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lundi, février 16, 2026

Dialogue avec les nuages

       Exposition de l'artiste Magali Varangot à l'Ecole des arts de Saint-Lô.



                                 "Comme un souffle : Dialogue avec les nuages"



                           Pour chaque titre de tableau , un verbe à l'infinitif 



— Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
— Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
— Tes amis ?
— Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
— Ta patrie ?
— J’ignore sous quelle latitude elle est située.
— La beauté ?
— Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
— L’or ?
— Je le hais comme vous haïssez Dieu.
— Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
— J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869


vendredi, avril 28, 2017

Impressions Deauvillaises (1)




     Pour prolonger l'exposition  Helleu,"sous le soleil de Normandie, la journée d'une élégante",
 trente-trois adhérents des amis des musées saint-lois se sont plongés dans l'atmosphère de la villégiature à Deauville.



     Durant le trajet, histoire des bains de mer (enjeux thérapeutiques et mondains), ponctuée de lectures proustiennes.


 Puis circuit des villas.







   Souriante et dynamique, notre guide a évoqué leurs créateurs ou propriétaires prestigieux:
ci- dessus, la villa de la célèbre couturière Jeanne Paquin, (1869-1936) dont des exemples de  toilettes raffinées nous ont été montrés.


   


 Tout en nous initiant  à leur architecture typique : windows, balcons, brique polychrome, épis de faîtage...

L'hôtel Normandy (ci-dessus)- construit selon un plan en H- cumule le style normand de l'arrière-pays augeron (appareil en damier de style Renaissance, pan de bois de type XVIII ème S.) et, pour la volumétrie des toitures abritant deux niveaux de combles, l'allure des maisons strasbourgeoises.




     La villa les Giroflées est agrémentée d'éléments décoratifs inspirés de maisons urbaines de Lisieux (corbeaux  corniers sculptés de personnages grotesques, statue de saint-Georges dans la niche d'angle)




     Leurs détails particuliers,  les variantes ou les constructions originales, voire insolites réjouissent l'oeil.
     La villa Les Glaïeuls s'inspire des maisons rurales de l'Italie du nord, en particulier pour son belvédère.





     La villa les Dunes a été édifiée vers 1910,
"De part et d'autre d'un pignon central en avant-corps, sont aménagées deux terrasses en quart de cercle, à balustre de style classique, sur lesquelles s'ouvrent les pièces de réception . Celles-ci sont percées de bois en plein cintre ornées d'huisseries de style Art Nouveau , rare manifestation à Deauville  d'un courant qui connaît son apogée au moment de l'exposition universelle de 1900. "


     Conçue en 1902 par l'architecte Barette, la villa Le Paradou multiplie  les allusions néo-gothiques.
Les parties hautes contiennent un riche décor sculpté exécuté par Segnin.





Le Cercle de Deauville fut fondé en 1873, à l'initiative du vicomte Paul Daru et d'aristocrates parisiens liés au monde du sport.
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Source: Deauville, Une cité de villégiature de la côte fleurie, l'inventaire, Images du Patrimoine .

samedi, décembre 03, 2016

De la couleur avant toute chose


"La présence physique de la couleur, la joie qu'elle me procure est au cœur de mes préoccupations. La couleur participe de ce que je vois, j'ai donc photographié en tenant compte de sa présence dans l'épaisseur matérielle des choses". John BathoHistoire de couleurs,

au  musée de Normandie, du 16 avril au 26 septembre 2016

La couleur est au centre du travail de photographe de John Batho, quel qu'en  soit le sujet et le cadre: les objets du  quotidien ou les paysages de sa Normandie natale, à laquelle il reste attaché.



Giverny, 1908-1984


Déchiré, 1986

Un paysage du bocage normand, vert pomme, vert pré, "byi  de tcheu nouos" a été photographié avec, devant l'objectif, un papier déchiré rouge, pour jouer  avec les complémentaires.






Nageuses, 1990

Le hors-champ suggère le mouvement des corps, la fluidité de l'élément aquatique  





Parasols , 1977-2011
Titre d'une série, qui nous renvoie aux tentes et cabanes de plage, florissants sur la côte normande depuis les débuts des bains de mer.

(Lien  ici  )






                                                    
                                                        Nuages peintures,1998-1999



La technique de cette série évoque impressionnisme et pré-impressionnisme, clin d'oeil aux ciel de Monet et d'Eugène Boudin, à qui le musée André Malraux du Havre a consacré une importante rétrospective.




