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jeudi, août 30, 2007

Port-Royal(1)


(Photos personnelles )

Doc Musée National de Port-Royal des champs
Cliquez ici
http://www.cg78.fr/racine/

Brochure Le Chemin Jean Racine -Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, Région ile de France




Bâtiment de droite: Le logis des Solitaires.
Bâtiment de gauche: Les Petites écoles
Le musée y fut installé en 1962 .On peut y voir plusieurs peintures de Philippe de Champaigne réalisées pour l'abbaye
La ferme des Granges
Située sur le plateau, elle est restée en activité jusqu'en 1984, date de son achat par l'Etat. Y subsistent l'ancienne grange à blé et un ensemble de bâtiments agricoles des XVIIème et XIX ème siècle .
Au centre de la cour: le puits Pascal
Blaise Pascal fut l'un des "Amis du dehors "qui fit régulièrement retraite à Port-Royal pour écrire , parler théologie, philosophie et pédagogie .
Le célèbre philosophe et mathématicien conçut pour ce puits une machine faite pour multiplier par 15 la force d'un enfant de 12 ans qui y aurait puisé de l'eau


Port-Royal (2)

Photos personnelles

Doc :Le Chemin Jean Racine, parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse.


.
En 1609, la jeune Mère Angélique , supérieure de l'abbaye de Port-Royal des champs, décide de réformer les règles de son monastère .Elle se rapproche de l'abbé de saint -Cyran qui devient "l'âme de Port-Royal" en guidant les religieuses vers la pureté spirituelle de Saint Augustin .
Cette pensée, que ses rivaux nomment "jansénisme " s'oppose à la doctrine des jésuites et à l'absolutisme de droit divin du jeune Louis XIV
En 1638, Saint -Cyran est emprisonné sur l'ordre de Richelieu .Ses autres disciples , les Messieurs de Port-Royal, se replient à l'abbaye et assainissent le site , déserté par les religieuses depuis environ 10 ans pour insalubrité .
En 1648, les religieuses , retirées à Port-Royal de Paris, réintègrent progressivement le monastère des champs.
Les messieurs s'installent cent marches plus haut à la ferme des Granges .


Port-Royal (3)





Ordre des photos)
2-Le logis des solitaires
Situé dans le prolongement des "Petites écoles", il accueille la bibliothèque du musée et un centre de recherches consacré au Jansénisme et à l'histoire de la spiritualité.
Le logis des Solitaires était un espace scolaire où étaient
 accueillis des jeunes garçons dont les familles adhéraient à la pensée "port-royaliste ".Les maîtres dispensaient le français dans l'enseignement général, contrairement à l'usage de l'époque où le latin régnait dans la transmission des savoirs . les Messieurs supprimèrent les châtiments corporels alors infligés aux enfants.Devant le succès de leur pédagogie, un bâtiment mitoyen à la ferme fut érigé en 1651 pour accueillir de nouveaux élèves .
Les jeunes filles de l'abbaye bénéficièrent aussi de ces 
innovations pédagogiques pour devenir "de bonnes épouses ou de bonnes religieuses "
Jacqueline et Blaise Pascal élaborèrent pour elles Une nouvelle méthode pour apprendre à lire .
3-Reconstitution de la machine inventée par Pascal
4-Jardin
5-Ruines de l'abbaye







1658.Philosophie à Paris , au collège d'Harcourt dont le principal est un janséniste convaincu. A partir de 1659, Racine entre dans le monde des lettres et se détache peu à peu de l'influence de ses maîtres .
En 1660, la publication d'une ode en l'honneur du mariage du roi lui fera obtenir une gratification de cent louis.(Il poursuivra sa carrière de poète courtisan , effective à partir de 1678, après renoncé au théâtre.)
En 1665, Pierre Nicole fait paraître une série de let
tres sur l'hérésie imaginaire et qualifie le "poète de théâtre" "d'empoisonneur public" 1666:Réponse de Racine et vive polémique, Racine rompt avec Port-Royal.
1678:Réconciliation 
1679: Reprise des persécutions contre Port-Royal

1694: Racine entreprend l'Abrégé de l'histoire de p
ort-Royal qui n'aura une publication posthume qu'en 1767. 
1698:Racine craint d'être accusé de jansénisme auprès du roi . 
Sa fille de douze ans, Françoise, entre à port-Royal. 
1699: Mort de Racine .Conformément à ses volontés , il est enterré à Port-Royal, près de la tombe de M. Hamon , dans le cimetière des domestiques .

