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mercredi, mars 18, 2026

Sac à dos et sac d’os

 Guy Prével, ancien architecte de Gavray n'a nullement délaissé, une fois en retraite,  ses crayons, ses fusains, sa table à dessin,pas plus que  son matériel d'infographie.


Son exposition aux Unelles, à  Coutances, en est la preuve.


Quarante-quatre oeuvres explorent, en le détournant avec malice, le patrimoine de la ville: voici une cathédrale revisitée, une chapelle de la Guérie magnifiée, une école Claires Fontaines joliment exploitée. 


Très jovial, Guy Prével explique sa démarche au public dont il aime et recherche le contact:

J’ai repris tous les sites de ces joyaux coutançais en y ajoutant une petite note de divagation ; un corps squelettique en vadrouille, une montée des eaux au parvis, la lune joliment dissimulée et souvent l’homme regardant la nature 


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De ses années de formation à Caen, puis à l'école d'Architecture de Rouen, l'artiste a retenu plusieurs préceptes:

« Michel Grujard, professeur d’arts appliqués, m’a initié à la composition et à l’utilisation du trait et de la couleur. Il m’a appris qu’aucun geste n’est à rejeter mais au contraire que toute expression, même maladroite, a un sens. » 

Jean Kerbrat, sculpteur, l'a sensibilisé à la notion de lumière et de volume au travers d’études d’observation réalisées au fusain.



Infographie, fusain, pastel, aquarelle, tout concourt  à sublimer les lieux et paysages de la ville. 

J’ai commencé à peindre en 1970 puis j’ai laissé mon premier tableau inachevé. Ma carrière a pris le dessus. Quand la retraite s’est annoncée, en 2013, j’ai repris mon tableau, peu abouti et j’ai commencé une mini-carrière d’artiste peintre »,

confie Guy, en souriant, grand marcheur solitaire, quarante kilomètres hebdomadaires, son véritable moment de recherche picturale. 





J'aime particulièrement ce clin d'oeil au festival coutançais et international Jazz sous les pommiers. 


Et ce détournement d'un célèbre tableau de Caillebotte:



   Certains visiteurs jugent les  petits squelettes "morbides", au contraire, pour l'archiartiste ( selon l'heureuse expression lue dans l'article de Ouest-France") ils font partie du destin humain et n'ont rien de triste.



J'ajouterai que le squelette n'est autre que la structure, l'architecture du corps humain.






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Citations extraites des sites suivants:

https://www.ouest-france.fr/normandie/coutances-50200/a-coutances-lancien-architecte-guy-prevel-expose-ses-joyaux-de-la-ville-7e424d08-02b3-11f1-80d2-6b5441560198

https://www.ouest-france.fr/normandie/gavray-sur-sienne-50450/gavray-sur-sienne-guy-prevel-expose-ses-creations-graphiques-3a88b8ba-59c3-11ec-b79a-a43d73df6b77






mercredi, novembre 30, 2016

L'atelier du temps (2)


Exposition de Gaspare Manos
Lien ici 


Memento Mori


                                                               
                                                              Vue de Toscane  (paysage en rose)


Venise






Changement d'échelle: 
IBN Batuta n°1    
L'énigme de l'homme... (Bruxelles 1991)






