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samedi, juillet 27, 2013

Voyages dans le passé

Sans machine à remonter le temps...
...en chemin de fer 

avec 
le "tue-vaques", pour employer un terme local:
liens ici 
et
 là (images animées)

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Clin d'oeil à Nancy 

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Article personnel
 ici 
/le château de Tourlaville,  l'histoire des Ravalet et sur la nouvelle de Barbey d'Aurevilly qui s'en inspire: Une page d'Histoire

vendredi, juillet 19, 2013

Trécoeur







Trécoeur est le nom du château de Madame de Quigny, grand-mère (en réalité grand-tante) de Valérie Dubois. Il joua un rôle important dans son histoire familiale.
En effet, sa mère, Elvire Le Conte de Sainte-Suzanne, orpheline de mère  à deux ans ,  y avait été élevée par sa tante, Sophie de Sainte-Suzanne et  y  demeura jusqu'au  mariage de celle-ci  avec M. de Quigny.   Valérie, enfant, avait passé des étés pleins d'insouciance et  de bonheur en ce lieu où les de Quigny devaient finir leur vie.
Madame de Quigny,  royaliste bon teint,  n'avait pas admis le mariage de Valérie avec Octave Feuillet."Elle ne pouvait pardonner à (son) futur beau-père d'avoir été le chef du parti libéral dans la Manche, à la Révolution de Juillet 1830; d'avoir fait arrêter le prince de Polignac fuyant vers Granville, d'être resté en relations suivies avec M. Guizot qui songeait à en faire un ministre". Selon  madame de Quigny , il fallait"avoir la rage de marier sa fille (...) pour la donner en mariage à ce fils de mangeurs de rois!Malgré une  tentative pour adoucir madame de Quigny, le mariage se fit sans elle, et sans sa bénédiction. "On dut laisser le temps effacer les haines "
Effectivement, "La naissance d'André (1852) nous ouvrit de nouveau la porte de Trécoeur  et les bras de ma chère grand-mère, mais hélas! le revoir fut de courte durée , Madame de Quigny succomba aux suite d'une attaque de paralysie, quelques mois après avoir pardonné" (Chapitre XIII, P.162)

De longs mois après le décès de sa grand-mère, Valérie Feuillet y revient en pèlerinage et crut "mourir d'émotion".Puis vient , avec le temps, la mélancolie et l'indifférence.




"J'amenai des amis pour visiter le château que mon mari avait rendu célèbre en le décrivant dans Monsieur de Camors"

On y organisa des parties de campagne: goûters, jeux, pêche dans l'étang ,  un bal y sera même donné:
"Que de fois depuis je me suis reproché ce bal, le ménétrier et la légèreté de mon coeur"
Chapitre XIII-Quelques Années de Ma Vie.



(Carte postale ancienne du château de Trécoeur)




(Photo de la propriété actuelle, sur le site du château) 
Les propriétaires ont très gentiment le petit groupe des amis des musées municipaux ,
 pour une causerie historique et littéraire, 
suivie d'un délicieux goûter....................................................................................................................................................

Julia de Trécoeur, Octave Feuillet

L'action de ce roman ne se déroule pas à Trécoeur, (c'est Monsieur de Camors, qui a "rendu célèbre"  ce lieu) mais le nom du personnage éponyme traduit l'attachement des Feuillet au cadre de la jeunesse  de Valérie, symbole des jours heureux.

En témoigne cette lettre d'Octave Feuillet à son épouse pendant les répétitions de Julie, représentée le 4 mai:

Paris, avril 1869
« Que je t'envie, ma chère, tes promenades à Trécoeur !
Hélas , que je me sens loin de ces douces campagnes !
Chaque brin d'herbe m'est cher. Dieu, comme je compte m'en régaler cet été ! Quelle indigestion de verdure, de petits ruisseaux, de coins solitaires je me promets dans mon cœur ! En attendant , n'y pensons pas !