1711: destruction de Port-Royal sur ordre du roi .Les 
cendres de Racine seront transférées à Saint-Etienne- du- Mont, près de la tombe de Pascal













































5-Ruines de l'abbaye (Doc:Brochure Région Ile-De France, le chemin Jean Racine )Les petites écoles fermeront définitivement leurs portes en 1660.
En 1664, 16 religieuses sont emprisonnées dans divers monastères .En 1665, les dernières insoumises, refusant le Formulaire anti-janséniste, sont réunies dans le seul monastère des Champs, que le roi fera finalement raser en 1709.
Les événements de la Fronde expliquent en partie la violence de Louis XIV vis à vis des jansénistes .
D'ailleurs, au moment où Marie de Rohan s'engage dans la fronde, son fils, le duc Louis-Charles de Luynes, fait construire le château deVaumurier afin de se rapprocher de ses amis de port-Royal des Champs . Il servira de refuge à quelques Solitaires lors des persécutions .
lOrsque Louis XIV décide de faire raser l'abbaye , Racine est enterré à Port-Royal depuis 10n ans déjà . Dès lors, les deux cimetières deviennent une destination de pèlerinage . En 1711, le roi, furieux, en ordonne la destruction , profanation décrite par Saint-Simon :

"L'indignation publique éclata à tel point que la cour et les jésuites même , en furent embarrassés.(...) Il fut enjoint aux familles qui avaient des parents enterrés à Port-Royal des Champs de les faire exhumer et porter ailleurs, et on jeta dans le cimetière d'une paroisse voisine tous les autres comme on put, avec l'indécence qui se peut imaginer(...) le scandale en fut grand jusque dans Rome. Je me borne à ce simple et court récit d'une expédition si militaire et si odieuse ."



samedi, août 18, 2007

Bancs publics






1. 1.Face à la mer .2.Pénélope 3.Fin de partie
4,5.Ombres

dimanche, août 12, 2007

Festival des jeux du théâtre de Sarlat,53 ème édition

Fidèle du festival depuis la 50 ème édition, j'ai rapporté cette année photos et notes à propos des sept spectacles que j'ai vus et des rencontres au petit Plamon auxquelles j'ai pu participer, je vais donc les présenter .


Quelques liens vers :

Le blog du critique Michel Mourlet qu'il nous a indiqué à Plamon:
http://mourlet.blog.mongenie.com/


Celui d'Isabelle Roche
http://www.lelitteraire.com

Et mes deux autres blogs, où je parle d'Annie Ernaux, de Saint-Exupéry et du Petit Prince (cliquer sur lien permanent )
http://jeudannan.blogspot.com
http://melimailart.blogspot.com



Les apéritifs de Plamon: le petit Prince,mise en scène de J.P. Ouvrard

Après avoir été régisseur de Peter Brook, J.P. Ouvrard a fondé "Atelier théâtre 24", établi à Belvès .Le spectacle "Le petit Prince" y a été créé, puis repris à Sarlat, après avoir reçu l'aval de
la famille Saint-Exupéry, très pointilleuse sur la fidélité à l'oeuvre,la marionnette, par exemple s'inspire directement des aquarelles de l'auteur.
La représentation du 28/07/07 a été très applaudie, et j'ai entendu ,à vif, beaucoup d'éloges .
Aussi ai-je été surprise , le lendemain, à PLamon, d'entendre de nombreuses critiques, certaines très rudes , cependant bien accueillies des comédiens, conscients "qu'elles leur sont nécessaires pour progresser ."
Ainsi, d'aucuns ont parlé d'un manque de poésie, d'émotion ,ont regretté coupures ou adaptations, notamment, concernant la mort du Petit Prince, le personnage du renard ou le thème de l'amitié .
D'autres, en revanche, ont évoqué "un vrai moment de poésie, de bonheur ". Pour ma part, j'ai trouvé certains moments , comme l'apparition de la rose, sublimes.

La manipulation de la marionnette a donné lieu à de nombreuses remarques ou questions :aurait-il été possible ,techniquement, de masquer la main manipulatrice , gênante (alors que l'autre, devenue celle du" petit bonhomme" esquissait des gestes charmants ) ? Le critique littéraire Alexandre Laurent a salué l'expressivité de la marionnette, véritable prolongement du petit Prince par la voix et la gestuelle.


