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samedi, janvier 23, 2016

En grandes pompes (2)



  
 Trois jours après la mort du roi, le cercueil  est exposé une semaine dans le salon de Mercure  du Grand Appartement.


Il est placé sur un lit  et recouvert de plusieurs draps dont le dernier, couleur or, est brodé d'hermine


I
Suit une période de deuil, très codifiée:

La  première période, dite de grand deuil impose de voiler de noir certaines pièces du château, tout comme les carrosses.
Courtisans et personnalités extérieures venus rendre hommage au successeur du roi, le jeune Louis XV, doivent être vêtues de noir.




En revanche, les rois portent du violet qui orne également leurs appartements: c'est le  cas du  futur roi, âgé  de cinq ans.

Pendant cette période, plus de  spectacles ni de jeux à la cour.





La  seconde période est celle du petit deuil.





Le cercueil arrivera à l'abbaye de Saint-Denis le 10 septembre 1715, le corps du roi sera honoré dans la chapelle ardente-reconstituée à l'entrée de l'exposition- en attendant la cérémonie des obsèques le 3 octobre.

Pendant ce temps, l'administration des Menus -Plaisirs organise le décor de l'église, tandis que le dessinateur du roi, Jean II Berain en conçoit la pièce maîtresse:  le cénotaphe à l'italienne,
 haut de 30 m. 




L'architecture de l'église est masquée et modifiée par des tentures, les loges dans les tribunes du choeur, les milliers de bougies éclairant le catafalque et l'autel transforment les obsèques -qui vont durer cinq heures- en spectacle baroque.

Le cercueil sorti du mausolée sera conduit au caveau  avec toutes les marques de la souveraineté, la formule célèbre sera alors prononcée:
"Le Roi est mort, Vive le Roi"

Lien ici

mardi, janvier 19, 2016

En grandes pompes (1)

A Versailles, l'exposition "Le roi est mort" 



plonge  le visiteur dans les cérémonies conçues par le roi louis XIV lui-même,  mort à Versailles 
le 1 er septembre 1715, comme il a vécu, en représentation, afin d'exalter la grandeur de sa personne et de son règne.



Premier acte de la scénographie :

"Représentation de l'endroit où a été déposé le corps de Louis XIV Roy de France dans l'église de Saint-Denis le 9 septembre 1715"
d'après une gravureau burin , Arnold Maillot éditeur, 1715.


Ci-dessous, maquette de la chambre du roi, où celui -ci se prépara à la mort à partir du 24 août, jour  où la gangrène fut diagnostiquée.
Le 25 août, fête de la Saint-Louis, le roi entend  sa musique, reçoit l'extrême  onction, règle sa succession , informe les princes du sang de l'existence d'un testament.
Le 27, il brûle les papiers secrets de sa cassette et le 30 fait ses adieux à Madame de Maintenon.

Plusieurs films, ou séries télévisées, ont popularisé certaines de ces scènes .
Exemple
 là





"Dieu seul est grand, mes frères", énonce l'oraison funèbre de Jean-Baptiste Massillon, contrebalançant les thèmes des oraisons funèbres axées sur la grandeur du règne:
le roi fut grand dans le gouvernement, grand dans la guerre, grand dans la diplomatie,  grand dans la religion, grand dans les arts.



Ces variations sont développées par une iconographie élogieuse commandée par le souverain lui-même, ou émanant de ses thuriféraires  mais aussi par des images critiques, venant de ses adversaires.



Quittant Versailles pour Saint-Denis à 8h du soir le 9 septembre 1715, le convoi funèbre de Louis XIV rassemble 2500 personnes en deuil,  pendant environ dix heures, à la lumière des flambeaux, au son de la *marche pour hautbois et tambours  composée par Philidor, avec pour spectateurs, une population "animée de sentiments divers", selon l'euphémisme du guide de l'exposition, d'où sont extraites ces indications.
A écouter ici 


Le tableau ci-dessus donne une idée de ce rituel présent dès le la fin du Moyen-âge, qui connut son apogée avec le cortège de Charles Quint à Bruxelles en 1558, et en France avec celui de Henri IV, traversant Paris en 1610.
Diverses estampes, gravures et eaux-fortes représentent ce défilé  des funérailles  royales, ainsi "La  Magnifique et Somptueuse Pompe funèbre faite aux obsèques et funérailles du tresgrandet tresvictorieus empereur Charles cinquième"

Issu de l'italien pompa, le mot pompe signifie: «cérémonial somptueux, déploiement de faste, de luxe» (Benoît de Ste-Maure, Troie.

vendredi, janvier 15, 2016

Ah ! Mon beau château !



