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mardi, janvier 21, 2014

Maison de poètes


Le vendredi 22 novembre 2013, dans la maison de Jacques Prévert, 
s'est tenue la remise du 50 ème  prix littéraire du Cotentin,
                                 
décerné ,
pour l'ensemble, de son oeuvre poétique 


                                                              à François David,
                                                        enseignant, auteur , éditeur.

Article :lien ici 






Le discours du président du prix littéraire du Cotentin, Jean Levallois, avait revêtu pour la circonstance , une tournure poétique , conclue par la lecture intégrale du denier ouvrage  de François David: l'Homme 
dont vous pouvez admirer la couverture colorée et le format inédit .


Article personnel ici  sur les livres-objets de François David


Tout comme le village  où elle se niche ,  la maison de Jacques Prévert est très petite, et la salle de réception contenait difficilement les nombreux invités de cette cérémonie très chaleureuse.





Belle rencontre au- delà du temps, que celle de deux poètes , tous deux chantres - sans mièvrerie aucune - 



 de l'enfance,
avec ses joies et ses peines. 



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Ci-dessous, lecture d'un poème de François David, Mon ours:

http://www.youtube.com/watch?v=zRudMDtyqAg
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Un extrait du film, les Visiteurs du Soir



samedi, juillet 27, 2013

Voyages dans le passé

Sans machine à remonter le temps...
...en chemin de fer 

avec 
le "tue-vaques", pour employer un terme local:
liens ici 
et
 là (images animées)

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Clin d'oeil à Nancy 

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Article personnel
 ici 
/le château de Tourlaville,  l'histoire des Ravalet et sur la nouvelle de Barbey d'Aurevilly qui s'en inspire: Une page d'Histoire

dimanche, décembre 09, 2012

Bison ravi , vacances à Landemer (2)


C'est à Landemer que la famille de Boris Vian, au temps de l'insouciance, dans les années 20 et 30  avait l'habitude de passer des vacances qui marqueront le futur écrivain.
L'excellente exposition du manoir du Tourp retrace la vie et l'oeuvre de 
ce génial ingénieur-musicien-bricoleur-compositeur, écrivain etc
liens  ici et là

Les trois chalets en bois de Norvège , peints en vert (les Vian occupaient celui du haut) et donnant sur la mer ont été démolis pendant la guerre pour la construction du mur de l'Atlantique.



"Jamais encore j’ai osé y retourner", note-t-il dans son journal. "J’ai les foies, ils ont tout rasé, moi je vais chialer comme un môme."



Les trois frères , Boris, Alain, Lélio et leur soeur. Ninon -profitaient en toute liberté de la plage en contrebas sous les rochers.

Ces souvenirs merveilleux, sont  transposés  de manière étrange dans le roman très sombre , pour ne pas dire noir qu'est   l'Arrache-coeur (publié en 1953) lien ici


Les trumeaux  Noël, Joël et Citroën sont l'objet de l'amour étouffant de Clémentine, leur mère.

"Comme je suis inquiète, se dit Clémentine, accoudée à sa fenêtre.
Le jardin se dorait au soleil.

Je ne sais pas où sont Noël, Joël ni Citroën. En ce moment ils peuvent être tombés dans le puits, avoir mangé des fruits empoisonnés, avoir reçu une flèche dans l'oeil si un enfant joue sur le chemin avec une arbalète, attraper la tuberculose si un bacille de Koch se met en travers, perdre connaissance en respirant des fleurs trop parfumées, se faire piquer par un scorpion ramené par le grand-père d'un enfant du village, explorateur célèbre revenu récemment du pays des scorpions, tomber d'un arbre, courir trop vite et se casser une jambe, jouer avec l'eau et se noyer, descendre la falaise et trébucher et se rompre le cou, s'écorcher à un vieux fil de fer et contracter le tétanos ; ils vont aller au fond du jardin et retourner une pierre ; sous la pierre il y aura une petite larve jaune qui va éclore instantanément, qui va s'envoler vers le village, s'introduire dans l'étable d'un méchant taureau, le piquer près du nase ; le taureau sort de son étable, il démolit tout: le voilà qui part sur le chemin dans la direction de la maison, il est comme un fou et il laisse des touffes de poils noirs dans les virages en s'accrochant aux haies d'épine-vinette ; juste devant la maison, il se rue tête baissée contre une charette lourde tirée par un vieux cheval à moitié aveugle. Sous le choc la charrette se disloque et un fragment de métal est projeté en l'air à une hauteur prodigieuse : c'est peut-être une vis, un boulon, un écrou, un clou, une ferrure de brancard, un crocher de l'attelage, un rivet des roues, charronnées puis brisées, réparées au moyen d'éclisses de frêne taillées à la main et le morceau de fer monte en sifflant vers le ciel bleu. Il passe par -dessus la grille du jardin, mon Dieu, il retombe, il retombe et en tombant effleure l'aile d'une fourmi volante et l'arrache, et la fourmi mal dirigée, perdant sa stabilité, vague au-dessus des arbres comme une fourmi abîmée, s'abat soudain dans la direction de la pelouse, mon Dieu, il y a là Joël, Noël et Citroën, la fourmi tombe sur la joue de Citroën et, rencontrant peut-être des traces de confiture, le pique..."


