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lundi, août 26, 2019

Parler de la "vie de château "

Une magnifique promenade dans le parc du château de Carneville.

Grâce au loto du patrimoine, et à la remise du chèque de 490 000 €, Guillaume Garbe va pouvoir entreprendre les travaux de restauration de ce château du XVIII ème siècle, menacé par la mérule.


                     
 Guide passionné et passionnant, Guillaume Garbe a fait découvrir
 aux Amis des Musées de Saint-Lô l'histoire du château, le rôle joué par la famille de Tocqueville,
les différents espaces du parc (prairie, jardins symétriques, jardin à l'Anglaise, arboretum), ses plantes, arbres  et essences rares (hydrangeas, Wollemia nobilis).






         
             Les principes physiocratiques, inspirés par les philosophes du XVIII ème siècle- dont Jean-Jacques Rousseau est un exemple- restent ceux de la famille à qui nous souhaitons la réussite de leurs projets d'envergure!
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"L'erreur des prétendus gens de goût est de vouloir de l'art partout, et de n'être jamais contents que l'art ne paraisse ; au lieu que c'est à le cacher que consiste le véritable goût, surtout quand il est question des ouvrages de la nature. Que signifient ces allées droites, si sablées, qu'on trouve sans cesse, et ces étoiles, par lesquelles, bien loin d'étendre aux yeux la grandeur d'un parc, comme on l'imagine, on ne fait qu'en montrer maladroitement les bornes? Voit-on dans les bois du sable de rivière, ou le pied se repose-t-il plus doucement sur ce sable que sur la mousse ou la pelouse? La nature emploie-t-elle sans cesse l'équerre et la règle? Ont-ils peur qu'on ne la reconnaisse en quelque chose malgré leurs soins pour la défigurer? Enfin, n'est-il pas plaisant que, comme s'ils étaient déjà las de la promenade en la commençant, ils affectent de la faire en ligne droite pour arriver plus vite au terme? Ne dirait-on pas que, prenant le plus court chemin, ils font un voyage plutôt qu'une promenade, et se hâtent de sortir aussitôt qu'ils sont entrés?

 Que fera donc l'homme de goût qui vit pour vivre, qui sait jouir de lui-même, qui cherche les plaisirs vrais et simples, et qui veut se faire une promenade à la porte de sa maison ? Il la fera si commode et si agréable qu'il s'y puisse plaire à toutes les heures de la journée, et pourtant si simple et si naturelle qu'il semble n'avoir rien fait. Il rassemblera l'eau, la verdure, l'ombre et la fraîcheur ; car la nature aussi rassemble toutes ces choses. Il ne donnera à rien de la symétrie ; elle est ennemie de la nature et de la variété ; et toutes les allées d'un jardin ordinaire se ressemblent si fort qu'on croit être toujours dans la même : il élaguera le terrain pour s'y promener commodément, mais les deux côtés de ses allées ne seront point toujours exactement parallèles ; la direction n'en sera pas toujours en ligne droite, elle aura je ne sais quoi de vague comme la démarche d'un homme oisif qui erre en se promenant. Il ne s'inquiétera point de se percer au loin de belles perspectives : le goût des points de vue et des lointains vient du penchant qu'ont la plupart des hommes à ne se plaire qu'où ils ne sont pas ; ils sont toujours avides de ce qui est loin d'eux."

 Jean-Jacques Rousseau, La nouvelle Héloïse 

Monet au fil de l'eau

                                                                         Nymphéas                                                           ...