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dimanche, mars 05, 2017

Vous avez dit " chef d'oeuvre "?

Le 8/02/ 17 à la médiathèque, présentation du livre "90 musées, 90 chefs d'oeuvre , le Guide et plus..."
aux éditions du Chameau
par 
Aatchi et Aatchi (collectif composé d' Antoine Pérus, de Serge Mauger et de Jean-Yves Lepetit)

Lien ici et là  (/ O.F.)
..................................
-Pourquoi ce nom Aatchi et Aatchi  

désignant  ce collectif, qui, d'ailleurs, n'en est pas vraiment un, puisque dans les Arts plastiques, un collectif désigne un groupe de personnes agissant successivement, alors que dans le cas présent, quelqu'un lance une idée qui se construit grâce aux regards croisés des autres ?

  Précisons que 80 personnes  ont testé les musées,  5 étudiants de l'UIT d'informatique de Caen  ont conçu une application et un site.

- Réponse à cette première question: 
c'est le détournement du nom du publiciste Charles Saatchi &Saatchi, le "S" , comme spéculateur, en moins.



 Pascale Navet présente le collectif composé d' Antoine Pérus, de Serge Mauger et de Jean -Yves Lepetit,  à l'initiative du projet , ainsi que l' éditeur du guide.

- "Comment cette idée folle a-t-elle pris naissance"?

J-Y Lepetit raconte que sa réflexion a germé au cours d'une visite 
du Louvre un jour de gratuité, pressé et quasiment piétiné par la foule  affluant vers la Joconde, tandis que restait vide  la galerie d'accès contenant  deux autres chefs-d'oeuvre de Léonard de Vinci. 

Quatre ans de travail ont suivi: des courriels ont été envoyés à 90 musées du monde entier pour savoir quelle est l'oeuvre emblématique  et comment l'atteindre en un minimum de temps et de pas à partir de la billetterie!  Parcours  testés par 80 personnes "suffisamment libres d'esprit (qui) se sont passionnées pour cette acrobatie qui n'est pas qu'intellectuelle". 






Après une brève présentation de la démarche et la géolocalisation des musées dans le monde, le guide se divise en deux parties: 

- une notice très précise sur les musées, leur oeuvre-phare et les moyens d'accéder au saint du saint, à  partir de la billetterie. Il manque, paradoxalement une analyse plastique.
-Telles quelles, c'est-à -dire sans traduction ni corrections, les réponses des conservateurs  des musées, dans la langue où elles ont été rédigées (Anglais, Français, Italien).

 Grâce aux questions de Pascale Navet, on découvre que le  style très unifié  des notices est dû à ...un  unique  rédacteur, J-Y Lepetit et que l'idée, très stimulante, de noter  ainsi les réponses émane de Serge Mauger.

En principe, les oeuvres -phares ont donc été choisies par les musées, à quelques exceptions près:
- lorsqu'il n'y pas eu de réponses, ou bien plusieurs propositions  ou, cas extrême,  lorsqu'il n'y a pas de chef-d'oeuvre (c'est le cas du musée des arts islamiques de Malaisie )
Ou lorsque les musées sollicités ont estimé que le concept de chef - d'oeuvre était discutable, faisant la distinction entre la valeur artistique intrinsèque d'une oeuvre, son appréciation par le public,  voire le logo du musée, bref, une simple opération de marketing.
Dans ce cas, la consultation de plusieurs guides touristiques français a permis aux auteurs de faire un choix.

Que propose donc le supplément au  titre" le Guide et plus..."si ce n'est l'occasion de se poser la question: "qu'est-ce qu'un chef-d'oeuvre", et  d'aborder une démarche proche de l'art contextuel.

lien ici 



Pour en faire ressortir  le sel, quelques pages du guide ont été lues par des membres de l'association Lire à Saint-Lô .





Commencée à la médiathèque, la soirée s'est poursuivie dans l'autre section du centre culturel Jean Lurçat,  sous la houlette du conservateur, Robert Blaizeau, feignant de s'indigner de l'absence du musée des Beaux-Arts dans ce guide.





Quelle oeuvre emblématique choisir ?

     Sous forme de jeu, trois équipes empruntant trois chemins différents devaient, en comptant leurs pas à partir de la billetterie,  parvenir jusqu'au chef-d'oeuvre


                                dont Jean-Yves Lepetit avait désigné les initiales du peintre : G. M.




