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lundi, mars 21, 2016

A Paris, à vélo...

on dépasse les autos "

...chantait Joe Dassin.



Que lui inspireraient ces curieux vélos -taxis?






et ce "carrosse de Cendrillon" ?












jeudi, mars 17, 2016

L'eau, la pierre, la mémoire

Lieu de promenade, été comme hiver: le parc du  Thabor 

L'eau et la pierre: 

fontaines , cascades,
Chemins  






La mémoire:

dans le carré Du Guesclin,  la colonne de Juillet, érigée en écho à celle de la place de la Bastille à  Paris, rend hommage à deux enfants du pays:
 Louis Vanneau et François Papu, tués en 1830, lors des  journées de juillet (Les Trois Glorieuses )

A propos de la restauration et de la restitution de la statue qui surmonte la colonne, haute de 11 m , voir l'article ici 






Statue du poète Breton Glenmor

Article (polémique) là 






Stèle à la mémoire de Charles Lenoir, 
qui réalisa



L'enlèvement d'Eurydice (1890)

et 

la chasse de Diane (1894)



"Couvrez  ce sein que je ne saurais voir! "

Ce groupe sculpté fut  l'objet de la censure , mais le poète Tiercelin  défendit ainsi  la cause 
de Diane dénudée:
« La sculpture, c’est la ligne, et la ligne en sculpture, c’est le nu"



Et des fleurs à foison!




Sans oublier les arbres remarquables:

Tilleul de Hollande ( Tilia platyphylla)





mercredi, mars 09, 2016

Fugue en jaune





Un peu tôt pour parler de printemps

Primavera




mais ses prémices se font remarquer :




jeune printemps,





 jaune printemps




LA JONQUILLE
 
Voici que s'ouvrent les Pervenches,
Le gazon court sur les coteaux ;
A l'aube on entend, sur les branches,
Chanter en chœur les passereaux.
 
Dans les prés verts, en robes blanches,
Les jeunes filles - gais oiseaux -
Vont venir danser, les dimanches,
Aux sons des joyeux chalumeaux.
 
Nés du soleil et des rosées,
Déjà les Lilas, dans les airs,
Balancent leurs grappes rosées,
 
Et l'on voit près des ruisseaux clairs,
- Qu'elles effleurent de leurs ailes -
Voler les vertes demoiselles.
 
II
 
Aux zéphirs il est temps, mes sœurs,
D'entr'ouvrir nos fraîches corolles ;
Et, bien qu'ils soient légers, frivoles,
De livrer nos douces senteurs.
 
Car, - souriant ou l'œil en pleurs -
L'Amour, bientôt, pour ses symboles,
Va nous demander des paroles,
Comme à toutes les autres fleurs.


           Antonio Spinelli (1864)


Au jardin du Thabor

samedi, mars 05, 2016

J.B.Jongkind Sur la voie de l'Impressionnisme

               
 (Du 1er octobre au 20 décembre 2015) La deuxième partie de la visite commentée par M. Robert Blaizeau portait sur l'exposition J.B. Jongkind (prononcer « Yongkind», inaugurée le 2 octobre en présence de M. Auffret, président de la société des amis de Jongkind, qui a rendu possible cette manifestation par de nombreux prêts. Parcourons en sept étapes la vie et l'oeuvre de cet artiste néerlandais (1819-891), le huitième d'une famille paysanne de dix enfants.


1- Jongkind et ses amis.
 En exergue, une aquarelle de petit format, Jongkind en compagnie d'un ami, annonce le propos, illustré par quelques tableaux de figures marquantes du courant pré-impressionniste: Corot, Courbet, Boudin- ce dernier a d'ailleurs reconnu l'influence de Jongkind sur sa manière de voir et de sentir. Notons que La plage à Trouville de Courbet, Les pêcheurs de crevettes d'Eugène Boudin font le lien avec l'exposition de 2013, L'impressionnisme, une immersion dans la peinture » ainsi qu' avec les paysages et les marines du musée.
Une place toute particulière doit être accordée à F. Cals (1824-1898), certes, pour sa toile Pourville, près de Dieppe, bien dans l'esprit pré-impressionniste, mais surtout pour le soutien apporté à son ami Jongkind. Ruiné à cause de sa vie dissipée, ce dernier dut retourner aux Pays -Bas en 1855, et c'est grâce à la vente de tableaux organisée à son profit par Adolphe -Félix Cals qu'il put, en 1860, revenir à Paris, dont il se languissait.


A son retour, il fit la connaissance de Joséphine Fesser, peintre, elle aussi, qui devint sa compagne. Trois tableaux traitant d'un thème voisin (scène d'hiver, patineurs) mettent en parallèle le travail de Josephine Fesser, de Jongkind et de son maître, Andreas Schelfhout, grâce auquel il avait pu obtenir une bourse d'étude. Ainsi, il intégra, à l'âge de 27 ans, l'atelier d'Eugène Isabey, peintre de marines, considéré par Baudelaire comme « un vrai coloriste », « un des hommes les plus justement heureux du mouvement rénovateur » .