Tous ont été d'accord pour apprécier les trouvailles musicales , instruments plus ou moins exotiques tels le soku, le balafon, et la machine inventée, dite "le bariolo", fonctionnant selon le principe inverse de celui la vielle à roue .
Alain Sachs, venu présenter Un amour de théâtre, absent pour le Petit Prince, faute de places, a judicieusement tiré la conclusion de toutes ces divergences : difficile d'adapter un texte littéraire aussi célèbre et à propos duquel chacun projette sa vision, son interprétation personnelles !
Le débat a rebondi avec une critique du texte même de Saint-Exupéry ,qualifié d'"inepte"  et de "philosophie de bazar" ...
Les réactions ont été vives!Personnellement, il me semble que les adultes réfractaires à ce récit
sont dérangés par l'image qui leur est renvoyée, celles d'adultes incapables de voir l'essentiel , "invisible pour les yeux ".
Félicitations à J.P. Ouvrard, à Jana Bojilova, Gauthier de la Touche, et à Antonin Stahly!

le Petit Prince,Saint-Exupéry,mise en scène J.P. Ouvrard, photos








Samedi 28 juillet, jardin des Enfeus
Mise en scène:J-P.Ouvrard avec Jana Bojilova,marionnettiste, Gauthier de la Touche, comédien et Antonin Stahly.Atelier théâtre 24
www.ateliertheatre24.org
Article melimailart

Le dernier jour d'un condamné, Hugo,mise en scène :Joel Lagarde





Vendredi 27 juillet 07 , jardin des enfeus

Le dernier jour d'un condamné,
Hugo (1829)
Un texte fort, entre monologue intérieur et journal intime fictif, plaidoyer contre la peine de mort, hélas toujours actuel, d'où la présence, ce soir-là , dans l'allée des Enfeus, d'Amnesty international, appelant à signer la pétition contre l'exécution de Troy Davis (Géorgie, USA).
Sa force argumentative réside dans l'utilisation du "je", facteur d'identification, dans l'ignorance de l'identité du criminel et de son crime -on sait seulement qu'il a commis un crime de sang, de nature non politique , qu'il sait écrire puisqu'il utilise la plume et le papier qu'il a reçus -et dans les registres lyrique et pathétique, chers à Victor Hugo .

Dans la mise en scène de Joël lagarde, on peut noter un passage du "je" au "il", manière de marquer la distance entre le personnage, et l'auteur, le témoin .
Se traduit également une volonté de ne faire du condamné un personnage "sympathique", (éléments déjà perceptibles dans le texte de Hugo) ,de ne pas le placer dans le rôle de la victime innocente, ce qui affaiblirait l'argumentation de la thèse abolitioniste.
A partir de là, le pathétique laisse le plus souvent la place au ton de la colère, de la rage et de l'ironie , particulièrement dans le discours rapporté des différents personnages (le curé, le garde) et même, m'a-t-il semblé dans la visite de la petite Marie, la fille du condamné, où l'émotion aurait dû jouer plus pleinement. Comme l'a fait remarquer Jean-Paul Tribout à Plamon, dans la la composition des différents des différents personnages , on quitte l'angoisse existentielle au profit de la théâtralité .Du point de vue des spectateurs présents à la rencontre de Plamon , le moment le plus émouvant a été celui où le condamné, devenu témoin , assistait , horrifié, à la mise en fers des forçats pour Toulon -passage que l'on retrouve dans les Misérables


Le lieu finalement choisi, les Enfeus et non l'abbaye Sainte-Claire , m'a semblé servir remarquablement cette représentation (cf.chap XIII "fenêtres grillées","pierres d'un mur", "entrecroisements des barreaux de fer""soupiraux"), comme l'a déclaré le metteur en scène "plus le condamné a d'espace, plus il est enfermé".Très pertinent également le rôle dévolu aux spectateurs : Olivier Brun se trouve assis sur scène plongé dans ses pensées alors que nous entrons et nous installons , dans l'indifférence de son sort, et au dernier moment, se tourne vers nous , devenus les témoins, les complices de l'exécution publique , comme dans le texte:"Il y avait beaucoup de monde, et qui devait bien voir "
Jean-Paul Tribout , à Plamon, a parlé du costume , voulu sobre, non connoté par le metteur en scène , mais malgré tout évoquant le XIXème siècle par sa chemise aux ouvertures sous les bras . Il a également souligné dans le décor minimaliste, le choix de "la chaise citoyenne"chaise que l'on trouve dans les commissariats ou à l'école et sur laquelle chacun de nous a pu s'asseoir ...



