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mercredi, août 15, 2018

En scène !

   Jetons un  coup d'oeil au cinéma Cannet toiles- dont un pan de façade est superbement fleuri -avant d'amorcer la montée de la rue Victorien Sardou, ainsi nommée parce que cet auteur dramatique plus ou moins oublié, né à Paris en 1831, y séjourna dans son enfance au numéro 5, la première fois en 1839, il était venu chez ses grands-parents en convalescence.

Oublié... cependant, le titre de Madame Sans-Gêne  dit sans doute quelque chose à qui suivait l'émission "Au théâtre ce soir. 

Avant de connaître le succès en 1859 avec Les premières armes du Figaro, il avait été étudiant en médecine, répétiteur, collaborateur dans des revues et des encyclopédies, et avait essuyé un échec en faisant jouer sa première pièce. 
C'est l'actrice Virginie Déjazet, proche de sa future épouse, Melle de Brécourt qui assurera son succès en lui achetant  à cette date un théâtre, "Les Folies Déjazet", 45 Boulevard du Temple, devenu plus tard le "Théâtre Déjazet".

En somme, un parcours très balzacien !


Agé de huit ans, le jeune Victorien découvrit alors Le Cannet , "délicieux, si bien abrité", si tiède, (...) enfoui dans son nid de citronniers et d'orangers , avec ses maisons en terrasses, (...) ayant" tout l'aspect d'un village sarde ou corse" .


Ce séjour, à visée médicale  sera suivi de beaucoup d'autres, qui donneront lieu à de nombreux souvenirs, et descriptions tout aussi émerveillés:

(...) "Il n'était abordable dans mon enfance que par l'ancienne route, depuis oubliée. Elle longeait un vallon qui existe encore, jusqu'à Sainte-Catherine, laissant à droite, d'abord la vieille chapelle ruinée que j'ai toujours connue telle, avec son grand figuier desséché que j'ai connu verdoyant ; puis les aqueducs de l'oncle Jean que j'estimais dignes des Romains. A l'église, la route changeait de nom pour devenir la Calade, rue étroite, grande artère du pays, où une charrette ne s'engageait pas sans imprudence. La maison de mon grand-père était et est encore à la Calade; c'est là que je venais coucher, le samedi soir, pour passer mon dimanche au Cannet."
Ses ancêtres avaient fait  partie des fondateurs du Cannet, d'ailleurs  son grand -père s'était illustré en 1706  en sonnant le tocsin depuis la Tour de la Placette,  sauvant ainsi le village du pillage. 

Quelques sites célèbres sont ainsi évoqués:

« Le Cannet n'avait pas que ses orangers, si maltraités par le dernier hiver, et la cassie, qui ne fleurissait que là. Il avait ses monuments. Il les a encore. Deux tours : la Tour des Danis "du brigand" dit Mérimée et la Tour de la Placette. J'ai dit deux monuments, il y en a un troisième : comment pourrais-je oublier la maison de mon cousin Jean-Jacques. Cette villa Sardou était perdue jadis dans les orangers, d'un accès difficile, bordée d'un cours d'eau dont le voisinage n'était pas toujours agréable ».



Place Bellevue-au Cannet-bien sûr- depuis 1985, nous devons à Manuel Linarès la statue de cet auteur d'une quarantaine d'oeuvres -dont Tosca, qui le fit entrer à l'Académie Française en 1877.



Quelle allure conquérante, et quelle silhouette moderne!

Le sculpteur s'est-il inspiré de cette photo du dramaturge par Carjat ? 





Carrière littéraire de Victorien Sardou sur le site de l'Académie Française et sur celui d'Art Lyrique ici  
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Source: le site Le Cannet côte d'Azur Tourisme ( Voir lien plus haut )
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Lien personnel:
http://photograff.blogspot.com/2008/07/
Il y est question du jardin du Tivoli, des familles fondatrices du Cannet, de la Place Bellevue, etc.

dimanche, juillet 24, 2016

Argan au haras

    Samedi 2 juillet, au haras de Saint-Lô, représentation du Malade imaginaire de Molière, dans une mise en scène de Jean-Daniel Laval-  directeur de La Compagnie de la Reine -avec Gérard Holtz dans le rôle d'Argan et son fils Antoine dans celui de Thomas Diafoirus, grotesque et inquiétant .