(...)


 « Je suis une bonne mère. Je pense à tout ce qui peut leur arriver. Tous les accidents qu'ils risquent, j'y pense d'avance. Et je ne parle pas des dangers qu'ils courront lorsqu'ils seront plus grands. Ou lorsqu'ils sortiront du jardin. Non. Ceux-là, je les garde en réserve. J'ai dit que j'y penserais par la suite. J'ai le temps. Il y a déjà tant de catastrophes à imaginer. Tant de catastrophes. Je les aime puisque je pense à ce qui peut leur arriver de pire. Pàur le prévoir. Pour le prévenir, je ne me complais pas dans ces évocations sanglantes. Elles s'imposent à moi. Ceci prouve que je tiens à eux. J'en suis responsable. Ils dépendent de moi. Ce sont mes enfants. Je dois faire tout ce qui est en mon pouvoir pour leur éviter les calamités innombrables qui les guettent. Ces anges. Incapables de se défendre, de savoir ce qui est bon pour eux. Je les aime. C'est pour leur bien que je pense à tout cela. cela ne me fait aucun plaisir. Je frémis à l'idée, qu'ils peuvent manger des baies empoisonnées, s'asseoir dans l'herbe humide, recevoir une branche sur la tête, tomber dans le puits, rouler du haut de la falaise, avaler des cailloux, se faire piquer par les fourmis, les abeilles, par les les scarabées, les ronces, les oiseaux, ils peuvent respirer des fleurs, les respirer trop fort, une pétale leur entre par la narine, ils ont le nez obstrué, cela remonte au cerveau, ils meurent, ils sont si petits, ils tombent dans le puits, ils se noient, la branche s'écroule sur leur tête, le carreau cassé, le sang, le sang...
Elle n'en pouvait plus. Sans faire de bruit, elle se leva, et regagna à pas feutrés la chambre des enfants. Elle s'assit sur une chaise. De sa place elle les voyait tous les trois. Ils dormaient d'un sommeil sans rêves. Peu à peu elle s'assoupit à son tour, crispée, inquiète. Elle tressaillait parfois dans son sommeil comme un chien qui songe à la harde.
Boris Vian - L'arrache-coeur. Pages 133-138. Le livre de poche. Edition 47. Octobre 2008

Comment y échapper ?
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mercredi, septembre 14, 2011

Retour de l'enfant du pays au hameau Gruchy

 
La commune de  Gréville  s'enorgueillit d'avoir vu naître Jean-François Millet le 4 octobre 1814 au Hameau Gruchy,premier enfant d' une famille de *" paysans aux solides traditions chrétiennes , et que leur éducation mettait au-dessus du vulgaire".
 Son père, laboureur de son état , qui avait  lui-même des dons artistiques, sut déceler ceux de son fils  dont il montra deux dessins au peintre cherbourgeois Bon Mouchel dit  Dumouchel ,ancien  élève de David .Le jeune homme , âgé de 18 ans , put  alors  s'adonner à la pratique artistique  et revenir travailler aux champs. L'année  1835 fut décisive pour lui, avec la possibilité d'exécuter des copies au musée Thomas Henry , nouvellement  ouvert au public, tandis que la mort de son père le 29 novembre le désignait comme successeur de la ferme familiale . Sa vocation l'emporta et il continua  son parcours à l'Ecole de Langlois de Chevreville (Ancien élève de Gros). Ami de Félix Feuardent, commis de librairie, il lut  Shakespeare, Byron, Goethe, Virgile -et bien sûr la Bible . Il n'avait donc rien  de l'être frustre que certains ont voulu voir en lui.
Jean-François Millet fut d'abord portraitiste, pendant les 10  premières années de sa carrière,  art qu'il pratiqua lors d'un premier séjour à Paris, délaissant  les leçons du maître cherbourgeois Delaroche  pour la fréquentation des musées du Louvre et du Luxembourg.