Passion simple, Annie Ernaux, mise en scène :Zabo, avec Carole Bouillon




"A partir du mois de septembre, l'année dernière, je n'ai plus fait rien d'autre qu'attendre un homme:qu'il me téléphone et qu'il vienne chez moi ."

" Ce besoin que j'ai d'écrire, de vivre quelque chose de dangereux pour moi, comme une porte de cave qui s'ouvre, où il faut entrer coûte que coûte "(Annie Ernaux)

Mercredi 25 juillet 07, abbaye Sainte-Claire

Aux apéritifs de Plamon, J.P.Tribout a présenté brièvement Annie Ernaux , sa-mauvaise- conscience d'avoir trahi sa classe en s'élevant par le savoir, son écriture, que l'on peut qualifier de "plate" , et la tonalité de Passion simple: une description clinique de la passion, sans aucun romantisme .Un rien provocateur, il a ajouté qu'il s'agissait" d'une oeuvre de femme, écrite pour les femmes "et Zabo a répondu en citant Annie Ernaux:"J'ai appris aux hommes ce qu'était la passion pour les femmes ".
A la question d'Alexandre Laurent: "Qu'est-ce qui vous a donné envie de monter un texte littéraire ?" , Zabo a expliqué que, compositeur de musique , écrivant pour des auteurs, il n'y avait pas pour elle un si grand clivage entre un metteur en scène et un musicien et que la lecture de Passion simple avait fait surgir en elle des images et des musiques . La rencontre avec Carole bouillon a donné lieu a une mise en chair du spectacle, un travail sur le mélange des temps , tellement la vie et l'écriture se superposent continuellement. La question essentielle de l'oeuvre étant peut-être: "Qu'est-ce que je fais de mon temps ?"

Ces pistes de réflexion ont été reprises à Plamon le lendemain du spectacle.

Après un bref débat lancé par J.P. Tribout pour savoir qui , des hommes ou des femmes , est le plus susceptible de connaître la passion, le vif du sujet a été abordé et les réactions ont fusé, certaines spectatrices regrettant que la représentation n'ait pas joué la corde sensible de l'émotion . Contresens, à mon avis puisque cette passion n'est plus vécue, subie, (" l'année dernière, je n'ai plus fait que...") mais mise à distance par l'écriture , ce que traduit remarquablement la mise en scène: Carole Bouillon dispose sur le sol devant elle des feuilles manuscrites, mordille son stylo pour trouver l'inspiration, le mot juste, et va jusqu'à rectifier une phrase jugée trop longue ! En fond musical, comblant les silences, la vacuité ou la méditation de la comédienne , des extraits d'opéra -la Passion selon saint-Jean -voix féminines et masculines rappelant la crise passée.
Une spectatrice fait un rapprochement entre ce texte et l'écriture très particulière de Marguerite Duras , rapprochement jugé pertinent par Zabo - bien qu'Annie Ernaux n'apprécie pas Duras -leur point commun étant la recherche de la musicalité .
Marie-Cécile Vivier, critique à Pariscope demande quel a été l'angle d'approche pour donner à ce récit littéraire toute sa théâtralité: Zabo et Carole Bouillon ont cherché à voir et à mettre en images toutes les facettes de cette femme- l'amoureuse, l'écrivain, la mère autoritaire...
Un accessoire aussi simple que le châle, drapé, jeté, a contribué à donner vie , à donner de la chair au monologue exprimé par Carole Bouillon.

Un spectacle magnifique , fidèle à l'esprit de l'auteur !
http://suite.over-blog.net/reglement-blog.php

Le dernier jour d'un condamné, Hugo,mise en scène :Joel Lagarde


Avec Olivier Brun
Compagnie la Charabotte



Passion simple, Annie Ernaux,mise en scène:Zabo, avec Carole Bouillon (Photos)




Mercredi 25 juillet 07, Abbaye Sainte Claire, Sarlat

les Fourberies de Scapin ,Molière.Mise en scène:A Denis

Mardi 24 juillet,place de la Liberté, Sarlat







Présentation
Jeune metteur en scène talentueux, Arnaud Denis joue également le rôle de Scapin-tout comme le faisait Molière !