 2-Un éternel voyageur.
 L'essor des moyens de transport au XIXème siècle, particulièrement du chemin de fer favorise les déplacements dont Jongkind ne s'est pas privé: La Ciotat, les quais de Marseille, Nevers, Honfleur, le château de Nyon, en Suisse, Paris bien sûr et Londres, autant de destinations qui ont suscité des croquis, devenus peintures en atelier, grâce à son excellente mémoire visuelle, car, à la différence des Impressionnistes, il ne peignait pas sur le motif.
 Le soir du vernissage, M. François Auffret a insisté sur l'aquarelle, L'ancien pont d'Hungerford vu du quai au charbon, signé, dédicacé à « son ami Waring » datée du 9/10 septembre1853, sortie très rarement des collections. Ces annotations attestent un voyage à Londres, contesté par certains biographes. A l'arrière-plan, les fumées industrielles de la ville évoquent la modernité, chère à Baudelaire. Détail pittoresque, l'enseigne de la brasserie Le Lion d'or sera reconnue in situ, par Zola, pendant son exil londonien.


 3-Un amoureux de Paris.
 Jongkind s'attache plus à montrer des scènes de rue qu'à décrire précisément des monuments ; quelques personnages silhouettés les animent, telles les Lavandières au quai de la Tournelle. Les techniques variées (dessin, aquarelle, dessin aquarellé, fusain, fusain et rehauts de pastel), l'éventail des dates (1864,1867,1872,1876) et des lieux révèlent une source d'inspiration constante.


 L'aquarelle Vue de Paris, les berges de la Seine, (1872) porte la dédicace suivante :« a Monsr Emile Zola d'amitié », en remerciement de l'article élogieux rédigé par l'écrivain dans le journal La Cloche qui reconnaît en lui, avec sa série « Démolitions » un témoin des grands travaux Haussmanniens. 4-Jongkind et les Pays-Bas.
 Les paysages typiques des Pays-Bas – certains vraisemblablement peints de mémoire- se déroulent, au fil des titres : L'Escaut à Anvers (3 Oct 66), Moulins aux environs de Rotterdam (9 sept 67), Canal en Hollande (non daté ).


 5-La société des aquafortistes.
 (Jongkind y adhéra en 1862) « L'eau forte est à la mode! » s'exclamait Baudelaire, dans la première version de Peintres et aquafortistes (1862). Et de saluer l'éditeur Cadart ainsi que « M.Yongkind (sic), le charmant et candide peintre hollandais (qui) a déposé quelques planches où il a confié le secret de ses souvenirs et de ses rêveries, calmes comme les berges des grands fleuves et les horizons de sa noble patrie » Six eaux-fortes, accompagnées de leurs matrices montrent la pertinence du jugement du poète critique d'art.

 6-Jongkind en Normandie
Les Hauts-lieux de l'Impressionnisme naissant figurent en bonne place. Vues d'intérieur et d'extérieur par A.F.Cals et Eugène Boudin de la Ferme Saint-Siméon où se réunissaient les artistes novateurs ; jeux de la lumière et des reflets dans le port d'Honfleur par Jongkind, plus soucieux de poésie que de réalisme social, dans l'huile sur toile Chantier de construction navale, Honfleur.

 7- Jongkind en Dauphiné.
 Sous lumière tamisée, la Rotonde conserve les fragiles feuillets des paysages du Dauphiné, où résidèrent, à partir de 1870, le peintre et sa compagne, le fils de celle-ci ayant acheté la villa «Beau Séjour » à la côte Saint- André dans l'Isère. Anticipant les séries des cathédrales et des meules de Monet, Jongkind réalisa de nombreuses recherches d'atmosphères, «   sous un coup de soleil », « par temps d'orage », « en automne », « sous la neige ». Imaginons-le parcourir la route de Balbins, ou de Beaurepaire, les vignes et les coteaux, muni de son matériel et de son pliant .
La présentation rend compte de son travail préparatoire. Il s'agit tantôt de feuilles aquarellées recto verso, encadrées double face, posées sur des supports, tantôt de feuillets juxtaposés dont l'assemblage est très visible . Après son admission le 27 janvier 1891 à l'asile saint-Robert de Saint-Egrève près de Grenoble, le peintre meurt le 9 février. Neuf mois plus tard, sa compagne décède. Tous deux reposent à cinq cents mètres de leur villa, dans le cimetière de la côte Saint-André.




  Tous les visiteurs de l'exposition ont apprécié la disponibilité de M. Blaizeau, la clarté de ses explications et son enthousiasme communicatif : qu'il soit vivement remercié pour ce dimanche au musée.