Nous y avons retrouvé l'une des pièces maîtresses du musée deSaint-Lô:

Le Havre, Coucher de soleil, marée basse  (Salon de 1884)








jeudi, mai 29, 2014

L'architecture sous la pluie ( 3)

Dimanche 27 avril 2014

Balade-conférence avec un architecte du  CAUE, Jean-Jacques Ernault 

Avant-dernières stations de notre balade sous la pluie dont l'Enclos était le terme:

- l'ancien palais de justice,


-la Préfecture



et la rue Dame Denise aux façades récemment colorisées - ou colorées - avec vue  plongeante sur la rue de la Poterne , première tranche des travaux   entamés pour faire sortir Saint-Lô de la grisaile selon  le projet de Bruno Dufour Coppolani:



« En ouvrant ses façades à la couleur, la rue de la Poterne s'est ouvert un avenir. Quand les rêves des uns rencontrent les rêves des autres, c'est la ville elle-même qui se met à rêver. »



Article  et vidéos du journal Ouest  France/ le projet de Bruno Dufour Coppolani




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Articles personnels:

Colorisation rue de la Poterne

http://photograff.blogspot.fr/2013/09/beton-et-granite-13.html visite de la Préfecture , journée du Patrimoine 2013
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mardi, février 18, 2014

A contre-jour











                                                      Vivement les beaux jours!

dimanche, décembre 15, 2013

Rail , rouille, roule , rouge

"Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre, et de votre épaule droite vous essayez en vain de pousser un peu plus le panneau coulissant.
Vous vous introduisez par l’étroite ouverture en vous frottant contre ses bords, puis, votre valise couverte de granuleux cuir sonre couleur d’épaisse bouteille, votre valise assez petite d’homme habitué aux longs voyages, vous l’arrachez par sa poignée collante, avec vos doigts qui se sont échauffés, si peu lourde qu’elle soit, de l’avoir portée jusqu’ici, vous la soulevez et vous sentez vos muscles et vos tendons se dessiner non seulement dans vos phalanges, dans votre paume, votre poignet et votre bras, mais dans cotre épaule aussi, dans toute la moitié du dos et dans vos vertèbres depuis votre cou jusqu’aux reins."


La Modification , Michel Butor, Editions de Minuit, 1957, Prix Renaudot



Interview de Michel Butor par Pierre Dumayet / son roman La modification 

http://www.ina.fr/video/I00013072



Article / guide du routard ici  (Le chemin de fer sur la côte d'azur)


Je ne voyage jamais sans mes mémoires. Il faut toujours avoir quelque chose de sensationnel à lire dans le train." Oscar WILDE


"Le TGV, trop rapide, est un mauvais coup porté au livre." Bernard PIVOT -



Plusieurs nouvelles de Maupassant ont pour décor un train, par exemple, celle -ci, (Notes d'un voyageur)
ou encore celle -là (La peur)

"Le train filait, à toute vapeur, dans les ténèbres.
Je me trouvais seul, en face d'un vieux monsieur qui regardait par la portière. On
sentait fortement le phénol dans ce wagon du P.-L.-M., venu sans doute de Marseille.
C'était par une nuit sans lune, sans air, brûlante. On ne voyait point d'étoiles, et le
souffle du train lancé nous jetait quelque chose de chaud, de mou, d'accablant,
d'irrespirable.
Partis de Paris depuis trois heures, nous allions vers le centre de la France sans rien
voir des pays traversés.
Ce fut tout à coup comme une apparition fantastique.......................................................................................................................................................
Anthologie sur
 thème ferrovière ici (extraits d'oeuvres littéraires)
et là 
(liste intéressante -non exhaustive  )
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Florilège de citations sur ce site
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mercredi, octobre 09, 2013

Air, pierre , eau (3/3)


Air, pierre riment avec Fougères, 
 eau  rime avec avec château 
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Au XIII ème siècle, le fief de Fougères passe par mariage à des seigneurs poitevins, les Lusignan, 
qui se disent descendants de la fée 
Mélusine (la mère Lucine)
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Sa légende a été relayée  par Jean d'Arras
et  par Coudrette, elle connaît , en d'autres lieux, 
diverses variantes:
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Extraits du roman de Coudrette  ici+iconographie

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Mélusine avait été  condamnée, par un sort jeté par sa mère, Présine, à devenir,  tous les samedis, serpente , du nombril jusqu'au bas du corps.
A moins de trouver  un homme disposé à la prendre pour épouse, qui promette de ne jamais chercher à la voir le samedi, elle pourrait vivre normalement, mais si son époux perçait son secret, elle devait être condamnée au tourment jusqu'au jugement dernier.