Jamais la notion de 
patrimoine
ne m'aura  autant tenu à coeur 
 qu'en cette  année  2015 - année terrible, pour paraphraser Victor Hugo -





Quel plaisir - c'est un paradoxe- de retrouver les visiteurs 
patienter sagement, dans les files d'attente !


et de voir les touristes poser , avec le sourire, devant les monuments 
qui nous rassemblent, dans le partage des arts et de la culture !


















A plus tard, pour la suite de la visite.

mercredi, mai 08, 2013

Bergeries ... à Versailles (2)





Le Pavillon Français,
 vu de l'Antichambre 
des appartements de la reine au  Petit Trianon 


Au jardin  à la Française 



succède
 le  parc à l'Anglaise, voulu par Marie-Antoinette, agrémenté  de fabriques:

_Temple de l'Amour


-Le domaine de Marie-Antoinette

http://www.chateauversailles.fr/decouvrir-domaine/domaine-marie-antoinette-/les-jardins-et-le-hameau/les-fabriques-du-hameau



-Le Hameau
-La laiterie
-La ferme dans le style normand

"Du haut de la galerie, la châtelaine de Trianon, simplement vêtue d’une robe de mousseline blanche et coiffée d’un chapeau de paille, pouvait suivre des yeux les travaux de champs."
-La maison du gardien


-Le lac artificiel,
 et la tour de Malborough




http://www.chateauversailles.fr/domaine-marie-antoinette
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Sur les tenues de Marie-Antoinette, telles qu'elles sont montrées dans des  portraits célèbres, par Madame Vigée-Lebrun,
dont un qui a fait scandale:


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http://aurorartandsoul.com/2011/03/09/marie-antoinette-scandale-autour-dun-tableau/


Merci à
Tilia 
et à
Thérèse

lundi, mai 06, 2013

Du potager aux parcs ( Bergeries 1)

Le potager du roi 
fut construit entre 1678 et 1683 par Jean-Baptiste la Quintinie.

                         Le très beau récit de Frédéric Richaud, Monsieur le Jardinier (Grasset)

s'intéresse à ce personnage mystérieux-aux yeux des courtisans futiles - qui"ignorait ce que devenaient ses fruits et ses légumes une fois franchie l'enceinte de son jardin et ne tenait pas à le savoir. Lorsqu'on lui en demandait la raison, il humait l'air et se contentait de dire, l'œil malicieux : « Mes fruits et mes légumes nourrissent les hommes. » La joie et l'orgueil qu'il tirait de cette simple certitude lui étaient bien suffisants."

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Mi-avril 2013:
du haut de son socle, la Quintinye se désole de constater le retard pris par la végétation.
Les poiriers  en espaliers se réduisent à leur forme en éventail et les carrés dénudés 
dans  leur  rigueur toute classique font écho aux lignes géométriques du quartier Saint-Louis
                                                                                                                                                                           

                                                                                                                                                                         

De l'autre côté de la grille, la seule qui soit d'origine, dans le domaine de Versailles,  s'étend la pièce d'eau des Suisses.

Au-delà, le parc de Versailles présente  ses perspectives classiques.


Mieux que les rois
Le soleil
Maintenant règne
En maître 
Absolu sur ces lieux

Mes jardins s'ouvrent 
Aux lumières
Dont ils reçurent

l'esprit 
La forme  la matière
De l'âme

S'imprègnent ivres 
Et sourient 
Dans la sève du bois


Les Jardins deVersailles
(extrait ) in Poètes en majesté à Versailles, Ed. des Busclats

Lu dans Télérama N 3304, P.54
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Edifié sous Louis XV vers 1760 par l'architecte Gabriel qui signe là son chef-d'oeuvre, le Petit Trianon et son domaine furent offerts 
en 
1774 à Marie-Antoinette par Louis XVI pour qu'elle y mène la vie à laquelle elle aspirait, loin des réalités et de l'étiquette de la cour.

L'agencement  extérieur du Petit Trianon est conçu de manière à ce qu'il soit visible quel que soit le  côté du jardin où l'on se trouve .
Cette construction dite "à la grecque"offre quatre façades différentes.

La plus riche, ponctuée de colonnes , inspirée des temples antiques,  fait face au jardin classique .

La façade nord, très simple, à l'arrière du château, donnait autrefois sur les serres du jardin botanique, remplacé sous Louis XVI par le jardin anglais, (1, 4, 5, 6) dans le goût du XVIII ème siècle , avec fabriques, fausse grotte, lac artificiel  ferme, l'ensemble constituant le domaine de Marie-Antoinette. 




http://www.chateauversailles.fr/domaine-marie-antoinette

4 vidéos + 1 diaporama

samedi, avril 02, 2011

Escaliers






L'Orangerie




"Toute accession à une haute fonction emprunte un escalier tortueux"
Francis Bacon,Philosophe et homme d'état anglais (1561-1628) Essais.