Un Scapin jeune, à la différence de celui qui a été incarné par Daniel Sorano ou par Francis Perrin, il y a environ cinq ans, qui prend le parti de la jeunesse en la personne de ses maîtres . Sous sa houlette, Bernard Métraux et Jean-Pierre Leroux ont des rôles de viellards très physiques !
Face à d' illustres devanciers, A .Denis explique que pour lui, il ne s'agit pas de voir comment Géronte dira le célèbre "Mais que diable allait-il faire dans cette galère?"mais pourquoi il est amené à le dire et à le ressasser .Il précise également qu'il n'avait pas envie de faire de ce personnage "un salaud", sous prétexte qu'il se fait berner, et qu'il a voulu lui donner une dimension humaine, émouvante.
A la question de J.P. Tribout sur le choix des costumes,"classiques" et non "modernes", Arnaud Denis répond:"Je préfère rêver"et il se réfère à Talma, instaurant une révolution au théâtre en faisant jouer la tragédie en costumes antiques et non plus, comme c'était la règle, en costumes de l'époque ...


Réception de la pièce :
Louanges unanimes . Après avoir reçu le prix du public au festival d'Anjou, succès à Sarlat .

L'ajout d'un bref et brillant tableau d'ouverture, où chaque personnage récitait une phrase emblématique dans le joyeux bouhaha du port de Naples donnait d'emblée le ton et avait pour fonction de compenser la longueur de la scène d'exposition trop statique. .Or, le rythme d'une comédie est essentiel:"Nos pièces se respirent large et se jouent vite" disait Sacha Guitry
Le costume grotesque de Sylvestre (double caricatural de Scapin) a été remarqué (un assemblage de batterie de cuisine ) avec ses connotations sexuelles conformes à l'esprit de la commédia dell'Arte )
En deux ou trois heures seulement de répétition, la troupe a adapté sa mise en scène au merveilleux cadre de la Place de la Liberté, exploitant, par exemple le bord de la scène, devenue le bord des quais , ce qui rendait ainsi perceptible la présence de l'eau, même si l'éclairage bleuté n'a pas tout à fait fonctionné comme l'escomptait le metteur en scène . C'était aussi une innovation, car, habituellement, le port de Naples est représenté par une toile peinte au fond de la scène .
Dans la lignée de Jacques Copeau qui considérait les Fourberies comme une pièce à trétaux , les petits bancs renvoyaient au théâtre dans le théâtre et à l'inventivité de Scapin, metteur en scène.
En conclusion, Aranaud Denis l'a répété : en dépit du jugement de Boileau
"Dans ce sac ridicule où Scapin s'enveloppe
Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope"les Fourberies de Scapin , pièce écrite pour renflouer les recettes de la Princesse d'Elide, manifeste un véritable talent d'auteur, de la même veine que Les Précieuses ridicules et contenant de délicieuses maximes sur l'amour .

lire aussi:
http://www.lelitteraire.com/article2026html:

Les Fourberies de Scapin, Molière,mise en scène:Arnaud Denis (Photos)







mardi 24 juillet 2007, place de la liberté, Sarlat

Turcaret, Lesage .Mise en scène :Jean Galabru

Autant j'avais été enthousiasmée par le Système Ribadier, de Feydeau (2004, à Sarlat) autant je suis restée sur ma faim avec Turcaret, de Lesage , mis en scène par Jean Galabru.

Certes, la représentation ne manque pas d'atouts: la joliesse du décor et des costumes, la conviction et la finesse du jeu de Nadine Capri (la baronne), des "seconds rôles "convaincants ,tels que Ludivine Morissonaud, Isabelle Rougerie et les autres comédiens ,les mimiques et les intonations drolatiques propres à Michel Galabru, mais la portée de la satire de Lesage a été curieusement affadie, voire escamotée.
Jean Galabru, à Plamon le 20 juillet avait annoncé la couleur :Lesage, n'est pas Molière (même si par certains côtés , l'intrigue "amoureuse" de Turcaret rappelle celle du Bourgeois gentilhomme), l'auteur est plutôt proche de Goldoni , le personnage de Turcaret n'est pas un grand caractère et si la pièce met en scène des coquins, ce ne sont- pour lui- que de petits coquins , des spécimen de l'humanité ordinaire ...d'où un parti-pris, chez Michel et Jean Galabru de jouer Turcaret et Frontin sur le mode de la bonhommie .
Et pourtant !Cette "peinture des moeurs du temps, celle du monde interlope, celle , surtout du pouvoir nouveau de l'argent"(Ferdinand Brunetière) n'a t-elle pas son équivalent à notre époque ? En remplaçant la réplique finale de Frontin :"Voilà le règne de M.Turcaret fini. le mien va commencer "par une maxime anodine sur les femmes et l'argent, tout le sel de la critique sociale et politique disparaît .

