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lundi, octobre 27, 2014

L'azur en cage













Bastion Saint-Jaume à Antibes

Autres photos  sur le blog de mana
et sur ce blog
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 Merci, Fifi!
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Hymne à la Mer 

J'ai désiré un hymne à la Mer avec des rythmes amples comme les vagues qui crient ;
A la Mer quand le soleil tel un étendard écarlate dans ses eaux flamboie;
A la Mer quand elle embrasse les seins dorés des plages vierges qui assoiffées attendent ;
A la Mer quand ses hordes hurlent ,quand les vents lancent leurs blasphèmes ,
Quand brillent dans ses eaux d'acier la lune brunie et sanglante;
A la Mer quand sur elle verse sa tristesse sans fond
la coupe d'étoiles .

Aujourd'hui je suis descendu de la montagne à la vallée
et de la vallée jusqu'à la Mer.
Le chemin fut long comme un baiser.
Les amandiers lançaient des fuseaux bleutés d'ombre sur la
route et, à la fin de la vallée,  le soleil
cria des Golcondes vermeils sur ta glauque forêt : Abîme !
Frère, Père,  Bien-aimé ...!
J'entre dans le jardin énorme de tes eaux et je nage loin de la
terre.
Les vagues viennent ,avec leurs fragiles cimiers d'écume
En fugue vers la catastrophe . Vers la côte,
avec leurs crêtes rouges ,
avec leurs maisons géométriques,
avec leurs palmiers nains ,
qui sont devenus absurdes et livides comme des souvenirs
figés!
Je suis avec toi , Mer ! Et mon corps tendu comme un arc
lutte contre tes muscles impétueux.Toi seule existes .
Mon âme rejette tout son passé
Comme un ciel arctique qui s'effeuille en flocons
errants !
Oh instant de plénitude magnifique ;
Avant de te connaître,  Mer fraternelle ,
j'ai longuement vagué dans d'errantes rues bleues aux
oriflammes de lanternes
Et dans la mi-nuit sacrée j'ai tissé des guirlandes
De baisers sur des chairs et des lèvres qui s'offraient,
Solennelles de silence ,
Dans une floraison
Sanglante...
Mais aujourd'hui je fais don aux vents
de toutes ces choses révolues,
révolues...Toi seule existes .
Athlétique et nue. Seul ce souffle frais et ces vagues ,
et les coupes d' azur, et le miracle des coupes d'azur.
( J'ai rêvé d'un hymne à la Mer avec des rythmes amples
comme les vagues haletantes. )
Je désire encor te créer un poème
Avec la cadence adamique de ta houle ,
Avec ton souffle salin originel,
Avec le tonnerre des ancres sonores des Thulés ivres
de lumière et de lèpre,
Avec des cris de marins, des lumières et des échos
De crevasses abyssales
Où tes vives mains monacales constamment caressent les
morts...
Un hymne
Constellé d 'images rouges luminescentes.
O Mer ! ô mythe ! ô soleil ! ô lit profond!
Et je ne sais pourquoi je t'aime. Je sais que nous sommes très vieux ,
Que nous nous connaissons depuis des siècles tous les deux.
Je sais que dans tes eaux vénérables et riantes s'est embrasée
l'aurore de la vie.
(Dans la cendre d'un soir de fièvre j'ai dans ton sein vibré
pour la première fois .)
O Mer protéenne,  je suis sorti de toi.
Tous les deux enchaînés et nomades;
Tous les deux avec une soif intense d 'étoiles ;
Tous les deux avec espoir et désillusions ;
Tous les deux air, lumière,  force,  ténèbres ;
Tous les deux avec notre vaste désir et tous les deux avec
notre grande misère .



      JORGE LUIS BORGES

mardi, mars 26, 2013

Tango en lectures

samedi 23 mars 
à la médiathèque d'Agneaux 

Tango en lectures
en compagnie du groupe de lectrices
avec l'accordéoniste Laurence Legrix
suivies d'un concert de tango argentin
par le duo "accordons-nous un instant" 




Programme varié ,
et, bien sûr, les incontournables
Carlos Gardel et Astor Piazzolla,
plus une  projection d'extraits de la B.D . de Mauricio Fonseca sur la vie de ce dernier
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Un magnifique moment de fougue  en rouge et noir!
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Extraits de textes empruntés au site  indiqué ci-dessous
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Milonga de Jacinto Chiclana
Poème de Jorge Luis Borges