Or, près d'une fontaine, non loin de Lusignan , elle rencontra Raymondin 
accusé d'assassinat,  qu'elle sauva à condition qu'il l'épouse et ne cherche jamais à la voir le samedi.
Raymondin  accepta; de leur union naquirent dix garçons. Le seigneur respecta la promesse jusqu'au jour où il transgressa l'interdit, et  vit son épouse , serpente du nombril jusqu'aux pieds.

Alors, la fée se jeta par la fenêtre dans un cri déchirant.
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André Breton, Arcane 17
"Mélusine après le cri, Mélusine au-dessous du buste Je vois miroiter ses écailles dans le ciel d'automne Sa torsade éblouissante enserre maintenant par trois fois une colline boisée Qui ondule par vagues selon une partition dont les accords se règlent et se répercutent au-dessus de la capucine en fleur. Mélusine, c'est bien sa queue, merveilleuse, dramatique, se perdant entre les sapins dans le petit lac qui par-là prend la couleur et l'effilé d'un sabre. Oui, c'est toujours la femme perdue, celle qui chante dans l'imagination de l'homme. Mais au bout de quelles épreuves, pour elle, pour lui? Ça doit être aussi la femme retrouvée. Et tout d'abord, il faut que la femme se retrouve elle-même. Qu'elle apprenne à se reconnaître à travers ces enfers auxquels la voue sans son secours plus que problématique la vue que l'homme en général porte sur elle…»








"…Mélusine après le cri… Le lac scintille, c’est une bague et c’est toujours toute la mer passant à travers l’anneau du Doge, car il faut que, cette alliance, tout l’univers sensible la consacre et que rien ne puisse plus faire qu’elle soit brisée. Mélusine au-dessous du buste se dore de tous les reflets du soleil sur le feuillage d’automne. Les serpents de ses jambes dansent en mesure au tambourin, les poissons de ses jambes plongent et leurs têtes reparaissent ailleurs comme suspendues aux paroles de ce saint qui les prêchait dans le myosotis, les oiseaux de ses jambes relèvent sur elle le filet aérien. Mélusine à demi reprise par la vie panique, Mélusine aux attaches inférieures de pierraille ou d’herbes aquatiques ou de duvet de nid, c’est elle que j’invoque, je ne vois qu’elle qui puisse rédimer cette époque sauvage...


" …Mélusine non plus sous le poids de la fatalité déchaînée sur elle par l’homme seul, Mélusine délivrée, Mélusine avant le cri qui doit annoncer son retour, parce que ce cri ne pourrait s’entendre s’il n’était réversible, comme la pierre de l’Apocalypse et comme toutes choses. Le premier cri de Mélusine, ce fut un bouquet de fougère commençant à se tordre dans une haute cheminée, ce fut la plus frêle jonque rompant son amarre dans la nuit, ce fut en un éclair le glaive chauffé à blanc devant les yeux de tous les oiseaux des bois. Le second cri de Mélusine, ce doit être la descente d’escarpolette dans un jardin où il n’y a pas d’escarpolette, ce doit être l’ébat des jeunes caribous dans la clairière, ce doit être le rêve de l’enfantement sans la douleur. Mélusine à l’instant du second cri : elle a jailli de ses hanches sans globe, son ventre est toute la moisson d’août, son torse s’élance en feu d’artifice de sa taille cambrée », moulée sur deux ailes d’hirondelle, ses seins sont des hermines prises dans leur propre cri, aveuglantes à force de s’éclairer du charbon ardent de leur bouche hurlante. Et ses bras sont l’âme des ruisseaux qui chantent et parfument. Et sous l’écroulement de ses cheveux dédorés se composent à jamais les traits distinctifs de la femme-enfant, de cette variété si particulière qui a toujours subjugué les poètes parce que le temps sur elle n’a pas de prise…."


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Lien /Audio -guide ici

http://fr.topic-topos.com/tour-melusine-fougeres
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Traces de Mélusine à Fougères sur ces sites :
Eglise Saint-Sulpice,  "porte sud dite des mal peignésici
L'un des vitraux de l'église Saint-Sulpice représente Mélusine, peignant ses longs cheveux, un miroir à la main, c'est
Pour lire une étude savante sur les romans de Jean d'Arras et de Coudrette, voir ce site
Concernant  Fougères et les écrivains voir ce lien 

Sur l'histoire de la ville, résumé


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Parenthèse citadine

CLOU à l'emblème de Saint-Lô                            En écho à un billet de Josette, qui a photographié un joli clou à Orléans .