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mardi, mai 19, 2020

Enfin, de l'air, de l'air , au jardin public!

     Bien que "petit", (critère à définir ?) le musée Quesnel -Morinière n'est pas encore rouvert , 
A suivre  
Lien ici 



                                       mais le jardin, lui, présente de nouveau au public
                                                ses fleurs
                                                      - là-bas, un massif de minuscules pensées-


                                              


ses allées soignées et ses massifs colorés - les jardiniers s'activaient, sous le regard des passants, masqués ou pas-
                                            Quel dommage de ne pas profiter de  leurs sourires!




                      son obélisque, ainsi que le "colimaçon", cher à Remy de Gourmont,




                                                           ses statues, ses décorations, sa fantaisie, 

                                                                                     sa beauté ...













                                                             bref, tout ce qui fait le prix de  la vie.







dimanche, avril 17, 2016

Gourmont en Ymages



(Portrait de Remy de Gourmont par Raoul Dufy)


 

    Dimanche 3 avril au musée des Beaux-Arts de Saint-Lô, trente personnes avaient répondu à l'invitation des AMM pour découvrir les illustrateurs anciens et modernes de Remy de Gourmont. 




    L'amorce ? le tableau du musée provenant du fonds Feuillet "La Mort de Sapho" de Gustave Moreau, peintre qu'appréciait Gourmont. 

Flore Singer, amie de Valérie Feuillet, commentait  ainsi  cette oeuvre dans une lettre: 

"On ne saurait s'imprégner de cette composition-là sans devenir poète à son tour, aussi ai-je pensé tout de suite en le regardant que Moreau vous offrait une valeur marchande de plus de six-mille francs.N'oubliez pas de me dire l'impression de M. Feuillet,je serais bien étonnée qu'il ne fût pas sous le charme".







    Christian Buat,  a présenté avec force images, verve et humour, les illustrateurs de cet écrivain, bas-normand par ses origines et ses études, mais au rayonnement international. 


Oubliée, la grisaille de ce dimanche 3 avril - jour de la Saint-Sixtine - oubliée, la couverture « jaune pipi » ( dixit notre conférencier) des premières éditions au Mercure de France : les coloris des couvertures suivantes, des illustrations et des frontispices, avec leur cortège de sonorités exotiques nous ont fait rêver : « vignette en deux tons, jaune souci et vert d'écosse », « japon vert d'enfer », « couverture papier peint », « draperie jaune semée de lions rouges », « Rose verte », « Rose pivoine », « du jaune au zinzolin, du rose à l'orange ».
 Enumérations dignes d'un poème en prose façon Paul Fort ,  litanies, théorie des couleurs et des affinités électives élaborée par Gourmont; faux anathème lancé sur le violet, qualifié « d'instable et d'hypocrite ». 
Mais le noir profond des bois gravés de Willette, le clair-obscur réalisé par Pierre -Eugène Vibert, la ligne vibrante de Raoul Dufy rayonnent autant que la couleur.






    La lecture d'extraits d'oeuvres et de lettres faite par Jean Duval a rendu sensibles la personnalité et l'art de cet auteur revu par des artistes contemporains: Annick Bouillon, Bernard Carbonnel ...




    L'auteur coréen de mangas, Kim Dong Hwa,  a même noté sur un dessin de feuille morte quelques vers du célèbre poème champêtre "Simone" !

"Simone, aimes -tu le bruit des pas sur les feuilles mortes?

Quand le pied les écrase, elles pleurent comme des âmes, 
Elles font un bruit d'ailes ou de robes de femmes.

"Simone, aimes -tu le bruit des pas sur les feuilles mortes?

Viens:nous serons un jour de pauvres feuilles mortes.
Viens:déjà la nuit tombe et le vent nous emporte.

"Simone, aimes -tu le bruit des pas sur les feuilles mortes?





     Saviez-vous que le premier à encourager les débuts du Douanier Rousseau fut Remy de Gourmont ? Et qu'il lui commanda,  une lithographie , publiée dans l'Ymagier "Les Horreurs de la guerre", plus tard devenue tableau ?

    Le peintre et sa peinture inspirèrent à Gourmont ces réflexions sur LA GLOIRE:  

 « Naïf, l'homme l'était moins que je ne l'avais cru et sa peinture devait trouver de francs admirateurs .Voilà une  leçon pour ceux qui font profession de mépriser tout ce qui est nouveau et tout ce qui leur semble baroque. Et cela prouve aussi que la gloire est une loterie, qu'on ne sait rien, qu'il faut croire tout, qu'il faut douter de tout (Le puits de vérité, Albert Messein 1922)

A retenir lors de la visite de l'exposition  au musée d'Orsay, Le Douanier Rousseau, l'innocence archaïque .






















