Une petite halte, au cours d'un voyage, et voilà une jolie une découverte patrimoniale:
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dimanche, juillet 09, 2017
lundi, novembre 14, 2016
Pas à pas vers le mystère
Continuons notre balade sur les pas de Pierre-Jakez Hélias, (1914-1995) dans le village de Pouldreuzic, qu'il évoque dans Le Cheval d'orgueil, paru en 1975.
Les 17 panneaux-stations du circuit de randonnée ont comme préliminaire, dans le bourg,
sa maison natale
Rivalités dans le bourg
Par les chemins creux
Le lavoir
L'Ankou
...et dans l'église de Plozévet
(Ce deuxième billet est dédié à Marguerite-Marie)
- Anatole LE BRAZ (1859-1926)
Au lavoir de Keranglaz
L'étang mire des fronts de jeunes lavandières.
Les langues vont jasant au rythme des battoirs,
Et, sur les coteaux gris, étoilés de bruyères,
Le linge blanc s'empourpre à la rougeur des soirs.
Au loin, fument des toits, sous les vertes ramées,
Et, droites, dans le ciel, s'élèvent les fumées.
Tout proche est le manoir de Keranglaz, vêtu
D'ardoise, tel qu'un preux en sa cotte de maille,
Et des logis de pauvre, aux coiffures de paille,
Se prosternent autour de son pignon pointu.
Or, par les sentiers, vient une fille, si svelte
Qu'une tige de blé la prendrait pour sa soeur ;
C'est la dernière enfant d'un patriarche celte,
Et sa beauté pensive est faite de douceur.
Elle descend, du pas étrange des statues,
Et, soudain, au lavoir, les langues se sont tues.
L'eau même qui susurre au penchant du chemin
Se tait, sous ses pieds nus qui se heurtent aux pierres,
On voit courir des pleurs au long de ses paupières,
Et sa quenouille pend, inerte, de sa main...
L'étang mire, joyeux, des fronts de lavandières,
Et sait pourtant quel deuil ils porteront demain !...
Les langues vont jasant au rythme des battoirs,
Et, sur les coteaux gris, étoilés de bruyères,
Le linge blanc s'empourpre à la rougeur des soirs.
Au loin, fument des toits, sous les vertes ramées,
Et, droites, dans le ciel, s'élèvent les fumées.
Tout proche est le manoir de Keranglaz, vêtu
D'ardoise, tel qu'un preux en sa cotte de maille,
Et des logis de pauvre, aux coiffures de paille,
Se prosternent autour de son pignon pointu.
Or, par les sentiers, vient une fille, si svelte
Qu'une tige de blé la prendrait pour sa soeur ;
C'est la dernière enfant d'un patriarche celte,
Et sa beauté pensive est faite de douceur.
Elle descend, du pas étrange des statues,
Et, soudain, au lavoir, les langues se sont tues.
L'eau même qui susurre au penchant du chemin
Se tait, sous ses pieds nus qui se heurtent aux pierres,
On voit courir des pleurs au long de ses paupières,
Et sa quenouille pend, inerte, de sa main...
L'étang mire, joyeux, des fronts de lavandières,
Et sait pourtant quel deuil ils porteront demain !...
mardi, août 10, 2010
Au lavoir
Apparemment banal, il est très célèbre, une véritable vedette en son genre!

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Autres histoires de lavoirs, sur le blog de Claude et de Cergie:
ici ,
et là
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Jean des Tilles
- " Ma bague ! ma bague ! " - Et le cri de la lavandière
effraya dans la souche d'un saule un rat qui filait sa
quenouille.
Encore un tour de Jean des Tilles, l'ondin malicieux et
espiègle qui ruisselle, se plaint et rit sous les coups
redoublés du battoir !
Comme s'il ne lui suffisait pas de cueillir, aux épais
massifs de la rive les nèfles mûres qu'il noie dans le
courant.
- " Jean le voleur ! Jean qui pêche et qui sera pêché !
Petit Jean friture que j'ensevelirai, blanc d'un linceul
de farine, dans l'huile enflammée de la poêle ! "
Mais alors des corbeaux qui se balançaient à la verte
flèche des peupliers, croassèrent dans le ciel moite et
pluvieux.
Et les lavandières, troussées comme des piqueurs d'ablettes,
enjambèrent le gué jonché de cailloux, d'écume, d'herbes
et de glaïeuls.
Aloysius Bertrand (1807-1841)
samedi, octobre 31, 2009
dimanche, septembre 23, 2007
Blanchelande
1852- L'Ensorcelée
'Chapitre II- Un voyageur- dans lequel on pourra reconnaître l'auteur, en quête des récits , traditions et légendes du Cotentin- traverse l'inquiétante lande de Lessay sous la conduite de maître Louis Tainnebouy (dont le nom rappelle celui d'un des fermiers du père de Barbey: Dennebouy).
