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jeudi, juillet 21, 2016

Au pays des Trolls




Excursion le long de la rivière de la Rauma:
Mont Romsdalshorn, Mont Trolltindane,

halte au mur des Trolls, la plus haute paroi montagneuse verticale d'Europe (1000 mètres).





Sont-ils bons? sont-ils méchants?


Les trolls sont d'affreux personnages inhérents au folklore norvégien, qui hantaient fjords, lacs et cascades,  considérés comme méchants jusqu'au XIX ème siècle, en fait, créés pour éloigner les enfants des dangers de l'eau à l'instar des Goubelins normands.

Ah ! coum' disait ma grand mère
Es servant'  de nous vaîsins,
Qui giblaient  en r'venant d' traire :
Déf'ious , déf'ious des goublins
Qui rôdent l' sai  dans les q'mins,
Déf'ious, déf'ious des goublins
Qui rôdent l' sai dans les q'mins.
Goubelins que les Anglais traduiront par  "goblins", les Alemands par "Kobolds"
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Touchés par la lumière,les trolls deviennent des pierres.

Par la suite,  ils furent considérés comme malicieux, bougons  mais plutôt  bienveillants,  pourvu qu'on ne les importune pas, car ils sont très susceptibles.

Ils ont un équivalent féminin, Huldra, une femme très belle qui vit dans la montagne , chante  et danse pour attirer et noyer  les hommes.
 Les malheureux ne voient qu'au moment fatal la queue de vache dont elles sont affublées!











jeudi, avril 07, 2016

Ca coule de source (2)

Poursuivons notre promenade, de Guyancourt aux sources de la Bièvre,
 en une autre compagnie  cette fois - avant de retrouver Cergie,  dans le billet suivant .

La rivière  Bièvre tire son nom d'un mot gaulois, brebos , signifiant castor, qui donna en Anglais beaver.
Sans aller si loin, on se souvient que le patronyme Beauvoir (même étymologie) porté par l'auteur du deuxième sexe, était à l'origine du surnom que Jean-Paul Sartre donnait à Simone: le castor, en raison de sa ténacité face au travail intellectuel.
Après cette parenthèse littéraire, revenons, non pas à nos moutons,  mais  à notre vallée .

Donc "la rivière, jadis peuplée de castors, prend sa source au hameau de Bouviers, à Guyancourt, traverse la vallée sur 15 km avant de bifurquer vers le nord. Canalisée et enterrée à partir d'Antony, c'est le seul affluent de la Seine à Paris. "
(Source: Le guide vert, Ile de France, Michelin, mars 2000).

Le voyageur qui  remonterait  la Bièvre vers St Quentin-en -Yvelines sur la route de Jouy,  remarquerait l'acqueduc de Buc , construit en 1684 pour amener aux bassins de Versailles les eaux du plateau de Saclay.


Les étangs du Val et du Moulin-Renard , précise le  guide, ont été aménagés pour la pêche et la voile, des chemins permettent d'en faire le tour (baignade et canotage interdits) 
Entre la Minière et le Buc, l'étang de la Geneste est réservé à la pêche.



Dès le XV ème siècle, les eaux de la Bièvre servirent  à alimenter les manufactures  des tapissiers. 




Preuve en est la  fontaine restaurée 
des Gobelins  au nom prestigieux, sur le plan artistique, et fantastique pour son  l'étymologie.

Les Normands reconnaîtront leurs "Goubelins",  lutins espiègles, parfois méchants, selon les grands-mères qui mettaient en garde leurs petits-enfants contre leur malice .

Ah ! coum' disait ma grand mère
Es servant'  de nous vaîsins,
Qui giblaient  en r'venant d' traire :
Déf'ious , déf'ious des goublins
Qui rôdent l' sai  dans les q'mins,
Déf'ious, déf'ious des goublins
Qui rôdent l' sai dans les q'mins.
Goubelins que les Anglais traduiront par  "goblins"
et les allemands par 'kobold



Le jour de cette promenade, point de goubelins, point de castors, 
mais de gentils lutins dont les petites jambes ont parcouru  vaillamment une bonne douzaine de kilomètres .