Dans quelques Quelques années de ma vie, Valérie Feuillet raconte la genèse de ce roman:
1871
« Ce fut vers le milieu de l'automne que je retrouvai ma demeure, bien attristée par le départ des enfants et par les mélancolies croissantes de mon mari. Cependant, il s'était remis au travail et avait repris Julia de Trécoeur, commencée avant la guerre ; mais il était frappé de l'idée , qu' ébranlé par tant d'émotions successives, il ne pourrait plus rien écrire de bon, que le succès était perdu pour lui comme le reste !
Presque chaque jour, il me faisait la lecture des pages écrites. J'essayais de le relever par mes compliments. Parfois, je réussissais , alors il me disait :
« -Tu es un bon public et je t'aime bien ! »

Julia de Trécoeur parut enfin (1872) et son succès ressuscita son auteur.

Cette oeuvre, très éloignée de la fadeur du célèbre Roman d'un jeune homme pauvre, a des accents aurevilliens. Jugez plutôt:

Raoul de Trécoeur, destiné à la célébrité par ses dons remarquables, mourut en pleine jeunesse « sans avoir rien laissé d'autre qu'une centaine de vers et deux ou trois esquisses »
Il avait épousé à 25 ans sa cousine Clotilde Andrée de Pers, brisée par ses frasques, mais toujours fidèle.
Leur fille, Julia, gâtée à outrance par son père, fantasque, « véritable petite peste » pour les amies de sa mère, le pleura avec transports et voua à sa mémoire un véritable culte.
Clotilde étant veuve à 28 ans, sa mère, la baronne de Pers, qui avait son franc-parler, lui enjoignit de se remarier car « c'est encore ce qu'on a trouvé de mieux jusqu'ici pour jouir honnêtement de la vie entre gens comme il faut. »
Devant la résistance de sa fille, elle argumenta : « Tu as peur de Julia ». Pourtant, « elle sera riche de son propre chef », ; « dans deux ou trois ans, elle se mariera à son tour (je souhaite bien du plaisir à son mari , par parenthèse) et puis enfin, un beau-père n'est pas une belle-mère »
Clotilde lui avoua qu'elle avait bien un penchant, non pour son cousin Pierre, comme le supposait la baronne, mais pour l'ami de celui-ci, Monsieur de Lucan, beau ténébreux, qui, d'après elle , ne l'aimait pas.
L'enquête de la baronne dissipa un malentendu:si Monsieur de Lucan ne manifestait pas son attirance pour Clotilde, c'était par délicatesse pour son ami Pierre, qu'il croyait -à tort- épris de sa cousine. 
  1. de Lucan se déclara donc à la jolie veuve, quand, au milieu de son ravissement, elle entendit « un cri étouffé suivi ded'un bruit de chute » : celle de Julia , évanouie dans le salon voisin. Dans les yeux de l'adolescente de quinze ans, sa mère pouvait lire « une lutte de sentiments contraires. »(...) Tu me fais bien mal, dit-elle, oh bien mal ,plus que tu ne peux croire, mais je t'aime bien...je t'aime bien »

Malgré tout, le mariage eut lieu, à la condition, imposée par la jeune fille de ne pas y assister et de se retirer auparavant dans un couvent du Boulevard St Germain.
Or, la retraite de Julia se prolonge car  « l'ancienne diablesse veut se faire religieuse », ce qui ravive le chagrin de sa mère et l'ironie de sa grand-mère .Coup de théâtre ! Le bon cousin Pierre, amoureux fou du « joli monstre » souhaite l'épouser !
La veille de la prise de voile de sa fille, Clotide joue timidement les intermédiaires. « Pourquoi pas ? répondit Julia d'un ton de voix sérieux , autant lui qu'un autre »
Le mariage eut lieu dans l'intimité trois mois plus tard, Julia tint à ce que son beau-père en fût absent , puis le couple partit pour l'Italie.

Clotilde rejoignit alors son époux dans une ancienne résidence familiale, Vastville, « dont la vue , au au-delà d'un massif boisé s'étend sur les vastes landes qui forment le plateau triangulaire de la Hague ».
Conquise d'avance par l'enthousiasme de son mari, Clotilde éprouva pourtant , la nuit de son arrivée, « une impression de froid dans la sombre avenue en pente qui conduisait au château » .
Puis elle s'accoutuma à cette atmosphère romantique, contrairement à la baronne qui voyait en cette demeure « une vraie maison à crimes », semblable au « Château d'Udolphe ».

