Musée des beaux-Arts de Saint-Lô par un professeur d'arts plastiques, M Thierry Brocard. et un météorologue, M.Ludovic Pesnel.
(suite et fin )
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Eugène Boudin (1824-1898)
Le Havre. Coucher de soleil sur le rivage,
marée basse, Salon de 1884
Huile sur toile - 117 x 160 cm
Musée des beaux-Arts de Saint-Lô
Coucher de soleil à marée basse, d'Eugène Boudin (1824-1898), Salon de 1884
Fils d'un marin de Honfleur, sa ville natale, Eugène Boudin a été commis d'un imprimeur-encadreur et d'un papetier puis a fondé sa propre papeterie pour se consacrer à la peinture à l'âge de 20 ans , encouragé par Thomas Couture et J.F. Millet. Ayant reçu une bourse d'étude du conseil municipal de Rouen, il partit à Paris pour satisfaire sa vocation de peintre, fut copiste au Louvre et étudia dans l'atelier du peintre Isabey.
Lié avec Courbet, Monet, Jongkind, il a été souvent considéré comme un précurseur de l'impressionnisme, bien qu'il n'ait jamais revendiqué ce titre.
Ce tableau - une des pièces maîtresses du musée- est le préféré de M. Brocard, pour ses dimensions, son format , mais surtout pour son style, presque abstrait , comme un Rothko- moins les personnages- et sa matière picturale:grattages, frottages visibles dès qu'on se rapproche.(Photos personnelles )
Le titre complet de ce tableau , Le Havre. Coucher de soleil sur le rivage, marée basse, résout en fait la question posée sur le lieu de cette marine, qui avait suscité une discussion d'ordre météorologique, question importante puisque l'intérêt de Boudin s'est toujours porté sur
« les états de l'atmosphère selon le lieu, l'heure et le vent »
M. Pesnel , a demandé au public de faire abstraction du titre et de relever les indices indiquant quel est le moment de la journée.
-Les bateaux sont sortis, ce qui est rare le matin, sauf pour une grande marée d'équinoxe.
-Trois types de nuages coexistent dans ce tableau: dans la partie inférieure, un fond laiteux, des bandes de strato - ou d'altocumulus, et dans la partie supérieure, les cumulus de fin de journée.
-C'est bien un coucher de soleil car les cumulus fractus, à ce moment de la journée où ils s'étalent deviennent de la "cirraille" ( de Cirrus=en forme de cheveux)
-Il y a une "rougie", détail qui a a donné lieu à une explication (ici) et à un élargissement sur les phénomènes du "rayon vert "(ici) et des feux follets (ou farfadets) (là)
Voilà une conférence-déambulation absolument passionnante, grâce à la compétence et aux qualités pédagogiques des deux spécialistes invités et qui a parfaitement cadré avec l'objectif des amis des musées de Saint-Lô: faire vivre le musée un dimanche.
Et oui c'est passionnant de savoir lire un ciel pour dire le temps qu'il fait, l'heure de la journée. De connaitre les nuages qui disent aussi le relief.
RépondreSupprimerJe me disais justement avec l’aubépine que la végétation date dans l’année, vers la mi-mars les arbres à floraison blanche sont des prunelliers. J’ai pris l’aubépine fleurie dimanche dernier ; en une semaine déjà les pétales sont tombées. Les pissenlits forment des champs d’aigrettes que le vent n’a pas encore dispersé.
("Impression soleil levant" est daté de 1872.)
PS : liens intéressants pour différentes raisons,
RépondreSupprimerFeu follet > farfadet ?!
Rien m’échappe à ton œil d'observatrice perspicace...
RépondreSupprimerJoyeux 1er Mai :))
Donc ce tableau a ete peint apres "Impression soleil levant" excellente remarque de Cergie!
RépondreSupprimerQuelle qualite dans tes ecrits. On a tous les elements pour decouvrir tous ces details passionnants, meme les gros plans pour verifier les details de la ciraille.
Merci.