"Il y avait à peu près une heure que nous chevauchions dans la lande, et le brouillard avait fini par nous envelopper complètement de son réseau diaphane.La lune filtrait dans la vapeur une lumière pâle et incertaine " (p.57, GF)
Tout à coup , la Blanche, jument de Maître Tainnebouy trébucha et se mit à boiter, accident attribué à un sort jeté par l'un "de ces bergers errants qui se taisent sur leurs origines , et qui se louent pour un mois ou deux dans les fermes , tantôt plus, tantôt moins "Contraints à une halte, le voyageur et son guide sont amenés à évoquer la guerre des chouans , le fameux Des Touches , le combat de la Fosse , près de Saint-Lô , l'intrépide Bras-de-Violon dont maître Tainnebouy est le neveu . Or, au dernier coup de minuit résonnent les neuf coups d'une cloche de mauvais présage :
-" C'est la cloche de Blanchelande qui sonne la messe de l'abbé de la Croix-Jugan (...) Une messe des morts sans répons et sans assistance , une terrible et horrible messe, si ce qu'on en rapporte est vrai ".
Ainsi se mettent en place dans ce roman la structure narrative des récits emboités, chère à Barbey , la nostalgie d'une époque révolue ( la chouannerie), le personnage et la messe de l'abbé de la Croix -Jugan (titre initial) et le thème ambigu de la sorcellerie .
En 1849, Barbey envisage de créer un ensemble romanesque- qui s'intitulerait Ouest sur
la Normandie à l'époque de la Chouannerie . Pour ce faire, il demande à Trébutien de chercher dans Gerville, Caumont, Cassini, des informations sur l'abbaye de Blanchelande, la lande et l'abbaye de Lessay, La Haye -du- Puits, de même que sur "Les récits, les traditions domestiques, les choses qu'on se raconte de génération en génération , les commérages, tout ce qui peut bien ne pas avoir l'exactitude bête du fait brut , mais qui a la grande vérité humaine d'imagination, le sentiment de la réalité de moeurs et d'histoire "
Négligeant "l'exactitude bête du fait brut", Barbey combine donc réalité, fiction, souvenirs et poésie, notamment dans la peinture des lieux du roman : c'est le cas le vieux presbytère, mais aussi "de la terrible lande de Lessay dont j'ai tant entendu parler dans mon enfance" qu'il recompose à partir de la lande de Mortefemme, à Vindefontaine.3-La butte des bergers à Vindefontaine (L'ensorcelée)
" Le Hardouey y atteignait un de ces replis de terrain que j'avais, si je me rappelle, remarqués dans ma traversée avec Louis Tainnebouy, et il avisa, très bien cachés par ce mouvement du sol, comme une barque est cachée par une houle, trois mauvaises mines d'hommes couchéscomme des reptiles " .
L'un d'eux- "le pâtre rencontré par Jeanne sous la porte du vieux presbytère " lui montre, dans un miroir, Jeanne et l'abbé de la Croix-Jugan en train de tourner-horrible spectacle- un coeur à la broche !
GF p.173, p.179)
-"Vère, c'est un coeur qu'ils cuisent, fit le pâtre , et ch'est levôtre, maître Thomas le Hardouey !"
2-l'abbaye de Blanchelande -
Cette photo, prise au crépuscule, n'évoque-t-elle pas le lavoir d'où le maléfique berger retire la coiffe de Jeanne Le Hardouey et "supe" "l'ieau de mort" ?
"Et de fait, le lavoir, encaissé , encaissé par un côté dans l'herbe, étincelait sous de beaux reflets d'agate, sous le ciel d'opale d'une aube d'été. Sa surface lisse et pure n'avait ni une ride , ni une tache, ni une vapeur. Quant à l'autre côté du lavoir, comme l'eau de pluie qui le formait n'était pas contenue par un bassin pavé à cet effet, elle allait se perdre dans une espèce de grand fossé couvert de joncs, de cresson et de nénuphars"(G.F. p.189)

1- l'entrée de l'abbaye
"Plus tard, j'ai voulu me justifier ma croyance, par une suite des habitudes et des manies de ce triste temps, et je revins vivre quelques mois dans les environs de Blanchelande. J'étais déterminé à passer une nuit aux trous du portail, comme Pierre Cloud, le forgeron, et à voir de mes yeux ce qu'il avait vu .Mais comme les époques étaient fort irrégulières et distantes auxquelles sonnaient les neuf coups de la messe de l'abbé de la Croix-Jugan, quoiqu'on les entendît retentir parfois encore, me dirent les anciens du pays , mes affaires m'ayant obligé à quitter la contrée, je ne pus jamais réaliser mon projet ."(G.F.p.250)
'Chapitre II- Un voyageur- dans lequel on pourra reconnaître l'auteur, en quête des récits , traditions et légendes du Cotentin- traverse l'inquiétante lande de Lessay sous la conduite de maître Louis Tainnebouy (dont le nom rappelle celui d'un des fermiers du père de Barbey: Dennebouy).
