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dimanche, août 04, 2024

Promenade à Grenoble (5) en rouge et noir, sur les pas de Stendhal










Fils de charpentier, Julien Sorel rêve d’une brillante carrière militaire. Mais les guerres napoléoniennes ont pris fin et la société de la Restauration ferme ses portes aux roturiers. 
Sous couvert de l’habit de séminariste, et à force d’adresse et de conquêtes amoureuses — Mme de Rênal, femme du maire de Verrière, puis Mathilde, fille du marquis de La Mole —, Julien parvient pourtant à s’élever dans la société.
 La chute n’en sera que plus rude. Publié en 1830, peu après l’avènement de la monarchie de Juillet, ce roman saisit « la senteur cadavéreuse d’une société qui s’éteint » (Balzac).







Une analyse du roman:

https://www.youtube.com/watch?v=80PjU1Ilw7U

mercredi, juillet 31, 2024

Promenade à Grenoble (4) sur les pas de Stendhal

 



                                                                Place Grenette

https://www.grenoble-tourisme.com/fr/catalogue/detail/place-grenette-860346/

Place principale depuis le XVIIe siècle, elle accueillait les marchés aux grains et aux bestiaux.

 Sa magnifique fontaine, "Le château d'eau Lavalette", fut édifiée en 1825. Elles est Ornée de quatre angelots chevauchant des dauphins emblèmes du Dauphiné



Place principale depuis le XVIIe siècle, elle accueillait les marchés aux grains et aux bestiaux.

 Sa magnifique fontaine, "Le château d'eau Lavalette", fut édifiée en 1825. 

Elle  est ornée de quatre angelots chevauchant des dauphins , emblèmes du Dauphiné.


-Grenoble, le 8 août 1837

"Je craignais de trouver à Grenoble ce vilain petit pavé pointu qui à Lyon m'empêchait de marcher; mais les grenoblois sont gens d'esprit, sept de leurs rues sont déjà pavées en pierres plates que l'on tire de Fontaine, et dans six ans il n'y aura plus de pavés pointus.

Le maire de la ville travaille douze heures par jour, et le conseil municipal est composé de gens d'esprit, la plupart jeunes et libéraux. Plût à Dieu que Paris fût administré par ces messieurs! il ne s'enlaidirait pas à vue d'oeil."

Stendhal, Mémoires d'un touriste, 1838. 

dimanche, juillet 28, 2024

Promenade (3 bis ) à Grenoble, avec Stendhal


 -Grenoble, le 8 août 1837

J'ai débuté par monter à la Bastille, cette belle montagne  que l'on aperçoit de l'allée des marronniers et qui est dans la ville ; le génie militaire vient d'y construire un fort qui fera tirer bien des coups de canon en sa vie. Mais quoique la route qui y conduit soit magnifique, je suis tellement fatigué , que je n'ai pas la force de décrire la vue admirable, et changeant tous les cent pas, que l'on a de cette route. Cette attention passionnée à tant de belles choses si différentes entre elles tue absolument. 



Et d'ailleurs on a tant abusé de la description depuis quelques années, que, par le fatal souvenir de ce qu'il m'a fallu lire, j'éprouve du dégoût à commencer ce genge de travail. Les plus laides choses n'ont -elles pas été vantées avec le plus d'emphase?"





Grenoble, le 24 août

"Ce que j'aime de Grenoble, c'est qu'elle a la physionomie d'une ville et non d'un grand village, comme Reims, Poitiers, Dijon, etc.; toutes les maisons y ont quatre ou cinq étages, quelquefois six. 

Cela est plus incommode et moins salubre , sans doute; mais la première condition de l'architecture, c'est de montrer de la puissance, et l'on ne peut voir que du confortable vulgaire dans les petites maisons à deux étages de Reims et de Dijon. On dirait que les façades de toutes les maisons de Grenoble ont été rebâties depuis vingt ans ." 

Stendhal, Mémoires d'un touriste, 1838.



mercredi, juillet 24, 2024

Promenade (3) dans le jardin de ville de Grenoble, avec Stendhal


    -Grenoble, le 8 août 1837.

C'est par Moirans et Voreppe que je suis arrivé à Grenoble; je loge rue Montorge, hôtel des Trois Dauphins, dans la chambre n° 2 , qu'occupa Napoléon à son retouir de l'Ile d'Elbe.

(...)

 "Ma fenêtre donne sur une sublime allée de marronniers hauts de quatre-vingts pieds, plantés par Lesdiguières, le représentant  et le  type du caractère dauphinois (brave et jamais dupe). Malheureusement, ces beaux arbres qui se trouvent précisément au centre de la ville et en face d'une belle montagne ont fait leur temps. Ils sont âgés de plus de deux cents ans, et chaque orage abat quelque grosse branche. Mais le plus beau de tous, qu'on appelle Lesdiguières, se porte encore fort bien, malgré le boulet reçu le 6 juillet, et dont je suis allé vénérer la marque.



