Intégrer des personnages dans des photos:
simple question d'échelle,
ou
marque d'humanisme ?
Amusons -nous à inverser le rapport avec les trois photos ci-dessous, qui mettent en scène Lucie, photographiant une des sculptures de Denis Mondineu dans la rue Lenôtre.
Le but du sculpteur, Denis Mondineu était d'humaniser cette rue passante où chacun vaque à ses occupations, en installant un intérieur à l'extérieur:
-Divan où un lecteur est plongé dans ses pensées
-Commode, avec miroir, fleurs et tiroir débordant d'objets
-Jeune fille se mirant
-Etagère croulant sous
les livres, les bibelots et un crâne .
"J'aime bien le bric-à -brac" précise l'artiste, "c'est dans ma nature"
Explications
ci-dessous:
ci-dessous:
"Les personnages sont de taille double, à l'échelle de l'espace public auquel Denis Mondineu destine le plus souvent ses oeuvres"
Au-delà de la surprise amusée s'installe un relatif sentiment d'inquiétante étrangeté.
Qui est ici chez soi? Si les "géants "de la rue sont dans leur appartement, les humains qui passent sont-ils voyeurs, invités ou intrus ?
Le passage est-il vraiment transformé en "lieu convivial et chaleureux "?
-"Les passants respectent-ils ces oeuvres d'art ? "demande Lucie.
Force est de constater que des graffiti ont abîmé le divan moelleux, qu'à une sculpture représentant un chien manque l' appendice caudal...
La terre cuite, matériau de prédilection de l'artiste, porte des traces verdâtres d'humidité et l'étagère au sympathique fouillis risque de s'écrouler.
Et si les touristes s'arrêtent, photographient et commentent, les passants affairés, eux, continuent de passer et de s'affairer.
D'un pas moins vif?
Dans un coin de leur tête, peut-être revivent-ils les contes de l'enfance,
le temps où leurs parents étaient de puissants rois, de majestueuses reines, où les petits triomphaient d'ogres et de géants?
Qui sait ?