J'aurais aimé retrouver , dans la composition du personnage de Turcaret la force , la rouerie- non exemptes d'humanité - du grand Michel Galabru, telles qu'elles se manifestaient dans le film de Bertrand Tavernier, le juge et l'assassin (1976).




Autres photos personnelles là 
........................................................................................................................................................... lire aussi
http://www.lelitteraire.com/article3011.html

Turcaret, Lesage.mise en scène:Jean Galabru (Photos)

Vendredi 20 juillet 2007, Place de la Liberté, Sarlat


Autant j'avais été enthousiasmée par le Système Ribadier, de Feydeau (2004, à Sarlat) autant je suis restée sur ma faim avec Turcaret, de Lesage , mis en scène par Jean Galabru.

Certes, la représentation ne manque pas d'atouts: la joliesse du décor et des costumes, la conviction et la finesse du jeu de Nadine Capri (la baronne), des "seconds rôles "convaincants ,tels que Ludivine Morissonaud, Isabelle Rougerie et les autres comédiens ,les mimiques et les intonations drolatiques propres à Michel Galabru, mais la portée de la satire de Lesage a été curieusement affadie, voire escamotée.




Jean Galabru, à Plamon le 20 juillet avait annoncé la couleur :Lesage, n'est pas Molière (même si par certains côtés , l'intrigue "amoureuse" de Turcaret rappelle celle du Bourgeois gentilhomme), l'auteur est plutôt proche de Goldoni , le personnage de Turcaret n'est pas un grand caractère et si la pièce met en scène des coquins, ce ne sont- pour lui- que de petits coquins , des spécimen de l'humanité ordinaire ...d'où un parti-pris, chez Michel et Jean Galabru de jouer Turcaret et Frontin sur le mode de la bonhommie .













Inconnu à cette adresse,K kressmann Taylor, mise en scène :Xavier Béja, avec Guillaume Orsa, et, au violon,Stéphane Spira




Inconnu à cette adresse,de Kathrine Kressmann Taylor, mise en scène:Xavier Béja, aux Enfeus,Sarlat, jeudi 19 juillet 07-Lumières:Charly Thicot

Comment adapter un récit épistolaire ?Comment rendre le jeu subtil entre l'absence des protagonistes et la présence des lettres? A u cinéma, on se souvient de l'adaptation des Liaisonsdangereuses , de Laclos, par Vadim, qui remplaçait certaines lettres par le téléphone ou les télégrammes, et de celle, brillantissime, de Stephen Frears où les dialogues et la conversation- très XVIIIème siècle - cédaient parfois la place à la matérialité du courrier .
Ce défi du passage de l'épistolaire, Xavier Béja l'a parfaitement réussi, avec une intensité dramatique exceptionnelle.

Tout d'abord, grâce à un décor sobre, mais signifiant et par une utilisation spatiale judicieuse : deux fauteuils éloignés l'un de l'autre où se replieront , progressivement, les deux amis (les deux frères ?) devenus ennemis alors qu'au début de l'intrigue et de leur correspondance, ils se trouvaient face à face, comme devant un miroir , séparés par une limite imaginaire ténue, au milieu de la scène .





Ensuite, grâce au rôle de la musique et du violoniste juché sur un tabouret face au public , personnage à part entière de cette tragédie de l'histoire dont il est le premier témoin . Au début, au moment de leur séparation , Max et Martin , bras dessus, bras dessous reviennent d'une fête ponctuée de chants yiddish ( le violon rappelle que cet instrument, facile à transporter, a été retrouvé en nombre dans les camps de concentration ) . Lorsque Martin Schulse se laisse embrigader , des airs de valses soulignent son opportunisme, ses ambitions mondaines . Au plus fort de la crise s'élève la musique de Bach en contrepoint à la barbarie nazie. Enfin, le son du violon devient grinçant, inharmonieux et après le flash aveuglant du spot , lumière apocalyptique, le violoniste descend de son tabouret et devient un petit facteur américain qui énonce la phrase attendue:"Inconnu à cette adresse" L'interprétation remarquable de Xavier Béja , de Guillaume Orsat et du violoniste Stéphane Spira a été applaudie et saluée comme elle le méritait, le soir de la représentation, et le lendemain à l'hôtel Plamon .