   "Lesdiguières régna en Dauphiné toute sa vie,  et ne souffrit jamais que personne vînt le troubler chez lui.
Il avait construit le palais voisin que la ville acheta de ses héritiers, et dont la préfecture occupe aujourd'hui une partie moyennant un loyer de six mille francs."

 


Jardin de ville


       "L'hôtel de Franquières, jolie maison dans le style de la Renaissance, à quelques pas de la belle allée de marronniers, fut bâti par Lesdiguières pour loger une sienne maîtresse dont il avait fait assassiner le mari. Mais il envoya à Rome M. Barral, avocat célèbre, pour solliciter l'absolution du pape."

Stendhal, Mémoires d'un touriste, 1838.

"Si Stendhal n'a pas créé le mot touriste, il lui a donné , tout le premier, une la rge diffusion, en l'inscrivant sur le frontispice de son livre Mémoires d'un touriste, publié en 1838".
V. del Litto, préface de Grenoble &le Dauphiné, vus par Stendhal (tiré à part, de Stendhal, Oeuvres complètes, Mémoires d'un touriste, Cercle du bibliophile, 3 mai 1978)
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CNRTL
TOURISTE
Étymol. et Hist. 1803-04 en parlant des voyageurs anglais (J. L. Ferri de St-ConstantLondres et les Anglais, II, an XII, 333-334 ds Höfler Anglic.); 1833 s. référence  directe aux Anglais (BalzacCorresp., p. 392); 1934 classe touriste (Quillet). 
Emprunté à l'angl.tourist attesté  depuis  1780 (NED Suppl.2), dérivé  de tour (issu du fr. tour3*) attesté  depuis le milieu du xviies. au sens de « voyage, circuit au cours duquel on visite différents endroits » (NED). 
Tourist est couramment employé  comme déterminant ndiquant une certaine catégorie de l'ordre du confort et du prix dans des syntagmes tels que tourist hotel « hôtel touriste » (1927) et tourist class (1936), v. NED Suppl.2

samedi, juillet 20, 2024

Promenade à Grenoble (2) sur les pas de Stendhal


Le Musée Stendhal à Grenoble : un musée « en réseau , Revue de la BNU, 24/2021

       https://journals.openedition.org/rbnu/5612


La maison Gagnon: 

https://www.erudit.org/fr/revues/museo/2010-v4-n2-museo02116/1033538ar.pdf

Résumé de l'article :

Dans Vie de Henry Brulard, Stendhal évoque la maison grenobloise de son grand-père, demeure devenue depuis le Musée Stendhal. Il y décrit et dessine le cabinet d’histoire naturelle type du Siècle des Lumières, celui-là même qu’aurait constitué le docteur Gagnon, son aïeul. 

En 2008, à la maison Gagnon, on amorce la reconstitution du cabinet. 

Joëlle Rochas, experte scientifique attitrée à cette reconstitution, rend compte dans cet article des différentes étapes de ce projet et des divers problèmes qui ont dû être réglés entre son idéation et sa réalisation, tout en révélant sa portée historique et signifiante.



La treille de Stendhal

Itinéraire littéraire:


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A l’angle de la place Grenette et de la Grande rue, sur « le plus bel emplacement de la ville », se situe la maison de famille de Stendhal : l'appartement du docteur Gagnon, grand-père de l'écrivain. Ce lieu est au centre d’une œuvre autobiographique traduite dans le monde entier, Vie de Henry Brulard.

A sept ans, Stendhal, fils aîné d'une famille de la bourgeoisie aisée de Grenoble, perd sa mère qu’il aime passionnément et concentre sur lui toutes les attentions de ses proches, jusqu’à l’étouffement. Promis à de brillantes études, l’adolescent monte à Paris. C’est au terme d’un demi-siècle troublé, vécu à travers l’Europe, que le romancier termine sa carrière comme consul de France en Italie. Durant cette période très créative, il entame notamment le récit de son enfance, émaillé de nombreux croquis, publié à titre posthume sous le titre Vie de Henry Brulard.