Tout est bon pour inciter à la marche, sans rechigner:



chansons traditionnelles, revues et allongées  - combien de km à pied?
Qu'est -ce qui rime avec "souliers" ?
comptines
inventions verbales


 haltes pour admirer les animaux et le paysage








S'amuser à voir des formes animales dans les éléments de la nature. (Ou paréidolie , du grec ancien para , à côté de , et eidolôn, diminutif d'eidos, apparence, forme )

Voyez-vous autre chose qu'un bloc de terre raviné ?


La vallée de la Bièvre recèle également des trésors artistiques et des  souvenirs littéraires.

Le  guide vert nous apprend que le moulin de Vauboyen -datant des 16 ème et 17 ème siècle- fut  acheté par l'éditeur d'art Pierre de Tartas qui le transforma en galerie d'art contemporain et centre artistique.

A Bièvres encore le château des Roches, appartenant à Bertin l'aîné, directeur du Journal des débats, réunit de nombreux artistes et écrivains: Chateaubriand, Ingres, Rossin, Berlioz, et surtout Victor Hugo...
Mais ceci est une autre histoire, et , qui sait ? le sujet d'une autre balade.
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Retour à Saint-Quentin -en-Yvelines avec cette oeuvre bucolique de Denis Mondineu dans le cadre urbain de la rue Le Nôtre:
la pêche au bord de la Bièvre






(A suivre)

vendredi, décembre 19, 2014

Au pays des Goubelins

Robert Lerouvillois ,  lauréat du 51 ème Prix littéraire du Cotentin, pour l'ensemble de son oeuvre a reçu sa récompense au château de Flamanville,sur la terre de ses ancêtres, dans un décor que le maire,Patrick Fauchon a présenté comme un patrimoine commun à tous, depuis  son achat par la commune en 1986.




Dans son discours, Patrice Pillet, conseiller général responsable de la culture a souligné ce qui relie Robert Lerouvillois, lauréat 2014 , Didier Decoin (Avec vue sur la mer, 2005), Eric Marie (2012, Dictionnaire normand-Français) et François David( 2014, Oeuvre poétique):
la capacité "à regarder et sentir la substance de notre terre d'Ichin".

Il  lui sait gré d'unir chroniques familiales, petite histoire et grande histoire ,  tout comme Gilles de Gouberville et d'allier sens  du détail et  sens du fantastique.

"Les images  étranges et saisissantes de l' oeuvre photographique, Immuables rochers de Flamanville, gardiens de mémoire
font penser  des goubelins sylvestres pétrifiés "rappellent la poésie de Côtis Capel. et illustrent cette pensée de Jean Rostand:

« En nous dévoilant ainsi une infranature insoupçonnée, on nous donne de nouveaux prétextes à regarder autour de nous, on augmente nos raisons d’estimer notre terre, on nous rattache à la planète par d’innombrables fils de beauté. Et aussi, quelle leçon de sagesse !
Il est toujours salutaire de rappeler à l’homme l’ubiquité de l’essentiel. »



Le président du Prix littéraire du Cotentin, Jean Levallois a , quant à lui , retracé le parcours familial, professionnel et politique du lauréat , sans escamoter la aléas de la maladie et de la souffrance.

Dans ses origines- père secrétaire de mairie militant , mère couturière avec des talents de peintre-il a lu la trame des deux derniers ouvrages qui ont compté pour l'attribution du prix,  Aux premières loges , un écolier du Cotentin dans la seconde guerre mondiale, et Immuables rochers de Flamanville.

Les titres savoureux de ses Chroniques de L'Astrolabe (Chante grenouille, Cherbourg n'est pas à conquerre, Jambe de bois) traduisent un bouillonnement de vie, la vie qu'un regard d'archéologue scrute et fait émerger de simples cailloux.
Il  était donc juste  que , pour l'anniversaire de la création du prix  littéraire du Cotentin par Pierre Godefroy
soit couronné un auteur attaché à ses racines , à  la mémoire  individuelle et collective.


Très ému, Robert Lerouvillois  a d'abord remercié les membres du jury , le Conseil général et le maire de Flamanville  pour avoir choisi, comme lieu de réception , la terre de ses ancêtres 
et cette demeure   qu'il sent peuplée  de" fantômes bienveillants ", depuis l'été 1959 où, étudiant en Lettres classiques,  il avait été autorisé par M. Rostand à consulter le Littré dans la bibliothèque du château. 