Au bout d'un an de voyage en Italie et en Suisse, et de lettres fantasques à sa mère, Julia annonça abruptement son retour , en précisant dans un post-scriptum : «Je prie Monsieur de Lucan de ne pas m'intimider »
C'est au x premiers jours de juin qu'eurent lieu les retrouvailles : une rencontre amicale bien que M . de Lucan sentît sa bru, devenue très belle, se crisper au moment du baiser de réconciliation.
D'emblée, l'atmosphère romantique du domaine plut à Julia et les journées s écoulèrent dans la bonne entente avec son beau-père ; toutefois, « quand elle ne pouvait échapper à quelques moments de tête à tête , elle laissait voir tantôt un malaise irrité, tantôt une impertinence railleuse. »

Un soir de retour de bal où le tête à tête fut inévitable, Julia déclara à son beau-père : « Vous êtes un très mauvais mari pour ma mère. Ma mère est une créature angélique, et vous, un romantique, un tourmenté. Un jour ou l'autre, vous la trahirez. »
Le lendemain, Pierre confie à son ami son malheur : sa femme est pour lui une énigme. «Je l'adore et je suis jaloux. De qui ? De Quoi ? »et il ajoute : «Si elle donnait à un autre tout ce qu'elle me refuse ! Je la tuerais »
Lucan rassure son ami : les bizarreries de la jeune femme viennent tout simplement de son imagination exaltée.
Celle-ci, un peu plus tard, ne lui confie -t-elle pas s'être imaginé, depuis le voyage en Italie, que sa grande beauté serait l'enjeu de rivalités amoureuses allant jusqu'au crime ?

Par la suite, au grand désespoir de Clotilde, Julia multiplie les incartades vis -à -vis de son beau-père . Comment interpréter ses pâleurs ses larmes, ses faiblesses qui vont jusqu'à l'évanouissement , ses paroles ambiguës, agressives ou provocantes, sa danse de bacchante, un beau soir?
M.de Lucan n'ose pas donner un nom à tous ces symptômes.. « Soyez honnête homme »   glisse la baronne de Pers à celui qui , au début de l'histoire , s'était dépeint à Pierre comme « un être né avec de détestables instincts » et, sans le secours de sa volonté, « un scélérat en puissance, comme Trécoeur »

Tous les éléments du drame sont en place.
Au cours d'une balade sur les hauteurs de la Hague, Julia entraîne son beau-père au bord de l'abîme.
« Je suis si heureuse », murmure-t-elle, « je voudrais mourir là...(...) Avec vous(...) Quelle joie... »
Troublé, Lucan résiste pourtant à son étreinte et l'entend murmurer « d'un accent doux et fier » en s'éloignant: « sans vous, alors »

Quand, au petit matin, Lucan aperçut Julia traverser la cour de Vastville, habillée comme pour monter à cheval, il prévint le comte de Moras, curieusement déjà prêt. Pierre attacha sur son ami « un regard pénétrant et visiblement troublé »
Tous deux se dirigèrent du haut des falaises : quel spectacle saisissant ! « Julia cravachait les flancs de son cheval pour hâter encore son allure vers le gouffre. »
Au moment où Lucan allait se précipiter vers la cavalière, il sentit la main la main de M. de Moras le retenir et lut dans ses yeux une « résolution inexorable ». (...)« Comprenant qu'il n'y avait plus de secret entre eux, il obéit à ce regard »
« Le cheval, fumant, cabré, se levait presque droit et se dessinait de toute sa hauteur sur le ciel gris du matin
Enfin le cheval fut vaincu, ses deux pieds de derrière quittèrent le sol et rencontrèrent l'espace. Il se renversa, ses jambes de devant battirent l'air convulsivement.
L'instant d'après , la falaise était vide. Aucun bruit ne s'était fait,.
Dans ce profond abîme, la chute et la mort avaient été silencieuses »