Aux dires de l’enfant, le docteur Gagnon fut son « véritable père et son ami intime ». L’hôtel aristocratique, que ce « médecin à la mode parmi les dames » acquiert à la faveur des événements de la Révolution, donne lieu à pas moins de 24 croquis représentés dans Vie de Henry Brulard. Pour l'auteur, il s'agit d'un lieu d’inspiration et de formation, que l’on aperçoit depuis le Jardin de ville : 

« Cette terrasse, formée par l’épaisseur d’un mur nommé Sarrasin, mur qui avait quinze ou dix-huit pieds, avait une vue magnifique sur la montagne de Sassenage ; là, le soleil se couchait en hiver sur le rocher de Voreppe, coucher d’été, et au nord-ouest de la Bastille dont la montagne [...] s’élevait au-dessus de toutes les maisons et sur la tour du Rabot [...] ».
Source:





 


https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6946b.texteBrut

Titre : Vie de Henri Brulard. 1 / Stendhal ; [révision du texte et préf. par Henri Martineau]

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Mon grand-père fit beaucoup de dépenses pour cette terrasse. Le menuisier Poncet  vint s'établir pendant un an dans le cabinet d'histoire naturelle, dont il fit les

 [ A. Première montagne. B. Seconde montagne. 0. Coucher de soleil en décembre. D. Coucher d'été en juin. L. Cabinet d'été do mon grand-père. Livres do mon oncle. N. Cabinet où s'établit Poncet.- G. Banc de menuisier auprès duquel je passais ma vie. M. Cabinet on losange de châtaignier avec forme d'architecture de mauvais goût, à la Bernin.]

armoires en bois blanc; il fit ensuite des caisses de dix-huit pouces de large et deux pieds de haut en châtaignier remplies de bonne terre, de vigne et de fleurs. Deux ceps montaient du jardin de M. Périer Lagrange, bon imbécile, notre voisin.

Mon grand-père avait fait établir des portiques en liteaux de châtaignier. Ce fut un grand travail dont fut chargé un menuisier nommé Poncet, bon ivrogne de trente ans assez gai. Il devint mon ami, car enfin avec lui je trouvais la douce égalité. Mon grand-père arrosait ses fleurs tous les jours, plutôt deux fois qu'une, Séraphie ne venait jamais sur cette terrasse, c'était un moment de répit. J'aidais toujours mon grand-père à arroser les fleurs, et il me parlait de Linné et de Pline, non pas par devoir mais avec plaisir.

Voilà la grande et extrême obligation que j'ai à cet excellent homme. Par surcroît de bonheur, il se moquait fort des pédants (les Lerminier, les Salvandy, les. d'aujourd'hui), il avait un esprit dans le genre de M. Letronne qui vient de détrôner Memnon (ni plus ni moins que la slalue de Memnon). Mon grand-père me parlait avec le même intérêt de l'Egypte, il me fit voir la momie achetée, par son influence, pour la Bibliothèque publique; là, l'excellent Père Ducros (le premier homme supérieur auquel j'ai parlé en ma vie), eut mille complaisances pour moi. Mon grand-père, fort blâmé par Séraphie appuyée du silence de mon père, me fit lire Séthos (lourd roman de l'abbé Terrasson), alors divin pour moi. Un roman est comme un archet, la caisse du violon qui rend les sons, c'est l'âme du lecteur. Mon âme alors était folle, et je vais dire pourquoi.


Pendant que mon grand-père lisait, assis dans un fauteuil en D, vis-à-vis le petit buste de Voltaire en V, je regardais sa Bibliothèque placée en B, j'ouvrais les volumes in-4° de Pline, traduction avec texte en regard. Là, je cherchais surtout l'histoire naturelle de la femme. 

L'odeur excellente, c'était de l'ambre ou du musc (qui me font malade depuis seize ans, c'est peut-être la même odeur ambre et musc). Enfin, je fus attiré vers un tas de livre brochés jetés confusément en L C'étaient de mauvais romans non reliés que mon oncle avait laissés à Grenoble, lors de son départ pour s'établir aux Echelles (Savoie), près le Pont-de-Beauvoisin. Cette découverte fut décisive pour mon caractère. J'ouvris quelques-uns de ces livres, c'étaient de plats romans de 1780, mais pour moi, c'était l'essence de la volupté.

Mon grand-père me défendit d'y toucher, mais j'épiais le moment où il était le plus occupé dans son fauteuil à lire les livres nouveaux dont je ne sais comment il avait toujours grande abondance, et je volais un volume des romans de mon oncle. Mon grand-père s'aperçut sans doute de mes larcins, car je me vois établi dans le cabinet d'histoire naturelle, épiant que quelque malade vînt le demander. Dans ces circonstances, mon grand-père gémissait de se voir enlevé à ses chères études et allait recevoir le malade dans sa chambre ou dans l'antichambre du grand appartement. Crac je passais dans le cabinet d'études, en L, et je volais un volume.

VIE DE HENRY BRULARD,  Stendhal

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Monet au fil de l'eau

                                                                         Nymphéas                                                           ...