Affichage des articles dont le libellé est cimetières parisiens. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est cimetières parisiens. Afficher tous les articles

mardi, février 01, 2011

Hopi New Year !

Venus d'Arizona, ce sont les voeux de Thérèse, en mail art, inspirés par les "kachinas", poupées rituelles symbolisant les pouvoirs magiques des indiens Hopi.



Verso de l'enveloppe


Explications jointes par Thérèse, sur l'art des indiens Hopi
Un grand merci Thérèse, 
pour tes voeux
et pour ton intéressante documentation qui trouve en moi un écho:

.................................................................................................................................................................

André Breton (1896-1966)  fasciné par la culture Hopi  a collectionné les kachinas

(Sur cette collection, un article personnel, écrit en 2007 , ici)

Le mystérieux et passionnant roman de Claudie Galley , Dans l'or du temps, titre son titre  d'une formule d'André Breton in le Manifeste du Surréalisme- à connotation alchimique  -et s'inspire de la rencontre de celui-ci avec la civilisation Hopi.

(La phrase  "Je cherche l'or du temps", retenue pour le faire-part du décès d'André Breton est inscrite sur sa tombe au cimetière des Batignolles , voir  ici)
......................................................................................................................................................................

samedi, décembre 11, 2010

Bicentenaire de la naissance de Musset


Agréable surprise, ce matin, en découvrant la page d'accueil de Google où s'affiche le portrait d'Alfred de Musset, d'après Charles Landelle, le poète étant né le 11 décembre 1810-ceci explique cela!


(Cliquez pour agrandir et lire

Lucie

Élégie

Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J'aime son feuillage éploré ;
La pâleur m'en est douce et chère,
Et son ombre sera légère
À la terre où je dormirai.

Un soir, nous étions seuls, j'étais assis près d'elle ;
Elle penchait la tête, et sur son clavecin
Laissait, tout en rêvant, flotter sa blanche main.
Ce n'était qu'un murmure : on eût dit les coups d'aile
D'un zéphyr éloigné glissant sur des roseaux,
Et craignant en passant d'éveiller les oiseaux.
Les tièdes voluptés des nuits mélancoliques
Sortaient autour de nous du calice des fleurs.
Les marronniers du parc et les chênes antiques
Se berçaient doucement sous leurs rameaux en pleurs.
Nous écoutions la nuit ; la croisée entr'ouverte
Laissait venir à nous les parfums du printemps ;
Les vents étaient muets, la plaine était déserte ;
Nous étions seuls, pensifs, et nous avions quinze ans.
Je regardais Lucie. - Elle était pâle et blonde.
Jamais deux yeux plus doux n'ont du ciel le plus pur
Sondé la profondeur et réfléchi l'azur.
Sa beauté m'enivrait ; je n'aimais qu'elle au monde.
Mais je croyais l'aimer comme on aime une soeur,
Tant ce qui venait d'elle était plein de pudeur !
Nous nous tûmes longtemps ; ma main touchait la sienne.
Je regardais rêver son front triste et charmant,
Et je sentais dans l'âme, à chaque mouvement,
Combien peuvent sur nous, pour guérir toute peine,
Ces deux signes jumeaux de paix et de bonheur,
Jeunesse de visage et jeunesse de coeur.
La lune, se levant dans un ciel sans nuage,
D'un long réseau d'argent tout à coup l'inonda.
Elle vit dans mes yeux resplendir son image ;
Son sourire semblait d'un ange : elle chanta.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Fille de la douleur, harmonie ! harmonie !
Langue que pour l'amour inventa le génie !
Qui nous vins d'Italie, et qui lui vins des cieux !
Douce langue du coeur, la seule où la pensée,
Cette vierge craintive et d'une ombre offensée,
Passe en gardant son voile et sans craindre les yeux !
Qui sait ce qu'un enfant peut entendre et peut dire
Dans tes soupirs divins, nés de l'air qu'il respire,
Tristes comme son coeur et doux comme sa voix ?
On surprend un regard, une larme qui coule ;
Le reste est un mystère ignoré de la foule,
Comme celui des flots, de la nuit et des bois !

- Nous étions seuls, pensifs ; je regardais Lucie.
L'écho de sa romance en nous semblait frémir.
Elle appuya sur moi sa tête appesantie.
Sentais-tu dans ton coeur Desdemona gémir,
Pauvre enfant ? Tu pleurais ; sur ta bouche adorée
Tu laissas tristement mes lèvres se poser,
Et ce fut ta douleur qui reçut mon baiser.
Telle je t'embrassai, froide et décolorée,
Telle, deux mois après, tu fus mise au tombeau ;
Telle, ô ma chaste fleur ! tu t'es évanouie.
Ta mort fut un sourire aussi doux que ta vie,
Et tu fus rapportée à Dieu dans ton berceau.

Doux mystère du toit que l'innocence habite,
Chansons, rêves d'amour, rires, propos d'enfant,
Et toi, charme inconnu dont rien ne se défend,
Qui fis hésiter Faust au seuil de Marguerite,
Candeur des premiers jours, qu'êtes-vous devenus ?

Paix profonde à ton âme, enfant ! à ta mémoire !
Adieu ! ta blanche main sur le clavier d'ivoire,
Durant les nuits d'été, ne voltigera plus...

Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J'aime son feuillage éploré ;
La pâleur m'en est douce et chère,
Et son ombre sera légère
À la terre où je dormirai.
Alfred de Musset (1810-1857)
"Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J'aime son feuillage éploré ;
La pâleur m'en est douce et chère,
Et son ombre sera légère
À la terre où je dormirai."
.......................................................................................................................................................................
Visite virtuelle du père-Lachaise ici
Et, d'intéressantes précisions sur le Saule et l'inhumation de Musset au Père- Lachaise, communiquées par Thérèse, que je remercie vivement. Cf Son blog

jeudi, avril 19, 2007

Baudelaire

Baudelaire
A la différence
d'Annie Ernaux, écrivant dans La vie extérieure:
"1998
16 août
-Impossible de trouver Maupassant et Baudelaire au milieu des tombes grises que le temps a rendues semblables",
j'ai trouvé celle de Baudelaire ,que j'avais cherchée obstinément .


"On ne sait pas ce que l'on vient chercher.On ne découvre que des noms sur des pierres ."
écrit Annie Ernaux.

Que suis-je venue chercher ,au cimetière Montparnasse, comme,il y a quelques années, au Père Lachaise ?
les écrivains,"tels qu'en eux-mêmes enfin l'éternité le(s ) change ?Peu probable...C'est leur oeuvre qui remplit cette fonction et non la tombe, dalle funéraire, choisie par leurs proches-cas le plus fréquent.
Une réflexion sur la mort? L'accord entre la mélancolie de cette journée de Toussaint et celle du lieu ?
Sans doute .
Peut-être font-ils aussi partie de ma famille,ces écrivains, ces poètes ,dont les textes hantent ma cervelle...alors un petit hommage,un jour de Toussaint, c'est la moindre des choses.

Sur la tombe de Baudelaire se trouvait ,un poème d'une visiteuse italienne,écrit en italien , évoquant l'Invitation au Voyage .Depuis combien de temps était-il là ?Un plastique transparent le protégeait, ainsi que la photo du poète ,et me sont revenus en mémoire les vers célèbres:

"La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs .
Les morts, les pauvres morts ont de grandes douleurs
Et quand Octobre souffle...."

Aupick-cimetière Montparnasse

La pleurante des rues de Prague,S ylvie Germain ,l'un et l'autre, Gallimard

"les pieds des morts,que l'on voudrait pourtant réchauffer dans nos mains,sur lesquels nous laissons couler nos larmes,nous repoussent en silence.Irrémédiable et implacable nudité .
les pieds des morts,à l'horizontale des mains croisées sur la poitrine muette ,du visage minéral.
la plante de leurs pieds ,creusée de lignes ,de sillons durcis. Déserts à l'infini .
les pieds des morts ,qui marchent dans nos nuits ,qui arpentent nos rêves et froissent nos paupières .
les pieds des morts posés, nus et glacés,contre nos coeurs .Et ils impriment sur nos coeurs les lignes et sillons du désert qui s'étend à leurs plantes .
les pieds des morts,-dont la plante est devenue visage "


Sartre et Simone de Beauvoir

lu dans
la vie extérieure d'Annie Ernaux
"A droite de l'entrée,Sartre et Beauvoir, ensemble.Elle a gagné pour l'éternité.De petits papiers dans toutes les langues ,sur leur tombe ,un monument jaunâtre, trop clair "

En novembre 2005, à la Toussaint lorsque j'ai visité le cimetière Montparnasse, La tombe de Jean -Paul Sartre et de Simone de Beauvoir était vierge de tout petit papier.

Blanche et modeste,simplement fleurie d'une bruyère et de quelques pensées, elle m'a fait penser aux tombes d'enfants et ce couple libre et révolutionnaire m'a paru reposer comme dans des lits jumeaux.

"La mort de Jean -Baptiste fut la grande affaire de ma vie:elle rendit ma mère à ses chaînes et me donna la liberté".
Jean-Paul Sartre, Les Mots, Ed Gallimard ,1964

Tristan Tzara

Emouvante et poétique,
la dalle de la tombe de Tristan Tzara,se détache,comme une page blanche, sur un pourtour rectangulaire,en creux, envahi par quelques herbes folles et par du lierre.
- le lierre, symbole de fidélité...J'ai pensé à cette formule dont ma mère avait fait sa devise"je meurs ou je m'attache ", dont je ne savais pas, enfant ,comment interpréter le "ou", et que j'entendais plutôt comme "je meurs où je m'attache",ce qui donnait une dimension tragique à ses paroles -
Balayées par le vent automnal, des feuilles mortes s'y étaient accrochées ,et ajoutaient une note encore plus mélancolique .

"Oh! Je ne veux pas que tu sortes
L'automne est plein de mains coupées
Non non ce sont les feuilles mortes
Ce sont les mains des chères mortes
Ce sont tes mains coupées "

Apollinaire "Rhénane d'Automne"(Alcools)

Serge Gainsbourg


Lu dans la vie extérieure d'Annie Ernaux
1998
16 août
"Voici donc Serge Gainsbourg, enterré sagement avec ses parents"

Lors de ma visite au cimetière Montparnasse, en novembre 2005,ce n'est pas la "sagesse "de Serge Gainsbourg, venu dormir son sommeil "près de ses parents",qui m'a frappée ,mais, parmi les fleurs fraîches ,quelques cigarettes et... beaucoup de tickets de métro .
Il m'a semblé que cet hommage teinté d'humour noir était bien fait pour plaire "au poinçonneur des lilas "et j'ai pensé aux rites funéraires égyptiens, aux objets familiers qui accompagnaient les défunts dans ce que l'on nomme leur dernier voyage .

"Cette chanson des feuilles mortes
Te rappelle à mon souvenir
Jour après jour, mes amours mortes
N'en finissent pas de mourir "

"Chanson de Prévert et Kosma,...je crois"

Monet au fil de l'eau

                                                                         Nymphéas                                                           ...