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mercredi, mai 06, 2026

ANTRE , exposition au BK

Installation de la plasticienne Sophie Hutin au Bouillon Kub., à Orval.

Finissage avec musique et lectures le 10 mai.


Depuis 2013, l’association ARSOR propose, à Orval sur Sienne, près de Coutances, un lieu d’exposition « Bouillons Kub », un cube tout blanc qui reçoit chaque année 4 expositions, chacune visible trois dimanches.

 Son but est de promouvoir l’art contemporain, d’aller à la rencontre du public et de croiser les regards. Chaque exposition est ainsi un lieu d’écriture, de photographie et de film. 

Elles sont l’occasion d’éditer un journal où les regards et les écritures se croisent proposant textes , poésies au sein du JOURNAL DU KUB édité spécialement pour chaque artistes




                                                                          Terre ? Air ?

On peut hésiter...comme devant ces tableaux de Magritte où voguent  , dans le ciel, d'énormes rochers.


                                                     - Sous la magie, quelle technique  ?

En collaboration avec une artiste travaillant sur les luminaires, la plasticienne a récupéré des chutes de tarlatane, tissu assez proche de la gaze, cousues après avoir été teintées au brou de noix ou à la sanguine.
Le matériau acquiert ainsi  de la rigidité, sans perdre sa transparence, et peut être façonné.
Cette  mousseline de coton à maille fine, peu serrée "convient à  [son ] besoin d'expérimenter et de changer sans cesse [sa] pratique ". C'est une expérimentation récente.

Les volumes obtenus, avec leurs creux, pleins et vides forment des cavités représentant "l'idée de contenant, de réceptacle. Ce sont peut-être des refuges ? " suggère Sophie Hutin qui a intitulé cette installation "ANTRE".

Accrochées au plafond par des fils de nylon quasi invisibles, les structures tournent au moindre souffle dans le cube, créant une impression de légèreté et un effet très poétique.


 Quelques commentaires de l'artiste, relevés dans un article de Ouest -France:

"J'aime quand ça flotte, que la légèreté l'emporte"

"C'est intéressant de créer une interaction avec le spectateur. Le volume n'est jamais pareil quand il tourne sur lui-même".
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mercredi, décembre 10, 2025

A Carentan: de l'écluse à l'église (2)

 ...ou l'inverse 

"Nichée au cœur du Parc Naturel Régional des Marais du Cotentin et du Bessin, Carentan-les-Marais aux portes de la péninsule du Cotentin et de la Baie des Veys est la principale ville de la Baie du Cotentin."


L'église Notre-Dame (XIème-XVème s. )

"Classée monument historique, l’église Notre-Dame est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique et romane, témoin d’un passé médiéval. 

Construite entre le XIᵉ et le XVᵉ siècle, elle se distingue par son clocher imposant, ses vitraux lumineux et ses sculptures remarquables.

Tombée une première fois en ruine au XVe siècle, elle fut reconstruite.


 En juin 1944, les bombardements américains, lors du Débarquement des alliés firent de graves dégâts avant sa restauration "




Le port 

"Le port accueillait un important trafic de produits laitiers jusqu’en 1944. 

Aujourd’hui dédié à la plaisance et classé Pavillon Bleu, il est relié à la mer par un canal de 7 km. Unique en France, le pont canal permet de voir passer un voilier au-dessus des voitures. 

Une colonie de 260 phoques veaux-marins a élu domicile à son débouché dans la Baie des Veys.

 En 1944, ce point de passage stratégique devait être libéré au plus vite par les unités de la 101e Airborne afin d’assurer la jonction entre la plage."


Le canal 


Perspective 


L'écluse



La promenade, du port vers  l'écluse, aller -retour, après avoir franchi la passerelle.







(A suivre)

dimanche, janvier 26, 2025

A Barfleur (2)





Madame Christiane TINCELIN, Maire de Barfleur a reçu chaleureusement le lauréat, les membres du jury, des personnalités officielles (Photo ci-dessous: Catherine Brunaud-Rhyn),





des représentants de la SNSM, (société fondée en 1865) et divers invités pour la remise du 

60 ème prix littéraire du Cotentin.