En 1873 , après la chute de l'Empire, Valérie Feuillet rendit visite à l'ex Impératrice Eugénie (devenue veuve) retirée en Suisse, à Arenenberg .
« Elle me parla avec bonté des travaux littéraires de mon mari, de Julia de Trécoeur, qu'elle trouvait une de ses plus belles oeuvres mais qu'elle appelait cependant un « mauvais livre »
- « On dirait, ajoutait-elle en souriant que Feuillet a voulu goûter des choses immorales.
Je suis sûr qu'il est fier d'avoir été mauvais sujet une fois dans sa vie »

Si le moralisme étroit de ce commentaire fait sourire de nos jours, le fond n'en est pas moins pertinent:dans Julia de Trécoeur se dessine le goût du Romantisme noir, le sens du secret qui parcourt Les Diaboliques de Barbey d'Aurevilly et une obscure fascination pour le mal.

M.S.
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Pour lire M. de Camors et Julia de Trécoeur:

http://beq.ebooksgratuits.com/vents-xpdf/Feuillet-Camors.pdf

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Et pour écouter, ce lien ici  et là 





samedi, mars 09, 2013

Octave Feuillet (7) : Théâtre (ou Dites-le avec des fleurs)

  

  
La visite au Archives départementales, sous la conduite de M. Gilles Désiré dit Gosset a permis au petit groupe des AMM de découvrir des articles de journaux  consacrés à la production  théâtrale d'Octave Feuille-dont certains sont mis ici en parallèle avec :.
 
 le chapitre XV de, Quelques années de Ma Vie de Valérie Feuillet Dalila, (1857) "La rue de Chabrol fut abandonnée pour un appartement meublé, rue Duphot, où nous nous installâmes joyeusement comme des écoliers. Mon mari passait presque toutes ses journées au théâtre. Cela marcha bien d'abord, mais bientôt il rentra les nerfs exaspérés. Mademoiselle Fargueil, qui remplissait dans la pièce le rôle de la princesse Falconnieri, avait-elle -même des nervosités insupportables. Elle se fâchait, elle rendait le rôle, elle le reprenait en pleurant; se trouvant mal et crachant le sang par-dessus le marché. Mon mari commençait à regretter la pêche à la ligne et la paix de sa triste maison.Moi je regrettais les enfants et ma mère, mais j'étais heureuse pourtant dans ce Paris de mes rêves."
La première représentation,  après six semaines de répétitions, fut un triomphe fêté dans l'euphorie: l'acteur principal se jeta au cou de l'auteur et, ajoute Valérie Feuillet, "je crois que Fargueil en fit autant quand il alla la complimenter dans sa loge; car, en l'embrassant à mon tour, j'aperçus sur son habit la trace de deux bras poudrés qui devaient être ceux de la princesse Falconnieri."
Mais en rentrant rue Duphot, le triomphateur  " trouva une dépêche qui le terrassa: son père venait de mourir, enlevé brusquement par sa terrible goutte. Ce coup de foudre lui fit oublier toutes les joies des heures précédentes.Il s'en voulut d'avoir quitté le vieillard, de n'avoir pas tenu sa main au moment suprême. Il se reprocha sa gloire, il maudit ceux qui l'avaient arraché pour la conquérir, à sa vie de sacrifices et de devoirs. Ses cris et ses sanglots me fendaient l'âme, j'étais à ses genoux sans pouvoir l'apaiser" 

 Caricatures /Dalila,  -Vaudeville_ "Le salon de la Princesse. l'heureux désordre! Comme c'est nature!" Légende: "Melle Fargueil a encore plus de talent que de crinoline; c'est beaucoup dire!"
Argument dramatique de Dalila: « Toute femme qui n’est pas à Dieu est à Vénus »
Cette pièce fut reprise en 1870 au Théâtre Français, et jouée, de façon piteuse, aux dires de Valérie Feuillet, dans la ville natale de l'auteur.( Souvenirs et Correspondances, Chapitre XV)"Je crus mourir de rire en voyant arriver le cercueil qui ramenait la fiancée d'André Rawsein en Allemagne sur une brouette"(...) je suis sûre que si mon mari eût  assisté à ce transport de la pauvre Marthe sur cette brouette de commissionnaire, il se fût évanoui dans l'assemblée"
Heureusement, Octave Feuillet n'assistait jamais aux représentations jouées par des comédiens amateurs, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir des attentions très délicates pour les comédiennes, leur faisant porter des *bouquets de fleurs, attentions pas toujours comprises. Ce fut le cas cette  fois-ci ,  la  jeune personne qui tenait le rôle de Marthe , ayant accueilli les fleurs  avec ces paroles  peu gracieuses: "F. -moi ça là "
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Chamillac (1888)