Parti pour la capitale en 1837, le peintre garda cependant le contact avec Cherbourg, prenant pour modèles amis et membres de sa famille. En 1841, il épouse la fille d'un tailleur de la ville, Marguerite Ono dont il fait de magnifiques tableaux - le legs Ono sera l'un des fleurons du musée Thomas Henri- mais la fragile jeune femme, usée par les privations du ménage à Paris,  mourra de phtisie en 1844.

Revenu quelque temps à Cherbourg, J. F. Millet s'en éloignera à partir de 1845, ayant pris pour compagne  une servante d'auberge d'origine bretonne, Catherine Lemaire, qui n'aurait pu être acceptée ni dans sa  famille ni dans son ex belle-famille  . Le peintre partira pour Le Havre puis  -pour diverses raisons- s'installera à Barbizon , avec le destin artistique que l'on connaît, de 1849 à 1875 .
 Les séjours à Gruchy seront alors aléatoires, au gré des événements politiques (1870-1871) et familiaux.
( sur ce sujet, articles personnels ici)

A l'occasion de la mort de sa mère, J.F.Millet revient à Gréville  au printemps de 1853.
Ayant épousé civilement Catherine Lemaire, il revient au logis de Gruchy  avec sa famille de fin juin à septembre 1854, y  réalise des tableaux et environ 60 dessins et esquisses. Il prend pour modèle sa soeur Emélie filant  à son rouet .(Huile sur panneau, musée de Boston , ici); il fait deux dessins rehaussés de  pastels de sa maison natale et des dépendances connues sous le nom de " la maison au puits",  vues depuis son enfance à partir  des fenêtres et de la porte du logis familial  . C'est un  motif  récurrent dans son oeuvre, non seulement  naturaliste mais  symbolique, aux forts accents religieux .


Les avatars de la maison natale:
Cette maison reconstruite plutôt que restaurée par le Conseil général de la Manche  a connu de longues périodes d'abandon.

L'aîné parti assurer sa vocation de peintre, et le père disparu, la maison est  habitée par  la mère (Marie-Henriette Adélaïde, née Henry) et la grand-mère(Louise Jumelin ), puis passée entre les mains du frère, Jean-Louis, d'abord  engagé dans la marine  à 16 ans, puis revenu  à contre-coeur cultiver  la terre en 1847 .Ce dernier , à la mort de leur mère, en 1853, recevra de l'aîné la jouissance  de sa part sur les champs et les immeubles . En 1867 , J.F; Millet, dans une lettre à Jean-Louis se désole de l'état de leur maison natale"qui finit par être seule et délabrée"constaté l'année précédente, lors de son  séjour  avec son épouse -ils résidaient au Hameau Lefèvre-En 1870, ayant fui l'avance de Prussiens à Paris, Jean-François décide de vendre la maison, pour la somme de 200 francs, à son frère Auguste, menuisier ébéniste à Cherbourg .L'acte de vente sera signé un an plus tard .
 Léguée par Auguste au fils de son frère Jean-Baptiste, la maison selon Etienne Moreau-Nélaton "pâtissait d'une lamentable profanation", (1914) puis hébergea "un américain maniant la palette qui, exploitant la renommée de Millet (... .) avait ouvert une école de peinture pour dames et demoiselles de son pays "

Pendant la dernière guerre, devenue propriété d'un Arménien, établi aux Etats -Unis, qui, pour cette raison la négligeait,  elle reçut un obus d'un char Sherman, les dégâts  n'auraient pas été irréversibles s'il y avait eu quelqu'un pour s'en aviser et réparer, mais battue par les  pluies des années durant, la maison finit par s'écrouler,  pitoyable tas de ruines provoquant la stupeur des touristes américains et japonais chez qui, ont le sait, millet est fort coté.

 Après d'autres épisodes, c'est donc  une reconstruction qu'effectua  le Conseil général de la Manche  en 1992  la Commission Régionale du Patrimoine ayant de son côté décidé de préserver la "maison au puits"

L'aménagement intérieur et le mobilier  visent à  restituer le  cadre de vie du célèbre peintre de l'Ecole de Barbizon , dans sa jeunesse, tout en évoquant, par des  objets typiques du monde paysan , certaines de ses oeuvres .