Sapho, de Gustave Moreau, bien sûr 
(et non une oeuvre  Gaspare Manos, aux cimaises pour une exposition temporaire) 


M. Blaizeau a commenté cette oeuvre -phare du musée et a signalé ses deux autres pièces maîtresses :

Homère et les Bergers de Corot .


et
d'Eugène Boudin,
 Le Havre. Coucher de soleil sur le rivage, marée basse, Salon de 1884 (lien  ici  ) 






Puis, entre sérieux et humour,  il a désigné au public "son chef-d'oeuvre",  réalisation du 1% artistique au moment de la création du musée: un cendrier.


                             
      Objet  fonctionnel devenu inutile,  redevenu oeuvre d'art, en quelque sorte un ready-made.




mercredi, mai 20, 2015

A comme Ambroise, Armande, Arts


Les Arts à Meudon.
Le très intéressant musée d'Art et d'histoire (Sculpture et peinture des années 50-60, la peinture de paysage, Meudon vu par les peintres) est installé dans l' aile d'une maison ancienne: celle d'Ambroise Paré , devenue  propriété de la veuve de Molière, Armande Béjart , de 1676 à 1700.

(Cliquez pour agrandir )


Le parc de sculptures -qui est aussi un agréable lieu de détente- offre de belles surprises.






L'exposition temporaire  sur un double thème:
-le prix de Rome 


nous a fait retrouver, par hasard ,  une oeuvre familière,  prêtée , pour la circonstance, par le musée des Beaux-Arts de Saint-Lô




Homère et les Bergers

Liens  personnels ici et là 


dimanche, avril 24, 2011

La météo dans les tableaux (1 bis )



Double analyse par un  professeur d'arts plastiques, M Thierry Brocard. et un météorologue, M.Ludovic Pesnel.

1-Vue de Saint-lô, Le Vavasseur (1810-1870)

-La comparaison avec la vue de saint-lô par J.B Corot (ici) frappe, par ses différences: chez LeVavasseur, le parti pris de symétrie est évident. Le point de vue, frontal, à partir de la Vire est encore  reconnaissable, de nos jours.
Tout est net, des premiers plans aux lointains, ce qui laisse supposer que le peintre a retravaillé en atelier ses croquis préparatoires pris sur le motif.

-Aucun doute possible, la végétation traduit la fin de l'été ou le début de l'automne , quant au moment de la journée, d'après le type de nuages (de petits strato-cumulus qui continueront à se développer) il s'agit de la fin de matinée ou de début de l'après -midi.



2-Village en Egypte, Jaro Hilbert

-Né en Slovénie en 1897, ce peintre au style "expressionniste mystique", s'est installé en Egypte où il a vécu 36 ans, il y a fondé une académie de peinture sous Farouk , chercha son chemin artistique, mais revenu dans son pays, essuya le reproche d'avoir fait de la peinture commerciale. Il a peint jusqu'à la fin de sa vie.
Les contrastes (Ciel sombre  /terre claire) sont marqués dans ce tableau -où détonent quelques petits effets de couleur d'un goût discutable-  et la construction  est simple.

-Les contrastes saisissants  et les cumulo-nimbus annoncent l'orage. (Ils  peuvent en Egypte avoir une expansion verticale de 18 km, provoquer une inondation, et , dans le désert des tornades de sable)



3-Bergers et troupeaux descendant de la montagne, Bénouville,(1815-1891)

- Jules Achille Bénouville (lien/ biographie)exposa en 1834 au Salon, obtint le second prix de Rome en 1843 avec Ulysse et Nausicaa,séjourna trois ans à la Villa Médicis, voyagea avec Corot en Italie où il s'installa pendant 25, sans renoncer à exposer dans les Salons parisiens
Il resta toute sa vie fidèle au paysage historique.
L'influence de Claude Lorrain se fait sentir, dans les lointains vaporeux, dans ce tableau , vraisemblablement recréé en atelier à partir de croquis préparatoires .