"Nous sommes tous un escalier à double révolution: quand une moitié de nous monte, l'autre descend "Jules Renard, Journal ,1893-1898
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Avoir l'esprit d'escalier ou l'esprit de l'escalier:  penser souvent , après coup  à ce que l'on aurait pu répliquer à son interlocuteur,  selon le mot de Diderot:
« l’inspiration nous vient en descendant l’escalier de la tribune »

 « ...l'homme sensible comme moi, tout entier à ce qu'on lui objecte, perd la tête et ne se retrouve qu'au bas de l'escalier ».Diderot, Paradoxe sur le comédien 
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C'est de ce défaut que Jean-Jacques Rousseau se dit affligé:

« Je sens tout & je ne vois rien. Je suis emporté, mais stupide ; il faut que je sois de sang-froid pour penser. Ce qu’il y a d’étonnant est que j’ai cependant le tact assez sûr, de la pénétration, de la finesse même, pourvu qu’on m’attende : je fais d’excellens impromptus à loisir ; mais sur le tems je n’ai jamais rien fait ni dit qui vaille. Je ferois une fort jolie conversation par la poste, comme on dit que les Espagnols jouent aux échecs. Quand le lus le trait d’un Duc de Savoye qui se retourna, faisant route, pour crier ; à votre gorge, marchand de Paris, je dis, me voilà. »
J. J. ROUSSEAU, Les Confessions, T.I, Genève, 1782, p.302.
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Et quelques mots d'esprit à propos d'escaliers:
  "En montant un escalier, on est toujours plus fatigué à la fin qu'au début.  Dans ces conditions, pourquoi ne pas commencer l'ascension par les dernières marches et la terminer par la première ?"Pierre Dac

"Je n'ai pas l'esprit d'escalier . J'ai l'esprit d'ascenseur en panne ". Gainsbourg

pas l'esprit d'escalier, j'ai l'esprit d'ascenseur en panne.
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Le mot du philosophe Gaston Bachelard, in la Poétique  de l'espace

"Les mots - je l'imagine souvent - sont de petites maisons, avec cave et grenier. Le sens commun séjourne au rez-de­chaussée, toujours prêt au commerce extérieur, de plain-pied avec autrui, ce passant qui n'est jamais un rêveur. Monter l'es­calier dans la maison du mot c'est, de degré en degré, abs­traire. Descendre à la cave, c'est rêver, c'est se perdre dans les lointains couloirs d'une étymologie incertaine, c'est cher­cher dans les mots des trésors introuvables.
Monter et descendre, dans les mêmes mots, c'est la vie du poète.
Monter trop haut, descendre trop bas est permis au poète qui joint le terrestre à l'aérien. Seul le philosophe sera-t-il con­damné par ses pairs à vivre toujours au rez-de-chaussée ?"


(Je remercie pour cet ajout Marguerite-Marie) l'esprit d'escalier, j'ai l'esprit d'ascenseur en panne.

pas l'esprit d'escalier, j'ai l'esprit d'ascenseur en panne.


jeudi, mars 31, 2011

Grilles

 4 et 5-La grille Royale, disparue à la Révolution et dont la "restitution" ou "reconstitution" a fait débat, en 2007; Voir l' article ici

3-Entrée principale , quasi incontournable du Château, la grille d'Honneur ( construite au XIXe siècle)

2-Au-delà de la grille , on distingue   une des  deux volées monumentales d’escaliers dits des "Cent Marches" menant à l’esplanade  qui prolonge l’Orangerie et ses parterres .

1 et 6 -De l’autre côté de l'Orangerie, la Pièce d’Eau des Suisses.



14 juillet

Tout un peuple accourut écrire cette journée sur l’album de l’histoire, sur le ciel de Paris.
D’abord c’est une pique, puis un drapeau tendu par le vent de l’assaut (d’aucuns y voient une baïonnette), puis – parmi d’autres piques, deux fléaux, un râteau – sur les rayures verticales du pantalon des sans-culottes un bonnet en signe de joie lancé en l’air.
Tout un peuple au matin le soleil dans le dos. Et quelque chose en l’air à cela qui préside, quelque chose de neuf, d’un peu vain, de candide : c’est l’odeur du bois blanc du faubourg Saint-Antoine, – et ce J a d’ailleurs la forme du rabot.
Le tout penche en avant dans l’écriture anglaise, mais à le prononcer ça commence comme Justice et finit comme ça y est, et ce ne sont pas au bout de leurs piques les têtes renfrognées de Launay et de Flesselles1qui, à cette futaie de hautes lettres, à ce frémissant bois de peupliers à jamais remplaçant dans la mémoire des hommes les tours massives d’une prison, ôteront leur aspect joyeux.

Francis Ponge, Pièces, dans Œuvres, I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1999, p. 718-719.

