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jeudi, août 15, 2013

Parcours historique minuté- Moulins (2)

Le quartier de la cathédrale


La cathédrale Notre-Dame mérite un détour :

- pour ses vitraux  qui mettent en scène des personnalités de la cour des Bourbons
-pour son triptyque du "Maître de Moulins". Cette dénomination anonyme correspond à des difficultés d'attribution: Jean Bourdichon ? Jean Perréal ? Jean  Prévost ? Ou Jean Hey, selon les dernières hypothèses.

 Il s'agit d'une peinture sur bois achevée vers 1498, qui tient à la fois de l'école flamande, par ses attitudes et de l'école florentine, pour le dessin des visages et des fronts.
Elle manifeste le rayonnement de la cour brillante à Moulins, où les artistes furent sollicités par Charles 1er, Jean II, Pierre II et Anne de France.



Ce chef-d'oeuvre se visite , sous la conduite d'un guide , toutes les demi-heures...
Hélas, c'était trop tard pour la dernière visite !
Il faudra se contenter de l'admirer  et d'en savoir plus sur ce site :





Le Pavillon dit d'Anne de Beaujeu (1462-1522)  est l'unique vestige de l'agrandissement du palais ducal , commandé par cette princesse -fille de Louis XI-vers 1495.
Style italianisant pour ce bâtiment composé d'une tour-porche et d'une galerie  percée de six arcades. Comme décoration, les initiales de Pierre et d'Anne de Beaujeu, et les emblèmes des Bourbons (ceinture  d'espérance, chardon, cerfs-volants)


De Juin 2013 à Janvier 2014, le  Musée Anne de Beaujeu présente   une exposition intitulée
 "Georges-Antoine Rochebrune, les Fastes de la Décadence"

"Elle entend rendre justice à l’originalité de l’artiste à travers plus d’une centaine d’œuvres de collections publiques (Musée d’Orsay, Mobilier national, Musée Fabre à Montpellier...) et privées et se propose de réexaminer la place de Rochegrosse, trop longtemps qualifié de «pompier fin-de-siècle», dans l’histoire de l’art." (Cf lien ci-dessus)



Georges-Antoine Rochegrosse, (1859-1938) peintre, décorateur et illustrateur,  était le beau-fils  du poète parnassien Théodore de Banville, qui lui dédia cette ballade:

La sottise partout fait rage.
Bienheureux qui s’est abstenu
D’ouïr maint et maint personnage
Dont l’esprit a pour revenu
Le banal et le convenu:
Que le Diable serre leurs gorges!
Puisque te voilà prévenu,
Souviens-toi bien de cela, Georges.
Si tu veux vivre en homme sage,
Lorsque l’âge sera venu,
Fuis l’oisif et son bavardage,
Le rêveur au cerveau cornu
Et l’imbécile parvenu;
Car tous ces gens-là font leurs orges
En pillant l’artiste ingénu.
Souviens-toi bien de cela, Georges.
Pour les filles au coeur volage
Qui s’en vont, le sein demi-nu,
Avec une fleur au corsage,
Fuis cette gent trotte-menu,
Car Amour, forgeron connu,
Pour leurs yeux martèle en ses forges
Plus d’un trait subtil et ténu.
Souviens-toi bien de cela, Georges.
Envoi.
Il faut les fuir au bois chenu
Des merles et des rouges-gorges,
Ou dans le travail continu:
Souviens-toi bien de cela, Georges.
Juillet 1869.





Pour terminer cette visite-éclair de Moulins,
voici une jolie fontaine , où les eaux  de l'Allier semblent personnifiées.

mardi, août 13, 2013

Parcours historique minuté- Moulins (1)

Selon le guide vert, la ville tire son nom des nombreux moulins installés, au X ème siècle sur les bords de l'Allier.

L'histoire de Moulins est marquée par l'illustre lignée des ducs de Bourbon, qui ,  au gré des alliances matrimoniales donnera huit rois à la France.



Au premier plan à droite de la rue menant au beffroi, nous remarquons une maison ancienne ,  "habitée par Jeanne d'Arc au cours de son passage" d'après la tradition locale.







Symbole des libertés communales de la ville, voici le beffroi.
  Surmonté anciennement d'une charpente en bois abritant cloches et automates, il fut brûlé en 1665, de nouveau incendié en 1946, remonté en 1947 grâce à une souscription publique.




Dans la famille Jacquemart, le père , en uniforme de brigadier, sonne les heures ("en trichant: à contretemps, depuis sa restauration",  nous a confié un guide), assisté de sa femme Jacquette.


Les enfants Jacquelin et Jacqueline, eux, ponctuent les demies et les quarts.


L'hôtel de Ville et le monument ancien de la  caisse d'Epargne donnent un air de respectabilité cossue à cette place.

Grâce à Thérèse, vous pourrez tout savoir sur l'historique et le style de ce bâtiment ...ici  




Né à  Moulins, en 1823,  le poète parnassien Théodore de Banville, (1823-1891)l' évoquait ainsi :

Bien souvent je revois sous mes paupières closes,
La nuit, mon vieux Moulins bâti de briques roses,
Les cours tout embaumés par la fleur du tilleul,
Ce vieux pont de granit bâti par mon aïeul,
Nos fontaines, les champs, les bois, les chères tombes,
Le ciel de mon enfance où volent des colombes,
Les larges tapis d'herbe où l'on m'a promené
Tout petit, la maison riante où je suis né
Et les chemins touffus, creusés comme des gorges,
Qui mènent si gaiement vers ma belle Font-Georges,
A qui mes souvenirs les plus doux sont liés.