   La tournée Vive le Théâtre, fait halte sur les étapes du Tour de France en associant plaisir du jeu et générosité.
 En effet, les représentations sont gratuites grâce à Optic 200O, les spectateurs sont invités au lever de rideau à  soutenir  la recherche sur les maladies génétiques oculaires par leurs dons.
(AFM-Téléthon)


  On sait que c'est en jouant Argan que Molière, très malade, mourut, le 17 février 1673 ,non pas sur scène, mais à son domicile où il fut transporté d'urgence par sa troupe,  comme l'évoque la  scène finale du film  d'Ariane Mnouchkine , rythmée par la musique de Purcell.

  Sur un  dispositif scénique très ingénieux et joliment éclairé au fur et à mesure de la tombée de la nuit,  trône un grand fauteuil blanc -  référence  au célèbre fauteuil dans lequel mourut Molière-

  Là, Gérard Holtz tient son rôle avec brio, sachant varier les registres, tantôt bouffon, tantôt dupe pitoyable , bonhomme,  malicieux et complice dans la scène avec Louison (Mathilde Puget), pleutre larmoyant face au terrible M. Purgon,





Thiphaine Vaur campe une Toinette pleine d'allant.

ARGAN.- Où est-ce donc que nous sommes ? et quelle audace est-ce là à une coquine de servante de parler de la sorte devant son maître ?
TOINETTE.- Quand un maître ne songe pas à ce qu’il fait, une servante bien sensée est en droit de le redresser.
ARGAN court après Toinette.- Ah ! insolente, il faut que je t’assomme.
TOINETTE se sauve de lui.- Il est de mon devoir de m’opposer aux choses qui vous peuvent déshonorer.
ARGAN, en colère, court après elle autour de sa chaise, son bâton à la main.- Viens, viens, que je t’apprenne à parler.
TOINETTE, courant, et se sauvant du côté de la chaise où n’est pas Argan.- Je m’intéresse, comme je dois, à ne vous point laisser faire de folie.
ARGAN.- Chienne !
TOINETTE.- Non, je ne consentirai jamais à ce mariage.
ARGAN.- Pendarde !
TOINETTE.- Je ne veux point qu’elle épouse votre Thomas Diafoirus.


Améle Gonin joue la mielleuse  Béline


ARGAN.- Il faut faire mon testament, mamour, de la façon que Monsieur dit ; mais par précaution je veux vous mettre entre les mains vingt mille francs en or, que j’ai dans le lambris de mon alcôve, et deux billets payables au porteur, qui me sont dus, l’un par Monsieur Damon, et l’autre par Monsieur Gérante.
BÉLINE.- Non, non, je ne veux point de tout cela. Ah ! combien dites-vous qu’il y a dans votre alcôve ?
ARGAN.- Vingt mille francs, mamour.
BÉLINE.- Ne me parlez point de bien, je vous prie. Ah ! de combien sont les deux billets ?
ARGAN.- Ils sont, mamie, l’un de quatre mille francs, et l’autre de six.
BÉLINE.- Tous les biens du monde, mon ami, ne me sont rien, au prix de vous.
LE NOTAIRE.- Voulez-vous que nous procédions au testament ?
ARGAN.- Oui, Monsieur ; mais nous serons mieux dans mon petit cabinet. Mamour, conduisez-moi, je vous prie.
BÉLINE.- Allons, mon pauvre petit fils.




 Comédie de moeurs  et de caractère écrite en 1673, le Malade imaginaire reste une farce à bien des titres et Jean-Daniel Laval ne se prive pas de mettre en scène lavements, clystères et... "matières" qui ont fait glousser de dégoût le public!