Nekrassov,Sartre.mise enscène:Jean-Paul Tribout avec Eric Verdin dans le rôle- titre

Présentation à Plamon
Doté d'un solide sens de l'humour, voire de l'autodérision, J.P. Tribout se plaît à dire qu'en adaptant des pièces inconnues de tous il ne déçoit personne!
On peut le remercier de nous avoir fait découvrir Nekrassov, l' unique comédie de Jean-Paul Sartre et de nous avoir donné envie de la lire grâce à sa brillante mise en scène .

Ecrite en 1955, en pleine guerre froide et au moment de l'affaire Krachenkov, haut fonctionnaire et dissident soviétique accusé d'être un agent des services secrets américains , cette" farce aristophanesque ", comme la qualifiait Sartre est une satire de la propagande anticommuniste de l'époque et un pastiche des méthodes de la presse à sensation , Jules, patron de Soir à Paris , rappelant Pierre Lazareff , patron du célèbre "France Soir ". Comme dans le Menteur de Corneille, faux-semblants, mensonges et 'imposture mènent la danse dans un jeu assez vertigineux d'autant plus qu'on peut y trouver un système d'échos actuels quant aux petits arrangements entre politiques et manipulations des média .
L'écriture de la pièce est surprenante, puisqu'elle utilise la manière d'Anouilh et de Sacha Guitry, à une époque où émergeaient d'autres formes de théâtre, celui d'Adamov ou de Brecht .Roland Barthes, tout en lui reconnaissant une certaine efficacité pensait qu'il était "difficile de faire du grand théâtre politique avec les formes compromises de la dramaturgie bourgeoise " Créée en 1956 par Jean Meyer, elle fut violemment critiquée , en raison du contexte politique , la presse refusait même les placards publicitaires pour Nekrassov .
Pour l'anecdote, Jean Meyer renvoya après plusieurs répétitions un débutant qui n'était autre que Louis de Funès !
Quinze ans plus tard, Georges Werler reprit Nekrassov : demi-succès cette fois-ci .

Bien qu'elle se méfie des coupures qui pourraient fausser la pensée de Sartre, la fille adoptive de J.P. Sartre a autorisé J.P.Tribout à en pratiquer quelques unes, sinon la pièce durerait plus de trois heures .
Elle mobiliserait 26 comédiens-limités ici au nombre de 9 - c'est à peu près la même équipe que pour Zoo, l'assassin philanthrope de Vercors - ce qui cadre bien avec le thème des identités multiples. Décor et costume sont dans l'esprit des années 50: poste de radio , musique et réclames en fond sonore , stores vénitiens en bakélite façon cinéma américain, teintes sépia .

RéactionsSuccès complet !
Le rythme est éblouissant, avec le côté feuilletonnesque des anciennes séries télévisées ou radiophoniques et dans le droit fil des lectures de Sartre, enfant et adulte , qu'il évoque dans les Mots :"J'inventais un univers difficile et mortel, celui de Cri-Cri, de l'Epatant, , de Paul d'Ivoi(...) J'adorais le Cyrano de la Pègre, Arsène Lupin (...)"Les comédiens sont tous excellents .Saluons en particulier le jeu irrésistible de Henri Courseaux , journaliste réactionnaire coincé entre honnêteté et arrivisme , la pétulance de Catherine Chevallier, et la véritable performance d'Eric Verdin .

Pour élargir et passer du plaisir théâtral à la réflexion philosophique rappelons l'analyse proposée par Michel Mourlet aux habitués de Plamon : le personnage de Georges de Valéra , faux Nekrassov, s'inscritdans la pensée existentialiste de Sartre où chacun se construit par rapport au regard des autres.Si sympathique soit-il, Valéra, le soi-disant Nekrassov , qui refuse de s'engager peut être mis en parallèle avec Garcin, le Lâche de Huis clos .


