Outre l'art aborigène, le château de Gratot offrait ses murs à deux artistes.
Pauline Bailly et ses femmes-nuages
Geneviève Verrier," textilienne"
Les Femmes nuages – Pauline Bailly
"Nimbophile et rêveuse, Pauline Bailly peint exclusivement des portraits de femmes parées d'un nuage sur la tête.
Ces Femmes-Nuages sont le lien entre le concret et les rêves, une ambiguïté entre deux mondes, à mi-chemin entre le surréalisme et l'impressionnisme. Les nuages sont la condensation des états d'âme, des vapeurs de rêves, des nuées mélancoliques, comme un voile de poésie enraciné au milieu de paysages, de décors terrestres ou célestes. Ces Femmes-Nuages sont des gardiennes de leur univers mais aussi de ceux des spectateurs, qui projettent leurs histoires et rêves. Le style de l’artiste, qualifié de surfiguration, n'est ni totalement surréaliste, ni impressionniste, mais plutôt une fusion unique où l'imaginaire embrume le réel. La peinture à l'huile permet d'atteindre transparence et finesse, reflétant la douceur des Femmes Nuages. Ces œuvres évoluent sur plusieurs mois, intégrant de nouvelles influences, et capturent les sentiments d'un moment de vie, au-delà de l'instant présent. La technique utilisée, avec des coups de pinceau fluides et des transitions de couleurs délicates, crée une impression de mouvement. Les nuages se mêlent aux coiffes des femmes, donnant l'illusion qu'elles se transforment et évoluent constamment, comme si le vent les portait à travers les toiles, ajoutant une dynamique vivante à chaque tableau !"
Art textile – Geneviève Verrier
"Geneviève Verrier, Textilienne, parle avec des fils, des points de broderie et des pigments sur des vieux draps. Les surfaces explorées évoquent la mémoire des lieux, les traces sur les murs et vous invitent aux souvenirs. La subtilité des couleurs révèle les émotions ressenties. L’aiguille glisse entre les fils de lin ou de coton et les points brodés relient passé et présent. Son travail se nourrit de la mémoire des murs : ressentir ces vibrations, ces appels, s’interroger devant des signes parfois abstraits pour témoigner. Elle arpente nos régions en quête de ces moments-là et une maison abandonnée, un mur qui laisse flotter des vieux rideaux, des papiers peints sont toujours l’expression d’un grand vide, d’un émoi. La psychologie de l’invisible nous parle de nous : ce qui nous touche, ce qui nous fait, ce qui nous habite. Faire revivre ces espaces vécus à l’aide de ses outils : pigments, fils, vieux draps et points de broderie main et machine, est une nécessité. Passionnée d’histoire, Geneviève Verrier conjugue au présent les savoir faire traditionnels pour susciter les créations de demain. La connaissance des traditions et la maîtrise de nouvelles techniques permettent de sauvegarder ce patrimoine qui trame notre existence : le textile. Dans son atelier, elle associe les éléments et travaille les impressions pour donner du sens à la matière."
Une très belle exposition s'est tenue cet été, du 5 juillet au 22 septembre. au château de Gratot.
La galerie "Le temps du rêve" , dirigée par Marc Yvonnou, présentait des oeuvres -certaines de très grand format-
des panneaux informatifs (Cliquez pour agrandir)
et une vidéo .
Art aborigène d’Australie – Collection
"La galerie Le Temps du Rêve L'art aborigène d'Australie trouve son origine dans un pays-continent aussi vaste que l'Europe, avec une histoire remontant à soixante-dix mille ans, selon de récentes recherches.
L’exposition met en lumière une région culturellement homogène située au centre de l'Australie, où le mouvement pictural aborigène a émergé en 1971, à Papunya. Cette communauté aborigène, composée de divers groupes linguistiques, a rapidement acquis une renommée mondiale, faisant basculer l'art tribal vers l'art contemporain.
Les œuvres aborigènes vont au-delà de la simple dimension artistique, incarnant les concepts fondamentaux du Rêve et du Temps du Rêve, essentiels pour les Aborigènes.
Selon leurs croyances, la terre, autrefois sans vie, a été façonnée par des Ancêtres créateurs dotés de pouvoirs extraordinaires. Ces êtres se sont manifestés sous des formes naturelles et ont donné vie aux plantes, aux animaux et aux humains, tout en transmettant aux hommes leurs langues, leurs lois et des objets sacrés et profanes.