Souhaitant inviter la belle Angélique à la dissection d'une femme, Thomas Diafoirus  arbore des linges ensanglantés, et le même Thomas assortit sa réplique ambiguë " Baiserai-je ?"
 d'une gestuelle impudique, qu'il accentue, face aux  éloges de son père:

"Au reste, pour ce qui est des qualités requises pour le mariage et la propagation, je vous assure que, selon les règles de nos docteurs, il est tel qu'on le peut souhaiter; qu'il possède en un degré louable la vertu prolifique, et qu'il est du tempérament qu'il faut pour engendrer et procréer des enfants bien conditionnés."

(Acte II Sc 5)


La leçon de cette comédie satirique  est énoncée par Béralde ( Richard Delestre, très classe):

ARGAN.-
 Pourquoi ne voulez-vous pas, mon frère, qu’un homme en puisse guérir un autre ?
BÉRALDE.- Par la raison, mon frère, que les ressorts de notre machine sont des mystères jusques ici, où les hommes ne voient goutte ; et que la nature nous a mis au-devant des yeux des voiles trop épais pour y connaître quelque chose.
ARGAN.- Les médecins ne savent donc rien, à votre compte ?
BÉRALDE.- Si fait, mon frère. Ils savent la plupart de fort belles humanités ; savent parler en beau latin, savent nommer en grec toutes les maladies, les définir, et les diviser ; mais pour ce qui est de les guérir, c’est ce qu’ils ne savent point du tout.
ARGAN.- Mais toujours faut-il demeurer d’accord, que sur cette matière les médecins en savent plus que les autres.
BÉRALDE.- Ils savent, mon frère, ce que je vous ai dit, qui ne guérit pas de grand-chose, et toute l’excellence de leur art consiste en un pompeux galimatias, en un spécieux babil, qui vous donne des mots pour des raisons, et des promesses pour des effets.
ARGAN.- Mais enfin, mon frère, il y a des gens aussi sages et aussi habiles que vous ; et nous voyons que dans la maladie tout le monde a recours aux médecins.
BÉRALDE.- C’est une marque de la faiblesse humaine, et non pas de la vérité de leur art.
ARGAN.- Mais il faut bien que les médecins croient leur art véritable, puisqu’ils s’en servent pour eux-mêmes.
BÉRALDE.- C’est qu’il y en a parmi eux, qui sont eux-mêmes dans l’erreur populaire, dont ils profitent, et d’autres qui en profitent sans y être. Votre Monsieur Purgon, par exemple, n’y sait point de finesse ; c’est un homme tout médecin, depuis la tête jusqu’aux pieds. Un homme qui croit à ses règles, plus qu’à toutes les démonstrations des mathématiques, et qui croirait du crime à les vouloir examiner ; qui ne voit rien d’obscur dans la médecine, rien de douteux, rien de difficile ; et qui avec une impétuosité de prévention, une raideur de confiance, une brutalité de sens commun et de raison, donne au travers des purgations et des saignées, et ne balance aucune chose. Il ne lui faut point vouloir mal de tout ce qu’il pourra vous faire, c’est de la meilleure foi du monde, qu’il vous expédiera, et il ne fera, en vous tuant, que ce qu’il a fait à sa femme et à ses enfants, et ce qu’en un besoin il ferait à lui-même.
ARGAN.- C’est que vous avez, mon frère, une dent de lait contre lui. Mais enfin, venons au fait. Que faire donc, quand on est malade ?
BÉRALDE.- Rien, mon frère.
ARGAN.- Rien ?
BÉRALDE.- Rien. Il ne faut que demeurer en repos. La nature d’elle-même, quand nous la laissons faire, se tire doucement du désordre où elle est tombée. C’est notre inquiétude, c’est notre impatience qui gâte tout, et presque tous les hommes meurent de leurs remèdes, et non pas de leurs maladies.
ARGAN.- Mais il faut demeurer d’accord, mon frère, qu’on peut aider cette nature par de certaines choses.
BÉRALDE.- Mon Dieu, mon frère, ce sont pures idées, dont nous aimons à nous repaître ; et de tout temps il s’est glissé parmi les hommes de belles imaginations que nous venons à croire, parce qu’elles nous flattent, et qu’il serait à souhaiter qu’elles fussent véritables. Lorsqu’un médecin vous parle d’aider, de secourir, de soulager la nature, de lui ôter ce qui lui nuit, et lui donner ce qui lui manque, de la rétablir, et de la remettre dans une pleine facilité de ses fonctions : lorsqu’il vous parle de rectifier le sang, de tempérer les entrailles, et le cerveau, de dégonfler la rate, de raccommoder la poitrine, de réparer le foie, de fortifier le cœur, de rétablir et conserver la chaleur naturelle, et d’avoir des secrets pour étendre la vie à de longues années ; il vous dit justement le roman de la médecine. Mais quand vous en venez à la vérité, et à l’expérience, vous ne trouvez rien de tout cela, et il en est comme de ces beaux songes, qui ne vous laissent au réveil que le déplaisir de les avoir crus.
ARGAN.- C’est-à-dire, que toute la science du monde est renfermée dans votre tête, et vous voulez en savoir plus que tous les grands médecins de notre siècle.
BÉRALDE.- Dans les discours, et dans les choses, ce sont deux sortes de personnes, que vos grands médecins. Entendez-les parler, les plus habiles gens du monde ; voyez-les faire, les plus ignorants de tous les hommes.
ARGAN.- Hoy. Vous êtes un grand docteur, à ce que je vois, et je voudrais bien qu’il y eût ici quelqu’un de ces messieurs pour rembarrer vos raisonnements, et rabaisser votre caquet.