Chamillac au Théâtre français, pièce en 5 actes , dans l'Illustration, journal universel, N 2251
Sophie Ledieu baisant la main de Madame de Tryas, 3ème acte

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Argument  dramatique de Chamillac:
Le comte de Chamillac,qui  dans sa jeunesse , a commis une mauvaise action, veut se racheter en secourant avec indulgence,ceux qui, comme lui, ont commis une faute.

Référence /Article du journal Le Scapin, vendredi 16 avril 1886
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Dans le Journal illustré, Un Roman parisien, (1882) pièce en 5 actes .
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Dans le même chapitre des Souvenirs et Correspondances de Valérie Feuillet, à propos d'une autre pièce, le Sphinx, il est question des deux principales  comédiennes  Croizette et Sarah Bernardt, qu'Octave Feuillet décrit longuement dans  lettre:

"C'est la première fois dans ma longue carrière que je rencontre la vraie comédienne des romans, la comédienne courtisane du XVIII ème siècle, élégante, maquillée, excentrique, insolente, gamine, c'est la Desmares ou la Duthé".
(...) Elle répète son rôle avec assez de soin et la sombre gravité qui convient.Elle a par moments d'assez belles poses à la Rachel ."

Il évoque la  toilette soignée dans laquelle elle vient répéter, ses bizarreries: "elle vous rit au nez en croquant  des chocolats dont elle a les poches pleines.Tire un petit étui dans lequel il y a un petit blaireau qu'elle passe sur ses lèvres pour leur rendre leur teinte de carmin. Montre ses dents blanches comme des amandes fraîches et recroque ses chocolats"

Il conte ses inquiétudes un jour où  Sarah, "plus pâle et plus spectre que jamais", qui toussotait au début de la répétition, "fut prise d'une horrible quinte, d'une toux  interminable, sèche, ardente, coupée d'affreux crachements de sang qui tachent son mouchoir et ses lèvres."
(...)
"Ce vrai drame éclatant tout à coup à travers l'autre, et la mort mettant son masque sur ce joli visage de comédienne; enfin c'était extraordinaire et navrant"
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Lire ici u ne analyse de l'oeuvre d'Octave Feuillet  , par Jean-Marie Seillan,/ Loxias
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A propos de fleurs, savez-vous qu'à Paris ,la rue Octave Feuillet
lien ici
a été ouverte sur 
 l'emplacement de l'ancien jardin fleuriste de la Ville de Paris.?

C'est  un arrêté du 28 décembre 1894  qui lui donna le nom du romancier et dramaturge Octave Feuillet 
(Saint-Lô, le 10 août 1821 - Paris, le 28 décembre 1890), membre de l’Académie française à partir de 1862.

et que , longtemps retenu  à Saint-Lô par son père  Jacques Feuillet (malade et exigeant) , 
Octave avait chargé son frère , Eugène employé  au ministère des Finances, d'être , en quelque sorte son représentant et son agent littéraire.
Or, celui-ci n'omettait jamais de commander des fleurs et des les faire livrer aux comédiennes , les soirs de Première !