Le Rêve est un espacetemps continu où passé, présent et futur coexistent, permettant aux Ancêtres de communiquer avec les vivants. Les traces de leurs actions, visibles dans la nature, imprègnent les œuvres aborigènes, qui reflètent ainsi une riche histoire spirituelle et culturelle, reliant profondément les Aborigènes à leur terre.
Chaque œuvre aborigène propose plusieurs niveaux d'interprétation, accessibles aux initiés. Elles racontent les histoires des Ancêtres, leurs célébrations et interactions avec le paysage, reflétant la vision personnelle de l'artiste. Les signes sacrés des rites ancestraux, visibles sur ces toiles, incarnent la spiritualité et l'art."
Crédits(c) Communiqué de presse Château de Gratot
"Transposées sur des supports durables, ces peintures symbolisent le mouvement à travers le temps et l'espace, illustrant le lien éternel entre les Aborigènes et leur monde spirituel.
Marc Yvonnou, directeur de la galerie Le Temps du Rêve et spécialiste depuis plus de 30 ans de l’art aborigène d’Australie est le commissaire de l’exposition."
« Nous sommes résolument pour une lecture peu schématique de l’art aborigène. Nous cherchons à partager ces histoires du « Dreamtime » en proposant des œuvres de grands initiés. Ces artistes ont non seulement transformé l’image que les gens se sont forgés des Aborigènes mais ont permis une reconnaissance internationale, un relais économique pour leur famille et une sauvegarde partielle de leur culture. Forts cette attache au monde sacré du Rêve, la liberté artistique est bien réelle et certains ont su bousculer les frontières, les conventions picturales et hissé l’art aborigène au plus haut niveau. »
L'abbaye de Daoulas, outre ses vestiges religieux, présente de l'intérêt pour ses jardins (plantes et arbres médicinaux).
Les expositions dans ces jardins et dans la propriété acquise en 1984 par le département du Finistère mettent en évidence la diversité naturelle et culturelle du monde.
"Autour de rares objets d'art africain du XIXe siècle, une série de toiles de Georges Braque, Albert Gleizes, Jean Metzinger, André Lhote ou Jacques Villon éclaire le cubisme des origines. Des prêts exceptionnels permettent entre autre d'admirer jusqu'à la fin de l'été 2017 Les Trois femmes sur fond rouge de Fernand Léger du musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne. Expression libre "
En héritage: l'influence de Paul Cézanne
"Cézanne m' appris à aimer les formes et les volumes, il m'a fait me concentrer sur le dessin"
a déclaré Fernand Léger, approfondissant ainsi la pensée du maître :"la nature est faite de cônes, de cylindres et de sphères"
L'artiste collectionneur Gaspare Manos a livré les clés de son processus créatif à 28 adhérents des amis des musées.
L'enfant qui jadis jouait avec les statuettes, les vases asiatiques collectés par ses parents diplomates en Thaïlande, puis en contact étroit avec la civilisation africaine s'émerveille aujourd'hui de voir ces simples objets entrer au musée.
Mi-abstrait, mi-figuratif, l'artiste a intégré dans son oeuvre les entailles de masques, les scarifications africaines, les glacis de poteries, devenus tableaux représentant ou évoquant
des feuillages d'ananas,
desdécors urbains , des sites vénitiens,
des coulures , destaches susceptibles d'inspirer d'autres créateurs.
Ce fut le cas pour une jeune couturière, à qui les taches fluides d'un de ses tableaux (ci-dessous à gauche) vont inspiré des motifs textiles en vue d'une collection de mode.
A l'inverse, la célèbre styliste Sonia Rykiel lui avait demandé de créer une manière de poupée vaudou, à partir de ses chutes ou échantillons de tissus.
Collectionner signifie pour Gaspare Manos engranger des objets, mais surtout souvenirs et émotions, dans un dialogue avec autrui pour échapper au temps qui passe et briser ainsi la solitude.
Admiratif des représentations du corps humain, sensible aux hasards déterminants (objectifs? aurait dit André Breton ...) aux rencontres - celle de Lucian Freud par exemple, qui l'a incité à peindre- il estime que "l'art est fait pour s'amuser."
Ses projets? Trouver un lieu adéquat pour ses collections, ses archives, constituer un catalogue raisonné de ses carnets de dessins.
Quatre mois après le vernissage de l'exposition, un retour sur images passionnant !