           La présidente du prix littéraire, Françoise Hamel a évoqué le passé maritime de Barfleur, entre autres :

-Le débarquement tragique  de la flotte du roi Anglo-saxon AEthereld qui avait déclaré la guerre à son beau-frère Richard II.Dans cette expédition, 300 passagers  périrent le 25 novembre 1120- dont les deux filles chéries du roi d'Angleterre-
     Vers 10402, c'est de Barfleur avec quarante navires que s'était embarqué Edouard le confesseur pour se faire couronner roi d'Angleterre.

     Elle a également relaté quelques anecdotes littéraires piquantes:

-La mésaventure de Victor Hugo, en voyage en 1836 avec sa chère Juliette. ``
Il avait essuyé le refus du maire pour  qu'il l'autorise à faire une promenade en mer au clair de lune avec sa belle et avait été contraint de partir à pied à Valognes.
- La présence dans ce charmant village , de Jules Renard, qui y avait écrit L'écornifleur-un grand succès-à l'âge de 23 ans. Sous sa plume, Barfleur devient "Talehou". L'écrivain était venu par le petit train. 
 Ecrivant à son père, il lui demande si sa tenue vestimentaire est bien adaptée à la villégiature qu'il va entamer.
  Une autre gloire estivale, Paul Signac qui  a séjourné de 1932 à 1935 au n° 4 de la rue Saint-Nicolas.  
Voici son appréciation: "port suffisamment mouvementé, bordé de belles et pures architectures, campagne magnifique...la mer y est belle, les jardins fleuris".

Et  enfin, elle a présenté le lauréat.
 Vincent Delecroix, philosophe et écrivain, ancien élève de l''école normale supérieure ,  agrégé et docteur en Philosophie, spécialiste de Søren Kierkegaard sur lequel il a fait sa thèse de doctorat, enseigne la philosophie de la religion à l'École pratique des hautes études en qualité de directeur d'études.

Plusieurs de ses romans ont reçu des prix, dont , en 2009, le grand prix de littérature de  l'Académie française pour Le Tombeau d'Achille.


Dans Naufrage, l 'auteur a fait une oeuvre de fiction à partir du fait divers tragique survenu en novembre 2021. 
Il a voulu adopter un point de vue neutre sur la faille de la sécurité advenue ce soir-là en mer  de  Manche , dans le Pas-de -Calais (C.R.O.S.S du Cap Gris-Nez),concernant  la responsabilité -ou l'irresponsabilité des secours des deux côtés, français et anglais, 
et surtout,  questionner  notre responsabilité collective, au-delà des propos choquants tenus par l'opératrice:"« On aurait voulu que je dise, je le sais bien, on aurait voulu que je dise : 
Tu ne mourras pas, je te sauverai. Et ce n’était pas parce que je l’aurais sauvé en effet, pas parce que j’aurais fait mon métier et que j’aurais fait ce qu’il fallait : envoyer les secours. Pas parce que j’aurais fait ce qu’on doit faire. On aurait voulu que je le dise, au moins le dire, seulement le dire.
Mais moi j’ai dit : Tu ne seras pas sauvé. »

Vincent Delecroix a cité ce propos de Platon comparant la philosophie à l'art du boucher: " Il faut découper avec délicatesse".

Cette fiction, sous l'autorité de Pascal affirmant "vous êtes embarqué" se compose de trois parties :

-La nuit au cours de laquelle l'opératrice, assaillie d'appels au secours, renvoie la balle à ses homologues anglais, nuit émaillée, de rappels  de propos indifférents hostiles aux migrants (ceux de son collègue , ceux de son mari.) La forme adoptée étant celle de son  interrogatoire  (Anticipé ? fictif ? ) par une agente de la gendarmerie maritime de Cherbourg, à moins que ce ne soit un dialogue avec sa conscience.
- Le drame vécu par les migrants, des appels désespérés jusqu'à leur naufrage.
- L'attente et les pensées de l'opératrice, suspendue avant sa convocation pour 'interrogatoire, faisant du jogging le long de la plage, et c'est  au lecteur d'imaginer le dénouement.