 

http://mourlet.blog.mongenie.com/
http://www.lelitteraire.com/article3014.html

Sur la mise en scène de G.Werler
Cliquez ici pour visionner un extrait video du
Magazine du théâtre : "Nekrassov

A propos d'une série télévisée mythique
Les Brigades du Tigre

Nekrassov,Sartre, photos de la mise en scène de J.P.Tribout ,jardin des Enfeus, Sarlat (Photos)



Présentation à Plamon
Doté d'un solide sens de l'humour, voire de l'autodérision, J.P. Tribout se plaît à dire qu'en adaptant des pièces inconnues de tous il ne déçoit personne!
On peut le remercier de nous avoir fait découvrir Nekrassov, l' unique comédie de Jean-Paul Sartre et de nous avoir donné envie de la lire grâce à sa brillante mise en scène .


Ecrite en 1955, en pleine guerre froide et au moment de l'affaire Krachenkov, haut fonctionnaire et dissident soviétique accusé d'être un agent des services secrets américains , cette" farce aristophanesque ", comme la qualifiait Sartre est une satire de la propagande anticommuniste de l'époque et un pastiche des méthodes de la presse à sensation , Jules, patron de Soir à Paris , rappelant Pierre Lazareff , patron du célèbre "France Soir ". Comme dans le Menteur de Corneille, faux-semblants, mensonges et 'imposture mènent la danse dans un jeu assez vertigineux d'autant plus qu'on peut y trouver un système d'échos actuels quant aux petits arrangements entre politiques et manipulations des média .
L'écriture de la pièce est surprenante, puisqu'elle utilise la manière d'Anouilh et de Sacha Guitry, à une époque où émergeaient d'autres formes de théâtre, celui d'Adamov ou de Brecht .Roland Barthes, tout en lui reconnaissant une certaine efficacité pensait qu'il était "difficile de faire du grand théâtre politique avec les formes compromises de la dramaturgie bourgeoise " Créée en 1956 par Jean Meyer, elle fut violemment critiquée , en raison du contexte politique , la presse refusait même les placards publicitaires pour Nekrassov .
Pour l'anecdote, Jean Meyer renvoya après plusieurs répétitions un débutant qui n'était autre que Louis de Funès !
Quinze ans plus tard, Georges Werler reprit Nekrassov : demi-succès cette fois-ci .




Bien qu'elle se méfie des coupures qui pourraient fausser la pensée de Sartre, la fille adoptive de J.P. Sartre a autorisé J.P.Tribout à en pratiquer quelques unes, sinon la pièce durerait plus de trois heures .
Elle mobiliserait 26 comédiens-limités ici au nombre de 9 - c'est à peu près la même équipe que pour Zoo, l'assassin philanthrope de Vercors - ce qui cadre bien avec le thème des identités multiples. Décor et costume sont dans l'esprit des années 50: poste de radio , musique et réclames en fond sonore , stores vénitiens en bakélite façon cinéma américain, teintes sépia .


RéactionsSuccès complet !
Le rythme est éblouissant, avec le côté feuilletonnesque des anciennes séries télévisées ou radiophoniques et dans le droit fil des lectures de Sartre, enfant et adulte , qu'il évoque dans les Mots :"J'inventais un univers difficile et mortel, celui de Cri-Cri, de l'Epatant, , de Paul d'Ivoi(...) J'adorais le Cyrano de la Pègre, Arsène Lupin (...)"Les comédiens sont tous excellents .Saluons en particulier le jeu irrésistible de Henri Courseaux , journaliste réactionnaire coincé entre honnêteté et arrivisme , la pétulance de Catherine Chevallier, et la véritable performance d'Eric Verdin 



Pour élargir et passer du plaisir théâtral à la réflexion philosophique rappelons l'analyse proposée par Michel Mourlet aux habitués de Plamon : le personnage de Georges de Valéra , faux Nekrassov, s'inscritdans la pensée existentialiste de Sartre où chacun se construit par rapport au regard des autres.Si sympathique soit-il, Valéra, le soi-disant Nekrassov , qui refuse de s'engager peut être mis en parallèle avec Garcin, le Lâche de Huis clos .


http://mourlet.blog.mongenie.com/
http://www.lelitteraire.com/article3014.html

Sur la mise en scène de G.Werler
Cliquez ici pour visionner un extrait video du 
Magazine du théâtre : "Nekrassov

A propos d'une série télévisée mythique
Les Brigades du Tigre