Le pont des soupirs, les fers, le crâne 

"J'ai fixé le moment de mon évasion dans la nuit précédant la fête de saint Augustin, non pas tant parce qu'il y avait déjà plus de quatre semaines que je l'avais fait mon protecteur, comme parce que je savais que dans cette fête-là le Grand Conseil s'assemblait, et que par conséquent il n'y aurait pas de monde à la boussole contiguë (1) à la chambre par laquelle je devais nécessairement passer en me sauvant. J'ai donc fixé de sortir dans la nuit du vingt-sept.
La journée du vingt-cinq, à midi, il m'arriva ce qui me fait frissonner encore dans ce moment où je vais l'écrire. À midi précis j'ai entendu le glapissement des verrous : j'ai cru de mourir. Un violent battement de cœur, qui frappait plus de six pouces plus bas que sa région, me fit craindre mon dernier moment : je me suis jeté éperdu sur mon fauteuil. Laurent en entrant me dit, mettant la tête à la grille, et avec un ton de jouissance : Je viens, Monsieur, vous porter une bonne nouvelle, dont je vous félicite. J'ai d'abord cru que c'était celle de ma liberté, car je n'en connaissais pas d'autre qui pût être bonne ; et je me voyais perdu : la découverte du trou aurait fait révoquer ma grâce. Laurent entre et me dit d'aller avec lui ; je lui réponds d'attendre que je m'habille : N'importe, me dit-il, puisque vous ne faites que passer de ce vilain cachot à un autre clair et tout neuf où par deux fenêtres vous verrez la moitié de Venise, où vous pourrez vous tenir debout, où... Mais je n'en pouvais plus, je mourais ; je le lui ai dit. J'ai demandé du vinaigre (2) en le priant d'aller dire à M. le Secrétaire que je remerciais le tribunal de cette grâce, en le suppliant au nom de Dieu de me laisser là. Laurent me dit avec un grand éclat de rire que j'étais fou : que le cachot où j'étais s'appelait l'enfer, et que celui où il avait ordre de me mettre était délicieux. Allons, allons, ajouta-t-il, il faut obéir, levez-vous. Je vous donnerai le bras, et je vous ferai d'abord porter toutes vos hardes (3), et tous vos livres. Etonné et en devoir de ne plus répliquer le moindre mot je suis sorti, et j'ai dans l'instant ressenti un petit soulagement en l'entendant ordonner à un des siens de le suivre avec mon fauteuil. Mon esponton (4) était caché dans sa paille : c'était toujours quelque chose. J'aurais voulu me voir suivi par le beau trou que j'avais fait avec tant de peine, mais c'était impossible : mon corps allait, mais mon âme restait là."
Giacomo Casanova, Histoire de ma fuite des Plombs, première partie, pp.89-90



dimanche, décembre 08, 2013

Face-à -face, corps à corps (2/3)




Pour sa grande exposition estivale 2013, 
la Fondation Maeght avait donné carte blanche au philosophe et écrivain Bernard -Henri Lévy
dans 
un cheminement en sept séquences pour comprendre  les  liens et  antagonismes  millénaires de la peinture et de la philosophie.

" Les aventures de la vérité
Peinture et philosophie: un récit"

Une centaine d'oeuvres anciennes et contemporaines dialoguent et se confrontent, 
issues de collections publiques, privées, françaises ou internationales et de celles  de la famille Maeght.



Piéta de Jan Fabre,
 Article et analyse ici




mercredi, décembre 19, 2012

La joie des hommes libres


Cette maxime figure en bonne place dans l'atelier de Georges Deschamps , et s'applique parfaitement à ce peintre, indépendant et chaleureux.


 
 Un joli patio, tout à fait inhabituel en Normandie  conserve la chaleur du soleil et abrite des vents ses hôtes
Sa maison  comprend bien sûr un atelier et dans son garage ont eu lieu quelques  expositions .
L'artiste aime créer pour ses tableaux des cadres assortis, aux formes inédites.

De son métier d'architecte en Savoie dans les années 70,avant de s'installer dans la Manche,   il a gardé le sens de la composition dans sa peinture solide et franche.



La joie explose dans ses couleurs vives- de l' acrylique sur un  fond travaillé  à l'huile - et l'artiste reconnaît volontiers  l'influence de Matisse, principalement dans ses nus.

Diverses maximes qu'il a  fait siennes ornent une porte.
Est-ce parce qu'"On doit toujours s'excuser de parler peinture", selon Paul Valéry que le peintre en parle très simplement ?

"L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible."
 D'innombrables dessins, croquis, ébauches sont conservés dans ses cartons et,un beau jour, après une lente maturation  et un déclic, ils deviennent une oeuvre.
Mystérieuse alchimie!

Georges Deschamps s'est aussi essayé à la mosaïque .
 Il présente avec malice 
un  caillou  à double face:


une  Vanité .


Terminons notre visite avec ce message  optimiste du critique d'art Elie Faure :
"Le Titien a fait ses plus plus belles toiles entre 60 et 98 ans"
Nul doute que cet artiste généreux  ait  encore de belles chances de se réaliser!

http://lesamisdesmusees-saint-lo.jimdo.com/http://lesamisdesmusees-saint-lo.jimdo.com/

Chaussemiche, quésaco?

A Hauteville -sur -mer, le mot " chaussemiche" désigne une petite maison de vacances  conçue par l'architecte  François -Benja...