"Il y avait à peu près une heure que nous chevauchions dans la lande, et le brouillard avait fini par nous envelopper complètement de son réseau diaphane.La lune filtrait dans la vapeur une lumière pâle et incertaine " (p.57, GF)
Tout à coup , la Blanche, jument de Maître Tainnebouy trébucha et se mit à boiter, accident attribué à un sort jeté par l'un "de ces bergers errants qui se taisent sur leurs origines , et qui se louent pour un mois ou deux dans les fermes , tantôt plus, tantôt moins "Contraints à une halte, le voyageur et son guide sont amenés à évoquer la guerre des chouans , le fameux Des Touches , le combat de la Fosse , près de Saint-Lô , l'intrépide Bras-de-Violon dont maître Tainnebouy est le neveu . Or, au dernier coup de minuit résonnent les neuf coups d'une cloche de mauvais présage :
-" C'est la cloche de Blanchelande qui sonne la messe de l'abbé de la Croix-Jugan (...) Une messe des morts sans répons et sans assistance , une terrible et horrible messe, si ce qu'on en rapporte est vrai ".
Ainsi se mettent en place dans ce roman la structure narrative des récits emboités, chère à Barbey , la nostalgie d'une époque révolue ( la chouannerie), le personnage et la messe de l'abbé de la Croix -Jugan (titre initial) et le thème ambigu de la sorcellerie .
En 1849, Barbey envisage de créer un ensemble romanesque- qui s'intitulerait Ouest sur
la Normandie à l'époque de la Chouannerie . Pour ce faire, il demande à Trébutien de chercher dans Gerville, Caumont, Cassini, des informations sur l'abbaye de Blanchelande, la lande et l'abbaye de Lessay, La Haye -du- Puits, de même que sur "Les récits, les traditions domestiques, les choses qu'on se raconte de génération en génération , les commérages, tout ce qui peut bien ne pas avoir l'exactitude bête du fait brut , mais qui a la grande vérité humaine d'imagination, le sentiment de la réalité de moeurs et d'histoire "
Négligeant "l'exactitude bête du fait brut", Barbey combine donc réalité, fiction, souvenirs et poésie, notamment dans la peinture des lieux du roman : c'est le cas le vieux presbytère, mais aussi "de la terrible lande de Lessay dont j'ai tant entendu parler dans mon enfance" qu'il recompose à partir de la lande de Mortefemme, à Vindefontaine.3-La butte des bergers à Vindefontaine (L'ensorcelée)
" Le Hardouey y atteignait un de ces replis de terrain que j'avais, si je me rappelle, remarqués dans ma traversée avec Louis Tainnebouy, et il avisa, très bien cachés par ce mouvement du sol, comme une barque est cachée par une houle, trois mauvaises mines d'hommes couchéscomme des reptiles " .
L'un d'eux- "le pâtre rencontré par Jeanne sous la porte du vieux presbytère " lui montre, dans un miroir, Jeanne et l'abbé de la Croix-Jugan en train de tourner-horrible spectacle- un coeur à la broche !
GF p.173, p.179)
-"Vère, c'est un coeur qu'ils cuisent, fit le pâtre , et ch'est levôtre, maître Thomas le Hardouey !"

2-l'abbaye de Blanchelande -
Cette photo, prise au crépuscule, n'évoque-t-elle pas le lavoir d'où le maléfique berger retire la coiffe de Jeanne Le Hardouey et "supe" "l'ieau de mort" ?
"Et de fait, le lavoir, encaissé , encaissé par un côté dans l'herbe, étincelait sous de beaux reflets d'agate, sous le ciel d'opale d'une aube d'été. Sa surface lisse et pure n'avait ni une ride , ni une tache, ni une vapeur. Quant à l'autre côté du lavoir, comme l'eau de pluie qui le formait n'était pas contenue par un bassin pavé à cet effet, elle allait se perdre dans une espèce de grand fossé couvert de joncs, de cresson et de nénuphars"(G.F. p.189)
1- l'entrée de l'abbaye
"Plus tard, j'ai voulu me justifier ma croyance, par une suite des habitudes et des manies de ce triste temps, et je revins vivre quelques mois dans les environs de Blanchelande. J'étais déterminé à passer une nuit aux trous du portail, comme Pierre Cloud, le forgeron, et à voir de mes yeux ce qu'il avait vu .Mais comme les époques étaient fort irrégulières et distantes auxquelles sonnaient les neuf coups de la messe de l'abbé de la Croix-Jugan, quoiqu'on les entendît retentir parfois encore, me dirent les anciens du pays , mes affaires m'ayant obligé à quitter la contrée, je ne pus jamais réaliser mon projet ."(G.F.p.250)
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