1Il s’agit de Bernard Jordan de Launay et de Jacques de Flesselles, respectivement gouverneur de la Bastille et prévôt des marchands de Paris, qui furent massacrés lors de la prise de la Bastille.



mardi, mars 29, 2011

Par la fenêtre

Est-ce le buste de Marianne, ou le fantôme de Marie-Antoinette qui hante cette croisée,
tandis que , du château , se déploie  la majestueuse perspective du  Grand Canal ?

lundi, mars 28, 2011

Grandes eaux

Le bassin d'Apollon, à la croisée des chemins et à jonction des perspectives:
vers
Le grand Canal (ci-dessus) et vers le Château (ci-dessous)

Quelques jours avant l'arrivée du printemps: malgré le beau temps, les arbres ont encore un aspect hivernal,
et les statues qui bordent les allées sont restées encapuchonnées!
 (Pour les identifier, quand elles seront dénudées , c'est ici)
Le bassin d' Encelade, le bassin de Bacchus
La Girandole, le bassin de Cérès
Le bassin d'Apollon (vers le château) le bassin de Latone , vu du château

(Cliquez pour agrandir)

samedi, mars 26, 2011

Paume, paumer, empaumer




Le Serment du jeu de Paume
épisode célèbre de l'histoire de France , étape déterminante vers la démocratie s'est déroulé non loin du château de Versailles, le 20 juin 1789, dans une salle portant ce nom, qui existe toujours et qui se visite sur demande.
Visite virtuelle ici

Du latin "palma", paume, Le jeu de paume est, en quelque sorte l'ancêtre du tennis et de la pelote basque.

Le verbe "paumer' signifiait en A.F."tenir dans la paume de la main" (tout comme "empaumer"), par un curieux renversement , il a pris le sens de "perdre"!

Dans la rue Mazières, ce trompe- l’œil nous charme par ces teintes pastel .

Il a été conçu par Nicolette Zbinden et réalisé par des élèves du cours de trompe- l’œil des ateliers du carrousel.
Il nous donne une idée de ce qu'étaient au XVIII ème siècle les échoppes:

-d'un perruquier


-d'un savetier



-et une paulmerie, c'est à dire la boutique d'un fabriquant de raquettes pour jouer à la paume .


Et à propos du savetier...une fable célèbre:

Le savetier et le financier

Un Savetier chantait du matin jusqu'au soir : /
C'était merveilles de le voir, /
Merveilles de l'ouïr ; il faisait des passages, /
Plus content qu'aucun des sept sages. /
Son voisin au contraire, étant tout cousu d'or, /
Chantait peu, dormait moins encor. /
C'était un homme de finance. /
Si sur le point du jour parfois il sommeillait, /
Le Savetier alors en chantant l'éveillait, /
Et le Financier se plaignait, /
Que les soins de la Providence /
N'eussent pas au marché fait vendre le dormir, /
Comme le manger et le boire. /
En son hôtel il fait venir /
Le chanteur, et lui dit : Or çà, sire Grégoire, /
Que gagnez-vous par an ? - Par an ? Ma foi, Monsieur, /
Dit avec un ton de rieur, /
Le gaillard Savetier, ce n'est point ma manière /
De compter de la sorte ; et je n'entasse guère /
Un jour sur l'autre : il suffit qu'à la fin /
J'attrape le bout de l'année : /
Chaque jour amène son pain. /
- Eh bien que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?
- Tantôt plus, tantôt moins : le mal est que toujours ; /
(Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes,) /
Le mal est que dans l'an s'entremêlent des jours /
Qu'il faut chommer ; on nous ruine en Fêtes. :
L'une fait tort à l'autre ; et Monsieur le Curé /
De quelque nouveau Saint charge toujours son prône. /
Le Financier riant de sa naïveté /
Lui dit : Je vous veux mettre aujourd'hui sur le trône. :
Prenez ces cent écus : gardez-les avec soin, /
Pour vous en servir au besoin. /
Le Savetier crut voir tout l'argent que la terre /
Avait depuis plus de cent ans /
Produit pour l'usage des gens. /
Il retourne chez lui : dans sa cave il enserre /
L'argent et sa joie à la fois./
Plus de chant ; il perdit la voix /
Du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines. /
Le sommeil quitta son logis, /
Il eut pour hôtes les soucis, /
Les soupçons, les alarmes vaines. /
Tout le jour il avait l'oeil au guet ; Et la nuit, /
Si quelque chat faisait du bruit, /
Le chat prenait l'argent : A la fin le pauvre homme /
S'en courut chez celui qu'il ne réveillait plus ! /
Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme, /
Et reprenez vos cent écus. /

La Fontaine, Fables, livre VIII

Monet au fil de l'eau

                                                                         Nymphéas                                                           ...