Air, pierre riment avec Fougères,
eau rime avec avec château
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Au XIII ème siècle, le fief de Fougères passe par mariage à des seigneurs poitevins, les Lusignan,
qui se disent descendants de la fée
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Sa légende a été relayée par Jean d'Arras,
et par Coudrette, elle connaît , en d'autres lieux,
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Extraits du roman de
Coudrette ici+iconographie
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Mélusine avait été condamnée, par un sort jeté par sa mère, Présine, à devenir, tous les samedis, serpente , du nombril jusqu'au bas du corps.
A moins de trouver un homme disposé à la prendre pour épouse, qui promette de ne jamais chercher à la voir le samedi, elle pourrait vivre normalement, mais si son époux perçait son secret, elle devait être condamnée au tourment jusqu'au jugement dernier.
Or, près d'une fontaine, non loin de Lusignan , elle rencontra Raymondin
accusé d'assassinat, qu'elle sauva à condition qu'il l'épouse et ne cherche jamais à la voir le samedi.
Raymondin accepta; de leur union naquirent dix garçons. Le seigneur respecta la promesse jusqu'au jour où il transgressa l'interdit, et vit son épouse , serpente du nombril jusqu'aux pieds.
Alors, la fée se jeta par la fenêtre dans un cri déchirant.
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André Breton, Arcane 17
"Mélusine après le cri, Mélusine au-dessous du buste Je vois miroiter ses écailles dans le ciel d'automne Sa torsade éblouissante enserre maintenant par trois fois une colline boisée Qui ondule par vagues selon une partition dont les accords se règlent et se répercutent au-dessus de la capucine en fleur. Mélusine, c'est bien sa queue, merveilleuse, dramatique, se perdant entre les sapins dans le petit lac qui par-là prend la couleur et l'effilé d'un sabre. Oui, c'est toujours la femme perdue, celle qui chante dans l'imagination de l'homme. Mais au bout de quelles épreuves, pour elle, pour lui? Ça doit être aussi la femme retrouvée. Et tout d'abord, il faut que la femme se retrouve elle-même. Qu'elle apprenne à se reconnaître à travers ces enfers auxquels la voue sans son secours plus que problématique la vue que l'homme en général porte sur elle…»

"…Mélusine après le cri… Le lac scintille, c’est une bague et c’est toujours toute la mer passant à travers l’anneau du Doge, car il faut que, cette alliance, tout l’univers sensible la consacre et que rien ne puisse plus faire qu’elle soit brisée. Mélusine au-dessous du buste se dore de tous les reflets du soleil sur le feuillage d’automne. Les serpents de ses jambes dansent en mesure au tambourin, les poissons de ses jambes plongent et leurs têtes reparaissent ailleurs comme suspendues aux paroles de ce saint qui les prêchait dans le myosotis, les oiseaux de ses jambes relèvent sur elle le filet aérien. Mélusine à demi reprise par la vie panique, Mélusine aux attaches inférieures de pierraille ou d’herbes aquatiques ou de duvet de nid, c’est elle que j’invoque, je ne vois qu’elle qui puisse rédimer cette époque sauvage...

" …Mélusine non plus sous le poids de la fatalité déchaînée sur elle par l’homme seul, Mélusine délivrée, Mélusine avant le cri qui doit annoncer son retour, parce que ce cri ne pourrait s’entendre s’il n’était réversible, comme la pierre de l’Apocalypse et comme toutes choses. Le premier cri de Mélusine, ce fut un bouquet de fougère commençant à se tordre dans une haute cheminée, ce fut la plus frêle jonque rompant son amarre dans la nuit, ce fut en un éclair le glaive chauffé à blanc devant les yeux de tous les oiseaux des bois. Le second cri de Mélusine, ce doit être la descente d’escarpolette dans un jardin où il n’y a pas d’escarpolette, ce doit être l’ébat des jeunes caribous dans la clairière, ce doit être le rêve de l’enfantement sans la douleur. Mélusine à l’instant du second cri : elle a jailli de ses hanches sans globe, son ventre est toute la moisson d’août, son torse s’élance en feu d’artifice de sa taille cambrée », moulée sur deux ailes d’hirondelle, ses seins sont des hermines prises dans leur propre cri, aveuglantes à force de s’éclairer du charbon ardent de leur bouche hurlante. Et ses bras sont l’âme des ruisseaux qui chantent et parfument. Et sous l’écroulement de ses cheveux dédorés se composent à jamais les traits distinctifs de la femme-enfant, de cette variété si particulière qui a toujours subjugué les poètes parce que le temps sur elle n’a pas de prise…."

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Lien /Audio -guide ici
http://fr.topic-topos.com/tour-melusine-fougeres
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Traces de Mélusine à Fougères sur ces sites :
Eglise Saint-Sulpice, "
porte sud dite des
mal peignés"
ici
L'un des
vitraux de l'
église Saint-Sulpice représente
Mélusine, peignant ses longs cheveux, un miroir à la main, c'est
là
Pour lire une étude savante sur les romans de Jean d'Arras et de Coudrette, voir ce
site
Concernant Fougères et
les écrivains voir ce
lien
Sur
l'histoire de la ville, résumé
là
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