M. Simon

 Sources : J.B.Jongkind, Sur la voie de l'Impressionnisme, Imprimerie Bayle-26 200 Montélimar Baudelaire, Curiosités esthétiques. L'art romantique, Edition de H. Lemaître, Classiques Garnier, Bordas. www.jb-jongkind.org https://lesarchivesdeladouleur.wordpress.com/2013/06/30/emile-Zola

mardi, mars 01, 2016

Coups de coeur au musée

Les coups de cœur
d'un dimanche au musée des Beaux-Arts.

Si collectionner rime souvent avec «spéculer », ce n'est pas le cas de Daniel Hurstel, avocat d'affaire parisien qui, depuis une trentaine d'années s'adonne à cette activité sans but mercantile, se définissant, non pas comme un collectionneur, mais comme « un amateur qui accumule les coups de cœur ».
Son fil directeur ? L'éclectisme: techniques et styles divers ( photographie, peinture figurative ou abstraite), artistes variés, célèbres ou inconnus. Le mode d'acquisition des œuvres diffère lui aussi : parfois achetées directement aux artistes, le plus souvent à des galeristes.
Daniel Hurstel prête pour la première fois sa collection, dont certaines pièces avaient déjà été exposées au Grand Palais. C'est grâce à l'entregent de M. Valentin Goëthals, conseiller municipal délégué au patrimoine et à la culture que le public pourra apprécier cette collection, visible du 17 septembre au 20 décembre 2015. Elle provient de son appartement parisien du XVème arrondissement et de son château près de Lyon, ouvert à la visite et aux manifestations culturelles.

Ces explications ont été données par M. Robert Blaizeau (nommé  conservateur des musées municipaux  de Saint-Lô  en préambule à la visite guidée qu'il organisait, le dimanche 11 septembre, à laquelle assistaient 45 personnes, pour moitié, des adhérents de notre association.
Entré en fonctions le 1er septembre, le nouveau conservateur a bien sûr procédé à l'accrochage .
Plutôt que se laisser guider par le collectionneur, l'option retenue par l'équipe du musée a été d'appliquer ses propres critères : le résultat, approuvé par Daniel Hurstel n'a donné lieu qu'à d'infimes retouches.

Quels choix ont donc déterminé l'accrochage ?



Un jeu sur la verticalité rythme le grand mur de gauche (en direction de la salle des tapisseries) Aux lignes de force de la scène de Bagarre d'Hervé Ingrand répondent les arêtes des livres d'une photographie anonyme et un diptyque de Daniel Clarke, scène de plage avec des cabines de bain, en écho avec le grand tableau d'Eugène Boudin que possède notre musée.
Sur le mur qui clôt partiellement l'espace d'exposition s'accumulent des portraits, ou paradoxale- -ment, des anti-portraits puisque les codes du genre sont subvertis.


Exemple le plus significatif, une toile de Georg Baselitz, peinte à l'envers, caractéristique de sa manière.
Significative également, une œuvre d'Annette Messager, technique mixte, où des superpositions de gazes créent un effet de relief et laissent deviner un visage de trois-quarts, balafré de coulures rouge sang. Le fond, dans des tonalités de gris et de noir traduit l'univers oppressant de cette artiste .
Isolé sur le mur de droite trône le tableau préféré du collectionneur, mis ainsi à l'honneur à sa demande, Frère et sœur, de Claire Tabouret, artiste française peu connue jusqu'à ce que son travail entre dans la prestigieuse collection de François Pinault.



La question du Sacré est posée dans un recoin aménagé dans le même espace, avec deux photographies d'Andres Serrano :The Church, et Church Trinity . Le visage du moine âgé de la première photo, valorisé par le clair-obscur répond à la photographie anonyme qui plus loin lui fait face, un élégant Portrait de femme finlandaise, reproduction d'un tableau de l'Ecole du Nord . Le problème du flou est suggéré dans l'huile sur toile de Carole Benzaken, Etamin 2, proche de l'abstraction.


Voici la toute dernière acquisition du collectionneur, Carafe, une photographie de V. Belin qui, par ses contrastes entre les verres du premier et de l'arrière-plan rend monumental un objet du quotidien. A proximité, voilà le premier tableau acheté pour la collection, Abstraction Bleu , de Pierre Celice.
Au centre de la salle est exposé sous vitrine un livre d'art d'Anselme Kiefer qui se déploie hors d'un boîtier de métal, tandis que des grains de sable collés sur les pages les fragilisent.

L'éclectisme est bien le maître mot de la collection : François Morellet, célèbre partisan de l'abstraction géométrique au XXème siècle côtoie Paul Nicolas, artiste dont le talent prometteur ne s'est pas épanoui. Son huile sur toile, April avait été achetée au peintre dans sa phase ascendante, alors qu'il fréquentait l'école des Beaux-Arts de Paris.



Cette visite, dynamique et pédagogique a constitué un véritable coup de cœur pour le public, enchanté à l'idée que Daniel Hurstel vienne lui-même commenter sa collection, le 4 novembre au soir.


M. Simon.