La commune de
Gréville s'enorgueillit d'avoir vu naître
Jean-François Millet le 4 octobre 1814 au Hameau Gruchy,premier enfant d' une famille de *"
paysans aux solides traditions chrétiennes , et que leur éducation mettait au-dessus du vulgaire".
Son père, laboureur de son état , qui avait lui-même des dons artistiques, sut déceler ceux de son fils dont il montra deux dessins au peintre cherbourgeois Bon Mouchel dit Dumouchel ,ancien élève de David .Le jeune homme , âgé de 18 ans , put alors s'adonner à la pratique artistique et revenir travailler aux champs. L'année 1835 fut décisive pour lui, avec la possibilité d'exécuter des copies au musée Thomas Henry , nouvellement ouvert au public, tandis que la mort de son père le 29 novembre le désignait comme successeur de la ferme familiale . Sa vocation l'emporta et il continua son parcours à l'Ecole de Langlois de Chevreville (Ancien élève de Gros). Ami de Félix Feuardent, commis de librairie, il lut Shakespeare, Byron, Goethe, Virgile -et bien sûr la Bible . Il n'avait donc rien de l'être frustre que certains ont voulu voir en lui.
Jean-François Millet fut d'abord portraitiste, pendant les 10 premières années de sa carrière, art qu'il pratiqua lors d'un premier séjour à Paris, délaissant les leçons du maître cherbourgeois Delaroche pour la fréquentation des musées du Louvre et du Luxembourg.
Parti pour la capitale en 1837, le peintre garda cependant le contact avec Cherbourg, prenant pour modèles amis et membres de sa famille. En 1841, il épouse la fille d'un tailleur de la ville, Marguerite Ono dont il fait de magnifiques tableaux - le legs Ono sera l'un des fleurons du musée Thomas Henri- mais la fragile jeune femme, usée par les privations du ménage à Paris, mourra de phtisie en 1844.
Revenu quelque temps à Cherbourg, J. F. Millet s'en éloignera à partir de 1845, ayant pris pour compagne une servante d'auberge d'origine bretonne, Catherine Lemaire, qui n'aurait pu être acceptée ni dans sa famille ni dans son ex belle-famille . Le peintre partira pour Le Havre puis -pour diverses raisons- s'installera à
Barbizon , avec le destin artistique que l'on connaît, de 1849 à 1875 .
Les séjours à Gruchy seront alors aléatoires, au gré des événements politiques (1870-1871) et familiaux.
( sur ce sujet, articles personnels
ici)
A l'occasion de la mort de sa mère, J.F.Millet revient à Gréville au printemps de 1853.
Ayant épousé civilement Catherine Lemaire, il revient au logis de Gruchy avec sa famille de fin juin à septembre 1854, y réalise des tableaux et environ 60 dessins et esquisses. Il prend pour modèle sa soeur
Emélie filant à son rouet .(Huile sur panneau, musée de Boston ,
ici); il fait deux dessins rehaussés de pastels de sa maison natale et des dépendances connues sous le nom de "
la maison au puits", vues depuis son enfance à partir des fenêtres et de la porte du logis familial . C'est un motif récurrent dans son oeuvre, non seulement naturaliste mais symbolique, aux forts accents religieux .
Les avatars de la maison natale:
Cette maison reconstruite plutôt que restaurée par le Conseil général de la Manche a connu de longues périodes d'abandon.
L'aîné parti assurer sa vocation de peintre, et le père disparu, la maison est habitée par la mère (Marie-Henriette Adélaïde, née Henry) et la grand-mère(Louise Jumelin ), puis passée entre les mains du frère, Jean-Louis, d'abord engagé dans la marine à 16 ans, puis revenu à contre-coeur cultiver la terre en 1847 .Ce dernier , à la mort de leur mère, en 1853, recevra de l'aîné la jouissance de sa part sur les champs et les immeubles . En 1867 , J.F; Millet, dans une lettre à Jean-Louis se désole de l'état de leur maison natale"qui finit par être seule et délabrée"constaté l'année précédente, lors de son séjour avec son épouse -ils résidaient au Hameau Lefèvre-En 1870, ayant fui l'avance de Prussiens à Paris, Jean-François décide de vendre la maison, pour la somme de 200 francs, à son frère Auguste, menuisier ébéniste à Cherbourg .L'acte de vente sera signé un an plus tard .
Léguée par Auguste au fils de son frère Jean-Baptiste, la maison selon Etienne Moreau-Nélaton "pâtissait d'une lamentable profanation", (1914) puis hébergea "un américain maniant la palette qui, exploitant la renommée de Millet (... .) avait ouvert une école de peinture pour dames et demoiselles de son pays "
Pendant la dernière guerre, devenue propriété d'un Arménien, établi aux Etats -Unis, qui, pour cette raison la négligeait, elle reçut un obus d'un char Sherman, les dégâts n'auraient pas été irréversibles s'il y avait eu quelqu'un pour s'en aviser et réparer, mais battue par les pluies des années durant, la maison finit par s'écrouler, pitoyable tas de ruines provoquant la stupeur des touristes américains et japonais chez qui, ont le sait, millet est fort coté.
Après d'autres épisodes, c'est donc une reconstruction qu'effectua le Conseil général de la Manche en 1992 la Commission Régionale du Patrimoine ayant de son côté décidé de préserver la "maison au puits"
L'aménagement intérieur et le mobilier visent à restituer le cadre de vie du célèbre peintre de l'Ecole de
Barbizon , dans sa jeunesse, tout en évoquant, par des objets typiques du monde
paysan , certaines de ses oeuvres .
La kanne de lait ( H/T Musée d'Orsay, Paris)
Le rouet
Emélie Millet à son rouet (Musée de Boston)
le vaisselier
Source: * Jean-François Millet chez lui , par Pierre Leberruyer, Edition Manche-Tourisme
Illustrations (ibidem)
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Et un dernier commentaire, tiré du même ouvrage:, à propos de la prononciation du *nom de J.F. Millet
"La tradition familiale est formelle sur ce point: :on doit éviter de mouiller les 2 l du patronyme,comme le font les speakers et commentateurs parisiens.
les registres de catholicité et les actes d'état civil n'orthographient souvent le nom qu'avec un seul l, selon la prononciation usuelle en Cotentin.
Il faut donc écrire Millet, mais dire Milet."
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