Plumes de paon et
cornes de bélier sont les motifs traditionnels utilisés par les brodeurs en pays bigouden.
Le célèbre affichiste
Alfons Mucha (1860-1939) les a justement identifiés et utilisés dans un panneau décoratif intitulé "
Bruyère de falaise", précédé d'une étude préparatoire sur carton au crayon et à l'aquarelle.
Leurs courbes et enroulements servent si bien l'esthétique Art nouveau !
Le musée départemental breton de Quimper, quant à lui, présente de juin à septembre 2018 une exposition sur
les peintres tchèques en Bretagne, fruit d'une collaboration entre la Galerie Nationale de Prague et les deux musées quimpérois, celui des beaux-arts recevant le tableau "
Bonjour Monsieur Gauguin".
Avec l'exposition "
Les Bigoudens, marchands et faiseurs de mode", le
musée de Pont-l'Abbé, quant à lui, contredit les idées reçues sur le prétendu immobilisme de la Bretagne, telles quelles ont été exprimées par Mathilda Betam Edward en 1877:
“Pont-l’Abbé a conservé depuis des temps immémoriaux ses propres costumes et traditions. Il paraît difficile de trouver ailleurs une telle spécificité et un isolement aussi total. On dirait qu’à Pont-l’Abbé le temps s’est arrêté et que les gens vivent encore au Moyen Âge. »
Bien au contraire,
"L’étude des textiles bigoudens anciens révèle effectivement une foule de matériaux importés : des cadis d’Aignan, des soieries lyonnaises, de la rubanerie de Saint-Étienne, des boutons à pâte de verre, du verre soufflé de Bohème, du velours de soie… De manière complémentaire, les recherches archivistiques (inventaires après-décès, levées de cadavres…) mentionnent également des toiles de Nozay, des capes de Barracan, des bas de Saint-Marceau, du drap de Silésie, de la toile de Millau…
Rubans de soie stéphanois, fin du XIXe siècle, utilisés abondamment par les bigoudens
À y regarder de plus près, aucune matière première du vestiaire bigouden n’échappe finalement aux importations commerciales des marchands…"