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Lien 
vers 
La jeunesse d'Octave Feuillet, d'après une correspondance inédite
Souvenirs de l'académicien Henri Bordeaux 
Autre lien



jeudi, mars 07, 2013

Octave Feuillet (6) : Reliures et feuillets





"Un fait qui honore singulièrement le collège de saint-lô, c'est  qu'un des ses élèves, le jeune Octave Feuillet, étant entré au collège de Louis -Le-Grand , au mois d'octobre 1835 dans la classe de 4 ème, a non seulement eu de brillants résultats dans cette classe, mais qu'admis au concours général des collèges royaux de Paris et de Versailles, il y a obtenu le 1er prix de thème grec, le 5ème accessit de version grecque et le 6ème de version latine"in Annuaire du Département de la Manche. Neuvième année (1837)
Cet élève brillant, destiné  par son père à la carrière du Droit préféra se lancer dans la littérature. Il écrivit pour le théâtre (sa première pièce fut représentée au théâtre de l'Odéon  en 1845 ) et collabora à la Revue des deux Mondes. Il fut aussi un auteur pour la jeunesse,  dont Hetzel édita en 1846 , Polichinelle, sa vie et ses aventures.
Le groupe des amis des Musées municipaux travaillant sur  Octave Feuillet a pu admirer cette magnifique reliure  (et les suivantes) grâce au Conservateur des Archives départementales , M. Gilles Désiré dit Gosset, qui avait aimablement organisé une visite du fonds Feuillet.

1856Le Village.
Valérie Feuillet évoque cette nouvelle dans Quelques années De Ma Vie (Chapitre XIV):"Mon mari travaillait avec ardeur dans sa chambre d'étudiant. (...) Il nous lisait toutes ses oeuvres, à ma mère et à moi, avant de les livrer à la Revue Des Deux Mondes. (...) Il aimait lire devant ma mère dont l'âme exaltée était pour lui un soutien . Quelquefois, son père le décourageait cruellement . Je me souviens qu'il fut mécontent du Village et qu'il voulut lui faire brûler le manuscrit. Cette nouvelle charmante ne dut sa vie qu'à ma mère et à moi; nous combattîmes énergiquement toutes les deux l'inconcevable jugement de M. Feuillet" 


Détail amusant, cette nouvelle fut inspirée par  Saint-Sauveur le Vicomte, ville natale de Jules Barbey d'Aurevilly, qui lui aussi   souligna le charme profond de cette  bourgade,"jolie comme une bourgade écossaise".

Or, le même Barbey épingle  Octave dans ses Quarante médaillons de l'Académie, corrigeant ainsi son  surnom : "On a spirituellement appelé M. Octave Feuillet « le petit Musset des familles. » C’est toujours joli. Comme nous sommes en progrès, M. Feuillet est le Berquin de ce temps progressif. " 
Cette nouvelle, aimée entre toutes par son auteur , alimentera  en lui un fantasme : celui d'une vie idyllique , loin des soucis littéraires et mondains. En voici un exemple:
"Les répétitions du Sphinx  (1874) causèrent de grandes agitations à mon mari, des agitations plus grandes que tutes celles qu'il avait traversées jusqu'alors traversées dans sa carrière théâtrale"

Le motif ? Les disputes incessantes entre les deux étoiles, Croizette et Sarah (Bernardt)

"Enfin le pauvre homme me revenait chaque soir avec la fièvre, rêvant de lointaines solitudes, sans bruit et sans actrices surtout ; 'Ah! me disait-il, après avoir revêtu sa robe de chambre et s'être étendu devant un bon feu : Si tu savais quelle idée charmante  je me fais d'un petit village, d'un toit de berger, d'un bon repas avec un vieux curé!"

"Le vieux curé était loin" conclut Valérie Feuillet  dans le Chapitre XV de Souvenirs et Correspondances .





Le Roman d'un jeune homme pauvre, 1858



18
58
Le roman d’un jeune homme pauvre,  (Ecoutez-en un extrait icilecture en ligne) fut un  grand succès  et donna lieu à une adaptation théâtrale.
Deux avis littéraires très contrastés:
- celui de George Sand, dans une lettre écrite à Nohant, adressée à l'auteur  et reproduite par Valérie Feuillet (Chapitre XVIII de Quelques années de ma vie):
"Vivant souvent loin de Paris, je n'ai pu voir le Roman d'un jeune homme pauvre, mais j'ai fait venir la pièce et je l'ai lue à un ancien ami de vous qui est le mien depuis dix ans .Après cela , nous avons parlé de la pièce et de vous, et j'ai voulu lire aussi plusieurs de vos proverbes ravissants qui m'avaient échappé. (...) On lit si bien à la campagne , l'hiver, dans la vieille maison pleine de souvenirs, au milieu de toutes ces choses et le coeur plein de tous ces sentiments que vous peignez avec tant de charme et de tendre délicatesse!"