Et son sorbier, son haut salon de peupliers,
Sa source au flot si froid par la mousse embellie
Où je m'en allais boire avec ma soeur Zélie,
Je les revois ; je vois les bons vieux vignerons
Et les abeilles d'or qui volaient sur nos fronts,
Le verger plein d'oiseaux, de chansons, de murmures,
Les pêchers de la vigne avec leurs pêches mûres,
Et j'entends près de nous monter sur le coteau
Les joyeux aboiements de mon chien Calisto !
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samedi, juin 15, 2013

Monument néo-classique


"Cariatides soeurs, des figures d'ivoire

Portent le monument qui monte à l'éther bleu,

Fier comme le témoin d'une immortelle histoire."


Enfoui dans la verdure et entouré de fleurs, ce monument aux lignes épurées, passe quasiment inaperçu,  tout comme  l'inscription qui orne sa partie inférieure:
"Il est des oeuvres et des pensées qui se  prolongent au-delà de la tombe"    A  Marigny, la rue Jacques Bainville, de l'Académie Française (1879-1936), et le square du même nom
perpétuent le souvenir d'un historien- presque oublié aujourd'hui - mais en son temps, figure majeure du paysage intellectuel français, monarchiste fervent, proche de Maurras et de l'Action française, sans  toutefois en épouser les idées antisémites.

Ne l'ayant pas lu, je résume ce que dit à son sujet l'article de  l'Académie française, dont il faisait partie.







      Agé de 22 ans, Jacques Bainville  s'est fait remarquer par une biographie de Louis II de Bavière.
Son ouvrage majeur , Les conséquences politiques de la paix,(1920) anticipe  tout ce qui conduira à la seconde guerre mondiale.
         En 1924, il publie une Histoire de France et en 1931, une étude sur Napoléon .

         Ayant épousé une normande, Jeanne Niobey, il passait ses étés dans sa propriété de Marigny et il y a élaboré la plupart de ses oeuvres  marquantes  à partir de 1912, ce qui explique la présence du
 monument à sa mémoire , légué par l'Académie française.
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                                                 J'avais initialement confondu son nom avec celui du poète Parnassien
Théodore de Banville, (1823-1891) auquel la sculpture antiquisante   me faisait penser, d'où les vers en exergue.)
                                                                  Si je n'ai rien lu de Bainville, il en va autrement de son presque homonyme, et tout compte fait, ce paisible square ombragé  à la  stèle   sobre et élégante se
 prête bien à la lecture des poèmes de Théodore de Banville.












Celui-ci  semble de saison


L'été

                                                                          Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.

Il brûle tout, hommes et choses,

Dans sa placide cruauté.



Il met le désir effronté

Sur les jeunes lèvres décloses ;

Il brille, le sauvage Été,

La poitrine pleine de roses.



Roi superbe, il plane irrité

Dans des splendeurs d'apothéoses

Sur les horizons grandioses ;
Fauve dans la blanche clarté,
Il brille, le sauvage Été.
.......
Celui -là, plus représentatif de l'art du Parnasse:

Il est dans l'île lointaine

Il est dans l'île lointaine
Où dort la péri,
Sur le bord d'une fontaine,
Un rosier fleuri

Qui s'orne toute l'année
Des plus belles fleurs.
Il est une coupe ornée
De mille couleurs,

Dont le sein de marbre voile
Les flots d'un doux vin.
Il est une blanche étoile
Au rayon divin,

Qui verse de blanches larmes
Au coeur des lys blancs.
Il est un seuil, plein de charmes
Pour mes pas tremblants,

Où je vais poser ma tête
Pour me reposer.
Il est un jardin en fête
Plus doux qu'un baiser,

Qui le soir, au clair de lune,
Tressaille embaumé,
C'est ton front, ta tresse brune,
Ta lèvre, ô Fatmé !
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samedi, juin 19, 2010

Sculpteur, cherche avec soin



Sculpteur, cherche avec soin, en attendant l'extase,
:
Un marbre sans défaut pour en faire un beau vase ;
/
Cherche longtemps sa forme et n'y retrace pas/
D'amours mystérieux ni de divins combats./
Pas d'Héraklès vainqueur du monstre de Némée,/
Ni de Cypris naissant sur la mer embaumée ;/
Pas de Titans vaincus dans leurs rebellions,/
Ni de riant Bacchos attelant les lions/
Avec un frein tressé de pampres et de vignes ;/
Pas de Léda jouant dans la troupe des cygnes/
Sous l'ombre des lauriers en fleurs, ni d'Artémis/
Surprise au sein des eaux dans sa blancheur de lys./
Qu'autour du vase pur, trop beau pour la Bacchante,/
La verveine mêlée à des feuilles d'acanthe/
Fleurisse, et que plus bas des vierges lentement/
S'avancent deux à deux, d'un pas sûr et charmant,
Les bras pendant le long de leurs tuniques droites/
Et les cheveux tressés sur leurs têtes étroites./
Théodore de Banville (1846, les Stalactites )
Qu'est-ce qui naîtra de ce bloc de marbre , de la précision, du soin de l'artiste?

Monet au fil de l'eau

                                                                         Nymphéas                                                           ...