Un texte fort, à méditer.

"Suave mari magno turbantibus aequora ventis 
E terra magnum alterius spectare laborem" , Lucrèce

"Il est doux , lorsque sur la vaste merles vents bouleversent les flots, de regarderdepuis la terre la grande peine que se donne autrui."

Notons que ces 4 dernières années, le prix a couronné un ouvrage dans lequel la mer joue un grand rôle:

  • 2021 : Annick Perrot pour Saint-Vaast-la-Hougue et ses gens de mer
  • 2022 : Gérard de Cortanze pour Le Roi qui voulait voir la mer
  • 2023 : Hugo Boris pour Débarquer
  • 2024 : Vincent Delecroix pour Naufrage

vendredi, novembre 29, 2024

Le spectacle de la marchandise au MBA de Caen

Le spectacle de la marchandise, Art et commerce , 1860-1914 

https://mba.caen.fr/exposition/le-spectacle-de-la-marchandise

"Dans le cadre de Normandie impressionniste 2024

Avec le soutien exceptionnel du musée d’Orsay, de la Bibliothèque nationale de France, du musée départemental Albert Kahn et du musée Carnavalet - Histoire de Paris


"Après l’exposition « Villes ardentes » consacrée à la représentation du travail urbain (2020), le musée des Beaux-Arts de Caen s’intéresse à la manière dont le développement commercial sans précédent des villes se manifeste dans le regard des artistes de 1860 à 1914. 

À nouveau, le musée adopte un point de vue élargi sur les oeuvres produites avant la Première Guerre mondiale, déplaçant les oppositions habituelles pour mêler différentes visions d’une même modernité : 

Jules Adler et Fernand Pelez sont exposés aux côtés de Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Raoul Dufy, Maximilien Luce ou Théophile Steilen... 





Le parcours fait revivre le bouillonnement des villes marchandes à travers une centaine d’oeuvres (peintures, photographies, films, dessins, gravures) 

auxquelles se mêlent de petits ensembles d’enseignes commerciales, d’affiches publicitaires et d’objets promotionnels.





Dans les grandes métropoles, au premier rang desquelles Paris, les lieux de commerce se multiplient et se diversifient.

 
L’apparition des grands magasins n’entraîne pas la disparition des vendeurs ambulants, des échoppes ou des boutiques traditionnelles. 



La rue prolonge la boutique. Les marchandises abondent et le spectacle est permanent.


Au 19e siècle, les descriptions de magasins et de marchandises prennent une place grandissante dans les récits de voyage et les guides.

 De signes de prospérité générale de la ville, les lieux de commerce deviennent des lieux de « shopping ». Défini comme le plaisir de comparer et d’évaluer les marchandises et les boutiques, le « shopping » -terme apparu progressivement au 19e siècle - constitue une activité sociale, culturelle et de loisir. Il est alimenté par des artifices de vente et un arsenal publicitaire bientôt omniprésents.


La disposition des étalages et des devantures, les annonces dans la presse, les voitures siglées, les catalogues de vente, les objets promotionnels, les affiches et les enseignes : tout concourt à créer un petit théâtre de la marchandise. 



Les artistes de la vie moderne sont les témoins privilégiés des transformations économiques, visuelles et sociales des villes. 



Leur regard s’attarde sur l’effervescence consommatrice.


 Sensible à la présence des commerçants ambulants, aux gestes des modistes, aux attitudes des garçons de café, il relève encore les lettres des enseignes 


et des publicités qui font de la ville un « magasin d’images et de signes » comme l’écrivait Charles Baudelaire en 1859."



lundi, novembre 25, 2024

L 'âge d'or, Monique Frydman



 L'âge d'or, Monique Frydman , musée des Beaux-Arts de Caen 


 
"L’artiste continue d’explorer les techniques et les matières auxquelles elle reste fidèle depuis le début de sa carrière : imprégnation progressive des pigments et pastels sur une variété de supports, toile de lin, coton, papier Japon, tarlatanes". 