-C'est l'automne, comme le montre la végétation rousse et  la fin de la transhumance.
On remarque  deux types de nuages, stratiformes ( à l'arrière-plan) et cumuliformes , d'extension médiocre.
Pourquoi deux types de nuages ? Cette connexion  a lieu lorsqu'il y a suffisamment de chaleur et d'humidité, conditions réunies en Italie et particulièrement sur les reliefs.

mercredi, novembre 18, 2009

A la recherche de la voix d'Homère-Conférence-déclamation de Philippe Brunet

Conférence-déclamation
de Philippe Brunet-Musée des Beaux-Arts de Saint-Lô-Vendredi 6 novembre 2009,
à l'initiative des amis  des musées municipaux de Saint-Lô.

(Sur Youtube, vous pouvez entendre un extrait de l'Iliade, chanté en grec ancien par ce moderne et talentueux aède)


C'est en Ethiopie, sur le tournage d'Oedipe -Roi que Philippe Brunet a eu la surprise de découvrir des lyres identiques à celles qui décorent les vases grecs , et c'est sur l'une d'elles qu'il accompagne son chant .
Sur le tableau de Corot, conformément à la tradition et au poème d'André Chénier, Homère est représenté comme un aveugle, et sous les traits de Bélisaire, ce que reproche d'ailleurs Baudelaire au peintre .
A partir de ce détail, Philippe Brunet a parlé du mystère de la biographie d'Homère, puis a exposé avec pédagogie et brio la thèse uniciste concernant l'Iliade et l'Odyssée.

Enfin, il nous a fait entendre la voix d'Homère, en pinçant les cordes de sa lyre et en déclamant plusieurs chants.
Si l'on demande aux petits écoliers de France les dates de naissance et de mort d'Homère, tous répondent qu'il n'a jamais existé et que son oeuvre est un assemblage de morceaux composés par différents poètes à différentes époques.

Tel n'était pas l'avis de Madame Dacier, traductrice et préfacière de l'Iliade au XVIII ème siècle qui raconte la vie d'Homère et les légendes qui lui sont associées, comme celle-ci ( attribuée à Hérodote.) relatant la mort d'Homère dans l'île d'Ios :

Homère, se voyant attaqué d’une maladie grave, se fit porter à terre. Les vents contraires ne permettant pas de continuer la navigation, on resta plusieurs jours à l’ancre. Homère reçut la visite de quelques habitants de l’île d’Ios, qui ne l’eurent pas plutôt entendu parler qu’ils furent pénétrés d’admiration.
XXXV. Pendant que les matelots et quelques-uns des habitants de la ville s’entretenaient avec Homère, des enfants de pêcheurs abordèrent en ces lieux ; et étant descendus sur le rivage, ils leur adressèrent ces paroles :
« Écoutez-nous, étrangers ; expliquez, si vous le pouvez, ce que nous allons vous proposer. » Alors quelqu’un de ceux qui étaient présents les engagea à parler. « Nous laissons, dirent-ils, ce que nous prenons, et nous emportons ce que nous ne prenons pas. » Ne pouvant rien comprendre à cette énigme, les enfants des pêcheurs la leur expliquèrent. « Notre pêche ayant été malheureuse, leur dirent ils, nous nous sommes assis sur le rivage ; et comme nous étions tourmentés par la vermine, ce que nous avons pris, nous l’avons laissé en ces lieux, et nous remportons chez nous ce que nous n’avons pu prendre. »
Incapable d'éclaircir l'énigme, et faisant le rapprochement avec ce que lui avait prédit la Pythie, Homère, de chagrin, meurt trois jours plus tard .

Cette thèse d'un auteur unique et bien réel a prévalu jusqu'à ce qu'au XIXème siècle, Wolf , dans ses Prolégomènes, la remette en question . Schiller et Goethe, quant à eux, n adhérèrent pas à cette vision nouvelle.
(Sur la question homérique, voir le lien)

Pour les anciens , Homère avait existé, et ce qui explique l'importance , le rayonnement de son oeuvre, c'est la manière de raconter qui cimente l'Iliade et l'Odyssée.

Stimulé par quelques pistes de réflexion émises par son professeur de lettres classiques en classe prépa, quant à l'unité de L'Iliade et l'Odyssée, Philippe Brunet a conçu et développé une théorie des parallèles dont voici plusieurs exemples:

Iliade, Chant IV: Ménélas, égratigné par une flèche, est soigné grâce à un baume de Machaon , hérité du savoir médical que son père tenait de Chiron.
Odyssée, chant IV, Télémaque , reçu chez Ménélas, verse des pleurs qu'apaise Hélène grâce à un baume.

