D'ailleurs, j'ignore le nom de cette fleur conique à l'architecture raffinée .
Le violet dans tous ses états
C’est en l’an 1200 que, dans l’Église, le pape Innocent III définit le violet comme le signe de la pénitence, de l’attente et du pardon. On utilise alors des teintures, à partir de jus de myrtille et, au début du XVIIe siècle, du carmin de cochenille, renouant avec l’origine animale de la couleur.
Comment est-on passé de la pourpre brillante à la teinte retenue du violet ? Certaines interprétations avancent que la pénitence, la prière, l’humilité sont justement ce qui élève et enrichit. Quoi qu’il en soit, le violet liturgique s’emploie au temps de l’Avent, pendant celui du Carême. Lors de la messe des défunts, il devient une sorte de déclinaison du noir, symbole du deuil, et les rois de France auront seuls le privilège de porter le deuil en violet. Plus tard, dans une nuance plus claire, le violet légèrement adouci de blanc suggérera, pour les femmes, un deuil passé, moins récent que celui que le noir donnait à voir.
Depuis la découverte d’un chimiste anglais, W.H. Perkins, au milieu du XIXe siècle, il devient possible de produire synthétiquement du violet. La couleur pourpre reste cependant emblématique de la monarchie, en particulier anglaise, lors des couronnements des monarques, George VI en 1937, Elizabeth II en 1953. Aujourd’hui, toute la palette de la couleur violette éclot dans les nombreuses tenues de la souveraine, tandis que la duchesse de Cambridge n’est pas en reste !
Mais à présent démocratisé, détourné même, le violet, c’est aussi la couleur retenue par les suffragettes et les féministes, une couleur « psychédélique » affectionnée par des peintres tels qu’Andy Wahrol, une couleur prisée par les logos de grandes entreprises, FedEx, Yahoo, Mercure. Le violet, un moyen d’expression qui est loin d’avoir dit son dernier mot !



