Troldhaugen
ce toponyme norvégien n'a rien à voir avec un quelconque "monde des Trolls", nous a sécifié notre guide
il signifie: "la colline merveilleuse, magique".
Les petites pastilles colorées collées sur la pancarte sont une trace des nombreux touristes venus visiter la maison du célèbre compositeur Edvard Grieg (1843-1907).
Conseillé par un ami, Edvard Grieg acheta un terrain sur une colline de Bergen, dans le quartier du
Paradis où il fit construire cette demeure, source d'inspiration pour bon nombre de ses oeuvres.
Il y vécut avec son épouse Nina -sa cousine du côté maternel- elle-même pianiste et cantatrice confirmée.
Les parents de Grieg s'étaient opposés à ce mariage, où d'ailleurs ils n'assistèrent pas. Le jeune ménage se réfugia à Oslo, donnant des cours de piano pour subsister.
Le couple passait l'été dans cette maison, mais préférait résider dans le Sud en hiver.
Les réceptions étaient nombreuses, les hôtes , généreux en bonne chère, en bons vins et en concerts.
Cependant, le musicien éprouvait le besoin de s'isoler dans une petite hutte pour composer.
Leur fille unique, Alexandra mourut à 13 mois d'une méningite- selon la version officielle, l'hypothèse de la consanguinité n'étant peut-être pas à écarter.
Nina survécut 20 ans à son époux, mort en1907 d'une maladie pulmonaire qu'il avait contractée à l'âge de 17 ans.
Ala mort de celle-ci, la maison du compositeur fut donnée à la ville.
Plusieurs portraits nous permettent de nous représenter le maître des lieux, dont une statue -à son image, de petite taille- orne l'entrée du musée, situé plus bas.
Ce tableau représentant des jeux d'enfants était cher au coeur de l'artiste.
Devant le piano, nous pouvons retracer le parcours artistique de
Grieg, favorisé par son environnement.
Sa famille était d'origine écossaise.
Son père, s'il dirigeait prosaïquement une entreprise dans le commerce du homard, jouait aussi dans un orchestre d'amateurs.
Sa mère, quant à elle, était une pianiste confirmée qui initia son fils à la musique.
Conseillé par un violoniste norvégien renommé, Olle Bulle, rencontré alors qu'il avait quinze ans, le jeune homme part en 1858
au conservatoire de Leipzig où il découvre les oeuvres de Schumann et de Wagner.
Pour son examen final en 1862, il crée sa première composition "Quatre pièces pour piano".
Il entame alors une brillante carrière, colorée progressivement par son intérêt pour la culture nordique et le folklore de sa région.
1862 : premier concert, dans sa ville natale
• 1867 : il fonde l’Académie norvégienne de musique
• 1870 : début de sa collaboration avec l’écrivain norvégien Bjornstjerne Bjornson
• 1872 : l’Etat lui verse une rente viagère, ce qui lui permet de se consacrer à la composition
• 1874 : début de sa collaboration avec le dramaturge norvégien Henrik Ibsen
Oeuvres marquantes:
• 1867-1901 : Soixante-six pièces lyriques (réparties en 10 recueils)
• 1868 : Concerto pour piano en la mineur (op. 16)
• 1875 : Peer Gynt, musique de scène de la pièce d’Henrik Ibsen ; en 1888 et 1891, deux suites orchestrales ont été arrangées par Grieg à partir de la musique initiale.
• 1884 : Suite pour cordes du temps de Holberg (op. 40)
• 1896 : Quatre danses symphoniques pour piano à 4 mains(op. 64)
• 1898 : Danses symphoniques, arrangement pour orchestre (op. 64)
Le vitrail décoratif où s'épanouit une rose rouge est un hommage amoureux d'Edvard Grieg à son épouse, dont nous apercevons un portrait un peu plus haut.
Complétons notre visite avec, en contrebas, le musée et la salle de concert (constructions modernes), afin de mieux apprécier ce compositeur, surnommé le "Chopin du Nord", un grand nom de la musique romantique, mais dont les recherches annoncent le courant impressionniste et les harmonies de Claude Debussy.