isolement de la maison dont le loyer était plus que modeste, l’état de son toit, de ses toilettes qui imperceptiblement s’écroulaient au milieu des bois et l’évacuation de ses eaux. Mêmes les rats prenaient la fuite.
Il ne m’était pas possible de parler de ma pauvreté en étant pauvre, il était salutaire de traquer la moindre trace de confort comme ce couteau à pain que j’achetai un jour de soldes. Grâce à ses dents et malgré l’humidité, je réussissais à me couper de belles tartines qui déclenchèrent ces deux vers :
On trouve toujours au fond d’un pain
une belle journée à partager.
Je mettais mes pages à l’école du ciel bleu. C’est ainsi que j’écrivais contre le malheur, c’est ainsi que je lisais même et surtout les livres désespérés dont les auteurs avaient eu, au moins, le courage d’achever leurs livres.
*

« Qu’en est-il de celle, de celui qui jamais ne lit ? Dans quelle langue son poème s’écrit-il ? Celle des nuages, qui dans le ciel bleu ressemblent à des montagnes ? Celle de la neige, qui sur le sol ressemble à un manteau blanc ? Celle de la mer qui à l’horizon ressemble à du ciel tombé par terre ?
D’où viennent les images de celui qui ignore le poème et dont la langue est faite de phrases mortes et mille fois récitées ?
Elle tourne autour du temps qu’il fait, fera, faisait, de la vie qui passe, passera, passait. Ses yeux regardent mais ne voient pas et, s’ils voient, ne savent pas nommer. Sa langue connaît les mots mais pas les verbes qui les tiennent, les montent, les chantent. Elle passe du rire au larme, sans rien dire, alors que les larmes et les rires auraient besoin de notes justement placées dans la phrase.
S’il n’y avait la météo, le chômage, la guerre ici ou là, les enfants des autres qui naissent, les parents des autres qui meurent, il n’y aurait aucun sujet de conversation. Pourtant celui qui ignore le poème connaît le silence. Celui qui ignore le poème sait, malgré lui, que le silence est au coeur du poème.
Et pourtant celui qui ignore le poème n’ignore pas le jaune de la rose du jardin, le rouge de la pomme à couteaux et le parfum du lys qui s’accroche à la robe de la jeune femme. Celui qui ignore le poème n’ignore pas le chant de l’alouette dans le lointain du ciel, l’ombre du nuage sur l’herbe de la prairie, le départ de l’hirondelle à la fin de l’été et le retour de l’enfant à la sortie de l’école.
Celui qui ignore le poème n’ignore pas le travail de la mort sur le visage de l’épouse, du chagrin dans le corps de la veuve. Celui qui ignore le poème sait cueillir un bouquet de fleurs et une poignée de haricots pour le retour de sa fille.
Mais si tu lui demandes des mots, son regard s’assombrit et ses poings se referment sur des paroles qui ne seront pas dites et dont les noms ne connaissent pas d’adjectifs.
Mais quand celui qui ignore le poème pleure, même en silence, le poème en lui trouve sa route, même dans le silence de ses larmes. »

jeudi, décembre 15, 2016

A livre ouvert,Fougères (1/2)







En tant que fils d'un pauvre cordonnier de Fougères, le parcours de  Jean Guéhenno  (1898-1978), écrivain, humaniste, académicien est un modèle de la réussite par l'école de la République et une figure emblématique de la Résistance.

« Quelque mal que vous pensiez de l’Académie, dans une vie exemplaire comme celle de Guéhenno, elle apporte une consécration irremplaçable. Le petit ouvrier breton qui, par la puissance de son esprit et par sa persévérance, est devenu ce maître éminent, ce haut fonctionnaire, et surtout cet écrivain, dessine sous nos yeux une image d’Épinal où la Coupole doit apparaître dans la dernière case. »

François Mauriac












Parcours littéraire, avec ces ces citations extraites des Chouans, de Balzac, disséminées sur les hauteurs du jardin public de Fougères.

Lien ici  , résumé  


dimanche, décembre 11, 2016

Champs au carré

"Are you ready ? "

"Do you know what means Fields?"
"Vous savez ce que veut dire Fields ?"

 a demandé au public baudrion Boney Fields, trompettiste-chanteur, invité de  Jazz dans les prés, concerts de jazz et de musiques afro-américaines dans le bocage normand.

Lien /Jazz dans les prés ici /vidéo O. F 

et là 







Un souvenir chaleureux pour affronter l'hiver.





Croque - notes de Boney Fields
 sur carnet:




mercredi, décembre 07, 2016

A Juaye-Mondaye




Visite de l'abbaye prémontrée, Saint-Martin de Mondaye




    Une trentaine des Amis des musées a bravé le froid de novembre pour visiter l'abbaye de Juaye-Mondaye, guidés par frère Julien qui nous a exposé son intérêt historique, architectural et artistique.



    En plein essor au XII ème siècle, à son apogée au XVII ème siècle, l'abbaye a connu bien des aléas et vicissitudes, de la guerre de cent ans aux guerres de Religion, de la Révolution à la séparation de l'Eglise et de l'Etat, pour connaître à présent un renouveau tant spirituel que culturel et touristique: les chantiers de rénovation en sont la preuve.




La pierre de Creully, blanche à impressions veinées, les verrières très claires valorisent, dans la nef et le choeur,

 le buffet d'orgue Parisot, 


l'autel "romain", c'est--à -dire non adossé à un mur, ce qui permet au regard d'embrasser les stalles boisées, dans le choeur,






et, dans les chapelles latérales, un groupe sculpté en terre cuite blanche de Noron- la- Poterie, 
les tableaux de Jean Restout, chanoine au début du XVIII ème siècle, peintre et architecte 




qui repose sous le dallage de la nef.






    Dans la bibliothèque, riche de plus de 60 000 ouvrages, de nombreuses questions ont fusé sur la vie intellectuelle au monastère, auxquelles frère Julien a répondu avec précision et aménité.




Le réfectoire, 




la sacristie, 




nous ont  fait découvrir certains aspects de la  vie monastique et de la liturgie.



Les armoires normandes spacieuses, inutilisables dans les appartements actuels, trouvent ici une nouvelle fonction: entreposer les vêtements sacerdotaux, alors que le rangement à l'horizontale, trop encombrant  n'était plus possible.
Ci-dessous, des crosses de prélats, symboles de pouvoir religieux, mais exclusivement dans leur diocèse.




    Une belle surprise nous attendait dans la salle du chapitre: les fresques réalisées en 1937 par André Frébourg (frère Maurice en religion), marqué par l'enseignement et la personnalité de Maurice Denis.

Elégantes et claires, elles  illustrent sa concepion de l'oeuvre d'art: "C'est d'être à la fois décoration et expression, ornement et poésie".




    et rappellent la fondation de l'ordre par saint Norbert, recevant ici la règle des mains de Saint Augustin.




    Très bien menée  par notre guide, cette visite a complété les expositions d'art sacré, vues à Hambye cette année et à Caen l'an dernier.