Même sentiment d'étrangeté en découvrant, dans l'ancienne mine de Diélette à  150 en -dessous du niveau de la mer, l'océan au-dessus des visiteurs, mais il est vrai qu'"à Flamanville , il ne faut s'étonner de rien" 
Est-ce un hasard si la remise de son prix , le 21 novembre 2014 coïncide avec la naissance de Jean-Marie Arouet, le 21 novembre 1694 alias Voltaire ?


Car notre auteur se réclame de Voltaire,pour  son horreur de l'injustice et pour son rationalisme.
Ainsi souligne -t-il avec malice les divergences entre le curé et l'instituteur à propos de la légende de saint-Germain tuant le dragon dans le trou  Baligan: fadaises pour l'un, fait véridique pour l'autre.

A propos du château lui-même, certaines "dieries" (comme l'écrivait Barbey d'Aurevilly) méritent d'être revues et rectifiées:
-Au XIXème siècle,  l'appellation fallacieuse  d"orangerie", alors qu'aucun oranger n'aurait pu supporter l'orientation au  nord de cette salle  où nous nous tenons,construite de 1730 à 1740  et dont le vrai nom était "la grande galerie pavée de marbre"



-Les deux tours crénelées , faisant de l'édifice "un vrai château du moyen-Age"alors qu'elles sont une création du XIX , à la manière de Viollet-Le-duc.
-Et cette  vieille tour  Jean-Jacques soi-disant  construite pour répondre au voeu du philosophe "de se retirer à Flamanville"...et qui date du XVIIème siècle!




S'il se réclame de l'esprit voltairien ,Robert Lerouvillois cultive aussi le goût du hasard objectif, cher aux surréalistes, comme l'ont révélé plusieurs anecdotes. Citons  cette rencontre récente, au salon du livre des Pieux, avec la fille d'un  professeur de Langues anciennes au lycée Condorcet , professeur qui l'avait incité à suivre cette voie.
Comme  ses livres, son discours marche  à sauts et à gambades, pour paraphraser Montaigne, promenant le public de l'univers des romans de Jules Verne découverts dans la bibliothèque scolaire, au  parc Emmanuel Liais -dont il a été conservateur- de l'Odyssée  (Chant VII) au musée Thomas Henri, devant un tableau de J.F.Millet; des paysages de Lucien Goubert , peintre ami de ses parents aux falaises de Flamanville et à ses rêveries devant les îles.


Ce très beau discours de remerciement a eu un écho très fort dans le public,  reconnaissant l'authenticité de   l'hommage rendu par " l'enfant du pays " à ses parents, ses maîtres et ses racines.


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"J'aime l'allure poétique, à sauts et à gambades ", écrit Montaigne

"Cette farcissure  est un peu hors de mon thème. Je m'égare, mais plutôt par licence que par mégarde . Mes fantaisies se suivent, mais parfois c'est de loin, et se regardent, mais d'une vue oblique. J'ai passé les yeux sur tel dialogue de Platon mi parti d'une fantastique bigarrure, le devant à l'amour, tout le bas à la rhétorique. Ils  ne craignent point ces muances, et ont une merveilleuse grâce à se laisser ainsi rouler au vent, ou à le sembler. Les noms de mes chapitres n'en embrassent pas toujours la matière ; souvent ils la dénotent seulement par quelque marque, comme ces autres titres : l'Andrie, l'Eunuque, ou ces autres noms : Scylla, Cicéron, Torquatus. J'aime l'allure poétique, à sauts et à gambades . C'est un art, comme dit Platon , léger, volage, démoniaque. Il est des ouvrages en Plutarque où il oublie son thème, où le propos de son argument ne se trouve que par incident, tout étouffé en matière étrangère : voyez ses allures au Démon de Socrate. Ô Dieu, que ces gaillardes escapades, que cette variation a de beauté, et plus lors que plus elle retire au nonchalant et fortuit. C'est l'indiligent lecteur qui perd mon sujet, non pas moi ; il s'en trouvera toujours en un coin quelque mot qui ne laisse pas d'être bastant, quoiqu'il soit serré. Je vais au change, indiscrètement et tumultueusement. Mon style et mon esprit vont vagabondant de même. Il faut avoir un peu de folie qui ne veut avoir plus de sottise, disent les préceptes de nos maîtres et encore plus leurs exemples.
Montaigne, Essais, (III, 9) « De la vanité », 1580.

Parenthèse citadine

CLOU à l'emblème de Saint-Lô                            En écho à un billet de Josette, qui a photographié un joli clou à Orléans .