... et avec une bonne dose d'autodérision, sous la plume  du dramaturge:




BÉRALDE.- Moi, mon frère, je ne prends point à tâche de combattre la médecine, et chacun à ses périls et fortune, peut croire tout ce qu’il lui plaît. Ce que j’en dis n’est qu’entre nous, et j’aurais souhaité de pouvoir un peu vous tirer de l’erreur où vous êtes ; et pour vous divertir vous mener voir sur ce chapitre quelqu’une des comédies de Molière.
ARGAN.- C’est un bon impertinent que votre Molière avec ses comédies, et je le trouve bien plaisant d’aller jouer d’honnêtes gens comme les médecins.
BÉRALDE.- Ce ne sont point les médecins qu’il joue, mais le ridicule de la médecine.
ARGAN.- C’est bien à lui à faire de se mêler de contrôler la médecine ; voilà un bon nigaud, un bon impertinent, de se moquer des consultations et des ordonnances, de s’attaquer au corps des médecins, et d’aller mettre sur son théâtre des personnes vénérables comme ces Messieurs-là.
BÉRALDE.- Que voulez-vous qu’il y mette, que les diverses professions des hommes ? On y met bien tous les jours les princes et les rois, qui sont d’aussi bonne maison que les médecins.
ARGAN.- Par la mort non de diable, si j’étais que des médecins je me vengerais de son impertinence, et quand il sera malade, je le laisserais mourir sans secours. Il aurait beau faire et beau dire, je ne lui ordonnerais pas la moindre petite saignée, le moindre petit lavement ; et je lui dirais : "crève, crève, cela t’apprendra une autre fois à te jouer à la Faculté".
BÉRALDE.- Vous voilà bien en colère contre lui.
ARGAN.- Oui, c’est un malavisé, et si les médecins sont sages, ils feront ce que je dis.
BÉRALDE.- Il sera encore plus sage que vos médecins, car il ne leur demandera point de secours.
ARGAN.- Tant pis pour lui s’il n’a point recours aux remèdes.
BÉRALDE.- Il a ses raisons pour n’en point vouloir, et il soutient que cela n’est permis qu’aux gens vigoureux et robustes, et qui ont des forces de reste pour porter les remèdes avec la maladie ; mais que pour lui il n’a justement de la force, que pour porter son mal.
ARGAN.- Les sottes raisons que voilà. Tenez, mon frère, ne parlons point de cet homme-là davantage, car cela m’échauffe la bile, et vous me donneriez mon mal.