La baratte //La femme à la baratte de beurre

La kanne de lait ( H/T Musée d'Orsay, Paris)

Le rouet  

Emélie Millet à son rouet  (Musée de Boston)

le vaisselier
Source: * Jean-François Millet chez lui , par Pierre Leberruyer, Edition Manche-Tourisme 
Illustrations (ibidem)
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Et un dernier commentaire, tiré du même ouvrage:, à propos de la prononciation du *nom de J.F. Millet

"La tradition familiale est formelle sur ce point: :on doit éviter de mouiller les 2 l du patronyme,comme le font les speakers et commentateurs parisiens.
les registres de catholicité et les actes d'état civil n'orthographient souvent le nom qu'avec un seul l, selon la prononciation usuelle en Cotentin. 
Il faut donc écrire Millet, mais dire Milet."

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lundi, juin 27, 2011

PréVERT (3/3)





Un petit cimetière face à la mer:
Jacques, Janine , Michèle Prévert
et  leur vieux  compère Alexandre Trauner
Y reposent.
Des fleurs,des arbustes,  des galets,
 des lettres gravées en vert
S'imposent,
Pour que tout reste dans la douceur
des choses.
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lundi, septembre 14, 2009

Port Racine



1-Le plus petit port de France, port Racine ne semble t-il pas une miniature, une maquette , un jouet de poupées?
2-Vue sur Omonville -la Rogue

lundi, août 31, 2009

Trauner et Prévert





Trauner , Prévert , son épouse Janine et sa fille Michèle reposent dans le petit cimetière d'Omonville-la-Petite.

C'est Alexandre Trauner qui, installé dans la Hague, avait fait découvrir la région à Prévert.

Ce dernier, dès 1930 avait eu des contacts avec le Cotentin -qualifié par lui de "coin de Paradis"-en compagnie de ses amis du groupe "Octobre", il y acheta une maison en 1971 et y vécut de 1975 à avril 1997, date de sa mort..
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«Un tel est mort. Pourquoi irai-je à son enterrement puisque, j’en suis certain, il n’ira pas au mien? "
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"Ce n'est pas tellement triste, un enterrement, il suffit qu'il y ait un peu de soleil dessus et tout le monde est content"
Dialogue dans "Les Enfants du Paradis"
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(Cliquez pour agrandir les photos,et pour découvrir les offrandes sur les stèles )
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Quelques sites sur Jacques Prévert:

Hommage à Jacques Prévert

Alalettre
Citations

mercredi, août 26, 2009

Peintures de Trauner


Ces projets aboutis de décors peuvent être considérés comme des tableaux à part entière, pour leur utilisation très personnelle de la couleur , pour la touche ample et hardie de celui dont la peinture fut la première vocation .

A props de Drôle de drame (photo numéro 2, "la serre", peinture très intrigante), voir le lien ci-dessus.


mardi, août 25, 2009

Atmosphère, atmosphère


...
claironnait Arletty, avec sa gouaille caractéristique dans le film de Marcel Carné, Hôtel du Nord.
Voici les photos de Trauner qui ont servi de repérages pour le décor de ce film.
Celui-ci , modeste, déclarait"Pour moi qui ne suis pas photographe, la photo est une béquille,des notes. Avant, on dessinait, maintenent on appuie sur un bouton ."

lundi, août 24, 2009

Le manoir du Tourp

Cet édifice du XVIème siècle accueille , jusqu'au 14 octobre, l'exposition des photos et peintures d'Alexandre Trauner, décorateur au cinéma, ami de Jacques Prévert, dont il fut le voisin, à Omonville-La -Petite.

Alexandre Trauner, artiste d'origine hongroise, a créé les décors de fims aussi célèbres qu'Irma la Douce, Les Enfants du Paradis, Drôle de Drame, Hôtel du nord, Tchao Pantin, La vie privée de Sherlock Holmes, M. Klein, Don Giovanni, Subway.
Il a travaillé avec les plus grands:Huston, Howard Hawks, Marcel Carné, Tavernier, Billy Wilder, Joseph Losey ,luc Besson,et tutti quanti- pour paraphraser Truffaut dans "Vivement Dimanche"-et a récolté trois oscars.

(A suivre)



SOIS BELLE! (1)

                    Du 1er avril au 1er novembre 2026 au musée de Vire-Normandie Le titre de l'exposition est un brin provocateur (avec ...