 

"L’artiste réaffirme à travers lui son engagement de peintre et explore son histoire personnelle, des années clandestines de sa petite enfance dans le Tarn pendant la Seconde Guerre mondiale à la création du Polyptyque Sassetta, œuvre monumentale exécutée pour le salon Carré du musée du Louvre en 2013. 

La dispersion à travers les âges du célèbre polyptyque signé en 1444 par le peintre siennois Stefano di Giovanni, dit Sassetta, a conduit Monique Frydman à imaginer un retable monumental et abstrait, qui interroge les notions de disparition et de fragmentation : ce qui était un chef-d’œuvre intouchable, invulnérable au moment de sa création, a été par la suite extrait du lieu sacré, démembré et dispersé".



Le désir d’immersion dans la couleur et la lumière caractérisant son langage pictural se concrétise dans ce cube où le spectateur peut pénétrer.

Du 23 mars au 1 septembre 2024

Dans le cadre de Normandie impressionniste 2024

8e édition du cyce Résonance, une carte blanche offerte chaque année à un

une / artiste.










mercredi, juillet 31, 2024

Promenade à Grenoble (4) sur les pas de Stendhal

 



                                                                Place Grenette

https://www.grenoble-tourisme.com/fr/catalogue/detail/place-grenette-860346/

Place principale depuis le XVIIe siècle, elle accueillait les marchés aux grains et aux bestiaux.

 Sa magnifique fontaine, "Le château d'eau Lavalette", fut édifiée en 1825. Elles est Ornée de quatre angelots chevauchant des dauphins emblèmes du Dauphiné



Place principale depuis le XVIIe siècle, elle accueillait les marchés aux grains et aux bestiaux.

 Sa magnifique fontaine, "Le château d'eau Lavalette", fut édifiée en 1825. 

Elle  est ornée de quatre angelots chevauchant des dauphins , emblèmes du Dauphiné.


-Grenoble, le 8 août 1837

"Je craignais de trouver à Grenoble ce vilain petit pavé pointu qui à Lyon m'empêchait de marcher; mais les grenoblois sont gens d'esprit, sept de leurs rues sont déjà pavées en pierres plates que l'on tire de Fontaine, et dans six ans il n'y aura plus de pavés pointus.

Le maire de la ville travaille douze heures par jour, et le conseil municipal est composé de gens d'esprit, la plupart jeunes et libéraux. Plût à Dieu que Paris fût administré par ces messieurs! il ne s'enlaidirait pas à vue d'oeil."

Stendhal, Mémoires d'un touriste, 1838. 

dimanche, juillet 28, 2024

Promenade (3 bis ) à Grenoble, avec Stendhal


 -Grenoble, le 8 août 1837

J'ai débuté par monter à la Bastille, cette belle montagne  que l'on aperçoit de l'allée des marronniers et qui est dans la ville ; le génie militaire vient d'y construire un fort qui fera tirer bien des coups de canon en sa vie. Mais quoique la route qui y conduit soit magnifique, je suis tellement fatigué , que je n'ai pas la force de décrire la vue admirable, et changeant tous les cent pas, que l'on a de cette route. Cette attention passionnée à tant de belles choses si différentes entre elles tue absolument. 



Et d'ailleurs on a tant abusé de la description depuis quelques années, que, par le fatal souvenir de ce qu'il m'a fallu lire, j'éprouve du dégoût à commencer ce genge de travail. Les plus laides choses n'ont -elles pas été vantées avec le plus d'emphase?"





Grenoble, le 24 août

"Ce que j'aime de Grenoble, c'est qu'elle a la physionomie d'une ville et non d'un grand village, comme Reims, Poitiers, Dijon, etc.; toutes les maisons y ont quatre ou cinq étages, quelquefois six. 

Cela est plus incommode et moins salubre , sans doute; mais la première condition de l'architecture, c'est de montrer de la puissance, et l'on ne peut voir que du confortable vulgaire dans les petites maisons à deux étages de Reims et de Dijon. On dirait que les façades de toutes les maisons de Grenoble ont été rebâties depuis vingt ans ." 

Stendhal, Mémoires d'un touriste, 1838.



Monet au fil de l'eau

                                                                         Nymphéas                                                           ...