Quelle belle soirée théâtrale dans  le superbe cadre du haras !

mercredi, juillet 17, 2013

De l'Impressionnisme à l'art abstrait

Ule immersion dans la peinture
Impressions ...


Déambulation poétique et littéraire 

au milieu des tableaux de l'exposition: de l'impressionnisme à l'art abstrait
avec le Théâtre en Partance
à l'initiative des amis des musées



Au fil des textes
de Maupassant, Baudelaire, Proust, Virginia Woolf, Gaston Bachelard...


Samir Siad


Valérie Aubert
 .........................avec la participation de Pascale,

soutenus par  Cédric, à la technique

ont proposé aux spectateurs
plusieurs escales devant les toiles de Boudin, Monet, Jondking, Blanche Hoschédé -Monet, Manessier, Olivier Debré,  Sergio di Castro...et bien d'autres
...pour le plus grand plaisir de tous.

"C'est près de l'eau que j'ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l'intermédiaire d'un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l'eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays. Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d'un vallon, au bord d'une eau vive, dans l'ombre courte des saules et des osières.
L'eau et les rêves, Gaston Bachelard, Ed. José Corti, 1942, P. 11
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Articles de O. F ici
et là
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mercredi, mai 29, 2013

Nuit des musées:(3) l'homme qui plantait des arbres, Giono

Pour cette nuit des musées, édition 2013,  Françoise Herman, directrice du musée de Bois-Jugan avait soutenu, avec la municipalité saint-loise, un projet de  Suzanne Leclerc, présidente de l'AAMM: 
inviter   Yannick Boitrelle, ( Compagnie du Voyageur immobile ) à jouer l'homme qui plantait des arbres , de Jean Giono.


Le décor  rural du musée s'y prêtait d'autant mieux que la thématique du mois était le bois


Cette nouvelle, écrite vers 1953, a été traduite en treize langues et représentée dans le monde entier, d'ailleurs, la compagnie du Voyageur immobile  venait de la jouer au Maroc, dans le cadre d'un festival de théâtre.
Dans les années 50 , le Reader's digest se proposait de primer  des textes  mettant en scène des êtres  d'exception ayant existé, d'où le récit envoyé par Giono, qui fut publié, à ce titre .


Or, le personnage d'Elzéar Bouffier , qui  patiemment,  reboise la forêt de Vergons est un être de fiction! 
C'est ce que révéla  Giono , en 1957 , au Conservateur des Eaux et Forêts de Digne, Monsieur Valdeyron, dans une lettre dont voici quelques extraits:


"Le but était de faire aimer l'arbre ou plus exactement faire aimer à planter des arbres (ce qui est depuis toujours une de mes idées les plus chères). Or si j'en juge par le résultat, le but a été atteint par ce personnage imaginaire ."
(...)

"J'ai donné mes droits gratuitement pour toutes les reproductions."
(...)
"C'est un de mes textes dont je suis le plus fier. Il ne me rapporte pas un centime et c'est pourquoi il accomplit ce pour quoi il a été écrit.
J'aimerais vous rencontrer , s'il vous est possible, pour parler précisément de l'utilisation pratique de ce texte. je crois qu'il est temps qu'on fasse une "politique de l'arbre" bien que le mot politique semble mal adapté."


Avec un minimum d'objets (chaise, carte, sac à dos, gourde, arbres miniatures , ruban, glands...) quelques  jeux de lumières , quelqurs notes, des images forestières projetées au début et à la fin du spectacle, Yannick Boitrelle a communiqué au public , fasciné, 
la force et l'émotion de ce magnifique  message humaniste.