Le tango est à l’Argentine ce que l'Iliade et l'Odyssée sont à la Grèce. Dans la mythologie qui s’est ainsi créée, il existe une figure centrale : celle du compadre qu’on peut approximativement traduire par "l’homme fort", "le dur".
C’est souvent un gaucho converti à la vie de banlieue, un personnage impressionnant par sa force et sa bravoure qui a mis l’honneur et le courage au centre de sa vie. Toujours vêtu de noir comme la mort qui l’accompagne, coiffé d’un chapeau à larges bords, il porte une écharpe blanche, un poignard à la ceinture, et sur l’épaule, une peau de mouton qu’il enroule autour de son avant bras dans les nombreux combats qu’il est amené à livrer.
 Au 20 ème siècle, on retrouve ce personnage au centre d’une belle rencontre : celle de deux monstres sacrés de la culture argentine : Jorge Luis Borges et Astor Piazzolla.
    Borges, né en 1899 et mort en 1986, est le plus grand écrivain argentin et l’un des sommets de la littérature occidentale du XXè siècle. Il y a dans son œuvre fascinante, où les récits et les contes se mêlent aux poèmes, un petit livre intitulé "Pour les six cordes" (celles de la guitare), et composé de chansons ou milongas écrites autour de ce personnage mythique du compadre.
    Astor Piazzolla (1921-1992) qui a révolutionné le tango dans la seconde moitié du siècle a mis en musique certaines de ces milongas.
    Paroles de la  milonga de Jacinto Chiclana accompagnées de la traduction de J. A. 

Me acuerdo. Fue en Balvanera,
En una noche lejana                                       Je me souviens, il y a longtemps                                                                                                          Une nuit à Balvanera                                                            
Que alguien dejó  caer el nombre                    Que quelqu’un a lâché un nom :
De un tal Jacinto Chiclana.                              C’était Jacinto Chiclana.

Algo se dijo también                                       Il fut également question
De una esquina y de un cuchillo ;                     D’un coin de rue et d’un poignard ;
Los años nos dejan ver                                    Les lames croisées, leur éclat,
El entrevero y el brillo.                                    Les années nous les laissent voir.

Quién sabe por qué razón                                Qui peut savoir pourquoi ce nom
Me anda buscando ese nombre ;                      Ne cesse pas de me hanter;
Me gustaría saber                                           Moi j’aurais bien aimé connaître
Cómo habra sido aquel hombre.                       Cet homme et ce qu’il a été.

Alto lo veo y cabal,                                           D’un caractère mesuré
Con el alma comedida,                                      Je le vois grand et accompli,
Capaz de no alzar la voz                                    Et sans un mot plus haut que l’autre
Y de jugarse la vida                                          Capable de jouer sa vie.

Nadie con paso más firme                                  Personne qui d’un pas si ferme
Habrá pisado la tierra ;                                      Ait jamais marché sur la terre ;
Nadie habrá habido como él                               Personne qui fut comme lui
En el amor y en la guerra.                                   Et dans l’amour et dans la guerre.

Sobre la huerta y el patio                                   Sur le jardin et sur la cour
Las torres de Balvanera                                      Sont les tours de Balvanera ;
Y aquella muerte casual                                      Á un coin de rue comme un autre
En una esquina cualquiera.                                 Le hasard de cette mort-là.

Sólo Dios puede saber                                         Il n’y a que Dieu pour savoir
La laya fiel de aquel hombre ;                              De quelle trempe était cet homme ;
Señores, yo estoy cantando                                 Messieurs, en ce moment je chante
Lo que se cifra en el nombre.                               Ce que dit le nom qui le nomme.

Siempre el coraje es mejor,                                  L’espérance n’est jamais vaine
La esperanza nunca es vana ;                               toujours est meilleur le courage;
Vaya pues esta milonga                                        Cette milonga que voilà
Para Jacinto Chiclana.                                          Est pour Jacinto Chiclana.


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Lien  ici , paroles  et musique 
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 claude a dit...
Le tango est une danse magnifique.
On virevolte, on tangue,
O s'emmêle
Belle du tango est la musique
Peu importe la langue,
Si on la lit, si on la danse,
La danse est sensuelle
les danseurs sont en transe.

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 Tilia a dit...
Si le tango est une passion pour les danseurs, elle l'est tout autant pour les spectateurs.

Pour bien danser le tango
faut faire des pas à gogo
s'en s’emmêler les pinceaux
ni craindre d'avoir trop chaud
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Quid des maisons d’éclusiers?

           Les anciennes maisons d'éclusiers-tout comme les anciennes gares-ont été mises en vente, et sont devenues maisons d'habit...