Ce château , un peu kitsch, parfois considéré comme le "château de la princesse autrichienne "dans la mémoire locale
- "dierie" ou cancan: pourquoi pas Sissi?
était en réalité celui d'une américaine,Clara_Ward (1873-1916), princesse de Chimay, qui le fit construire sur les plans de l'architecte Roberti, d'où son nom:le château de Chimay
Achevé en 1914, il ne recevra jamais sa propriétaire mais fut réquisitionné au début de la première guerre mondiale pour abriter les recrues du camp d'instruction de l'armée belge de Carteret
Clara Ward, née à Détroit avait épousé, à l'âge de 17 ans, Joseph de Riquet (1858-1937) , Prince de Chimay et de Camaran (Belgique), alors âgé de 31 ans.
Ce prince était membre de la chambre belge des Représentants(autrement dit, des députés)
L'union de Clara Ward et de Joseph de Riquet dura sept ans, de 1890 à 1897, deux enfants naquirent.
Le couple ne se montra guère sur la plage barnevillaise, mais fréquenta beaucoup les restaurants et cabarets parisiens à la mode.
Une lithographie de Toulouse -Lautrec de 1894 intitulée "A princely Idyl", Clara Ward, en témoigne.
Après avoir divorcé , Clara Ward épousa un violoniste hongrois, féru de musique tzigane, rencontré à Paris, Rigo Jancsi,et tous deux menèrent une vie de"people" , selon le terme actuel, Toulouse Lautrec les portraitura en 1897.
La photo ci-dessous figure sur le site :
http://nighttraintodetroit.com/2011/09/02/the-princess-the-gypsy-and-the-cake/
qui donne la recette du gâteau "Rigo Jancsi"
Recette en français là
Puis vinrent deux autres divorces et deux remariages.
Clara Ward mourut à Padoue à l'âge de 43 ans .
Le film Can-can , de Walter Lang (1960) s'inspire de sa vie: Shirley mac Laine y joue Simone Pistache avec pour partenaire Franck Sinatra.
Vidéo ici
Deux critiques contrastées à propos de ce film ici et là
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Comme la vie de château, de nos jours , n'a plus cours, la villa cossue a été modifiée, agrandie sur ses ailes et transformée en appartements
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Cartes postales anciennes ici
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Le château du Souvenir
La main au front, le pied dans l'âtre,
Je songe et cherche à revenir,
Par delà le passé grisâtre,
Au vieux château du Souvenir.
Une gaze de brume estompe
Arbres, maisons, plaines, coteaux,
Et l'oeil au carrefour qui trompe
En vain consulte les poteaux.
J'avance parmi les décombres
De tout un monde enseveli,
Dans le mystère des pénombres,
A travers des limbes d'oubli.
Mais voici, blanche et diaphane,
La Mémoire, au bord du chemin,
Qui me remet, comme Ariane,
Son peloton de fil en main.
Désormais la route est certaine ;
Le soleil voilé reparaît,
Et du château la tour lointaine
Pointe au-dessus de la forêt.
Sous l'arcade où le jour s'émousse,
De feuilles, en feuilles tombant,
Le sentier ancien dans la mousse
Trace encor son étroit ruban.
Mais la ronce en travers s'enlace ;
La liane tend son filet,
Et la branche que je déplace
Revient et me donne un soufflet.
Enfin au bout de la clairière,
Je découvre du vieux manoir
Les tourelles en poivrière
Et les hauts toits en éteignoir.
Sur le comble aucune fumée
Rayant le ciel d'un bleu sillon ;
Pas une fenêtre allumée
D'une figure ou d'un rayon.
Les chaînes du pont sont brisées ;
Aux fossés la lentille d'eau
De ses taches vert-de-grisées
Étale le glauque rideau.
Des tortuosités de lierre
Pénètrent dans chaque refend,
Payant la tour hospitalière
Qui les soutient... en l'étouffant.
Le porche à la lune se ronge,
Le temps le sculpte à sa façon,
Et la pluie a passé l'éponge
Sur les couleurs de mon blason.
Tout ému, je pousse la porte
Qui cède et geint sur ses pivots ;
Un air froid en sort et m'apporte
Le fade parfum des caveaux.
L'ortie aux morsures aiguës,
La bardane aux larges contours,
Sous les ombelles des ciguës,
Prospèrent dans l'angle des cours.
Sur les deux chimères de marbre,
Gardiennes du perron verdi,
Se découpe l'ombre d'un arbre
Pendant mon absence grandi.
Levant leurs pattes de lionne
Elles se mettent en arrêt.
Leur regard blanc me questionne,
Mais je leur dis le mot secret.
Et je passe. - Dressant sa tête,
Le vieux chien retombe assoupi,
Et mon pas sonore inquiète
L'écho dans son coin accroupi. [...]
Théophile Théophile Gautier (1811-1872) Emaux et Camées