Relisons le dénouement du récit:

"Quand je réfléchis qu'un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais , quand je fais le compte de tout ce q'il a fallu de constance dans la grandeur d'âme et d'acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d'un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien  cette oeuvre digne de Dieu.
Elzéar Bouffier est mort paisiblement en 1947 à l'hospice de Banon"


Merci  à la compagnie du Voyageur immobile, 
 aux organisateurs et partenaires pour cette nuit magique!

http://www.compagnieduvoyageurimmobile.com/

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Le récit de Giono a donné lieu à un  film d'animation  réalisé par l'illustrateur Frédéric Back et lu par Philippe Noiret
Il a obtenu plus de 40 prix à travers le monde. 
Durée de la vidéo : 30 minutes

http://www.youtube.com/watch?v=iwU85WUZPqk
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A propos de  Jean Giono:

http://www.centrejeangiono.com/

http://pages.infinit.net/poibru/

http://www.giono.com/
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samedi, mai 25, 2013

Nuit des musées 2013 (1)







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(A suivre )
A votre avis, quel était le thème ?
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samedi, mars 09, 2013

Octave Feuillet (7) : Théâtre (ou Dites-le avec des fleurs)

  

  
La visite au Archives départementales, sous la conduite de M. Gilles Désiré dit Gosset a permis au petit groupe des AMM de découvrir des articles de journaux  consacrés à la production  théâtrale d'Octave Feuille-dont certains sont mis ici en parallèle avec :.
 
 le chapitre XV de, Quelques années de Ma Vie de Valérie Feuillet Dalila, (1857) "La rue de Chabrol fut abandonnée pour un appartement meublé, rue Duphot, où nous nous installâmes joyeusement comme des écoliers. Mon mari passait presque toutes ses journées au théâtre. Cela marcha bien d'abord, mais bientôt il rentra les nerfs exaspérés. Mademoiselle Fargueil, qui remplissait dans la pièce le rôle de la princesse Falconnieri, avait-elle -même des nervosités insupportables. Elle se fâchait, elle rendait le rôle, elle le reprenait en pleurant; se trouvant mal et crachant le sang par-dessus le marché. Mon mari commençait à regretter la pêche à la ligne et la paix de sa triste maison.Moi je regrettais les enfants et ma mère, mais j'étais heureuse pourtant dans ce Paris de mes rêves."
La première représentation,  après six semaines de répétitions, fut un triomphe fêté dans l'euphorie: l'acteur principal se jeta au cou de l'auteur et, ajoute Valérie Feuillet, "je crois que Fargueil en fit autant quand il alla la complimenter dans sa loge; car, en l'embrassant à mon tour, j'aperçus sur son habit la trace de deux bras poudrés qui devaient être ceux de la princesse Falconnieri."
Mais en rentrant rue Duphot, le triomphateur  " trouva une dépêche qui le terrassa: son père venait de mourir, enlevé brusquement par sa terrible goutte. Ce coup de foudre lui fit oublier toutes les joies des heures précédentes.Il s'en voulut d'avoir quitté le vieillard, de n'avoir pas tenu sa main au moment suprême. Il se reprocha sa gloire, il maudit ceux qui l'avaient arraché pour la conquérir, à sa vie de sacrifices et de devoirs. Ses cris et ses sanglots me fendaient l'âme, j'étais à ses genoux sans pouvoir l'apaiser" 

 Caricatures /Dalila,  -Vaudeville_ "Le salon de la Princesse. l'heureux désordre! Comme c'est nature!" Légende: "Melle Fargueil a encore plus de talent que de crinoline; c'est beaucoup dire!"
Argument dramatique de Dalila: « Toute femme qui n’est pas à Dieu est à Vénus »
Cette pièce fut reprise en 1870 au Théâtre Français, et jouée, de façon piteuse, aux dires de Valérie Feuillet, dans la ville natale de l'auteur.( Souvenirs et Correspondances, Chapitre XV)"Je crus mourir de rire en voyant arriver le cercueil qui ramenait la fiancée d'André Rawsein en Allemagne sur une brouette"(...) je suis sûre que si mon mari eût  assisté à ce transport de la pauvre Marthe sur cette brouette de commissionnaire, il se fût évanoui dans l'assemblée"
Heureusement, Octave Feuillet n'assistait jamais aux représentations jouées par des comédiens amateurs, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir des attentions très délicates pour les comédiennes, leur faisant porter des *bouquets de fleurs, attentions pas toujours comprises. Ce fut le cas cette  fois-ci ,  la  jeune personne qui tenait le rôle de Marthe , ayant accueilli les fleurs  avec ces paroles  peu gracieuses: "F. -moi ça là "
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Chamillac (1888)