I, X: Pourquoi Diomède franchit-il les frontières de l'animalité en se couvrant de peaux de fauves ?n'est-ce pas une anticipation de l'animalité qui règne dans le chant correspondant de l'Odyssée ?
O,X: ...Où Ulysse découvre, chez Circé les hommes transformés en lions et loups de montagne, tandis que ses compagnons seront métamorphosés en pourceaux...

I, le chant XI conte les exploits d'Agamemnon
O, XI: Ulysse , au royaume d'Hadès, rencontre l'ombre d'Agamemnon qui lui révèle son assassinat par Clytemnestre.

I, XXII:Mort de Patrocle.
O, XXII:Mort des prétendants

I,XXIII:Il est question du lit funèbre de Patrocle, des chênes abattus des flancs de l'Ida pour ce bûcher .
O, XXIII: Ulysse met à l'épreuve Pénélope en évoquant leur lit nuptial, construit à partir d'un rejet d'olivier.

Au dénouement , les chants XXIV des deux oeuvres scellent la réconciliation, la réunion des générations, Priam se faisant remettre le corps dHector des mains d'Achille, Ulysse retrouvant à Ithaque son fils Télémaque ainsi que son père, Laërte .

Autant d'analyses passionnantes pour lire ou relire Homère ("en trois jours !") dans les traductions de du Bellay ,d'Hugues Salel, et, bien sur , celle de l'Iliade par Philippe Brunet, (le Seuil).

De plus, en lecture complémentaire, une épopée comique et parodique, attribuée à Homère, La Batrachomyomachie, traduite Philippe Brunet en hexamètre dactyliques.


(Billet précédent: Commentaire du tableau de Camille Corot, Homère et les Bergers .)

Philippe Brunet est également metteur en scène et comédien: Compagnie Démodocos
Voir également son site consacré à la métrique grecque et latine



mardi, novembre 17, 2009

Homère et les Bergers, Corot (1) Musée des Beaux-Arts de Saint-Lô(1/2)


Homère et les Bergers, de Jean-Baptiste Corot (1796-1875) fut présenté au salon de 1845, et suscita l'admiration de Baudelaire, à une réserve près.
(Cliquez pour agrandir )

Le peintre l'offrit à la ville de saint-Lô, vers 1863, par l'intermédiaire de la famille d'Isidore Elie, négociant en vins et spiritueux, chez il il résidait souvent .

Cette huile sur toile, appartenant au grand genre de la peinture d'histoire, s'inspire d'un poème d'André Chénier, l'Aveugle (XXIVème Bucolique).
Homère, parvenu dans l'île de Syros, raconte à trois bergers qu'il a rencontrés, les infortunes de son odyssée, les déboires et insultes qu'il a subis.

"Je ne suis qu'un mortel et des plus malheureux!/
Mais les Dieux tout puissants gardaient à mon déclin/
Les ténèbres, l'exil, l'indigence et la faim " (...)

"Dieu dont l'arc est d'argent, Dieu de Clarus écoute,/
O Sminthée-Apollon, je périrai sans doute /
Si tu ne sers de guide à cet aveugle errant.
/
C'est ainsi qu'achevait l'aveugle en soupirant,/
Et près du bois marchait, faible sur une pierre /
S'asseyait. Trois pasteurs, enfants de cette terre
/

Le suivaient, accourus aux abois turbulents/
De molosses, gardiens de leurs troupeaux bêlants ."


Vendredi 6 novembre 2009,
répondant à la triple invitation de la société d'histoire et d'archéologie de la Manche, des Amis des musées municipaux et de Lire à Saint-Lô, http://lesamisdesmusees-saint-lo.jimdo.com/

M.Philippe Brunet, Professeur ,traducteur et comédien a proposé à un auditoire de quelque 80 personnes une conférence-déclamation,
"A la recherche de la voix d'Homère", devant le tableau de Jean-Baptiste Camille Corot.

En introduction, M. J.L. Dufresne a présenté le tableau de Corot et a souligné quelle chance avait le public de le contempler , car ce chef-d'oeuvre, très coté, voyage souvent: tout juste revenu du Japon, il doit s'envoler pour Venise !

(A suivre)

jeudi, octobre 22, 2009

SOIS BELLE! (1)

                    Du 1er avril au 1er novembre 2026 au musée de Vire-Normandie Le titre de l'exposition est un brin provocateur (avec ...