     Aujourd'hui peu lue, si ce n'est par ses Amateurs,l'oeuvre de Remy de Gourmont a connu en son temps des éditions rares aussi bien que populaires. 
Ce fut un plaisir de la découvrir, grâce au talent et à la complicité de nos invités : érudition, vivacité, humour, chez Christian Buat, naturel très étudié de la voix et de ses inflexions chez Jean Duval.

M. S .
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Christian Buat est vice-président du Cercle des amateurs de Remy de Gourmont, auteur de
Qui suis-je ? Gourmont, paru aux éditions Pardès, maître entoileur du site http://www.remydegourmont.org/
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Lien ici  (O.F.)
et
 (Les Amateurs de Remy de Gourmont)

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mardi, septembre 29, 2015

Sculptures dans la verdure



Dans le jardin des plantes de Coutances


Portrait 
de
Remy de Gourmont
...en faune , en sphinx égyptien ?
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Agathe

Joyau trouvé parmi les pierres de la Sicile, 
Agathe, vierge vendue aux revendeuses d'amour, 
Agathe, victorieuse des colliers et des bagues, 
Des sept rubis magiques et des trois pierres de lune, 
Agathe, réjouie par le feu des fers rouges,
Comme un amandier par les douces pluies d'automne,
Agathe, embaumée par un jeune ange vêtu de pourpre,
Agathe, pierre et fer, Agathe, or et argent, 
Agathe, chevalière de Malte, 
Sainte Agathe, mettez du feu dans notre sang.

Remy de Gourmont, Saintes du Paradis
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(Biographie ici
Descriptions et interprétations  de son buste  )





Dans un bassin, 
dans des îlots verdoyants
s'ébattent 
le cachalot 
et
les  poissons multicolores de 




La verticalité des statues 
correspond à celle de
 l'obélisque


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Hiéroglyphes

Pourpriers d'or, fleur d'Anhour,
Mon corps en joie frissonne quand tu m'as fait l'amour,
Puis je m'endors paisible au pied des tournesols.
Je veux resplendir telle que les flèches de Hor :
Viens, le kupi embaume les secrets de mon corps,
Le hesteb teint mes ongles, mes yeux ont le kohol.
Ô maître de mon coeur, qu'elle est belle, mon heure !
C'est de l'éternité quand ton baiser m'effleure,
Mon coeur, mon coeur s'élève, ah ! si haut qu'il s'envole.
Armoises de mon frère, ô floraisons sanglantes,
Viens, je suis l'Amm où croît toute plante odorante,
La vue de ton amour me rend trois fois plus belle.
Je suis le champ royal où ta faveur moissonne,
Viens vers les acacias, vers les palmiers d'Ammonn;
Je veux t'aimer à l'ombre bleue de leurs flabelles.
Je veux encore t'aimer sous les yeux roux de Phrâ
Et boire les délices du vin pur de ta voix,
Car ta voix rafraîchit et grise comme Elel.

Ô marjolaines de mon frère, ô marjolaines,
Quand ta main comme un oiseau sacré se promène
En mon jardin paré de lys et de sesnis,
Quand tu manges le miel doré de mes mamelles,
Quand ta bouche bourdonne ainsi qu'un vol d'abeilles
Et se pose et se tait sur mon ventre fleuri,
Ah! je meurs, je m'en vais, je m'effuse en tes bras,
Comme une source vive pleine de nymphéas,
Armoises, marjolaines, pourpiers, fleurs de ma vie !

Remy de Gourmont, Les Divertissements

(Lien /Source )


vendredi, septembre 27, 2013

De verdure et de pierre




Le jardin public de Coutances , fut inscrit à l'inventaire des Monuments historiques en 1992.

Il mêle harmonieusement deux styles: parc à l'Anglaise et jardins à la Française.


Les plans du jardin furent élaborés par Adèle Sébastien Minel, officier du Génie en retraite et aquarelliste. 
Il associa terrasses à l'italienne, bosquets à l'anglaise, labyrinthe et jets 
d'eau .
Plusieurs arbres remarquables  font le prix de ce parc , ainsi que  des statues originales :

Le faunesque Remy de Gourmont, l'Amiral de Tourville, un monument dédié aux  enfants morts pour la patrie au cours de la Grande guerre, un charmant groupe composé d'une mère et de ses deux bambins , obélisque en granit à la mémoire du donateur, *Quesnel de la Morinière.

(Article personnel ici)


Outre des espèces rares  Araucaria, Gunnera, Erable de Léopold, Coudrier de Byzance, cèdre bleu de l'Atlas, frêne pleureur, pterocaryer, hêtre, tulipier de Virginie, hêtre pourpre, chêne vert, cèdre du Liban, magnolia à grandes fleurs...)