Chamillac au Théâtre français, pièce en 5 actes , dans l'Illustration, journal universel, N 2251
Sophie Ledieu baisant la main de Madame de Tryas, 3ème acte

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Argument  dramatique de Chamillac:
Le comte de Chamillac,qui  dans sa jeunesse , a commis une mauvaise action, veut se racheter en secourant avec indulgence,ceux qui, comme lui, ont commis une faute.

Référence /Article du journal Le Scapin, vendredi 16 avril 1886
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Dans le Journal illustré, Un Roman parisien, (1882) pièce en 5 actes .
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Dans le même chapitre des Souvenirs et Correspondances de Valérie Feuillet, à propos d'une autre pièce, le Sphinx, il est question des deux principales  comédiennes  Croizette et Sarah Bernardt, qu'Octave Feuillet décrit longuement dans  lettre:

"C'est la première fois dans ma longue carrière que je rencontre la vraie comédienne des romans, la comédienne courtisane du XVIII ème siècle, élégante, maquillée, excentrique, insolente, gamine, c'est la Desmares ou la Duthé".
(...) Elle répète son rôle avec assez de soin et la sombre gravité qui convient.Elle a par moments d'assez belles poses à la Rachel ."

Il évoque la  toilette soignée dans laquelle elle vient répéter, ses bizarreries: "elle vous rit au nez en croquant  des chocolats dont elle a les poches pleines.Tire un petit étui dans lequel il y a un petit blaireau qu'elle passe sur ses lèvres pour leur rendre leur teinte de carmin. Montre ses dents blanches comme des amandes fraîches et recroque ses chocolats"

Il conte ses inquiétudes un jour où  Sarah, "plus pâle et plus spectre que jamais", qui toussotait au début de la répétition, "fut prise d'une horrible quinte, d'une toux  interminable, sèche, ardente, coupée d'affreux crachements de sang qui tachent son mouchoir et ses lèvres."
(...)
"Ce vrai drame éclatant tout à coup à travers l'autre, et la mort mettant son masque sur ce joli visage de comédienne; enfin c'était extraordinaire et navrant"
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Lire ici u ne analyse de l'oeuvre d'Octave Feuillet  , par Jean-Marie Seillan,/ Loxias
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A propos de fleurs, savez-vous qu'à Paris ,la rue Octave Feuillet
lien ici
a été ouverte sur 
 l'emplacement de l'ancien jardin fleuriste de la Ville de Paris.?

C'est  un arrêté du 28 décembre 1894  qui lui donna le nom du romancier et dramaturge Octave Feuillet 
(Saint-Lô, le 10 août 1821 - Paris, le 28 décembre 1890), membre de l’Académie française à partir de 1862.

et que , longtemps retenu  à Saint-Lô par son père  Jacques Feuillet (malade et exigeant) , 
Octave avait chargé son frère , Eugène employé  au ministère des Finances, d'être , en quelque sorte son représentant et son agent littéraire.
Or, celui-ci n'omettait jamais de commander des fleurs et des les faire livrer aux comédiennes , les soirs de Première !

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Lien 
vers 
La jeunesse d'Octave Feuillet, d'après une correspondance inédite
Souvenirs de l'académicien Henri Bordeaux 
Autre lien



Quid des maisons d’éclusiers?

           Les anciennes maisons d'éclusiers-tout comme les anciennes gares-ont été mises en vente, et sont devenues maisons d'habit...