 - et celui de Barbey, dans les Quarante médaillons de l'Académie, cité plus haut:

" Ses romans, qu’il retourne en pièces de théâtre, comme les gens qui ne sont pas riches retournent leur habit pour s’en faire deux, sont d’une conception très-médiocre, d’une observation superficielle et d’une morale ambiguë, qui n’est ni catholique ni stoïcienne, et qui tient ce lâche milieu dans lequel les esprits de ce temps coulent et fondent. Rien donc d’étonnant à ce que M. Feuillet passe pour un écrivain moral, à une époque de transition où il n’y a ni religion ni philosophie."
(...)
"Son Jeune homme pauvre a charmé les femmes qui ne craignent point de se rougir le nez en pleurant aux vaudevilles à sentiment de M. Scribe, car voilà le vrai public de M. Feuillet ! Les âmes de modistes lui appartiennent. "



Maison Quantin, Calmann - Lévy

Hors textes dessinés par Mouchet (1887)
 gravés par Méaulle.



Illustration de L. Mouchet, 1887

1869Julie

1872Julia de Trécœursont deux ouvrages qui ont compté dans l'oeuvre d'Octave Feuillet, et dont parle longuement son épouse :
 " Ce fut vers le milieu de l'automne  que je retrouvai ma demeure bien attristée par *l'absence des enfants, par le départ de la plupart de mes amis  et par les mélancolies croissantes de mon mari. Cependant, il s'était remis au travail et avait repris Julia de Trécoeur, commencée avant la guerre; mais il était frappé de l'idée, qu'ébranlé par tant d'émotions successives, il ne pourrait plus écrire rien de bon, que le succès était perdu pour lui  comme le reste!Presque chaque jour, il me faisait la lecture des pages écrites. J'essayais de le relever par mes compliments. Parfois je réussissais, alors il me disait:- Tu es un bon public et je t'aime bien !"(...)Julia de Trécoeur parut enfin et le succès ressuscita son auteur"
* Les enfants ont été confiés par leur père aux dominicains d'Arcueil , pour  leur éducation..................................................................................................................................................
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Puis vient , avec le temps, la mélancolie et l'indifférence.

"J'amenai des amis pour visiter le château que mon mari avait rendu célèbre en le décrivant dans 

Monsieur de Camors "(1867) 

On y organisa des parties de campagne: goûters, jeux, pêche dans l'étang ,  un bal y sera même donné;
"Que de fois depus je me suis reproché ce bal, le ménétrier et la légèreté de mon coeur"Chapitre XIII-Quelques Années de Ma Vie.





Cette édition espagnole de Monsieur de Camors a été acquise par M. Gilles Désiré dit Gosset en personne, à une vente de livres anciens au musée du Prado.
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Nous le remercions vivement de nous avoir fait découvrir tous ces livres rares.
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ici , lien vers une analyse  de Jean-Marie Seillan  / Loxias
Stéréotypie et roman mondain : l'oeuvre d' Octave Feuillet 
Voici un extrait de la conclusion:

"Feuillet a toujours balancé entre passé et présent, théâtre et roman, classicisme et romantisme, noblesse et bourgeoisie. Également incapable de faire un choix, d’effectuer une synthèse ou de tenter un dépassement, il a laissé ces polarités se neutraliser et s’est fermé toutes les issues littéraires. Son œuvre romanesque y a gagné une très forte unité morpho-thématique : chaque roman s’offre comme un objet d’art parfaitement bien fait, plein de charme, d’harmonie et d’équilibre. Mais le charme est celui de la répétition, l’harmonie celle d’un violon à une seule corde, l’équilibre celui de la paralysie."
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Monet au fil de l'eau

                                                                         Nymphéas                                                           ...