Une des curiosités de ce jardin est le "limaçon", ou "colimaçon "que décrit Remy de Gourmont dans
la Petite Ville:




 Ce n'est pas un mollusque, c'est une sorte d'édifice en verdure, un labyrinthe de charmille qui s'élève dans un coin du jardin des plantes. On en voit parfois de tels dans les vieilles estampes. Celui–là, qui date du XVIIIème siècle, est fort beau. Les Anglais viennent le voir. Il figure dans les guides et sur les cartes postales. Ce n'est d'ailleurs qu'une des curiosités du jardin des plantes, célèbre dans le monde touriste. Il se glorifie aussi d'un cèdre gigantesque, d'un tas d'arbres de la plus belle venue, d'un Manneken–Piss à peine plus décent que celui de Bruxelles et d'un choix de palmiers, cédratiers, orangers avec leurs oranges, camélias en pleine terre et autres arbustes rares qui s'accommodent d'un climat extrêmement doux. Mais la verdure y vient si bien qu'elle est comme une prison pour les fleurs. C'est le paradis des arbres. Une branche plantée en terre y prend aussitôt racine et devient en quelques saisons arbre à son tour. Toutes les nuances du vert s'y rencontrent et brodent sur le ciel les plus belles tapisseries. J'écris près d'une fenêtre donnant sur cette tapisserie mouvante que le vent fait vaciller avec un bruit très doux de vagues. Comme ces constructions d'arbres sont émouvantes, mais aussi, comme elles sont accablantes !  Au temps de ma jeunesse on découvrait du haut du colimaçon, un horizon assez vaste et assez plaisant vers de proches collines pleines de moissons. Maintenant les arbres ont envahi tout le champ de la vision :  on est un peu plus près de leur cime, voilà tout. Ils témoignent du moins de la fécondité de cette terre et rappellent les temps anciens, où tout ce pays n'était qu'une vaste forêt, à peine pénétrable. Et puis, vraiment, rien n'est plus beau. Ah !,  que je plains les régions sans arbres.

    Remy de Gourmont, La Petite Ville




Cartes postales anciennes de Coutances , lien  ici                                                                    


lundi, décembre 17, 2012

Ile de pierres








Du sublime, avec la cathédrale
au grotesque, avec un graffiti-ou plus exactement  un collage- simiesque ,
 un peu plus loin,   dans la rue du musée, en contrebas.




On n' apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces,

mais peut-être des images

mardi, novembre 03, 2009

Le Verger





Simone, allons au verger
Avec un panier d'osier.
Nous dirons à nos pommiers,
En entrant dans le verger :
Voici la saison des pommes,
Allons au verger, Simone,
Allons au verger.
Les pommiers sont pleins de guêpes,
Car les pommes sont très mûres :
Il se fait un grand murmure
Autour du vieux doux-aux-vêpes .
Les pommiers sont pleins de pommes,
Allons au verger, Simone,
Allons au verger.
Nous cueillerons la calville,
Le pigeonnet et la reinette,
Et aussi des pommes à cidre
Dont la chair est un peu doucette.
Voici la saison des pommes,
Allons au verger, Simone,
Allons au verger.
Tu auras l'odeur des pommes
Sur ta robe et sur tes mains,
Et tes cheveux seront pleins
Du parfum doux de l'automne.
Les pommiers sont pleins de pommes,
Allons au verger, Simone,
Allons au verger.
Simone, tu seras mon verger
Et mon pommier de doux-aux-vêpes ;
Simone, écarte les guêpes
De ton cœur et de mon verger.
Voici la saison des guêpes.
Allons au verger, Simone,
Allons au verger.
Remy de Gourmont

dimanche, octobre 04, 2009

Les feuilles mortes



Les feuilles mortes/
Simone, allons au bois,/
les feuilles sont tombées,
/
Elles recouvrent la mousse, les pierres et les sentiers.



Simone, aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes ?
Elles ont les couleurs si douces, /
des tons si graves,
/
Elles sont sur la terre si frêles épaves ! /

Simone, aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes ?/
Elles ont l'air si dolent à l'heure du crépuscule,/
Elles crient si tendrement, quand le vent les bouscule ! /

Simone, aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes ?
/
Quand le pied les écrase elles pleurent comme des âmes,/
Elles font un bruit d'ailes ou de robes de femmes. /

Simone, aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes ?/
Viens : nous serons un jour de pauvres feuilles mortes. /
Viens : déjà la nuit tombe et le vent nous emporte.:

Simone, aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes ?

Rémy de Gourmont ("Simone, poème champêtre"- Mercure de France, 1901)

Ce beau poème m'a été aimablement envoyé par Jean-Claude
Son blog mérite plus qu'un simple coup d'oeil !

Monet au fil de l'eau

                                                                         Nymphéas                                                           ...